Achaïra n°186 l’émission radio du lundi 5 septembre 2016

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Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente
l’émission Achaïra n° 186 du lundi 5 septembre 2016

 

 

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur «La Clé des ondes» la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 186 du lundi 5 septembre 2016

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h01 – éditorial de l’émission – Philaud

Salut, c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 186éme édition aujourd’hui, je suis accompagné pour cette émission de Mika et à la technique, de notre ami, Laurent.

L’été 2016, s’il a pu connaître un ralentissement des grandes mobilisations du printemps, n’a pourtant pas connu de pause, ni dans les mobilisations, ni dans les répressions et attaques sociales, ni dans la violence islamiste, ni dans les délires médiatico-politiques. La loi travail tout début juillet a, à nouveau, été promulguée grâce au recours au 4.3. Ce pouvoir, contesté dans la rue, sans majorité parlementaire et porteur d’une politique à l’opposé du programme qui l’a fait élire, ne peut tenir que grâce à la violence et tout est orchestré en ce sens. Pour notre part, il n’y a pas trahison car la politique des gouvernants n’a jamais servi les intérêts du peuple, celle des socialistes en particulier, mais on peut bien évidemment parler de mensonges, à profusion même.

Replongeons-nous quelques secondes dans ce passé récent. La Grande Bretagne quitte l’Europe, ah bon ? La catastrophe annoncée n’a pas lieu, dommage que les démons nationalistes et du repli sur soi aient présidé pour une part à ce choix britannique, mais bon vent à cette Grande Bretagne, chantre du libéralisme et du There Is No Alternative, cher à Madame Thatcher.

Le 26 juin, l’Etat français recourait au référendum sur la Loire-Atlantique, pour trancher dans la situation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, histoire entamée il y a plus de 50 ans (1963) et son opposition a, elle, plus de 40 ans (1972). Sauf que bien sûr le référendum ne règle rien : ni la volonté des opposants, ni les raisons de l’opposition, ni la légitimité du référendum mené sur un seul département, alors qu’il s’agit de l’aéroport du Grand-Ouest, financé en particulier par l’Etat, la région Bretagne et non par le seul département de Loire Atlantique. Une nouvelle mobilisation a eu lieu le 25 juillet avec 25 000 toujours opposants. C’est dans ce contexte que le Parti socialiste a décidé d’organiser son université d’été à Nantes (!) puis a abandonné ce projet face aux menaces de mobilisation de ses nombreux opposants zadistes ou anti-loi-travail ! Ces opposants n’ont pas voulu se faire retirer une belle mobilisation d’opposition au PS et ont aussitôt décidé d’organiser des festivités pour l’enterrement du Parti Socialiste, le samedi 27 août à Nantes, cérémonie que l’on pouvait suivre en direct sur radio Cayenne. Le faire part était ainsi libellé « syndicalistes, chômeurs et étudiants, lycéens et salariés en lutte, réunis dans l’assemblée « à l’abordage » ont le regret de vous annoncer, avec une immense tristesse et une vive émotion, la disparition du Parti socialiste, né à Paris le 23 avril 1905 et mort à Nantes, le 24 août 2016.

Le sort des ZAD a continué à être difficile, ainsi le 7 juillet, Villenave d’Ornon et Bure voyaient leurs ZAD expulsées et nous reviendrons dans l’émission justement sur l’actualité des ZAD avec Sandra, bonsoir Sandra, et Alexandre, bonsoir Alexandre, en particulier sur la lutte contre le projet de golf à Villenave d’Ornon en zone humide normalement protégée.

Le conflit en Syrie ne cesse d’avoir des retombées dramatiques en France, avec un camion piégé lancé dans la foule à Nice le jour du 14 juillet, puis un prêtre égorgé dans son église à Saint Etienne de Rouvray. Il n’en fallait pas plus pour déclencher les foudres passionnelles contre des symboles et la polémique du « burkini » fut inventée par nos hommes politiques et les médias. Daesh ne cesse de donner des occasions que l’on parle de lui et ça marche. En conséquence de quoi, Hollande et Valls prolongent l’état d’urgence. Autant dire que l’on n’est pas près d’en voir la fin. On va donc continuer de vivre sous état d’urgence et sous le contrôle renforcé de l’Etat policier, nous ne nous y habituerons jamais.

Tant qu’à parler de régime autoritaire, il y a plus brutal. Nous avons connu une tentative de coup d’Etat en Turquie et une énorme vague de purges qui a touché massivement les milieux de l’appareil d’Etat (militaires, justice, …) soupçonnés d’avoir préparé le coup d’Etat avorté, mais aussi toutes les oppositions démocratiques et kurdes sans liens possibles avec le coup d’Etat manqué, ainsi que les médias encore plus mis sous la coupe d’Erdogan et de l’AKP, entrainant une importante mobilisation pour plébisciter le Sultan d’Ankara.

Et ce que génèrent tous ces régimes autoritaires, c’est la multiplication des migrants et des réfugiés qui fuient les horreurs des régimes autoritaires, des totalitarismes et de la guerre. Ne comptez pas sur la convention de Genève, ratifiée, en théorie sans doute ou à l’encre sympathique, par la France pour accueillir dignement les réfugiés. Non seulement, la Turquie est payé par l’Europe pour garder les réfugiés syriens, kurdes et autres, on imagine l’accueil. Ensuite c’est à la Grèce de trier les migrants. Et au final, beaucoup viennent s’écraser sur le tunnel de la Manche à Calais avec l’espoir de fuir l’Europe pour rejoindre la Grande Bretagne, qui ne se sent pas plus accueillante. Ils se retrouvent hommes, femmes et enfants dans des camps de réfugiés dont celui de Calais que l’on appelle « la jungle ». Mais là encore, c’est trop de cadeaux pour les réfugiés, ce camp sera lui aussi démantelé ce mois de septembre sans aucune solution de rechange. Heureusement que des bénévoles, certains venus de toute l’Europe se relaient pour venir aider ces migrants.

On indiquera que le 3 août 2016, Jordan MacTaggart, anarchiste newyorkais, engagé au côté des forces kurdes du YPG dans la province du Rojava, celle de Kobané, a été tué dans les combats qu’ils menaient contre les forces islamistes de Daesh, pour la libération de la ville de Manjib.

Pendant ce temps, sans que les médias en parlent, près de 400 prisonniers palestiniens détenus en Israël étaient en grève de la faim à parti du 5 août 2016, en solidarité avec Bilal Kayed dont Israël a repoussé sa libération à l’issue de sa peine. Bilal Kayed, dirigeant du FPLP, s’est mis en grève de la faim le 15 juin 2016. Il a mis fin à sa grève le 24 août après 71 jours. Georges Ibrahim Abdallah, détenu en France et libérable depuis 1999, a fait 3 jours de grève de la faim en solidarité en France, accompagné d’autres détenus de Lannemezan.

On signalera la programmation le 18 juillet sur France 3 de « Montseny, l’indomptable » que nous avions montré, avec le collectif libertaire de gironde, en juin lors des Rencontres Espagne 1936-2016.

On conclura la révision de l’actualité de l’été par l’arrestation des dockers du Havre, pour des faits qui auraient eu lieu lors de la manifestation du 14 juin à Paris contre le projet de loi Travail, sans doute pour casser la mobilisation du 15 septembre contre la loi El Khomeri désormais promulguée après le recours au 49.3. Mais nous y reviendrons longuement dans l’émission, ainsi que sur le nouvel appel du collectif On Bloque tout, avec Mika et des membres de la coordination jeunes du collectif de lutte 33, Natacha, bonsoir Natacha, Axel, bonsoir Axel et Jean-guillaume, bonsoir Jean-Guillaume. Signalons que Nicolas Merle, manifestant arrêté le 14 juin à Bordeaux passera en procès le 15 septembre, jour de la nouvelle manifestation, pour « entrave à la liberté de circulation » du tram.

Cette émission est là pour la pollinisation des idées libertaires mais aussi pour diffuser l’envie de s’engager dans le combat pour changer ce monde. A chacune et chacun d‘être acteur de ce changement, afin qu’il ne soit ni l’œuvre d’une élite ni au service d’une élite.

En toute fin d’émission, nous retrouverons la chronique de la désobéissance, la chronique d’André où il nous parlera des mots qui définissent l’idéal de liberté qui est le nôtre et des batailles autour de ces mots, nous nous retournerons sur quelques dates clés de notre histoire avec l’éphéméride de septembre, une occasion de retrouver des idées pour construire dès aujourd’hui un autre futur comme nous y invitera l’agenda militant.

Mais avant tout cela nous aurons traité nos deux thèmes d’actualité, les ZAD et leur monde, la loi Travail et son monde.

20h12 Virgule sonore (jingle invité)

20h12 – La lutte des zones à Défendre – Sandra et Alexandre – partie 1

L’actu de Notre-dame-des-Landes et les autres ZAD : Sivens, Bure, …- 12 min

20h24 Coupure musicale – 3 min –

20h27 – La lutte des zones à Défendre – Sandra et Alexandre – partie 2

La Zone à Défendre du Coin – Villenave d’Ornon – origine – enjeux – 12 min

20h39 Coupure musicale – 3 min –

20h41 – La lutte des zones à Défendre – Sandra et Alexandre – partie 3

Les Zones à Défendre – Répression et prochains rendez-vous – 8 min

Plus d’infos sur : http://angievizz.wordpress.com

La citation des invité-e-s – 2 min

20h51 Coupure musicale – 3 min

20h54 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h54 – Retour sur le mouvement social contre la loi Travail – partie 1

L’actu estivale du collectif de lutte 33 – 16 min

21h10 Coupure musicale – 3 min

21h13 – Retour sur le mouvement social contre la loi Travail – partie 2

La coordination jeunes et les prochains rendez-vous – 10 min

La citation des invité-e-s – 2 min

21h32 Coupure musicale – 3 min

21h35 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h37 Virgule sonore (jingle désobéissance)

21h37 – La chronique de la désobéissance – André

Libertarisme – 8 min – lecture de la chronique par Philaud

21h45 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h45 – L’éphéméride anarchiste – 8 min (cf. en fin de sommaire le détail)

21h53 Virgule sonore (jingle agenda)

21h53 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) – 6 min

21h59 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)
L’émission touche à sa fin, c’était la 186éme d’Achaïra. La préparation a été improvisée. Enfin, l’animation a été réalisée avec nos invité-e-s, par Mika et moi-même. Et un très grand merci à Laurent aux manettes de l’émission.
Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.
La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 3 octobre 2016 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.
Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.
22h02 – Fin de l’émission.


Éphéméride de septembre

Le 1er septembre 1937,à Bordeaux, sortie du premier numéro du journal L’Espagne antifasciste, organe au service de la Révolution espagnole.
Le 1er septembre 1981,à Paris, première émission de Radio libertaire, la radio de la Fédération anarchiste, créée par des militants désireux de poursuivre l’aventure des radios libres. Il existe une histoire de cette radio écrite par Yves Peyraut en 1991.
Le 5 septembre 1917, à Chicago, la police force les locaux du syndicat IWW. Les principaux militants et responsables sont arrêtés et leurs domiciles perquisitionnés. Tout le matériel de propagande mais aussi de bureau (près de cinq tonnes) sera ensuite détruit sur ordre du gouvernement fédéral qui veut faire cesser toute campagne antimilitariste.
Le 9 septembre 1828, naissance de Léon Tolstoï, écrivain et pédagogue libertaire(« Le seul critère de la pédagogie est la liberté et la seule méthode est l’expérience ») ; il fut également un précurseur de l’idée de résistance non-violente. Certains ont qualifié Tolstoï d’anarchiste chrétien.
Le 11 septembre 1902, naissance, en Allemagne, de Norbert Bartosek promoteur de la vasectomie. On parla de lui lors de l’Affaire des stérilisés de Bordeaux en 1935.
Les 15 et 16 septembre 1872, à Saint-Imier en Suisse, se tiennent deux congrès importants. Tout d’abord celui de La Fédération jurassienne suivi du Congrès des sections et fédérations antiautoritaires de l’Association internationale des travailleurs. Ce congrès constitutif d’une nouvelle Internationale, qui se voulait délibérément antiautoritaire, marque en fait le véritable acte de naissance du mouvement anarchiste international.
Le 16 septembre 1923, assassinat à Tokyo de Noe Itô, militante anarchiste et pionnière du mouvement féministe au Japon. Elle était âgée de 28 ans.
Le 18 septembre 1930, naissance de Pietro Ferrua, créateur à Genève, en 1957, du Centre international du recherches sur l’anarchisme (actuellement à Lausanne) et qui, depuis, a fait des émules à Marseille et à Limoges.
En septembre 1894, Émile Pouget édite à Londres, où il était réfugié, le premier numéro du Père Peinard dans sa version clandestine qui, pour détourner la censure, est réalisé sous forme de petites brochures envoyées discrètement en France par La Poste.
Le 19 septembre 1908, sortie du premier numéro de La Mère Peinard, Réflections hebdomadaires d’une lavandière.
Le 20 septembre 1945, sortie à Bruxelles du premier numéro du mensuel Pensée et Action. C’est la reprise du titre d’un journal qu’Hem Day avait publié en 1931 et 1932.
En septembre 1985, à Bordeaux, sortie du premier numéro des Cahiers des Amis d’Aristide Lapeyre, publiés par une association qui a pour but de recueillir, d’archiver et faire connaître l’action d’Aristide et, d’autre part, tout ce qui touche à l’histoire régionale qu’elle soit libertaire, syndicaliste, néo-malthusienne, pacifiste, libre-penseuse, humaniste, etc.

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Achaïra n° 186 : Vous avez dit « libertarisme » ?

Vous avez dit « libertarisme » ?

On peut le déplorer, mais l’étroitesse d’esprit, par quelques côtés, sévit chez les anarchistes comme dans toutes les idéologies. Sans doute est-ce pour se dégager de ce travers que Michel Perraudeau a écrit l’Éloge des libertaires. Ainsi tente-t-il de prendre du recul avec nos idées et s’efforce-t-il de fureter dans le passé et aussi en d’autres pays pour s’aérer un peu ; pour ce faire, il a été dénicher un mot clé négligé par l’histoire et surtout par l’usage. Il s’agit de « libertarisme » (ou de « libertarianisme », comme d’autres disent).
Son livre, bonne ouverture aux idées libertaires, fera quand même grimacer certains à cause du ton péremptoire de quelques expressions ; il n’en reste pas moins que voilà une excellente « machine à poser des questions ». C’est une géographie plutôt qu’une histoire de l’anarchisme où l’auteur a été puiser le terme de « libertarisme » que l’usage avait abandonné dans la première moitié du XIXe siècle ; et ce pour le mettre en concurrence avec « anarchisme ».
Est-ce pour se démarquer du mouvement libertaire francophone qui n’a pas son agrément ? Ou parce qu’il ne se retrouve pas dans cet ensemble qui va de Ravachol à Voltairine de Cleyre, d’Alexandre Berkman à Clara Wichmann ? Ou parce que le mot « anarchiste » est trop marqué par la violence ?
Car on note à plusieurs reprises son opposition à la violence anarchiste :
« L’activisme anarchiste suicida l’idée libertaire en réduisant son efficience à l’explosion des marmites à renversement et à la révolvérisation de ses ennemis. » (P. 17.)
« Imagine-t-on le libertarisme adhérer au schéma de révolution violente, alors qu’a été administrée la preuve par quatre − 1789, 1848, 1871, 1917 − que le révolutionnisme des armes conduisait le peuple plus sûrement à sa perte qu’à son émancipation ? » (P. 18 et 19.)
Et on constatera que le mot de « non-violence » revient régulièrement dans ce texte. Pour autant, trouver de la non-violence stricto sensu chez Proudhon et chez quelques autres de la même époque, n’est-ce pas un peu anachronique ?
Se méfier de la violence ou l’avoir en horreur ne fait de personne un partisan de la non-violence.
Cela dit, à la lecture de l’ouvrage, il ne nous est pas perceptible de différencier l’« anarchisme » du « libertarisme ». Des deux côtés, on constatera des dérives, des aberrations que chacun dénoncera suivant son point de vue et sa sensibilité. Ainsi pourra-t-on ne pas se reconnaître dans certains des protagonistes de l’histoire.
Les mots naissent, vivent, mais, comme les plantes, ne « prennent » pas à tous coups. Il en est qui vont s’épanouir et vieillir ; et les mots, comme nous, sont mortels ; par ailleurs, avec le temps, ne nous en déplaise, on constate que leur acception évolue ; Il faut savoir que, lorsqu’il est question de la vie du langage, l’usage se moque des académies et des puristes tout autant que de celles et ceux qui voudraient imposer leur préférence. Les mots sont-ils libres pour autant ?
De nos jours, les mots « libertaire » et « anarchiste » ont quasiment la même valeur. Il n’en est pas de même du mot « libertarisme » plus ou moins opposé à son quasi-frère : « anarchisme ».
Est-ce la rançon du succès d’un Proudhon − critiquable comme d’aucuns − qui, en 1840, avait chargé positivement le mot « anarchie » face à un Joseph Déjacque − largement et à tort délaissé − qui, lui, en 1858, proposait le mot « libertarisme » ?
Pourquoi donc tenter de faire revivre un mot ? Pour « donner chair au libertarisme », nous dit l’auteur.
De notre côté, nous tenterons de prendre de la hauteur pour dire que nous appartenons tous à la grande famille libertaire qui comme toute famille se querelle et se heurte.
Parmi les cent mots proposés par Michel Perraudeau, nombre d’entre eux se retrouveront sans peine dans les classiques de l’anarchisme ; quelques-uns comme « anarcho-capitalisme », par contre, ne franchiront pas la barre, et nous n’hésiterons pas à les ranger dans le bagage des libertariens américains.
Une autre entrée − « minarchisme », c’est-à-dire la réduction à l’extrême du rôle de l’État sans sa disparition − pourra donner matière à discussion.
Certains ne manqueront pas de classer le libertarisme dans le rayon des individualismes anarchistes (façon française), ce libertarisme que nous ne confondrons pas avec le libéralisme et encore moins avec le néolibéralisme, mais nous ne sommes pas sûr que les libertariens américains feront la différence.
Si l’individualisme anarchiste peut mettre l’accent sur « être soi-même avant d’être ensemble », nous ferons remarquer qu’on est biologiquement ensemble avant d’être soi-même et que, lorsque l’individu affleure, son fleurissement n’est nullement contradictoire à l’« être ensemble ».
On critiquera donc sans peine un individualisme hypertrophié. D’ailleurs, de son côté, l’auteur met en avant l’« individuation » où l’individu « est constructeur de soi pour vivre avec l’autre », un constructeur qui doit se dégager de « l’homme [qui], par temps ordinaire, déborde d’affects rongeurs […] : rancœur, jalousie, hypocrisie, rivalité, perfidie, vengeance, domination, détestation et haine, perversion, cruauté ordinaire, méchanceté quotidienne, cohorte de malveillances et de malfaisances. C’est l’homme ! »
La dernière partie − « Alternatif actuel » − fait une large part à l’actualité des actions et des manières de vivre où nous retrouvons des façons de faire qui nous sont proches.
En dernier ressort, pour tenter d’y voir plus clair dans la bataille des mots, où l’usage à la fin seul triomphe, nous reproduirons un extrait d’un poème de Nâzim Hikmet de 1948, que cite Michel Perraudeau :
« Vivre comme un arbre, seul et libre / Vivre en frères comme les arbres d’une forêt / Cette attente est la nôtre. » (Il neige dans la nuit et autres poèmes, anthologie, 1999.)

Michel Perraudeau, Éloge des libertaires, les 100 mots du libertarisme,
éditions Autrement, 2016, 448 p.

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Achaïra n°185 l’émission radio du lundi 4 juillet 2016

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Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente  l’émission Achaïra n° 185 du lundi 4 juillet 2016

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquantici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 185 du lundi 4 juillet 2016

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h04 – éditorial de l’émission – Philaud

Salut, c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 185éme édition aujourd’hui, je suis accompagné pour cette émission des camarades du cercle libertaire Jean-Barrué, Esméralda et Progrès et à la technique, notre ami, Laurent.

Cette émission se voulait légère à l’entrée de l’été mais nous ne voulions pas complètement vous abandonner sans vous avoir prévenu. Et au final, l’actualité dense de la période aura rempli en une après-midi ces deux prochaines heures d’émission mensuelle.

Nos précédentes émissions s’en sont fait l’écho, nous vivons e début d’un profond mouvement social, mouvement commencé contre la loi travail, et qui ne peut s’empêcher de contester son monde. Ce mouvement qui dure depuis près de 4 mois est riche, dynamique, déterminé et durable. Il a su allié la diversité des formes de lutte qui ont été complémentaires, se sont enrichies mutuellement et lui ont permis de durer jusqu’à aujourd’hui. Comme nous le disions, le pouvoir n’a jamais cessé de tenter de discréditer le mouvement, en instaurant la violence, le contrôle des manifestants, les interdictions, les arrestations, les parcours ridiculisés. On ne compte plus le nombre de blessés dans les rangs des manifestants et pourtant le nombre de manifestants d ne décroit pas.

L’été ne sonnera pas la vacance du mouvement, et gageons qu’il trouvera les moyens de continuer sous d’autres formes et de se ressourcer pour resurgir plus puissant que jamais à la rentrée de septembre.

De fait, ce combat est fondamental, car cette loi est bien au cœur de l’évolution de l’exploitation et de l’aliénation des travailleurs au profit d’une minorité masquée dans la loi sous le terme de l’entreprise. Il institue bien la transformation du travailleur en ressource, ressource humaine des possédants de l’entreprise. Mais ceci est fait avec la pratique du double discours ou novlangue cher à Georges Orwell. Ainsi cette loi est réalisée pour dixit ses promoteurs socialistes « lutter contre le chômage et la précarité », bien sûr il va générer le contraire, la généralisation de la précarité. Prenons des extraits du 1er article, il n’est pas possible de le citer in extenso ici puisque ce seul article 1er fait 6 pages ! Il est dit par exemple : « Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail ». Mais aussitôt est rajouté : « Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux » soit mais surtout « ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché ; »

Ainsi des principes sont garantis tant qu’il n’est pas nécessaire qu’ils ne le soient pas. Pour décortiquer la loi on pourra lire avec intérêt, des anciens inspecteurs du travail, Richard Abauzit et Gérard Filoche, « Comment résister aux lois Macron, El Khomri & Cie ».

C’est dans ce contexte social que se sont tenues à Bordeaux, les rencontres Espagne 1936-2016 qu’Achaïra vous a annoncé lors de sa précédente émission, elles formeront notre premier sujet de retour sur l’actualité.

Ensuite, André nous parlera pour sa chronique de la désobéissance, d’un roman qui n’est pas un roman, « La Petite Fille aux ballons », de Colette Berthés. Il y est question de Palestine, du mur de séparation, de la vie et des luttes dans la société palestinienne sous occupation ?

Ce mur de séparation, on le sait maintenant, a été construit sur le tracé des nappes phréatiques, pour faire un rapt sur l’eau.

« L’eau ne coule pas de source », c’est, par ailleurs, le titre choisi pour la quatrième édition des Reclusiennes du 5 au 10 juillet 2016 à Sainte Foy la Grande aux confins de la Gironde.

Ce sera notre deuxième moment d’actualité avec des extraits de « l’histoire d’un ruisseau » d’Elisée Reclus, avec un rappel de la vie d’Elisée Reclus. Ces 6 journées ont comme chaque année un programme débordant de films, de conférences, de concerts, de randonnées, de dégustations, etc. Nous évoquerons tout ça pour vous donner envie d’en être.

En toute fin d’émission, comme à l’accoutumée, nous nous retournerons sur une dizaine de dates clés de notre histoire avec l’éphéméride de juillet et nous vous donnerons quelques clés pour construire collectivement un autre futur avec l’agenda militant.

Et pour trouver d’autres sources d’informations, nous vous donnons une sélection de quelques sites alternatifs d’informations à retrouver sur le NET : IAATA, Paris-Luttes, Taranis news, ACRIMED, REPORTERRE, CQFD, Le Monde Libertaire.NET et CAAMLG, sans oublier les blogs du Cercle libertaire Jean-Barrué.

important dans ce contexte, l’ACRIMED (Observatoire Action /Critique /Médias ): http://www.acrimed.org/ Leur récent rapport sur la couverture médiatique du mouvement LoiTravail
http://www.acrimed.org/Trois-mois-de-couverture-mediatique-des

subMedia.tv est un media d’information anarchiste canadien depuis 1994, qui produit des synthèses vidéos de la résistance populaire du > monde entier.
www.submedia.tv
celles d’infos présentées par Stimulator (« C’est la fin du monde tel que nous le connaissons et je me sens bien! »). Toutes traduites en > FR (Clic sur CC).
aussi, la série qu’ils viennent de lancer, « A is for Anarchy »:
1 – What is Autonomy?

http://www.submedia.tv/stimulator/2016/02/02/what-is-autonomy/
2 – What is Nationalism?

http://www.submedia.tv/stimulator/2016/03/21/what-is-nationalism/

réseau complet sur: http://mediaslibres.org/

C’est ma petite liste mais il y en a d’autres (un des plus fourni est paris-luttes):
Site coopératif d’infos et de luttes Paris – banlieue : https://paris-luttes.info/
https://lundi.am/
http://lahorde.samizdat.net/ (réseau antifa)
Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours > (relais de Bordeaux, par exemple) : http://iaata.info/Journee-ordinaire-et-souriciere-sous-l-etat-d-urgence-a-Bordeaux-1303.html)
ou récit de Camille: http://iaata.info/Chronique-d-une-banale-garde-a-vue-1422.html
http://iaata.info/
Lyon – Site collaboratif d’infos alternatives: http://rebellyon.info/

Sites video/journalisme militant :
Agence TARANIS :
http://www.taranisnews.com/
StreetPolitics
https://www.youtube.com/channel/UCWk1e9QHlBU_582wRadfpoA

puis en vrac :
Rennes/Nantes :
http://rennes-info.org/
https://nantes.indymedia.org/
Lille:
https://lille.indymedia.org/
https://luttennord.wordpress.com/
Bordeaux .. : misère ..

Et, c’est parti pour un retour sur les rencontres Espagne 1936-2016.

20h10 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h10 – Retour sur les Rencontres libertaires Espagne 1936-2016 – partie 1

Un collectif libertaire de Gironde s’est constitué pour organiser ces rencontres, Esméralda, Progrès pouvez-vous rappeler la genèse et nous dire les moments qui ont pu marquer le public ? – 18 min

20h28 Coupure musicale – 5 min – La Vida da la Columna – Durruti – CD 2 – piste 1

20h34 – Retour sur les Rencontres libertaires Espagne 1936-2016 – partie 2

suite pour – 18 min

20h50 Coupure musicale – 2 min – Durruti-Zapata – Durruti – CD 2 – piste 2

20h52 Virgule sonore (jingle désobéissance)

20h52 – La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

La Petite Fille aux ballons – 5 min 27

20h58 Coupure musicale – 5 min 19 – Jerusalem – HK & les saltimbanks – CD2 – piste 4

21h04 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h04 – Les Reclusiennes 2016 – intro

Introduction sur le projet des Reclusiennes et le thème de ces journées de juillet 2016 ?- 3 min

21h07 – Les Reclusiennes 2016 – lecture 1

« L’histoire d’un ruisseau » passage n° 1 – 4 min

21h11 – Les Reclusiennes 2016 – Elisée Reclus, quelques repères

Esméralda peux-tu nous raconter ce qu’a été la vie d’Elisée Reclus – 2 fois 8 minutes avec une interruption sonore autour de « voter c’est abdiquer » pour 3 min 30

21h30 – Les Reclusiennes 2016 – lecture 2

« L’histoire d’un ruisseau » passage n° 2 – 4 min

21h34 Coupure musicale – 4 min 20 – La Mémoire et la mer – Léo Ferré 84 – CD 3 – piste 3

21h40 – Les Reclusiennes 2016 – demandez le programme

Qui ? Quoi ? Les moments importants de ces rencontres sur 6 jours : 9 min

21h49 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h50 – L’éphéméride anarchiste – 4 min

21h54 Virgule sonore (jingle agenda)

21h54 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) – 3 min

21h57 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 185éme d’Achaïra. A la préparation nous ne manquerons pas de remercier cette fois-ci Sakina, Anita et André. Enfin, l’animation a été réalisée par Esméralda, Progrès et moi-même. Un très grand merci à Laurent aux manettes de l’émission.

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites. N’oubliez pas de faire connaître Achaïra et ses podcasts, afin comme nous aimons à la dire de polliniser les idées libertaires.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 5 septembre 2016 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10, la radio qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

21h58 – Fin de l’émission.

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Achaïra n°185 : La Petite Fille aux ballons

La Petite Fille aux ballons

Vous connaissez ce dessin de Banksy peint sur le mur de huit mètres de haut qui tente de séparer Israël de la Palestine, ce pochoir qui représente une fillette s’envolant par-dessus le mur accrochée à des ballons ?

Ce pochoir, on le retrouve sur la couverture d’un roman − mais est-ce véritablement un roman ? − de Colette Berthès qui relate la quête de Laïla, une mère palestinienne, qui cherche à comprendre pourquoi sa fille, Amal, a choisi de se faire exploser à la terrasse d’un café israélien à une heure d’affluence, explosion qui tuera des militaires en goguette.

Vous qui m’écoutez ou me lisez, une idée pareille ne vous viendrait sans doute jamais à l’esprit. Vous n’en êtes pas là, n’est-ce pas ? Même devant un présent tellement insupportable que vous avez envie d’en finir avec l’existence, vous n’iriez pas pour autant vous immoler par le feu comme le fit un jeune Tunisien nommé Mohamed Bouazizi.

Sans doute votre révolte, votre colère, prend-elle d’autres chemins. Car votre situation, personnellement, n’est pas sans issue.

Le père d’Amal, Nidal, avait été abattu « par erreur » à un check-point, victime d’un soldat israélien qui se croyait menacé. Auparavant, Nidal avait connu la prison et, après la deuxième Intifada, il avait décidé que désormais toutes les actions qu’il mènerait contre Israël seraient non-violentes. Pour lui, cet État ne pouvait pas être détruit par les armes. Il en rêvait d’un autre, indépendant, laïque, où vivraient ensemble juifs, chrétiens et musulmans, Arabes, Russes, Éthiopiens et Druzes.

Et Laïla, dans sa quête, se demandait si Amal avait voulu venger son père…

Bravement, fièrement, Laïla attendra donc les représailles, la venue des soldats israéliens qui, comme ils en ont l’habitude après une opération kamikaze, raseront la maison de la « terroriste ». Ce qui sera fait. Puis, pour chercher à comprendre, elle tentera de retrouver le chemin suivi par sa fille…

Cette quête va l’amener à rencontrer celles et ceux que sa fille Amal a fréquentés pendant quelques semaines avant de mourir ; et cette quête, fil conducteur, va nous faire pénétrer, au quotidien, à l’intérieur de la société palestinienne, une société tout à la fois au fait de la technologie la plus moderne et cependant rétrograde, sinon traditionaliste, dans ses mœurs ; mais, en arrière-plan, se lira la vie politique et sociale du pays, enchevêtrée et étouffante.

L’auteure nous rend bien cette vie courante palestinienne dans son intimité et sa quotidienneté ; sans doute a-t-elle dû côtoyer de très près les gens qu’elle dépeint pour avoir trouvé un ton si juste. On y parle beaucoup des nourritures si particulières à ce pays, du café amer ou du thé trop sucré et des vêtements de fête, mais aussi des organisations politiques diverses. Surtout, est décrite la situation de profonde injustice que subissent les Palestiniens abandonnés par les principaux États du monde alors que les Israéliens sont largement − et essentiellement − soutenus par les États-Unis d’Amérique et par notre propre pays, la France, qui n’est pas en reste, elle qui criminalise le boycott contre Israël.

On appréciera cette plongée dans la Palestine auprès des gens du peuple, gens modestes avec leur perception simple du monde qui les entoure et qui n’ont que « la patience des pierres » face à un État pourvu de tanks, d’avions et de beaucoup d’argent.

Tout à la fin, comme dans un polar, on aura en quelque sorte la solution de l’énigme que la jeune femme a écrite sur un morceau de papier, un petit poème enfoui dans ses vêtements abandonnés, que sa mère lira avec douleur et qu’elle déchirera, jugeant qu’il n’était ni utile ni décent que tout un chacun sache les raisons profondes du martyre de sa fille.

La Petite Fille aux ballons

œuvre « street art » de Bansky sur le mur de séparation de la Palestine occupée

Je vous parlais du livre de

Colette Berthès, La Petite Fille aux ballons,

Riveneuve éditions, 2016, 284 p.

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Achaïra n°184 l’émission radio du lundi 6 juin 2016

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente
l’émission Achaïra n° 184 du lundi 6 juin 2016

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici .

Sommaire de l’émission Achaïra n° 184 du lundi 6 juin 2016

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h01 – éditorial de l’émission – Philaud

Salut, c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 184éme édition aujourd’hui, je suis accompagné pour cette émission des camarades du cercle libertaire Jean-Barrué, Esméralda, Progrès, Mika et toujours à la technique, notre ami, Laurent.

L’émission du mois de mai s’est largement ouverte aux témoignages de quelques acteurs du mouvement social actuel. Ce mouvement contre la loi travail, et son monde comme disent certains, nous a intéressés par la diversité des formes de lutte. Ces diverses formes sont complémentaires, Nuits debout, manifestations interprofessionnelles, actions de blocages d’assemblées de lutte ou grève stoppant la production. Elles se dynamisent l’un l’autre, et ainsi chacun fait ce qu’il peut comme il peut. Nous reviendrons, au travers de la chronique de notre compagnon André intitulée « Nuit debout » et avec le retour d’expérience de Mika, sur les constructions « à la base » de ce mouvement, sur ce qui est déjà acquis et sur ses perspectives. Nous remarquerons dans l’histoire de la lutte des classes, cet épisode combatif mais rare, un bras de fer engagé avec un pouvoir socialiste au service des intérêts des grosses sociétés. Pouvoir qui sous prétexte de lutter contre la précarité, va encore plus l’accentuer. Il faudra noter que c’est le premier des grands conflits sociaux qui se fait sous un mandat socialiste et donc avec une division des syndicats, les syndicats les plus ancrés dans le service défendant la loi à l’opposé de ceux qui sont globalement plus pour l’engagement collectif. Le principe de cette loi, l’article 2, ouvrant directement la voie au dumping social sur le territoire national même. Les anarchistes, syndicalistes ou non, sont de ce mouvement car sur la forme, il est le signe d’une renaissance de l’esprit de contestation, malgré les moyens mis en place, répression policière et service de propagande des grands patrons propriétaires des médias de masse. Heureusement, il nous reste les réseaux sociaux, le Monde libertaire tous les mois, et la Clé des ondes bien sûr pour écouter Achaïra et toutes les autres bonnes émissions.

Ensuite, nous tenterons, pendant une heure, de lier la richesse de la révolution espagnole, il y a 80 ans avec les combats de la lutte des classes aujourd’hui, en accueillant le Collectif Libertaire de Gironde à l’occasion des Rencontres Espagne 1936-2016 auxquelles vous êtes invités entre le jeudi 9 juin et le samedi 11 juin sur Bordeaux.

En toute fin d’émission, comme à l’accoutumée, nous nous retournerons sur 5 dates clés de notre histoire avec l’éphéméride de juin pour construire un autre futur avec l’agenda militant.

Mais avant tout cela nous passons à la chronique de la désobéissance, la chronique d’André, inspiré par l’émission précédente, sur les Nuits debout.

20h05 Virgule sonore (jingle désobéissance)

20h05 – La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

Nuits debout – 7 min

20h12 Coupure musicale – 3 min – La parisienne libérée – piste 1

20h15 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h15 – Retour sur le mouvement social en cours

Depuis le 2 mai et l’annonce des rendez-vous du collectif de lutte rive droite ? – 13 min

20h28 Coupure musicale – 3 min – La parisienne libérée – piste 2

20h31 – Retour sur le mouvement social en cours – suite

Perspectives, trahison, et au-delà de la loi, il restera le Travail, non ?- 14 min

20h45 Coupure musicale – 1 min 30 – A las barricadas

20h47 Virgule sonore (jingle invité)

20h47 – Les Rencontres de l’Espagne 36 – partie 1

Qui ? Quoi ? les 5 temps des rencontres sur 3 jours : 10 min

20h57 Coupure musicale – 6 min – Hispanio 1936 par Christian Leduc

21h03– Les Rencontres de l’Espagne 36 – partie 2

Parties 1 (Utopia) et 2 (Prélude de la Révolution) des rencontres ; et les débats qui seront à lancer? : 13 min

21h16 Coupure musicale – 6 min – de Myrtille

21h22– Les Rencontres de l’Espagne 36 – partie 3

Parties 3 (Montseny et les réalisations sanitaires, …) et 4 (Giménologues) des rencontres ; et les débats qui seront à lancer? : 13 min

21h35 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h35– Les Rencontres de l’Espagne 36 – partie 4 – (enregistrement)

Rencontre avec Tancrède Ramonet sur son documentaire « Ni dieu ni maître » : 10 min

21h45 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h45 – L’éphéméride anarchiste – 8 min

21h53 Virgule sonore (jingle agenda)

21h53 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) – 6 min

21h59 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 184éme d’Achaïra. A la préparation nous ne manquerons pas de remercier cette fois-ci Sakina, Anita et André. Enfin, l’animation a été réalisée avec nos invité-e-s, par Esméralda, Progrès, Mika et moi-même. Et un très grand merci à Laurent aux manettes de l’émission.

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 4 juillet 2016 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission.

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Achaïra n°184 : La nuit debout

La nuit debout

 

Avec le temps, le phénomène des Nuits debout sera à ranger parmi les événements semblables qui se sont déroulés à travers le monde. Cette contestation planétaire s’est concrétisée par une façon de faire pas si nouvelle que ça : occuper une place, un forum, une agora, bref occuper des espaces publics comme la place Tahrir au Caire, la place Syntagma à Athènes, le parc Zuccotti à New York, etc.

En France, l’événement déclencheur, la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase, aura été la loi Travail (il y a presque cinquante ans, Mai 68 avait démarré pour moins que ça) ; loi Travail que veut imposer un gouvernement − qu’il soit de droite ou de gauche n’y change rien − à la botte de la finance internationale.

La révélation des « Panama papers » avait dévoilé « la solidarité à l’échelle internationale des riches et des dominants, ceux dont la richesse est fondée sur la puissance, qu’elle soit étatique ou capitaliste ; ce qui a provoqué à l’échelle mondiale l’émergence d’une « rébellion sociale contre ce système bureaucratique planétaire en formation ».

C’est du moins ce qu’écrivait David Graeber dans le quotidien Le Monde du 14 avril 2016 et intitulé « La Nuit debout contre le Panama partout ».

Ainsi, deux « cultures » sont face à face, « la première déjà bien trop développée, l’autre encore naissante ».

Occuper les places, certes, mais pour quoi faire ?

Dans l’émission Achaïra du 2 mai 2016, sur la Clé des ondes à Bordeaux, une participante à ces Nuits debout déclarait qu’« on avait recommencé à se parler » ; elle estimait la chose très importante devant le silence général des exploités (la libération de la parole avait déjà été un phénomène notable lors des événements de mai 1968).

Plus pratiques, plus militants, plus syndicalistes, d’autres ont lancé l’appel On bloque tout ! dans l’espoir d’une grève générale.

Mais, dans cette même émission, un syndicaliste paraissant chevronné disait être en quête d’idées nouvelles, de chercher à lutter différemment. Un autre tentait de dire que ce n’est pas tant la loi Travail qu’il fallait attaquer que « le système ». Avait-il lu le texte de David Graeber ?

Et puis, bien sûr, il est question de la convergence des luttes et des imaginaires, de la mutualisation des idées.

Lors d’une autre Nuit debout, un participant proposait modestement la création de jardins collectifs. On aurait tort de se moquer d’une si pauvre proposition. Il y a là une forme d’inventivité qui en rien ne s’oppose à une quelconque action traditionnelle, et c’est à cette créativité qu’il faut faire appel pour aller chercher des forces au fond de soi.

Sur les places du monde entier, le remue-méninges est à l’ordre du jour et de la nuit.

Si la finance internationale impose sa loi aux États, en même temps, ces derniers « ont accumulé une capacité à réprimer la classe ouvrière qui dépasse de loin la capacité de la classe ouvrière à y résister ». C’est ce qu’écrit René Berthier dans Le Monde libertaire, n° 1779 de mai-juin 2016, participant ainsi à un dossier intitulé « Construire la révolution ».

Dans ce même journal, Nestor Potkine, tout aussi averti du problème, note que la vaste majorité des participants parisiens « semble s’accorder sur un discours et une pratique de non-violence. En viendra-t-on à la désobéissance civile, au moins ? », s’interroge-t-il.

D’ailleurs, dans l’émission girondine Achaïra, déjà citée, il est fait aussi allusion à cette notion de non-violence qui a tant de peine à s’affirmer ; les médias préfèrent mettre l’accent sur les violences diverses des « casseurs » de tout acabit.

David Graeber, toujours dans le même texte, à propos des mouvements récents d’occupation des places, dit que ces mouvement « ont montré que les soulèvements populaires ne prennent plus la forme d’une révolution armée, ni ne tentent de modifier le système de l’intérieur ; à chaque fois, leur première initiative est de créer, dans la mesure du possible, un territoire totalement extérieur au système, en dehors de l’ordre légal de l’État : un espace préfiguratif dans lequel peuvent s’inventer de nouvelles formes de démocratie directe ».

Tandis que, dans Le Monde libertaire de mai-juin, un certain François demande : « Nuit debout prépare-t-elle la révolution ? ». Il y voit, quant à lui, « juste la nécessité de préparer toute une série de pièces qui s’assembleront le moment venu, en fonction des besoins, des crises. Quand la situation économique ou politique sera de nature telle qu’elle fédérera un grand nombre de personnes de différentes classes sociales, il faudra que tout soit prêt avant ».

Nul ne sait ni où ni quand jaillira l’étincelle qui enclenchera le bouleversement de notre société. Mais, près de nous comme à travers le monde, les exploités et les dominés ne renonceront jamais à chercher le chemin de la justice et de la liberté. Avec des triomphes, avec des défaites, inlassablement, ils lutteront, l’esprit désencombré des vieilles idées mais avec la mémoire du passé pour autant présente.

À tout hasard, je vous signale le numéro 36 du printemps 2016 de la revue Réfractions (recherche et expressions anarchistes) qui a pour titre « Réinventer la révolution ».

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Les rencontres ESPAGNE 1936-2016 – BORDEAUX du 9 au 11 juin 2016

Le Collectif libertaire de Gironde, dont le Cercle libertaire Jean-Barrué, vous invite aux
Rencontres ESPAGNE 1936 – 2016 – BORDEAUX du 9 au 11 juin 2016

Un moment pour se plonger dans les réalisations des révolutionnaires en 1936 pour continuer le combat contre la loi Travail et son monde … et construire un autre futur.
Le futur nous appartient, si nous connaissons notre passé et nous appuyons dessus pour en tirer les leçons, les leçons de l’histoire pour écrire les pages à venir
Là aussi, reprenons notre destin en main, ne soyons plus des esclaves, comme le dit Yannis Youlountas.
Philaud pour le Cercle libertaire Jean-Barrué

Le projet et le programme seront présentés en détail, le lundi 6 juin 2016 de 20h à 22h dans l’émission Achaïra sur la Clé des Ondes 90.10 Mhz

Jeudi 9 juin

20h30 Cinéma UTOPIA Retour ligne automatique
Tarifs habituelsRetour ligne automatique
Présentation des rencontres Espagne 36.Retour ligne automatique
Chorale : Le Cri du PeupleRetour ligne automatique
Projection de Land and Freedom de Ken LOACHRetour ligne automatique
Débat avec Frank MINTZRetour ligne automatique
Présentation de la Fundación de Estudios Libertarios Anselmo Lorenzo par son directeur : José Ramón Palacios.

Vendredi 10 juin

15h – 18h30Retour ligne automatique
Athénée municipal Retour ligne automatique
Salle 46 / entrée libre Retour ligne automatique
Lectures* et exposition d’affiches prêtées par la Fundación de Estudios Libertarios Anselmo LorenzoRetour ligne automatique
Projection d’Octobre asturianu d’A. MAGNATTA et échanges.

19h30Retour ligne automatique
Amphithéâtre / entrée libre Retour ligne automatique
Lectures*Retour ligne automatique
Projection de Federica Retour ligne automatique
Montseny, l’indomptable de J.M.RODRIGORetour ligne automatique
Échanges avec le réalisateur et Frank MINTZ.

Samedi 11 juin

15h – 18h30Retour ligne automatique
Salle municipale, place St AugustinRetour ligne automatique
Entrée libre Retour ligne automatique
Exposition du dessinateurde BD Bruno LOTH Retour ligne automatique
Les Giménologues : présentation des livres Retour ligne automatique
A Zaragoza o al charco et Les fils de la nuit, souvenirs de la guerre d’Espagne.Retour ligne automatique
Projection d’un extrait du film « Ni dieu, ni maître » de Tancrède RAMONETRetour ligne automatique
Lectures* autour de l’Espagne 36

*Lectures par Yolande TRAWINSKY CHAUME et Bruno DARAQUY

19h00Retour ligne automatique
Athénée LibertaireRetour ligne automatique
7 rue du Muguet – Bordeaux / 5€Retour ligne automatique
concert : TULAMORT+guests

Programmation / Organisation : collectif libertaire de Gironde

Rencontres ESPAGNE 1936-2016

Rencontres ESPAGNE 1936-2016 BORDEAUX 9-11 juin 2016

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