Éphéméride décembre 2019

Décembre 1911, au Mexique. Les indiens Yaquis (région du Sonora) récupèrent leur terre volée, et la travaillent en commun. « Il faut, donc, aller droit au but : prendre la terre et les instruments de travail pour qu’ils soient à tous. Et il faut comprendre aussi, qu’aucun gouvernement ne pourra accomplir ce miracle, parce que les gouvernements sont les représentants de la bourgeoisie. Nous devons, nous les déshérités, prendre possession de ce qui nous appartient, au moyen de la force ».

Du 8 au 15 décembre 1933, en Andalousie, Aragon et Estrémadure, ont lieu des soulèvements initiés par les anarchistes. Dans plusieurs villages, ils déclarent le Communisme libertaire, détruisent les archives de propriété, et abolissent la monnaie. Mais dès le 10 décembre, le gouvernement républicain déclare l’état d’alarme, puis envoie l’armée. Comme en janvier à Casas Viejas, la répression sera féroce : 87 morts, de nombreuses arrestations, des tortures, et plus de 700 condamnations.

Le 25 décembre 1936, la forte mobilisation notamment des libertaires conduit la Generalitat de Catalogne à publier le décret légalisant l’avortement. C’était une revendication du mouvement anarchiste féminin « Mujeres Libres ».

Le 20 décembre 1960 début d’une grève générale qui s’est déroulée en Belgique jusqu’à la fin du mois de janvier 1961. Déclenchée contre le programme d’austérité du gouvernement belge de Gaston Eyskens, elle dura six semaines et paralysa principalement la Wallonie, la reprise du travail étant massive en Flandre après quelques jours. « La grève du siècle » a profondément marqué à la fois le mouvement wallon et la perception de la Wallonie par elle-même et par le reste de la Belgique en raison du contraste entre la poursuite de la grève au sud du pays et son essoufflement relativement rapide au nord.

Le 19 décembre 1961 La journée anti-O.A.S. organisée par les centrales syndicales C.G.T. et C.F.T.C., la F.E.N. et l’U.N.E.F., a été marquée par de nombreux débrayages dans les entreprises à Paris et en province. En fin d’après-midi, un défilé est organisé de la Bastille à l’Hôtel de Ville par les unions régionales de la C.G.T. et de la C.F.T.C. et par l’U.N.E.F. Divers groupements politiques, culturels et familiaux s’y associent, notamment le parti communiste et le P.S.U. Le défilé est maintenu, malgré le communiqué du ministère de l’intérieur rappelant que toutes les manifestations sur la voie publique sont interdites. Les organisateurs précisent que le cortège sera précédé d’une banderole portant ce texte :  » Contre l’O.A.S.. pour la paix en Algérie par la négociation « . On estime au ministère de l’intérieur que la grève a été observée dans le secteur public et les entreprises nationalisées à 80-90 %, et dans le secteur privé à 70 % environ.

Le 14 décembre 1970, les ouvriers des chantiers navals Lénine de Gdansk se mettent en grève après une augmentation du prix des produits de première nécessité ; le siège du gouvernement central est incendié et, trois jours durant, les manifestants affrontent la milice et l’armée dans les rues de la ville. Les chars, envoyés dans la rue, ont fait 45 morts et 1 165 blessés à Gdansk, mais aussi des victimes dans d’autres villes portuaires sur la Baltique.

Le 12 décembre 1995, point culminant du mouvement syndical mené depuis les mois d’octobre et novembre contre les mesures dites « plan Juppé » alors 1er ministre avec deux millions de manifestants dans les rues. Le 15 décembre, le gouvernement retire sa réforme sur les retraites, la fonction publique et les régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF).

Le 6 décembre 2000, à Nice (France), alors que s’ouvre le « Sommet de l’Union européenne », un imposant cortège syndical européen, rejoint par des radicaux et des militants antimondialisation parcourt les rues de la ville pour réclamer une Europe sociale. Les premiers heurts avec la police se produisent dans la soirée. Au moment même où débute le sommet, des gaz lacrymogènes, tirés par la police, s’infiltrent dans la ventilation du palais et incommodent les chefs d’État et de gouvernements présents. Durant la journée du lendemain, quelques milliers d’opposants à la mondialisation tenteront de bloquer (comme à Seattle) l’accès au sommet. Ce qui donnera lieu à des affrontements sporadiques avec les importantes forces de police. Plusieurs organisations anarchistes ayant appelé à se rendre à Nice certains de leurs militants seront bloqués et refoulés, comme en gare de Bordeaux.

Le samedi 6 décembre 2008, A Athènes, vers 21h10, un garde spécial de la police tue un jeune garçon de 15 ans dans une altercation ordinaire près de la place Exarchia. Tout de suite après, beaucoup de personnes dont de nombreux anti-autoritaires se rendent sur place. Des centaines de policiers tentent de boucler la zone pour étouffer toute réaction, sans succès. Spontanément, les gens commencent à attaquer la police dans les rues autour de la place par tous les moyens possibles. En moins de deux heures, plus de 10 000 personnes se sont emparées des rues avoisinantes.

Le mercredi 10 décembre 2008, toujours en Grèce, c’est le jour de la grève générale décidée il y a un mois, principalement « contre le budget 2009 de l’État ». Du fait de la poursuite des émeutes, les leaders syndicaux condamnent les violences policières, tout en séparant en même temps les « émeutiers » des « manifestants paisibles et responsables ». Plus de 7000 personnes se rendent au rassemblement à Athènes lors de cette grève générale qui a paralysé la Grèce et mis sous pression le gouvernement. Ce fut le début d’un mouvement massif qui a duré tout au long du mois de décembre et plus…

Décembre 2018 : « Gilets jaunes, histoire d’une répression d’État » un documentaire revient sur les stratégies de maintien de l’ordre et leur cortège de brutalités policières en réponse au mouvement social des Gilets jaunes, lui-même accompagné de violences et dégradations. Quelques exemples :

Le 5 décembre 2018, le ministre de l’Intérieur et le directeur général de la police nationale prévoit une mobilisation possible du RAID, une unité d’élite qui a l’habitude d’intervenir dans les opérations de terrorisme et de prise d’otages. La note du ministère de l’Intérieur mentionne également la mobilisation des « compagnies de marche », créées initialement en réponse aux violences urbaines.

Le 8 décembre 2018, quelque 89 000 agents de la force publique sont mobilisés. Des véhicules blindés de la Gendarmerie sont également présents, une mesure exceptionnelle en France métropolitaine.