Achaïra n°125 – L’éphéméride anarchiste de novembre 2019


Éphéméride novembre 2019

Le 21 novembre 1855, naissance d’Emile GRAVELLE, à Douai (Nord). Militant anarchiste naturien. De 1894 à 1898, il publie le journal « L’État Naturel » et collabore, à partir de 1895, avec Henri Zisly et Henri Beylie à la revue « La Nouvelle Humanité » qui sera suivie de : « Le Naturien »(1898), « Le Sauvage »(1898-99), « L’Ordre Naturel »(1905), et « La Vie Naturelle » (1907-14) et (1920-27). Ces revues et journaux qu’Émile Gravelle dirige ou auxquels il donne des articles et des illustrations, sont l’expression du mouvement libertaire naturien, qui prône le retour à une vie naturelle et indépendante. Le mouvement naturien se revendique comme précurseur du naturisme, du végétalisme, du végétarisme et d’une certaine façon du mouvement écologique.

Le 2 novembre 1872, naissance d’Henri ZISLY à Paris. Militant anarchiste naturien et adepte des « Milieux libres ». L’objet de son militantisme restera le même sa vie durant : le retour à une vie naturelle autosuffisante : philosophie du mouvement libertaire naturien. En 1902, il est avec quelques autres l’initiateur d’une colonie anarchiste, qui verra le jour à Vaux dans l’Aisne; mais cette expérience de communisme libre n’a pas le succès escompté et s’arrête en 1906. Il est l’auteur de nombreux articles et brochures ayant trait au mouvement naturien: « En Conquête de l’état naturel » (1899), « Voyage au beau pays de Naturie »(1900), « La Conception du naturisme libertaire » (1920), « Naturisme pratique dans la civilisation » (1928), etc. « A bas la Civilisation ! Vive la Nature ! »

Le 11 novembre 1887, formation à Cittadella (Italie) de l’association agricole coopérative, qui prendra le nom de Colonie Cittadella, fondée par l’anarchiste Giovanni ROSSI (dit CARDIAS). Docteur vétérinaire, il devient, en 1873, un membre de l’A.I.T de Pise. En 1878, il publie sous le pseudonyme de Cardias le livre « Une commune socialiste » première approche de sa théorie collectiviste anarchiste. Le 11 novembre 1887 est créée, en Crémone, l’Association agricole coopérative de Cittadella. Il en est le secrétaire, mais le refus du collectivisme par les paysans provoquera l’échec de la communauté. En février 1890, il s’embarque à Gènes avec un groupe de compagnons, en direction du Brésil et de l’État du Paranà où il fonde près de Palmeiras la colonie anarchiste « La Cecilia ». La colonie dissoute en 1894, il reste au Brésil, à Taquary, puis à Rio dos Cedros, comme directeur d’une station agronomique. En 1907, il rentre en Italie, où il s’occupe de problèmes agricoles, toujours favorable à la création de communautés et partisan de l’émancipation féminine.

Le 10 novembre 1949, mort de Louis RIMBAULT à Tours. Végétarien convaincu, il participe à la Colonie communiste libertaire de Bascon (Aisne) vers 1910-1912, puis se fixe à Pavillons-Sous-Bois où il y recrée une petite communauté. En 1922, il collabore au journal « Le Néo-Naturien » qui prône un retour à la nature par le biais de l’alimentation, et se fait le promoteur du végétalisme. Dans le même esprit, il fonde en 1923 la colonie « Terre libérée » à Luynes (Indre et Loire). Il est par ailleurs le créateur d’une recette de cuisine « La basconaise », plat unique composée d’une trentaine de légumes (crus), sensée régénérer l’homme.

En novembre 1977, à Madrid, sortie du premier numéro de « Bicicleta » Magazine des communications libertaires. Cette publication mensuelle s’est faite l’écho des groupes anarchistes internationalistes, écologistes, anarcho-syndicalistes au moment de la période de transition qui a succédée à la mort de Franco. Les premiers numéros ont été publiés à 30.000 exemplaires, le tirage se stabilise ensuite à 15.000 mais, après 1978, il descend à 6000/7000 exemplaires.

Le 29 novembre 1989, importante opération de police au sein de Longo Maï, coopérative agricole et artisanale autogérée, internationale, libertaire, laïque, rurale à la demande du gouvernement allemand qui accuse la communauté « d’abriter de dangereux terroristes kurdes » Bilan : le matériel radio est cassé, une seule personne arrêtée est relâchée dans la journée.

Le 7 novembre 2004, à Avricourt (Lorraine), mort de Sébastien BRIAT écrasé par un train de déchets radioactifs à destination de l’Allemagne, alors qu’il tentait avec d’autres militants antinucléaires (par des actions autant pacifiques que symboliques), de bloquer le train pour sensibiliser l’opinion publique contre le danger du nucléaire et le transport de ses déchets. Militant antinucléaire et syndicaliste âgé de 21 ans, Sébastien Briat s’était également investi dans la création de la section étudiante du syndicat CNT-Education de Nancy.

Le 22 novembre 2014, se tient dans de nombreuses de villes françaisesune nouvelle vague de manifestations pour dénoncer les « violences policières » après la mort de Rémi Fraisse, jeune écologiste tué le 26 octobre dans le Tarn par une grenade offensive. Lancée à l’initiative de comités opposés à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes près de Nantes, l’appel à « reprendre la rue le 22 novembre » a été élargi à toute la France, quatre semaines après le décès de Rémi Fraisse lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, sur le site du projet de barrage contesté de Sivens.

Le 15 novembre 2018, près de deux cents zadistes et leurs soutiens occupent les locaux de la direction départementale des territoires et de la Mer (DDTM) à Nantes. Objectif : demander des garanties sur les projets agricoles qu’ils mènent sur la zone. Les manifestants demandent notamment des baux pour les 15 projets agricoles retenus par la préfecture et qui bénéficient actuellement de conventions d’occupations précaires expirant fin 2018.

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