Achaïra n° 197 : éphéméride de novembre


Éphéméride de novembre

Le 1er novembre 1530, naissance d’Étienne de La Boétie à Sarlat. Il était notre voisin. Son Discours de la servitude volontaire le rend célèbre jusqu’à nous ; c’est un court texte écrit alors que l’auteur n’avait pas 20 ans et qui circulera d’abord sous forme de manuscrit. Admiré de Montaigne, plus jeune que lui, les deux hommes se lieront d’une profonde amitié ; mais, prenant Montaigne de court, les calvinistes éditèrent, les premiers, une version du Discours intitulée le Contr’un.

À partir de 1560, La Boétie est chargé par Michel de L’Hospital, chancelier de France, d’intervenir dans diverses négociations pour parvenir à la paix entre catholiques et protestants, car La Boétie n’était pas anarchiste puisque, par ailleurs, il fut admis en 1554 comme conseiller au Parlement de Bordeaux.

Pourtant, des anarchistes comme Gustav Landauer se sont intéressés à lui. En 1954, l’anarchiste belge Hem Day publiera une édition de son Discours. Il est recommandé de lire ce texte dans une version en français modernisé.

En 1978, Payot en publia une édition avec des textes de Pierre Clastres, Claude Lefort, Gustav Landauer, Simone Weil, Lamennais, etc.

Que dit, en bref, La Boétie ? Comment est-il possible qu’une minorité d’êtres humains puisse dominer la majorité ? Est-ce parce que la masse est désunie devant une hiérarchie solidaire et soudée que les humains acceptent volontairement la servitude et l’obéissance ?

« Pourtant ce tyran, seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni même de s’en défendre ; il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à la servitude. Il ne s’agit pas de lui rien arracher, mais seulement de ne lui rien donner. »

« Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres », écrit La Boétie.
Mais les êtres humains n’ont-ils pas peur de la liberté ?

S’il s’agit de désobéir ? Henri David Thoreau répondra en quelque sorte par l’affirmative avec son également court ouvrage de La Désobéissance civile.

Et on peut se demander pourquoi la notion de désobéissance généralisée n’a-t-elle pas eu plus d’impact chez les anarchistes ?

« Pareillement les tyrans, plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur baille, plus on les sert, de tant plus ils se fortifient et deviennent toujours plus forts et plus frais pour anéantir et détruire tout ; et si on ne leur baille rien, si on ne leur obéit point, sans combattre, sans frapper [nous  soulignons], ils demeurent nus et défaits et ne sont plus rien, sinon que comme la racine, n’ayant plus d’humeur ou aliment, la branche devient sèche et morte. »

À 33 ans, le 18 août 1563, Étienne de La Boétie meurt à Germinian, près de Bordeaux.

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