Soirée débat La Bande Noire à l’Athénée libertaire avec Yves Meunier – Jeudi 19 octobre 2017 à 19h30

Annonce de la soirée sue Achaïra sur la Clé des Ondes le lundi 2 octobre 2017 :
Ecoutez ici la bande-annonce : annonce de la Bande Noire sur Achaïra

Jingle Achaïra

Annonce – « La Bande Noire » – 9 min :

La soirée de débat le 19 octobre, à l’Athénée libertaire

L’organisateur : le collectif libertaire de Gironde

L’invité, l’auteur

Le livre

Les thèmes :

o La propagande par le fait

o L’influence lyonnaise

o Aux origines du mouvement ouvrier en France

Illustration musicale – 3 min – « Luttes d’hier et d’aujourd’hui »– Hors Contrôle

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Achaïra n°196 l’émission radio du lundi 2 octobre 2017

 

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 196 du lundi 2 octobre 2017

 

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 196 du lundi 2 octobre 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h01 – sommaire-éditorial de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 196éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Fabienne, Thierry, Progrès et Laurent aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous n’aurons d’invités, mais il y aura en trame de fond, le thème de la révolution d’octobre. D’ailleurs, nous commençons par l’éphéméride d’octobre.

20h02 Virgule sonore (jingle éphéméride)

20h02 – L’éphéméride anarchiste – 12 min [avec
commentaires courts et éventuels,]

20h14 – suite du sommaire-éditorial de l’émission – Philaud et les autres

C’est terrible, dans un mois, entre deux émissions, l’actualité est trop importante, et on a du mal à extraire des moments essentiels. Le risque d’escalades militaires existe bien à un haut niveau avec la confrontation entre les dirigeants coréens et américains. Les catastrophes naturelles semblent bien augmenter en intensité avec le réchauffement climatique.

Au niveau hexagonal, ce qui mobilise nos esprits est la nième attaque contre les minces protections des travailleurs face au patron. Les idéologues du Medef sont à l’œuvre depuis longtemps et ils en tirent les fruits. D’abord, cela passe par désespérer et casser toutes résistances. Seule une minorité active pense encore qu’il est vital de résister car perdre en résistant ce n’est pas perdre. C’est aussi penser l’avenir pour reconstruire un autre rapport au travail.

Ironiquement, on remarquera que lorsque les policiers sont en arrêt de travail, les manifestations sociales se passent avec beaucoup moins d’incidents, faudrait que tout le monde s’interroge là-dessus.

On finit par le savoir, il n’y a pas de recettes pour qu’il y ait une forte mobilisation. On doit donc valoriser tout ce qui se fait en matière de résistance contre la loi travail, et inlassablement répéter que dans tout système ce que chacun vit est intiment lié à ce que les autres parties vivent et que donc la solidarité, l’entraide sont une nécessité vitale.

Alors qu’un temps, il s’agissait d’appeler à la généralisation de la grève et à la grève générale, force est de constater que les dernières mobilisations se sont faites sans qu’il n’y ait de débrayages significatifs, alors cela rend un peu vain l’appel à généraliser ce qui n’a pas commencer à exister. Dans ce contexte, on peut s’interroger sur les messages portés par exemple sur des t-shirts, slogans qui disent « c’est dans la rue que ça se passe » ou « c’est dans la rue que ça se gagne ». Que s’agit-il de gagner ? Rappelons que le pouvoir politique n’est que l’expression du pouvoir économique qui finance ses campagnes et lui élabore son idéologie. C’est bien le pouvoir économique qu’il faut toucher par le blocage de ses sources de revenus, il y a de bons moyens pour cela : la grève ou de long blocage des circuits économiques (routes, trains, avions, électricité, banques, …). Il est clair que la grève de ces secteurs est indispensable pour bloquer durablement leur activité et plus largement.

Ce mois-ci, nous avons aussi connu la banalisation de l’état d’urgence en l’introduisant en partie de façon permanente dans la loi. Bien sûr, c’est le contrôle des mouvements sociaux, les assignations à résidence mais c’est aussi la pression sur les jeunes les plus pauvres, c’est le contrôle au faciès institué par le soupçon. Le scénario turc n’aura pas besoin de nouvelles évolutions juridiques pour se mettre en œuvre, toute opposition pouvant de près ou de loin être assimilée à un soutien au « terrorisme ». La démocratie facilite son transfert en régime autoritaire sans avoir besoin de passer par le coup d’État militaire ou la dictature, c’est la « ferme démocratie », qui rend la liberté suspecte d’atteinte à l’ordre public. Le terrorisme n’est pas défini et peut donc servir les puissants pour qualifier tout adversaire un peu rebelle.

Tout ça porte peut-être le débat comment se fait ou peut se faire un changement de société.

Pour prendre un autre angle de vue, André a lu plusieurs ouvrages qui interrogent sur l’existence d’une nature humaine et c’est l’objet de sa chronique intitulée « de notre nature animale ».

20h16 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

20h16– La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

«Notre nature animale » – 8 min + 8 min de commentaires sur la chronique

Nature humaine ?

Sortir de son bocal, arrêter sa vie de poisson rouge, il y a un risque, cela vaut-il le coup de s’élancer?

20h32 Illustration musicale n° 1- 5 min 20 – « On est des merdes toutes pourries ! » – Mathilde Nègre

20h37 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h37 – annonce n° 1 – « Le Jeune Marx » – 7 min

Le film

L’époque 1844 -1848

La rencontre Proudhon / Marx

Les positions

L’invité : Gaetano Manfredonia

o Les dates 6 et 7 octobre

o Présentation

o Bibliographie

Le programme et les dates de Clin d’Œil

20h56 Illustration musicale n° 2 – 2 min 53 –Makhnovtchina – Les Béruriers Noirs –

 

20h59 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h59 – retour sur octobre 1917 – 15 min

Les anarchistes dans la révolution russe

Les anarchistes dans le monde face à la révolution russe

Quelques références bibliographiques :

La Revolution Inconnue de Voline;
La guillotine au travail par G.P. Maximov;
Le mythe bolchévik et la tragédie russe, tous deux d’Alexandre Berkman;
Les bolcheviks et le contrôle ouvrier par M. Brinton;
L’insurrection de Kronstadt par Ida Mett;
L’histoire du mouvement makhnoviste par Peter Arshinov;
Ma désillusion en Russie et Vivre ma vie (ou L’épopée d’une anarchiste) par Emma Goldman;
Nestor Makhno Le Cosaque de l’Anarchie ;
La lutte pour les soviets libres en Ukraine 1917-1921 par Alexandre Skirda ;
Nestor Makhno – Mémoires et écrits – 1917 – 1932 –Editions Ivrea – Champ Libre ;
et les numéros spéciaux de Alternative Libertaire (n°274) et du Monde Libertaire (n°1790)

Beaucoup de ces livres ont été écrits par des anarchistes actifs pendant la révolution, beaucoup emprisonnés par les bolcheviks et déportés vers l’Ouest en raison de la pression internationale exercée par les délégués anarcho-syndicalistes à Moscou que les bolcheviks essayaient de gagner au léninisme.
La plupart de ces délégués restèrent fidèles à leur politique libertaire et convainquirent leurs syndicats de rejeter le bolchevisme et de rompre avec Moscou.
Au début des années 1920, toutes les confédérations syndicales anarcho-syndicalistes s’étaient associées aux anarchistes pour rejeter le «socialisme» en Russie comme du capitalisme d’État et une dictature du parti.

21h16 Illustration musicale n° 3 – 2 min 52 – Faut plus de gouvernement (1889 – chanson anarchiste) –

21h19 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h19 – annonce n°2 –« La Bande Noire » – partie 2 – 9 min

La soirée de débat le 19 octobre, à l’Athénée libertaire

L’organisateur : le collectif libertaire de Gironde

L’invité, l’auteur

Le livre

Les thèmes :

o La propagande par le fait

o L’influence lyonnaise

o Aux origines du mouvement ouvrier en France

21h28 Illustration musicale n°4 – 3 min – « Luttes d’hier et d’aujourd’hui »– Hors Contrôle

21h31 – Sur Ascanio Celestini – Progrès – 12 min

Le film « Pecora Nera », séance-débat à l’Utopia le 10 octobre 20h30

L’ écrivain, le réalisateur, le metteur en scène,

Son engagement politique

Extrait du « Discours à la Nation » dit par David Murgia

21h43 – annonce n°3 – Casse –rôles – Esméralda et Fabienne – 12 min

Présentation du n°1 de cette nouvelle revue féministe et libertaire

– Casse-rôles est un trimestriel à prix libre. Les frais postaux sont d’1,50€ par numéro, soit pour 1 an (4 numéros) = 6€+…(prix libre).
Indiquez le nombre de numéros que vous désirez recevoir.
Libellez le chèque à l’ordre de: Les Amis de Pierre Besnard.
Adressez-le à: Casse-rôles, c°/ Hélène Hernandez 16 rue de Meaux, 75019 Paris
Pour les propositions, email: casse-roles

Présentation d’un choix d’articles

21h55 Coupure musicale n° 4 – 2 min 58 – La Compagnie Jolie Môme – L’hymne des femmes

21h58 Virgule sonore (jingle agenda)

21h58 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 10 min

22h08 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 196éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Fabienne, Thierry, Progrès, et moi-même. Et un très grand merci à Anita pour son soutien dans la conception, à André Bernard pour sa chronique et à Laurent aux manettes de l’émission.

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur les sites du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com et http://cerclelibertairejb33.free.fr en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 6 novembre 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h10 – Fin de l’émission

Éphéméride d’octobre 2017

Le 1eroctobre 1867,naissance de Fernand Pelloutier, militant syndicaliste révolutionnaire et fondateur de la Fédération des Bourses du travail :

« Partisans de la suppression de la propriété individuelle, nous sommes en outre ce que ne sont pas les politiciens, des révoltés de toutes les heures, hommes vraiment sans dieu, sans maître et sans patrie, les ennemis irréconciliables de tout despotisme, moral ou collectif, c’est-à-dire des lois et des dictatures (y compris celle du prolétariat), et les amants passionnés de la culture de soi-même. »

Le 4 octobre 1901,naissance à Paris, dans un famille de libres penseurs, de Renée Lamberet. Professeur d’histoire et de géographie, elle sera une fidèle collaboratrice de l’historien de l’anarchisme Max Nettlau. En 1936, elle se rend en Espagne et s’intéresse particulièrement aux collectivisations de la Confédération nationale du travail, collabore à la propagande libertaire et participe à l’aide aux enfants réfugiés des zones de guerre.

Le 7 octobre 1879, naissance du poète ouvrier Joe Hill en Suède. En 1902, il émigre aux États-Unis et adhère aux IWW et répand les idées anarcho-syndicalistes par sa poésie et ses chansons. En 1914, l’accusation du crime d’un droguiste lui vaut d’être condamné à mort et fusillé. «Ne perdez pas de temps à pleurer.Organisez-vous ! »,écrira-t-il avant de mourir.

Le 5 octobre 1839,naissance, près de Paris, d’Eugène Varlin. Relieur, militant ouvrier, internationaliste, communard et libertaire. En 1865, il participe à la fondation d’une société d’épargne et de crédit mutuel des ouvriers relieurs.

Le 9 octobre 1909,à Barcelone, Francisco Ferrer est jugé par une cour martiale pour sa supposée responsabilité dans la Semaine tragique. Ce jugement bâclé, inspiré par la monarchie cléricale espagnole qui n’a pas digéré son travail émancipateur qu’est l’École moderne, le conduira devant un peloton d’exécution dans les fossés de Montjuich.

Le 12 octobre 1860,naissance d’Émile Pouget dans l’Aveyron. Pamphlétaire redouté, militant et propagandiste anarcho-syndicaliste, antimilitariste, anticlérical et animateur du Père Peinard.

En octobre 1824,naissance de Plotino Rhodakanaty à Athènes. Philosophe, pédagogue, socialiste utopiste et mystique, il est aussi le précurseur de l’anarchisme mexicain.

Le 14 octobre 1894, naissance de Mohamed Saïl, en Algérie, qui fut militant anarchiste et insoumis durant le premier conflit mondial. En 1936, il part combattre en Espagne, est blessé en décembre. Le 30 avril 1953, Le Libertaire annoncera sa mort.

Le 15 octobre 1902, naissance d’André Prudhommeaux (dit Prunier) au familistère de Guise. Cet anarchiste milita avec sa compagne Dora Ris (dite Dori).

Le 15 octobre 1902,naissance d’Amparo Poch y Gascon en Aragon qui deviendra une militante anarchiste féministe et une propagandiste de la liberté sexuelle.

Le 20 octobre 1895, naissance de Gaston Leval. Insoumis de la guerre 14-18, il milita en Amérique du Sud et en Espagne. Nombreux écrits historiques et théoriques.

Le 25 octobre 1806,naissance de Johann Kaspar Schmidt, dit Max Stirner, auteur de L’Unique et sa propriété qui influença beaucoup les anarchistes individualistes.

Le 27 octobre 1889,naissance en Ukraine de Nestor Ivanovitch Miknienko, dit Makhno. Ses Mémoires et écrits, 1917-1932 ont été publiés chez Ivrea en 2009.

Le 30 octobre 1904,naissance de Georges Navel à Pont-à-Mousson. Insoumis, écrivain autodidacte et libertaire : « Il y a une tristesse ouvrière dont on ne guérit que par la participation politique. Moralement, j’étais d’accord avec ma classe. »

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Achaïra n° 196 : Chronique de la désobéissance : Notre nature animale

Notre nature animale

Comment est-on passé d’un primate ordinaire incapable de parler
à cet étonnant primate humain incapable de se taire ?

Robbins Burling

Daniel Colson, dans son dernier ouvrage (Proudhon et l’anarchie, ACL, 2017), en page 95, pose un certain nombre de questions ressassées et largement dépassées :

« Y a-t-il une nature humaine ? L’homme est-il bon mais corrompu par une société mauvaise et autoritaire (le bon sauvage) ? L’homme est-il méchant (le péché originel) et a-t-il besoin d’un cadre contraignant pour vaincre ses passions et ses instincts égoïstes et prédateurs ? »

Bien sûr, il ne nous donne pas de réponse, et son propos ne s’arrête pas à ces considérations, même quand il cite quelques auteurs qui ne sont plus exactement de notre temps comme Bakounine, Reclus, Kropotkine, Malatesta, Proudhon (bien sûr) et quelques autres.

Cependant, dans L’Homme, cet animal raté, Pierre Jouventin pose la question: « Comment 2500 ans de philosophie ont-ils pu s’interroger sur l’humain en niant son appartenance au monde animal, à tel point qu’il a fallu que ce soit la science qui retrouve cette évidence de bons sens ? »

Pourquoi donc, au sujet de cette fameuse « nature humaine », Colson ne va-t-il pas interroger des scientifiques contemporains ̶ certains très proches de nous comme, justement, Pierre Jouventin, né en 1942 ̶ ou d’autres tel Frans de Waal, né en 1948 ?

Le premier, Jouventin, est un éthologue d’expérience qui a écrit, entre autres, Kamala, une louve dans ma famille et Les Confessions d’un primate.

Le second, De Waal, est un primatologue, auteur, parmi beaucoup d’autres ouvrages, de La Politique du chimpanzé.

Et nous ajouterons le très agréable opuscule de Jean-Baptiste de Panafieu, très accessible à la lecture et, de plus, illustré avec humour par Étienne Lécroart : L’homme est-il un animal comme les autres ? (La ville brûle éd., 2017.)

Pourquoi négliger ceux qui, de nos jours, questionnent avec compétence scientifique la nature humaine ̶ et animale ̶ à partir d’un matériel bien vivant pour apporter des réponses qui ouvrent l’horizon ? Méconnaissance ? « La culture humaniste ignore aujourd’hui le plus souvent la culture scientifique et vice versa. Il est vrai que les connaissances sont aujourd’hui si vastes que les philosophes ne peuvent suivre l’actualité scientifique… », nous répond Pierre Jouventin.

Pour autant, rien n’empêche de citer Darwin :

« Celui qui comprendra les babouins aura fait plus pour la métaphysique que Locke. » (Carnets intimes, 1838.)

*

Du caillou inanimé à la plante plus ou moins sophistiquée, il y a un écart certain ; de la plante qui diffère peu de l’animal (comme le protiste) jusqu’aux animaux au système nerveux performant, l’écart est variable. Quant à l’être dit « humain » (Homo sapiens), il n’est qu’un descendant d’une famille buissonneuse de primates et seul rescapé des Erectus, Habilis, Floresiensis, etc. ; le dernier, Néandertal, certainement moins prolifique que Sapiens, a été absorbé par celui-ci ou escamoté.

Dans d’autres chroniques, nous avions abordé la réalité du fait culturel chez certains animaux et nous nous étions posé la question des fondements d’une conscience morale chez les êtres humains. La première réponse, nous pensions l’avoir trouvée notamment dans L’Entraide de Kropotkine, publié en 1902, qui donnait de multiples exemples de comportements solidaires dans différentes sociétés humaines et aussi chez les animaux.

De nos jours, c’est avec grand intérêt que nous découvrons le travail de Frans de Waal. Étant donné que notre parenté avec les singes est patente, De Waal ne se lasse pas de nous dire tout ce qui nous en sépare, mais surtout ce qui nous en rapproche ; étudiant les chimpanzés et les bonobos, il y dévoile, comme chez les humains, le goût prononcé de certains pour le pouvoir et les conduites de conquête envers le sexe opposé ; il s’agit essentiellement des mâles. Si les bonobos résolvent leurs problèmes de pouvoir par le sexe, les chimpanzés, eux, règlent les problèmes de sexe par le pouvoir. C’est du moins ce que nous dit Frans de Waal, dans Le Singe en nous. Et c’est pourquoi, et pour bien d’autres raisons, les chimpanzés et les bonobos revêtent une égale et telle importance pour comprendre ce que l’on persiste à nommer la « nature humaine ».

Et puis, nous n’avons pas craint de parler de « morale » chez nos si proches parents. Darwin, déjà, n’hésitait pas à écrire : « De nombreux animaux compatissent, sans doute aucun, à la détresse des autres ou aux dangers qu’ils courent. »

De Waal, lui, écrit :

« Les éléments constitutifs de la morale précèdent clairement l’humanité. Nous les reconnaissons chez nos parents primates, l’empathie étant plus visible chez le bonobo, et la réciprocité chez le chimpanzé. Les règles morales nous disent quand et comment appliquer ces tendances, mais elles sont elles-mêmes à l’œuvre depuis des temps immémoriaux. »

Si la morale demeure la plus belle parure dont se glorifie l’humanité, elle se serait construite à partir du sentiment de communauté du petit groupe contre les autres groupes. En bref, « suprême ironie, nous dit De Waal, notre plus noble conquête − la morale − est liée par l’évolution à notre comportement le plus abject, la guerre ».

« Loin d’être un mince vernis, la morale nous vient de l’intérieur. Elle fait partie intégrante de notre biologie, comme le confirment les nombreux parallèles repérés chez d’autres animaux. »

Jouventin, ouvrant l’espace, écrit encore que des éthologistes « comme Frans de Waal considèrent, à la suite de Darwin, que la morale se trouve en germe chez l’animal et en particulier chez le chimpanzé, mais [qu’] ils ne regardent que du côté de notre plus proche parent ».

Ce qu’il va confirmer en affinant encore l’argumentation. Sa « redécouverte », fruit du hasard, est née suite à l’adoption, en appartement, d’une louve − d’une « espèce au faîte de la socialité » de la famille des carnivores − alors qu’elle n’était qu’un nourrisson non encore imprégné de sa vraie famille (Canis lupus) mais qui considéra Jouventin, sa compagne et son fils comme sa famille réelle et qui démontra par de multiples exemples sa totale solidarité avec eux.

« D’après mon interprétation, écrit Jouventin, ces carnivores sociaux possèdent par nature des instincts d’entraide alors que notre espèce doit perpétuellement stimuler par la culture sa nature de primate égoïste en nous éduquant dès l’enfance à l’altruisme et à la coopération… »

Si l’être humain et le loup sont d’espèces totalement différentes, une activité analogue − la chasse collective du gros gibier − a fait converger leur comportement éco-éthologique.

Si l’un et l’autre sont marqués par l’instinct, le caractère inné − comme la tétée chez le petit humain −, le loup, lui, obéit surtout à son instinct ; les deux, cependant, montrent une part d’acquis (de culture), cette dernière tout à fait dominante chez l’être humain qui, au cours des âges, a construit des habitudes d’entraide et de solidarité.

(Il reste à savoir si les caractères acquis, quels qu’ils soient, peuvent devenir héréditaires.)

Maintenant que l’homme ne chasse plus en meute, sans doute a-t-il remplacé cette occupation par des guerres diverses fortifiant ses identités nationales, raciales, religieuses, sociales, etc. Et sa psychologie de chimpanzé égoïste prospère tout autour de la planète en saccageant l’environnement. Et il y a peu de chances que l’évolution améliore son « humanité » car notre « Homo sapiens ne semble pas avoir beaucoup de capacité de prévoyance ».

Raté, l’être humain ? Certes, nous ne sommes que ce que nous sommes : une sorte de poisson rouge qui polluerait son bocal, aussi impuissants que lui à changer l’eau.

Est-ce la conclusion pessimiste du livre de Jouventin ?

Mais quelles autres perspectives avons-nous que celles du poisson rouge ?

Pierre Jouventin, L’Homme, cet animal raté

Histoire naturelle de notre espèce,

Libre et Solidaire éd., 2016, 240 p.

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Achaïra n°195 l’émission radio du lundi 4 septembre 2017

 

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 195 du lundi 4 septembre 2017

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 195 du lundi 4 septembre 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h03 – sommaire-éditorial de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 195éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Marion, Patrick, Progrès et Laurent aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous serons accompagnés par Christian Mériot, venu présenter son ouvrage de vagabondage intitulé « Croire tue ». C’est un titre qui attire avec les feux de l’actualité récente des attentats au nom de Dieu, appelé Allah en l’occurrence. Nous reviendrons avec lui largement sur les questions de croyances et de faits religieux dans cette émission de septembre. D’ailleurs, commençons par l’éphéméride de septembre.

20h04 Virgule sonore (jingle éphéméride)

20h04 – L’éphéméride anarchiste – 9 min

20h13 – suite du sommaire-éditorial de l’émission – Philaud et les autres

Nous vous l’avons annoncé, nous accueillons Christian Meriot qui nous parle de ses vagabondages qui l’ont amené du Grand Nord à l’Océan indien. Et ces vagabondages ont accompagné ses interrogations sur le fait religieux. Il faut dire que Christian Meriot est ethnologue, spécialiste des Sâmes (Lapon). Christian Meriot né en 1934, retraité, se veut jardinier de son jardin comme de ses réflexions. D’abord chercheur au CNRS, il a été ensuite plus de vingt ans professeur d’ethnologie – anthropologie sociale – au sein de l’Université de Bordeaux, où il a dirigé le département d’ethnologie. Il est aujourd’hui Professeur Emérite, à l’Université Victor Segalen-Bordeaux II. On trouve parmi ses publications : « Tradition et modernité chez les Sâmes » (publié à L’Harmattan, en 2002), Les Lapons (chez PUF, en 1992) et enfin « VAGABONDAGES AUTOUR DU FAIT RELIGIEUX – Croire tue » (publié à L’Harmattan, en 2017).

Son éditeur présente ainsi ce dernier ouvrage : « Le fait religieux envahit la sphère médiatique sans que l’accent soit mis sur l’essentiel quant aux violences imputables à toutes les religions. Cet essai veut les décrire d’un point de vue anthropologique pour dénoncer les illusions mortifères de leurs mythes fondateurs. S’appuyant sur les travaux de Lucrèce, de Spinoza, la résistance anti-religieuse et athée, principalement en France, cet essai se veut un libre cheminement à partager avec tous les « indigènes de l’univers » (en se référant ici à Proudhon). »

Mais Christian Meriot n’est pas un inconnu des anarchistes bordelais. Dans les années 1954, il a été engagé auprès des JL (jeunesses libertaires) de Bordeaux avec Yves Peyrault, un des initiateurs de Radio libertaire sur Paris, avec Joachim Salamero, qui fit ici même une fresque de l’engagement d’Aristide Lapeyre dans le mouvement libertaire, c’était dans l’émission du 4 mai 2015, mais aussi avec Joséphine Rubiol dit « Fifi », Pepito Duran et Gérard Escoubet. Il a participé à l’achat du local des anarchistes, au 7 de la rue du Muguet, et fut actif aux séances du « ciné-club du 19 juillet » ainsi qu’aux conférences de l’athénée avec les frères Paul et Aristide Lapeyre.

Il aime à dire que, selon la formule de Sébastien FAURE, « chaque militant est utile, aucun n’est indispensable ».

Christian, est-ce que cette présentation ne fait pas trop d’erreurs ?

Depuis la dernière d’Achaïra, le monde continue sa course effrénée vers le plus grand profit des classes dirigeantes, elle s’accompagne de la croissance de l’expression du repli nationaliste. Alors que celles et ceux qui aident les migrants sont poursuivis par la justice française a l’instar de Cédric Herrou dans la vallée de la Roya à la frontière franco-italienne, d’autres peuvent impunément construire des murs devant des hôtels réservés par les autorités pour accueillir des migrants, en Haute Pyrénées, et des militants d’extrême droite se disant « identitaires » peuvent affréter un bateau, le C-Star sous pavillon djiboutien, avec pour mission de repousser vers l’Afrique, la Lybie en l’occurrence, les embarcations de migrants qui voudraient traverser la Méditerranée, sans être inquiétés par les autorités pour les risques qu’ils font courir aux vies humaines et foncer même sur l’Aquarius qui lui sauve les migrants naufragés en Méditerranée. Heureusement, un peu partout autour de la Méditerranée, que ce soit à Chypre, en Grèce ou en Tunisie, des personnes, antifascistes comme pêcheurs, se mobilisent pour les empêcher d’accoster. Faisons tout pour que ce C-Star ne soit qu’une étoile filante dans le ciel de la société spectaculaire. Ensuite, ce sont les suprématistes blancs américains qui se sont illustrées avec des rassemblements d’extrême-droite qui a conduit à la mort de Heather Heyer, tuée par un nazi à Charlottesville qui a foncé dans les manifestants antifascistes au volant de sa voiture. C’est cette méthode de la voiture bélier qui est encore utilisée dans différents attentats comme celui de Barcelone, mais avant Londres, Nice, etc. On se rappellera que les franquistes il y a quatre-vingt ans partaient au combat contre les anarchistes et les républicains aux cris de « Viva la muerte ! », une forme de continuité entre tous les fascistes pour une forme particulière du culte de la charogne, qui nous veut Plutôt morts que libres !

André a lu ton ouvrage et c’est l’objet de sa chronique.

20h18 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

20h18– La chronique de la désobéissance – André (lecture par Esméralda)

«Croire tue ! » – 5 min + 7 min de commentaires de l’invité

Christian, comment réagis-tu au regard qu’André à porter sur tes vagabondages ? N’est-il pas un peu sévère ?

En gros, il nous dit que la lutte contre les religions servirait aujourd’hui à détourner les esprits du combat contre nos exploiteurs capitalistes. Il te reproche aussi un peu de manquer de sérieux dans tes propos. Qu’en penses-tu ?

20h30 – suite du sommaire-éditorial de l’émission – Philaud et les autres

Cet été, à notre petite échelle hexagonale, c’est encore au droit du travail que s’attaque le gouvernement fraichement nommé, même s’il n’est pas fait de petits nouveaux comme on nous le présente. Certes le Code du travail, ce n’est pas la Bible, il a été écrit sous la dictée des luttes sociales, mais aussi sous celle de leurs reculs. Une révolution reste à faire pour changer les comportements des hommes et des femmes vers plus d’entraide, mais une révolution qui ne soit pas autoritaire comme celle qui eut lieu il y a presque un siècle, porteuse d’espoirs certes mais aussi de combien de désillusions, désillusions que nous payons encore chèrement. Une révolution antiautoritaire, libertaire fondée sur l’engagement de chacune et chacun, sur l’entraide et sans transcendance comme nous allons en débattre.

Pour conclure, nous citerons Angel Pestana, délégué de la CNT au congrès de l’Internationale communiste à Moscou, en 1920, mis en exergue dans le dernier numéro du Monde libertaire qui porte un dossier « 1917-2017 : regards sur la révolution russe » :

« La révolution, à mon avis, camarades délégués, n’est pas, et ne peut pas être le travail d’un parti.

Un parti ne fait pas une révolution ; un parti ne peut rien faire de plus que d’organiser un coup d’Etat, et un coup d’Etat n’est pas une révolution.

(…)

La révolution est le résultat de nombreuses causes dont nous situerons la genèse dans le plus haut niveau de culture du peuple, dans l’écart qui se produit entre ses aspirations et l’organisation qui régit et gouverne ce peuple.

(…)

La révolution est l’idée formée par les masses d’une condition sociale meilleure, et qui, dans son opposition aux classes capitalistes ne trouvant pas de voies légales pour son expression, surgit et s’impose par la violence.

(…)

Vous ne possédez pas seuls la révolution en Russie ; vous avez coopéré à ce qui s’est fait et vous avez été très chanceux de parvenir au pouvoir. ».

Une réflexion qui, je crois, reçoit l’adhésion de beaucoup de membres du cercle libertaire Jean Barrué qui animent cette émission.

Mais, continuons nos vagabondages autour du fait religieux avec Christian.

20h32 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h32 Virgule sonore (jingle invité)

20h33 – Vagabondages autour du fait religieux – Christian Mériot– partie 1 – 16 min

Christian, peux-tu préciser le vocabulaire que tu utilises ? Qu’appelles-tu le fait religieux ?

En quoi se distingue-t-il de la religion ? de la croyance ?

On entend souvent parler de transcendance par opposition à l’immanence ? La transcendance, c’est ce qui nous vient de ce qui nous dépasse, dépasse notre entendement, l’immanence, c’est ce qui vient de nous-mêmes. On pense à Max Stirner dans l’Unique et sa propriété : « J’ai fondé ma cause sur rien ». Un rien qu’il veut créateur. « Pour Moi, il n’est rien au-dessus de Moi ! ». Peux-tu nous éclairer sur ces concepts avant de partir en vagabondages ?

Ton premier choix musical, Offenbach, on peut être surpris par une « légèreté » qui colle mal avec le sérieux du propos !

20h49 Illustration musicale – 3 min – Offenbach : « La belle Hélène » dans l’invocation à Venus le passage : « dis moi, Venus, quel plaisir trouves tu…. » acte 2, :

https://www.youtube.com/watch?v=5VYIyQO4T70 2’54 avec Leigh Draut

20h52 – Vagabondages autour du fait religieux – Christian Mériot – partie 2 – 13 min

La religion, c’est au-delà des discours et des « bible … iothèques, », des faits et aussi des méfaits. Parlons-en.

Dans les différents cultes monothéistes comme dans les religions polythéistes ou non monothéistes.

L’illustration musicale nous semble incompréhensible. Peux-tu nous éclairer sur le morceau et son titre ?

21h05 Illustration musicale – 3 min 23 – « Gula Gula » de Mari BOINE

https://www.youtube.com/watch?v=k4s8ZATQeBI

21h08 Virgule sonore (jingle invité)

21h09 – Vagabondages autour du fait religieux – Christian Mériot – partie 3 – 24 min

C’est bien de parler des croyants et des religieux, mais que dire des non-croyants, athées, antithéistes, sceptiques, et autres agnostiques ?

Athéisme d’ouverture avec Lucrèce ou Spinoza Athéisme réel avec Bakounine, Sébastien Faure ou Paul Nizan ?

Que dire de cette étude américaine qui met en évidence des préjugés d’immoralité envers les athées à travers le monde ?

Ton dernier choix pour illustrer tes propos ce sera « le chant des Canuts », peux-tu nous le présenter ?

21h33 Illustration musicale – 2 min 06 – Le chant des canuts par Marc OGERET

https://www.youtube.com/watch?v=TRpz3Yu_Vvo (après la publicité !)

21h35 Virgule sonore (jingle invité)

21h35 – Vagabondages autour du fait religieux – Christian Mériot – partie 4 – 4 min

Face à la volonté hégémonique des religions, un compromis a été trouvé avec l’idée de laïcité pour cantonner les religions sans les annihiler. Sauf que cette laïcité connait des avatars, sous les coups de boutoir d’une église qui affiche une volonté de s’humaniser, on voit apparaître des concepts de laïcité positive, on voit aussi l’idée d’une morale laïque à l’école sous les écrits d’un Vincent Peillon, hors Bakounine et Léo Ferré nous ont enseigné que la morale c’est toujours celle des autres qui s’imposent à nous contrairement à l’éthique que l’on se donne pour se construire soi-même en être libre. Qu’en dis-tu ?

On pourra aussi t’interroger sur l’utilisation de la laïcité pour dicter des codes vestimentaires, avec l’épisode le plus caricatural, l’an passé la séquence du burkini. Comment te situes-tu par rapport à ces utilisations ?

21h39 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h40 Virgule sonore (jingle invité)

21h41 – Christian Mériot – la citation – 04 min

Christian, nous demandons habituellement à nos invités de conclure par au moins une citation de leur choix.

Peut-être peux-tu nous dire si tu reviendrais lors d’une prochaine émission pour nous éclairer sur tes vagabondages dans le monde des idées, et aussi sur ceux dans le monde réel, qui t’on conduit de Madagascar au Grand Nord pour ton expérience ethnographique ?

21h45 Coupure musicale – 2 min 56 – Zoufris Maracas « Les cons »

https://www.youtube.com/watch?v=q_gEQ81twlE&list=RDq_gEQ81twlE#t=12

21h48 Virgule sonore (jingle agenda)

21h48 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 12 min

22h00 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 195éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Marion, Patrick, Progrès et moi-même. Et un très grand merci à notre invité, Christian Mériot, à André Bernard pour sa chronique et à Laurent aux manettes de l’émission.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra »,, ainsi que sur les sites du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com et http://cerclelibertairejb33.free.fr en plus le programme sera détaillé et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 2 octobre 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h02 – Fin de l’émission

Éphéméride de septembre 2017

Le 1erseptembre 1937, à Bordeaux, sortie du premier numéro du journal L’Espagne antifasciste, organe trimestriel au service de la Révolution espagnole. Publication d’Aristide Lapeyre pour soutenir les compagnons anarchistes espagnols. Quelques articles seront publiés en castillan. Collaboration de Paul Lapeyre, de Jean Barrué, etc. Le journal fusionnera par la suite avec L’Espagne nouvelle.

Le 1er septembre 1981, à Paris, première émission de Radio libertaire, radio libre de la Fédération anarchiste.

Le 3 septembre 1878, naissance de Madeleine Vernet, l’éducatrice libertaire, propagandiste et militante pacifiste.

Du 3 au 8 septembre 1866, à Genève (Suisse), se tient le premier congrès de l’Association internationale des travailleurs. Les 45 délégués représentant les sections de Suisse, de France, d’Allemagne et du Conseil général de Londres, limitent leurs travaux à l’adoption des statuts généraux.

Considérant que l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ; que leurs efforts pour conquérir leur émancipation ne doit pas tendre à constituer de nouveaux privilèges, mais à établir pour tous des droits et des devoirs égaux et d’anéantir toute domination de classe.

Il s’agit du complet affranchissement de la classe ouvrière.

4 septembre 1870, déclaration de la IIIe République par Léon Gambetta. C’est aussi l’anniversaire d’Anita et d’Esméralda du cercle libertaire…

Le 6 septembre 1911, naissance à Bordeaux de Jean-René Saulière. Militant anarchiste et libre-penseur, en 1939, il refuse de répondre à l’ordre de mobilisation et se réfugie à Marseille sous le nom d’André Arru. Un livre lui est consacré : Un individualiste solidaire.

Le 9 septembre 1828, naissance de Léon Nicolaïevitch Tolstoï en Russie. Un des plus grands écrivains, mais aussi un pédagogue libertaire, qualifié d’anarchiste chrétien, il estégalement initiateur de l’idée de résistance non-violente.

Le 11 septembre 1902, naissance de Norbert Bartosek en Allemagne, promoteur de la vasectomie. Après six mois passés à Lyon, il est ensuite invité par le groupe anarchiste de Bordeaux, où il poursuit son activité médicale clandestine. Mais après avoir opéré une quinzaine de volontaires anarchistes et libres-penseurs tels que Aristide Lapeyre, André Prévotel et quelques autres, une dénonciation révèle l’affaire aux autorités qui arrêtent les protagonistes qui passèrent en procès : c’est l’affaire des « Stérilisés de Bordeaux ».

Le 18 septembre 1930, naissance de Pietro Ferrua, insoumis italien qui, à Genève, créa le premier Centre international de recherches sur l’anarchisme.

En septembre 1985, à Bordeaux, sortie du premier numéro des Cahiers des Amis d’Aristide Lapeyre. Ils seront publiés semestriellement. L’association avait pour but de recueillir, d’archiver, faire connaître d’une part tous les documents ou témoignages relatifs à l’action d’Aristide et, d’autre part, tout ce qui touche à l’histoire régionale dans les domaines tels que les activités libertaires, libre-penseuses, pacifistes, humanistes, néo-malthusiennes, syndicalistes, etc. Parmi les membres du conseil d’administration de l’association : René Bianco, Roland Lewin, Yves Peyraut, Marc Prévotel, Jean-René Saulière, etc. Au moins six numéros des Cahiers paraîtront jusqu’en octobre 1991.

Le 30 septembre 1888, naissance de Louis Lecoin, à Saint-Amand-Montrond. Figure importante de l’anarchisme, du syndicalisme, de l’antimilitarisme et du pacifisme.

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Achaïra n°195 : annonce pour le lundi 4 septembre 2017 à 20h

Sur la Clé des Ondes (90.1 Mhz autour de Bordeaux et sur http://www.lacdo.org), le cercle libertaire Jean-Barrué reprend son émission mensuelle Achaïra.

Ce soir l’émission aura pour thème « Croire tue » autour de l’ouvrage de Christian Mériot paru à l’Harmattan et qui sera notre invité ce soir.

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Achaïra n°194 l’émission radio du lundi 5 juin 2017

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 194 du lundi 5 juin 2017

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 194 du lundi 5 juin 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h03 – sommaire-éditorial de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 194éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Progrès, Mika et Laurent, toujours aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous serons accompagnés par Adrien, venu parler du périple organisé en avril de cette année pour apporter du soutien logistique aux mouvements sociaux autogérés en Grèce, ceux-là même qui résistent au jour le jour contre les politiques d’austérité et anti-migrants, même avec un gouvernement de « gauche de la gauche ».

Vous l’avez peut-être remarqué, nous n’avons pas tenu notre émission le lundi 1er mai. Depuis, la France a été plongée dans le spectacle électoral. Il en est sorti du neuf, enfin en apparence car derrière Macron, ce sont de vieux politiciens qui sont au manœuvre, tant il est vrai que l’adage « il faut tout changer pour que rien ne change » est fort. Déjà, les législatives ne sont pas passées que la loi Macron 2 ou El Khomeri 2 est dans les tuyaux. Les attaques connues portent déjà 1, sur la grille de plafonnement des indemnités pour licenciement abusif pour les recours devant les prud’hommes et 2, sur le recours au référendum d’initiative patronal quand les syndicats pesant 50 % du personnel refusent de valider un accord.

Pendant, ce spectacle occlusif, le monde n’a cessé de se durcir. La Turquie continue son processus autoritaire qui élimine et enferme toute opposition à commencer par les kurdes. Un mouvement de grève de la faim a trouvé un écho jusqu’à Bordeaux avec une grève de soutien menée dans la communauté des kurdes de Bordeaux. En Israël, les conditions de vie des milliers de prisonniers palestiniens est toujours insupportable. Plusieurs centaines de prisonniers ont mené 40 jours de grève de la faim pour améliorer leurs conditions de détentions. Ils ont obtenu plus de 80% de leurs revendications, comme une deuxième visite de la famille par mois, de meilleures conditions de soins, l’accès aux sanitaires et aux repas lors des transferts entre prisons, la possibilité de recevoir des vêtements à l’occasion des visites de la famille, la possibilités d’élargir la famille au deuxième degré (neveux et nièces), le regroupement des femmes détenus dans une même prison, l’amélioration des conditions d’accouchement, la possibilité de prendre des photos avec les parents ou le conjoint une fois par an, transférer les prisonniers dans des prisons plus proches des lieux de résidence de leurs famille, sachant que les textes internationaux interdisent de détenir des prisonniers de territoires occupés hors de ces mêmes territoires. On le voit, les médias français ne nous ont pas du tout parlé de ce mouvement pour le minimum, tout juste ont-ils parlé de la fin du mouvement à la veille du ramadan.

En France aussi, la cécité au monde grandit. Les migrants mis dans les CAO sont aujourd’hui expulsés. C’est le cas des 48 migrants, venus de Calais, accueillis dans le CAO de Mérignac, qui doivent être renvoyés en Italie vers le Soudan, quand on connait la situation dramatique de ce pays entre guerre civile et famine. Ils sont placés en Centre de Rétention Administrative, au fameux CRA du commissariat central, sur décision du préfet de Gironde, Pierre DARTOUT. Police DARTOUT, Justice nulle-part ! Quand, dans même temps, l’Italie organise des manifestations massives comme en ce mois de Mai 2017 à Milan, la France regarde les morts des migrants en Méditerranée comme une information des médias italiens et pas du tout comme une question ou préoccupation européenne. Surtout ne pas voir.

Sur cet air du temps, on lira avec intérêt dans les Inrocks du 24 mai 2017 l’entretien avec Virgine Despentes sur la sortie de Vernon Subutex 3. « Les plus riches ont décidé de nous faire une guerre (..).. Je suis furieuse de ne pas l’avoir compris à ce point-là, et furieuse car ça provoque la montée des populismes en Hongrie, en Pologne, en France. Je fréquente des riches à Paris, et leur indifférence est totale. Si tu leur dis qu’en Espagne, à 60 ans, on peut être obligé de travailler pour 2,40 euros de l’heure, ils s’en foutent. Tu te rends compte qu’ils sont déjà prêts pour ce monde-là. Dans leur tête, c’est réglé : pour les pauvres, ça va être très dur, et ils s’en tamponnent. » Elle dit entre autres que Trump se dit “On vivra entre riches dans des minibulles-bunkers. Tant pis pour les crevards.” Aussi « J’ai eu longtemps l’impression que les riches ne se rendaient pas bien compte, mais là je pense que c’est pire que ça : c’est concerté, c’est ce qu’ils veulent, que les gens s’enfoncent dans une misère noire. Ils ne voient pas le travailleur comme un être humain mais comme un problème à gérer. Mais ma colère est une colère de vaincu. Dans les années 1980, quand il aurait fallu durcir le propos, quand existaient encore des structures de résistance, on aurait dû lutter beaucoup plus, mais on n’a pas compris, à l’époque, que leur idée, c’était d’en finir avec nous. Ces gens sont au-delà du cynisme. » Il y a heureusement d’autres passages plus optimistes, en rapport avec les Nuits debout, les ZAD comme Notre-Dame-des-Landes.

En fin d’émission, André nous parlera de l’anarchisme sous la Révolution française, un ouvrage d’Erwann Sommerer, une occasion de parler d’anachronisme et d’oxymore. Nous poursuivrons par l’éphéméride anarchiste du mois de juin et vous proposerons un agenda militant pour les jours à venir.

Pour conclure, nous citerons Errico Malatesta, mis en exergue dans le dernier numéro du Monde libertaire qui porte un dossier « vivre en anarchie ? » : « L’anarchie (…) est l’idéal qui pourrait même ne jamais se réaliser, de même qu’on n’atteint jamais la ligne de l’horizon qui s’éloigne au fur et à mesure qu’on avance vers elle, l’anarchisme est une méthode de vie et de lutte et doit être pratiqué aujourd’hui et toujours par les anarchistes, dans la limite des possibilités qui varient selon les temps et les circonstances ». Une proposition qui, je crois, reçoit l’adhésion de beaucoup de membres du cercle libertaire Jean Barrué qui anime cette émission.

Mais tout d’abord, partons en voyage vers la Grèce avec Adrien.

20h12 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h12 Virgule sonore (jingle invité)

20h12 – Retour sur l’expédition vers ExarcheiaAdrien – partie 1 – 14 min

Échange avec Adrien Doutreix, dit Doudou, qui a participé l’expédition vers Exarcheia, cœur du mouvement de squats autogérés à Athènes. Il s’agissait d’apporter des médicaments et d’autres matériaux pour les centres sociaux autogérés de Grèce. Adrien, peux-tu nous parler :

– du projet, de l’initiative locale ici, de la collecte ; collectif ANEPOS, Les enfants de Coluche ;

– de l’équipée, des raisons de ton engagement ;

– du périple, de la valeur symbolique de l’action, des possibilités de répétition.

20h26 Coupure musicale – 4 min – No border (Cyd)

20h30 Virgule sonore (jingle invité)

20h30 – Retour sur l’expédition vers ExarcheiaAdrien – partie 2 – 15 min

Echange avec Adrien sur son expérience sur place, les acquis du projet.

– la situation politique et sociale sur place ;

– les résistances mises en œuvre ;

– le mouvement des squats et les autres mouvements autogérés ;

– les réactions des populations face aux politiques d’austérité européenne et grecque ;

– la situation dramatique des migrants qui cherche à rejoindre l’Europe pour fuir leur pays et les jonctions avec la population grecque.

20h45 Coupure musicale – 4 min – Rebetico

20h49 Virgule sonore (jingle migrants pour Canal Sud)

20h49 – Retour sur l’expédition vers ExarcheiaAdrien – partie 3 – 15 min

Echange avec Adrien sur ce qu’il ramène ici de cette expérience.

– Politiques migratoires en Europe, de l’Europe ;

– les résistances mises en œuvre ici : squats pour accueil de migrants, ZAD, sans logis ;

– la politique répressive ici et l’œuvre du préfet de Gironde DARTOUT.

– Peut-être, nous diras-tu, Adrien, si ton voyage a modifié ou conforté ta vision du monde, de la lutte et des résistances ?

21h04 Virgule sonore (jingle invité)

21h04Adrienla citation – 16 min

Adrien, nous demandons habituellement à nos invités de conclure par une citation de leur choix et si besoin un petit commentaire.

21h20 Coupure musicale – 5 min – Kenny Arkana

21h25 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h25 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

21h25La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

«D’anachronisme en oxymore » – 7 min

21h32 Coupure musicale – 3 min – Ca ira – Edith Piaf

21h35 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h35L’éphéméride anarchiste – 12 min avec commentaires

21h47 Virgule sonore (jingle agenda)

21h47Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 10 min

21h57 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 194éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Progrès, Mika et moi-même. Et un très grand merci à notre invité, Adrien Doudou et à Laurent aux manettes de l’émission.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur les sites du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com et http://cerclelibertairejb33.free.fr en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 3 juillet 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission

Éphéméride de juin 2017

Le 1er juin 1905, à Châtelaillon (Charente-Maritime), des anarchistes ouvrent une colonie de vacances libertaires, sous le nom de Libertaire-Plage. L’initiative en revient au compagnon Brunia, pêcheur. Selon l’annonce faite dans LesTemps Nouveaux, elle ouvre durant les mois d’été du 1er juin au 1er octobre. Le séjour des colons est limité à 25 personnes par quinzaine, pour cette première année. Cette Libertaire-Plage sera fréquentée par les anarchistes individualistes parisiens du journal l’anarchie, AnnaMahé évoque d’ailleurs très précisément le compagnon Brunia qui se charge de la cuisine.

Le 4 juin 1926, naissance de Judith Malina, compagne du Julian Beck du Living Theatre.

En juin 1987, sortie à Chelles (Ile-de-France) du premier numéro de la revue Itinéraire. Éditée par des compagnons anarchistes, cette excellente revue d’histoire s’impose dès les premiers numéros par sa qualité et son sérieux. Les numéros qui paraîtront de manière irrégulière seront consacrés par ordre de publication à Durruti, Sacco et Vanzetti, Kropotkine, Rudolf Rocker, Malatesta, P.-J. Proudhon, Emma Goldman, Ricardo Flores Magon, Eugène Varlin, Henry Poulaille, Voline et Élisée Reclus, dernier numéro paru en 1998.

Le 6 juin 1982, mort de Kenneth Rexroth en Californie). L’Atelier de création libertaire, en 1977, avait publié Éloge de Kenneth Rexroth :

« Tous les États font tous les jours des choses qui, si c’était des actes d’individus, mèneraient ceux-ci tout droit en prison, et souvent à la potence. »

Le 11 juin 1832, naissance de Jules Vallès. Membre de la Commune de Paris Après divers métiers, il devient journaliste et en 1867, il lance l’hebdomadaire La Rue qui s’entoure de plumes et d’artistes célèbres, de Zola à Courbet. Mais après six mois de parution, le journal est interdit. Il lancera successivement plusieurs titres Le Peuple Le Réfractaire Le Cri du peuple qui devient le journal de la Commune. Condamné à mort, il parvient à se réfugier en Angleterre. On lira de lui L’Enfant, Le Bachelier, L’Insurgé et Les Blouses.

Le 14 juin 1968, mort de Rirette Maîtrejean qui fut mêlée à l’affaire de la bande à Bonnot :

« J’essayai d’expliquer au tribunal que si l’anarchie enseignait aux hommes le mépris des morales conventionnelles, par contre elle ne les incitait pas au meurtre. Chacun demeurait libre de se déterminer selon sa conscience… »

Le 16 juin 1923, à Buenos-Aires, Kurt Wilckens, militant anarchiste, pacifiste et tolstoïen, responsable de l’attentat contre Varela, est assassiné dans prison durant son sommeil par un fanatique de la ligue patriotique.

Le 23 juin 1971, mort de Louis Lecoin, né le 30 septembre 1888 à Saint-Amand-Montrond dans le Cher. Grâce à une grève de la faim de 22 jours, il obtint la liberté et un statut pour les objecteurs de conscience.

Du 21 au 23 juin 2002, à Münster, s’est déroulé la fête anniversaire des trente ans de Graswurzelrevolution, journal inspiré tout autant par Léon Tolstoï que par le courant non-violent de l’anarcho-syndicalisme allemand des années 1920. Le journal devient mensuel en 1981. Les rédacteurs du journal ont été poursuivis en justice pour avoir appelé au boycott, au moment de la guerre en Yougoslavie et ont fait l’objet d’une enquête pour la parution d’un article sur le sabotage comme mode d’action directe non-violent.

La publication du journal varie entre 3 500 et 5 000 exemplaires mensuels.

Le 27 juin 1869, naissance d’Emma Goldman. Sa bio complète est en cours de traduction.

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Achaïra n° 194 : Chronique de la désobéissance : D’anachronisme en oxymore

D’anachronisme en oxymore

L’idée essentielle de L’Anarchisme sous la Révolution française, c’est que « l’anarchisme a existé bien avant l’anarchisme », c’est-à-dire bien avant que Proudhon, en 1840, donne un sens positif à ce mot, bien avant le congrès de Saint-Imier de 1872 qui fonde l’Internationale antiautoritaire ; et certains n’hésitent pas à écrire que la pensée libertaire remonte à l’Antiquité, qu’elle soit grecque ou chinoise.
À vrai dire, si on ne compte pas d’anarchistes avérés pendant la Révolution française, on qualifiait ainsi ceux que l’on voulait discréditer. Pour autant, dans son texte, Erwan Sommerer ne craint pas d’assumer un anachronisme tout en éclairant son propos des déclarations des protagonistes de l’époque. Aussi convient-il de saluer ici une pensée point du tout rabâcheuse et qui ne procède pas du slogan, mais qui tente de faire jaillir une caractéristique générale qui se décline en expressions diverses où il est affirmé qu’« une séquence révolutionnaire, moment de crise et de transition entre des systèmes politiques irréconciliables, génère spontanément des modes de pensée et des comportements anarchistes, même si ceux-ci ne sont pas explicites ou assumés comme tels ».
Pierre Kropotkine, dans La Grande Révolution, avait déjà écrit qu’« elle fut la source de toutes les conceptions communistes, anarchistes et socialistes de notre époque ».
Daniel Guérin, dans La Lutte des classes sous la Première République, développa la thèse d’une révolution « par le bas ».
On ne s’étonnera donc pas que, dans cette période de contestation générale, aient surgi des idées qui seront les pierres futures de l’architecture mentale des libertaires. Mais qu’étaient-ils ces anarchistes embryonnaires qui réclamaient « l’égalité sociale et économique, et non seulement l’égalité devant la loi » ? Qu’étaient-ils ces agités, ces enragés qui revendiquaient « un partage plus juste de la propriété, la dénonciation des riches ou l’exercice le plus direct possible de la souveraineté populaire » ?
À notre grand étonnement, Erwan Sommerer nomme six personnages : Sieyès, Condorcet, Saint-Just, Marat, Sylvain Maréchal et Benjamin Constant. Oui, il n’est pour le moins pas évident du tout de les ranger sous les plis d’un drapeau noir. On se serait attendu à trouver les noms de Jacques Roux, Théophile Leclerc, Jean-François Varlet ou Claire Lacombe.
Sieyès, personnage ambivalent et au parcours politique « aux antipodes de l’anarchisme », incarne pourtant « le refus des traditions héritées du passé », il veut tout réinventer, faire table rase des temps anciens : « Une fausse idée n’a besoin d’être fécondée que par l’intérêt personnel, et soutenue de l’exemple de quelques siècles pour corrompre à la fin tout entendement. Insensiblement, et de préjugés en préjugés, on tombe dans un corps de doctrine qui présente l’extrême de la déraison. » Finalement, il combattra la contestation que lui et ses amis avaient pourtant fomentée.
Pour Condorcet, il va de soi que des institutions nouvelles émergeront des cendres de l’Ancien Régime. Pour autant, ces institutions ne seront ni définitives ni sacrées, car « les injustices peuvent donc s’enraciner et l’on peut s’y accoutumer jusqu’à perdre l’habitude de faire usage de son droit à contester », « le droit du peuple à juger, à contester et à changer ses institutions doit être préservé » ; il s’agit donc d’« institutionnaliser le droit de résistance », écrit Sommerer. Instituer la contestation conduit l’auteur à ce qu’il nomme un oxymore grossier, une « constitution anarchiste », expression qui fera hurler certains. Par là, les ex-révoltés assagis instaurent des règles, définissent des limites, dictent les normes à ne pas transgresser, introduisent la répression car il s’agit moins de savoir terminer une révolution que d’une tentative pour l’inscrire dans le fonctionnement de la société, donc de préserver la contestation.
« On ne peut régner innocemment », avait proclamé Saint-Just à la tribune de la Convention en direction d’un Louis XVI ; un Saint-Just pétri d’histoire romaine où le tyrannicide était la première forme de résistance ; « basculement vers la pensée anarchiste » où la mise à mort des oppresseurs se pratiqua un temps avec ardeur. La résistance à la tyrannie royale portera donc en elle une « démystification plus générale du pouvoir » et finira par englober « l’ensemble des gouvernants ».
« Il est une vérité éternelle dont il est important de convaincre les hommes : c’est que le plus mortel ennemi que les peuples aient à redouter est le gouvernement », écrit Marat dans Les Chaînes de l’esclavage. Par ailleurs, Sommerer met l’accent sur le fait que « le pouvoir, par essence, tend inévitablement au despotisme ». Il ajoute que « la question du caractère intrinsèquement néfaste du pouvoir, et donc de tout régime étatique quelle que soit sa forme, est centrale chez Marat ».
Sans doute Sylvain Maréchal est-il le seul anarchiste indiscutable parmi les six personnages cités, surtout quand il écrit : « Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés. » D’un athéisme intransigeant, il sait que la religion est essentielle au maintien de l’ordre social. Dans un récit, Voyages de Pythagore, il décrit un rite du peuple des Ausones où, pour purger régulièrement la société de ses chefs, on les jette dans un volcan.
Quant à Benjamin Constant, on se demande ce qu’il vient faire dans cet ensemble improbable, surtout dans la mesure où on le décrit comme foncièrement antianarchiste. Il est là pour marquer le contraste entre l’attitude certes ambivalente des autres auteurs et la sienne, sclérosée : il arrivait trop tard.

On voudra bien reconnaître que quelques-uns de ces personnages − du moins à certains moments de leur vie − ont pu porter une part d’anarchisme dans leurs idées, mais, avec le temps et le contact du pouvoir, une valeur s’est perdue, celle de la désobéissance et de la transgression à l’origine de tout mouvement révolutionnaire.

Erwan Sommerer, L’Anarchisme sous la Révolution française.
De la table rase institutionnelle à la contestation permanente des lois.
Le Monde libertaire éd., 2016, 72 p.

 

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