Achaïra n°125 – La chronique internationale


Une flambée de manifestations dans le monde depuis début octobre

La presse française et mondiale constate « une flambée de manifestations dans le monde depuis début octobre » en reprenant le même article de l’AFP daté du 26 octobre 2019, même Sud-Ouest l’a repris !

Au Chili, depuis le 18 octobre, la hausse des tickets de métro à Santiago a entrainé de fortes mobilisations populaires et en réponse une violente répression, les chars sont ressortis et on a dénombré plus de 18 morts chez les manifestants. Une grève générale a commencé le 23 octobre. Pour l’heure, elle est maintenue. Le président conservateur Sebastian Piñera a annoncé samedi 26 octobre un vaste remaniement.

Au Liban, depuis le 17 octobre, des centaines de milliers de personnes battent le pavé des principales villes libanaises et réclament la chute du gouvernement et la fin du système politique confessionnel. Des manifestations pacifiques, émaillées de quelques heurts ont réagi à la nouvelle taxe sur les appels passés via la messagerie WhatsApp. Le gouvernement de Saad Hariri a rapidement annulé la mesure et annoncé des réformes économiques d’urgence. Mais le mouvement de contestation, réclamant le départ de l’ensemble de la classe politique, a grandi du nord au sud du pays, provoquant sa quasi-paralysie, jusqu’à l’annonce de la démission d’Hariri.

En Bolivie, depuis le 21 octobre, suite au dépouillement polémique de la présidentielle du 20 octobre, donnant vainqueur le chef de l’État sortant, Evo Morales, les manifestants dénoncent la «Fraude électorale», à La Paz, et ailleurs. Plusieurs régions sont le théâtre de violents incidents. Le 23 octobre une grève générale a débuté à Santa Cruz, capitale économique et bastion de l’opposition, avant de s’étendre. Le dirigeant socialiste, qui avait qualifié le mouvement de «coup d’État», a revendiqué la victoire le 24. On dénombre des blessés dans des affrontements entre partisans et détracteurs d’Evo Morales.

En Équateur, du 1er au 13 octobre, la hausse du prix des carburants a entrainé 12 jours de manifestations, pour aboutir à la conclusion d’un accord entre le mouvement indigène, fer de lance de la contestation, et le président Lenin Moreno, qui a retiré le décret controversé. On peut déplorer huit morts et 1340 blessés.

En Éthiopie, depuis le 23 octobre, des centaines de manifestants sont descendus dans la rue pour manifester contre le premier ministre et récent prix Nobel de la paix, Abiy Ahmed, accusé par l’opposant Jawar Mohammed de préparer une attaque contre lui. Les violences ont d’abord éclaté dans la capitale, Addis Abeba, avant de se répandre dans la région d’Oromia. A l’origine dirigées contre Abiy Ahmed, elles se sont ensuite transformées en affrontements ethniques, entrainant 67 morts.

En Guinée, depuis le 7 octobre, le projet prêté au président sortant Alpha Condé, 81 ans, de briguer sa propre succession en 2020 et de changer à cette fin la Constitution a déclenché une succession de manifestations rassemblant des milliers de Guinéens à l’appel du Front national pour la défense de la constitution (FNDC), coalition de partis d’opposition, de syndicats et de membres de la société civile. Avec à ce jour, une dizaine de morts à Conakry et ailleurs dans le pays.

En Irak, depuis le 1er octobre, des appels spontanés sur les réseaux sociaux réclament du travail et des services publics fonctionnels. Après une semaine de contestation violemment réprimée, le gouvernement a annoncé des mesures sociales, mais aucune réforme en profondeur. La rue veut, elle, une nouvelle Constitution et un renouvellement total de la classe politique. Il y a eu plus de 150 morts la première semaine, et plus de 40 morts en une seule journée. « La société civile irakienne, sapée par des décennies d’autoritarisme du Baas et de confessionnalisme reprend vie ». L’Irak est en grève « jusqu’à la chute du régime » de Bagdad.

D’autres mouvements entamés plus tôt se poursuivent :

À Hongkong, un mouvement de contestation est né le 9 juin, enclenché par un projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine continentale. Les manifestations et actions quasi quotidiennes, rassemblant jusqu’à deux millions de personnes dans ce territoire de 7,3 millions d’habitants, ont plongé l’ex-colonie britannique dans sa pire crise politique depuis la rétrocession en 1997. Le projet a été suspendu début septembre mais les revendications se sont élargies à la dénonciation du recul des libertés et des ingérences grandissantes de Pékin dans les affaires de sa région semi-autonome. Initialement pacifiques, les manifestations ont dégénéré en violents heurts entre militants et forces de l’ordre.

En Algérie, la décision du président Abdelaziz Bouteflika de briguer un 5e mandat a provoqué une vague de manifestations pacifiques le 22 février. Abdelaziz Bouteflika a démissionné début avril, mais les manifestations ont continué, réclamant le départ de l’ensemble de l’appareil politique. Le «Hirak» (mouvement) rejette la tenue d’une élection présidentielle, annoncée le 12 décembre par le pouvoir intérimaire, n’y voyant qu’un moyen pour le «système» de se maintenir au pouvoir.

En Catalogne (Espagne), des émeutes ont démarré le 14 octobre, immédiatement après la condamnation de neuf dirigeants séparatistes à de lourdes peines de prison. En six jours, près de 600 personnes ont été blessées et plus de 200 interpellations ont eu lieu. De nouvelles manifestations doivent avoir lieu ce week-end à Barcelone.

On n’oublie pas la situation en Grèce et les attaques du gouvernement Mitsotakis contre les fortes résistances de la société civile, avec entre autres le quartier Exarcheia, ni le Chiapas qui malgré la répression continue de faire vivre les Caracoles et la société de « bon gouvernement » et à réfléchir avec les deuxièmes rencontres internationale des femmes en lutte du 27 au 29 décembre 2019, ceci en écho au 25 novembre, journée internationale contre les violences faites aux femmes.

L’accord de Sotchi, conclu le 22 octobre entre la Turquie et la Russie après 13 jours de combats, ratifie l’annexion d’une part importante du territoire du Rojava. Si Erdoğan a suspendu son offensive meurtrière, ses auxiliaires de l’Armée nationale syrienne continuent de frapper les combattants et les civils de l’Administration autonome. La jeune révolution confédéraliste et communaliste, lourdement amputée, sera-t-elle en mesure de survivre à la désintégration que Damas envisage, en outre, tôt ou tard ? Elham Ahmed, coprésidente du Conseil démocratique syrien au Rojava, ne semble pas désarmer, elle vient de déclarer : « [Le régime
d’Assad va] probablement essayer de nous miner et d’arrêter les dirigeants de notre région, mais nous avons confiance dans notre force ».

Pour finir ce tour d’horizon, on peut revenir en France avec ce dossier de la revue d’écologie-alternatives et non-violence, Silence, qui interroge « Notre-Dame-des-Landes : quel avenir ? » et bien sûr souligner une année de mobilisation des gilets jaunes, tous les samedis sans discontinuer depuis le 17 novembre 2018, avec d’innombrables mutilés, blessés et condamnés, à l’origine contre la hausse des taxes sur les carburants.

En conclusion,

Les mouvements sociaux, on le voit ici, fleurissent à travers le monde, les expériences alternatives aussi. Si l’on veut que ces mouvements sociaux ne soient pas récupérés par les fausses oppositions politiques et que les alternatives ne soient pas des opportunités pour renouveler le capitalisme, il leur faut s’inscrire dans un projet politique émancipateur horizontal et écologique, alors, « à nulle autre pareil pourrait être la révolution à venir » !

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