Achaïra n° 213 : éphéméride de juillet 2019


Ephéméride juillet – août

Le 9 juillet 1872, naissance de Gaston MONTEHUS (BRUNSWICK, de son vrai nom), à Paris. Auteur de centaine de chansons dont les plus connues comme : « Gloire au 17e » (1907) et « La Grève des Mères » (1910) sont reprises par le Paris révolutionnaire. « Légitime était votre colère, Le refus était un devoir, On ne doit pas tuer ses père et mère, Pour les grands qui sont au pouvoir ». Ces quelques vers de « Gloire au 17ème » qui font l’apologie des soldats mutins du 17ème Bataillon de ligne qui refusèrent de tirer sur les vignerons révoltés du sud de la France (en 1907), vaudront à Montéhus de passer devant la Cour d’Assises.

le 10 juillet 1830 naissance de Camille PISSARRO à Paris. Peintre de talent de l’école impressionniste et anarchiste de convictions. Passionné par le dessin et la peinture, il devient l’ami de Monet, Renoir et Cézanne. En 1863, il expose au « Salon des Refusés ». Il participe dès 1874 aux premières expositions des impressionnistes. En 1884, une exposition de ses toiles aux U.S.A, est couronnée de succès. Il découvre les idées anarchistes et fait la connaissance de Pouget et de Grave, à qui il apporte un soutien financier, aidant également les familles d’anarchistes emprisonnés ou des compagnons italiens en exil. Il participe à la parution des « Temps Nouveaux », et s’engage contre l’antisémitisme lors de « l’affaire Dreyfus ».

Le 13 juillet 1949, naissance de Clifford HARPER à Chiswick (Ouest de Londres). Artiste illustrateur et militant anarchiste. Activiste dans les squats de Londres durant les années soixante, il devient  un artiste illustrateur autodidacte engagé qui va s’imposer par la qualité et la quantité de ses réalisations, qui vont illustrer la presse radicale alternative et en particulier la presse anarchiste anglaise et internationale.

Le 14 juillet 1993, mort de Léo FERRE. Il se produit pour la première fois en public en février 1941. En juin 1950, il enregistre son premier disque (78t). En 1952, Catherine Sauvage enregistre sa chanson « Paris-Canaille » qui devient rapidement un succès national. En mars 1955, il est en vedette à l’Olympia. Il adapte ensuite les textes des poètes, Rimbaud, Verlaine, Aragon, Baudelaire. Mais en 1961, il est victime de la censure, un de ses albums est pilonné: « Mon général », « Regardez-les », etc. Dès lors ses chansons se font plus engagées: en 1964, c’est « Franco la muerte », mais aussi « Ni Dieu ni Maître ». Début 1968, il collabore au « Monde libertaire » et à la revue « La Rue ». Sa carrière et son succès se poursuivront au-delà des frontières, mais il continuera de soutenir « Le Monde libertaire », « Radio Libertaire » et le « Théâtre Libertaire de Paris ».

Le 18 juillet 1968, en Avignon, alors que le XXIIème Festival de Théâtre vient de commencer, il est contesté par de jeunes révoltés qui lui reprochent de n’être qu’un supermarché de la culture au service de la classe bourgeoise. Le jour même, le préfet de police du Gard interdit sous prétexte qu’elle pourrait « troubler gravement l’ordre public » une pièce de théâtre : « La Paillasse aux seins nus » qui devait être jouée dans une petite salle de Villeneuve-Lès-Avignon. Cette interdiction arbitraire suscite l’indignation et va donner lieu dans la soirée à une manifestation pacifique de protestation. Le rassemblement est aussitôt chargé par des CRS qui procèdent à plusieurs interpellations. La troupe du « Living Théâtre » conduite par Julian Beck et Judith Malina marque aussitôt sa solidarité avec la compagnie censurée et avec les personnes arrêtées en refusant de jouer leur pièce « Antigone ».

Le 19 juillet 1913, mort de Charles KELLER. Poète, membre de l’Internationale, communard, et partisan de Bakounine. Il est né à Mulhouse le 30 avril 1843. Il fait ses études à Strasbourg puis est employé comme ingénieur dans une filature. Dénoncé à cause de ses lectures subversives, il démissionne et se rend à Paris où il vit de traduction et entre en contact avec les frères Élie et Élisée Reclus. En 1870, il est mobilisé en Alsace-Lorraine, mais revient début mai à Paris combattre dans les rangs de la Commune. Poète, il est l’auteur du chant « La Jurassienne » qui sera mis musique par James Guillaume et dont voici le refrain : « Nègre de l’usine, Forçat de la mine, Ilote du champ, Lève -toi peuple puissant ! Ouvrier, prends la machine, Prends la terre, paysan ! « 

Le 24 juillet 1918, naissance de Jean-Roger CAUSSIMON. Acteur de théâtre et de cinéma, il donne également des récitals de poésie et de chansons (de sa composition) dans divers cabarets de la capitale. Au « Lapin Agile », sa rencontre avec Léo Ferré marquera sa carrière de chanteur engagé. En 1970, il enregistre son premier disque qui sera suivi par plusieurs autres, couronnés par de nombreux prix. Impossible de citer les titres de toutes ses chansons pleines de poésie et de révolte comme notamment : « La Commune est en lutte », « Les Cœurs purs »,  » Si vis pacem », etc.

Le 22 juillet 1914, naissance de Charles MAURIN. Peintre graveur. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme. C’est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol, le torse nu, entre les montants de la guillotine.

Le 1er août 1875, naissance de François-Henri JOLIVET, à Paris. Poète ouvrier et chansonnier. A 17 ans, il commence à se produire sur scène, puis rejoint le groupe de chansonniers révolutionnaires « La Muse Rouge ». Il participe aux fêtes ouvrières à la « Vache Enragée » de Montmartre, et aux rendez-vous pacifistes de « La Patrie Humaine », etc. Dans les années 20, il fréquente le « Musée du Soir » créé par Henry Poulaille qui préfacera un recueil de ses « Chansons Sociales et Satiriques » (édité en 1956). Encouragé par Édith Piaf, il se produira encore dans les cabarets de Montmartre jusqu’à la fin de sa vie.

Le 1er aout 1941, Naissance d’Étienne (Esteva) RODA GIL. Auteur, compositeur, et écrivain. Fils de militants libertaires espagnols il milite au sein du Mouvement Libertaire Espagnol, en exil en France. Il fréquente le café « L’Écritoire » où se réunissent les militants de la JAC du quartier latin et le petit groupe anarchiste du Lycée Louis-le-Grand. C’est à « l’Écritoire » qu’il rencontre le chanteur Julien Clerc, dont il va devenir le parolier. Engagé chez Pathé Marconi, il  écrit paroles et musiques pour nombre d’artistes dont Julien Clerc, Mort Schuman, ,Barbara, Malicorne, Juliette Greco, etc. Il ne cessera d’aider le mouvement libertaire espagnol et français, tant par une participation à l’organisation de galas de soutien que par des souscriptions (la plupart du temps de manière anonyme) que par une aide et une solidarité apportée à des compagnons dans le besoin. Il participe à la réalisation du disque de chansons détournées « Pour en finir avec le travail » (1974) où il est l’auteur de l’hymne à « la Makhnovtschina ».

Le 22 août 1908, naissance de Henri CARTIER-BRESSON. Photographes et anarchiste de cœur qui ne cesse d’invoquer Bakounine. Très jeune révolté, il se passionne pour la peinture, ce qui l’amène à fréquenter les surréalistes. Mais il abandonne la peinture et parcours le monde avec un « Leïca ». En 1934, il part un an au Mexique où il témoigne de la vie dans les quartiers pauvres de Mexico. En 1937, il réalise durant la révolution espagnole un documentaire sur les hôpitaux républicains « Victoire de la vie ». En 1947, il fonde avec Robert Capa, David Seymour et Georges Rodger l’agence coopérative « Magnum Photos ». En 1974, il abandonne les reportages photos pour se consacrer au dessin. Le 1er mai 2000, il participe avec un recueil de photos « Vers un autre futur, un regard libertaire » aux manifestations de la CNT française.

Le 5 août 1910, mort de Constant MARIE dit « Le Père Lapurge ». Communard, militant et chansonnier. Ouvrier maçon, il participe à la Commune de Paris et sera blessé durant les combats au fort de Vanves. Auteur-compositeur de chansons révolutionnaires dont les plus connues sont « Dame Dynamite », « le Père Lapurge »(à laquelle il devra son surnom) et « La Muse Rouge ». Il participe à de multiples fêtes de groupes anarchistes, mais la virulence de ces propos attire l’attention de la police qui ne cessera de le surveiller. Le 1er juillet 1894, son domicile est perquisitionné; des livres et les textes de ses chansons sont saisis; arrêté, il est inculpé « d’affiliation à une association de malfaiteur », il passera plusieurs semaines à la prison de Mazas.

Le 12 août 1992, mort de John CAGE à New York. Professeur, chercheur, essayiste, plasticien, compositeur, directeur musical, poète, etc. Arrivé à Paris en 1930, il y entame des études d’architecture, puis s’intéresse à la peinture contemporaine et commence à composer des œuvres musicales. Après un périple en Europe, il rentre aux Etats-Unis, où il donne des conférences d’initiation à la musique et à la peinture. Elève de Schönberg, il réalise alors des expérimentations sonores destinées à « abolir la frontière entre l’art et la vie » entre le bruit et le son musical « Construction in Metal » (1937). Le son électronique et électro-acoustique lui ouvre ensuite un nouveau champ de recherches et d’expérimentations. Il s’imposera dès lors dans le milieu de l’avant-garde artistique en donnant des concerts prestigieux.

Le 15 août 1935, mort de Paul SIGNAC, à Paris. Artiste peintre néo-impressionniste. Sa carrière artistique débute en 1880. A l’avant-garde des recherches picturales il en vient naturellement à s’intéresser aux idées révolutionnaires de son temps. La lecture de Kropotkine, d’Elisée Reclus lui font découvrir les idées anarchistes. Ami de Jean Grave, il va alors collaborer à partir de 1896 aux « Temps Nouveaux », revue qu’il aide également financièrement. Son chef-d’œuvre, tant par sa taille (3 mètres sur 4) que par l’idée qu’il exprime, reste le célèbre « Au temps d’harmonie » qui décrit une société libertaire réalisée. D’abord désigné sous le titre de « Temps d’anarchie » et destiné à décorer la Maison du Peuple de Bruxelles, ce tableau nécessitera deux ans de travail (1893-1895). Il est également l’auteur du tableau les « Démolisseurs » qui symbolise l’assaut contre la société bourgeoise.

Le 22 août 1988, mort de Robert FRANÇOIS (plus connu sous le nom de scène de MYSTAG). artiste prestidigitateur. Il fréquente le milieu libertaire dès ses 18 ans et après la Libération, il organise de nombreuses conférences pour la Fédération Anarchiste, La Libre Pensée notamment. Il se passionne pour la prestidigitation et devient un illusionniste de talent, dénonçant à l’occasion les impostures de l’occultisme et les procédés fallacieux des mages et autres gourous. Il prendra part à l’organisation de nombreux meetings, fêtes et galas de magie en soutien à diverses organisations libertaires où journaux. Il est l’auteur d’un ouvrage sur la démystification des phénomènes paranormaux « Mensonges et vérité de la Magie » (1976) et de divers articles publiés dans la revue « L’Idée Libre »: « Écrits fondamentaux sur l’art de l’illusionnisme », « Valeur culturelle de l’illusionnisme », « Trucs et truqueurs », « Robert-Houdin trahi », « Tours et pratiques occultes dévoilés ».

Le 25 août 1861, naissance de Joseph (dit William) BARBOTIN à Ars-en-Ré (Île de Ré, Charente-Maritime) Peintre et graveur. Il se fait remarquer, encore enfant, par ses dessins sur les murs de la mairie d’Ars et rencontre le peintre rochelais William Bouguereau qui l’introduira dans le milieu artistique. Dès 1881, il illustre un premier ouvrage. Encouragé par Bouguereau, il apprend la gravure au burin et obtient le premier grand prix au Concours de Rome en 1884. Devenu anarchiste sous l’influence d’Élisée Reclus rencontré en 1886, il apporte son soutien et sa collaboration à « La Révolte » et aux « Temps Nouveaux » de Jean Grave (4 portraits au burin en 1897-1899). Il réalisera également les portraits de Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Carfiero, Pierre Leroux, Auguste Comte, et bien entendu d’Élisée Reclus, ainsi qu’un médaillon de ce dernier, en 1894 (qui sera primé). Il collaborera également à la « Géographie universelle » de Reclus.

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