Achaïra n°217 l’émission du lundi 6 janvier 2020 – spéciale grève générale et dossier l’humanitaire à l’international – le sommaire

Déroulé de l'émission Achaïra n° 217 du lundi 6janvier 2020

l’enregistrement intégral :

0h00 – générique raccourci – (fond musical Fela)

Bruno, Esméralda et Philaud (sur fond musical Fela)

 

0h01 – sommaire de l’émission – Fabienne

Salut, c’est la 217ème édition d’Achaïra. Pour cette émission, il y a, Esméralda, Thierry, Progrès, Philaud, Fabienne et Alain, notre technicien volontaire, aux manettes de l’émission, pour parler de grève générale, celles du passé comme celle à venir, avec l’éphéméride anarchiste et échanger avec notre invité, Sébastien pour parler de solidarité internationale et du rôle des ONG. Vous pourrez nous appeler pendant l’émission au 05 56 50 69 99. Nous nous quitterons enfin avec quelques rendez-vous de l’agenda militant.

Mais comme à l’accoutumée, nous commençons par la chronique de la désobéissance, la chronique d’André, ce sera une chronique sur Eugène Varlin, un communard ouvrier du livre.

Esméralda, Progrès, pouvez-vous nous la présenter ?

0h02 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

0h02 – La chronique de la désobéissance – 12min – présentée et lue par Esméralda, Fabienne et Progrès

Eugène Varlin, communard ouvrier relieur.

Fabienne : 0h14 – Nous vous proposons pour illustrer cette rubrique qui a évoqué le rôle d’Eugène Varlin dans la commune, d’écouter « la semaine sanglante » par Marc Ogeret.

 

Illustration musicale n°1 – Marc Ogeret « la semaine sanglante » 5 min 04

https://www.youtube.com/watch?v=djuLvrGSFiI

[Marc Ogeret, chanteur et poète est connu pour ses interprétations des textes de Léo Ferré, Aragon, Aristide Bruant notamment. La semaine sanglante que nous venons d’entendre a été écrite par Jean-Baptiste Clément , chansonnier montmartrois et communard français auteur notamment du célèbre temps des cerises.]

Vous écoutez Achaïra, l’émission de pollinisation libertaire du cercle libertaire Jean-Barrué, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz. Appelez nous au 05 56 50 69 99.

 

0h20 Virgule sonore (jingle éphéméride)

0h20 – L’éphéméride anarchiste – 7 min par Fabienne

Fabienne : 0h27 – Nous vous proposons d’écouter « grève illimitée » par Dominique Grange

Illustration musicale n°2 – Dominique Grange « grève illimitée » 2 min 32

https://www.youtube.com/watch?v=M4XWSqaIxrw

Dominique Grange est une autrice-compositrice-interprète et militante politique. On retiendra entre autres parmi ses multiples engagements sa participation aux évènements de mai 68 où elle fait partie du Comité révolutionnaire d’action culturelle (CRAC) créé par des artistes à la Sorbonne avec lesquels elle se retrouve à chanter dans les usines en grève avec d’autres chanteurs comme Leni Escudero, Évariste, Pia Colombo, Jean Ferrat, les Barricadiers, Maurice Fanon, Francesca Solleville…

0h30 – Virgule sonore (jingle le débat d’actu)

 

Esméralda : le débat d’actu va porter sur la grande mobilisation actuelle contre la réforme des retraites mais qui s’étend à d’autres revendications sur fond de grève générale.

0h30 – Le débat d’actu – 15 min – présentation par Thierry.

La grève générale – historique et références bibliographiques.

Fabienne : 0h43 – Nous vous proposons d’écouter « petit cheminot », par le groupe la chanson du dimanche.

Illustration musicale n°3 – La semaine du dimanche « petit cheminot » 3min03

https://www.youtube.com/watch?v=33ovVKiV6e0

Ce duo est composé d’Alexandre Castagnetti, 32 ans, patron d’un bar à Paris et de Clément Marchand, 31 ans, professeur de maths. Ils justifient leur appellation de la façon suivante : « on a un peu remplacé la messe car on apporte la bonne parole ». Le principe est simple : une chanson en vidéo est diffusée chaque dimanche matin, sur tous les outils possibles du Net (leur page Myspace, leur site officiel, leur blog ainsi que sur Dailymotion et YouTube). Ils abordent de façon décalée des thèmes d’actualité, (la grève dans « Petit cheminot » – a été vu plus de 260 000 fois rien que sur Dailymotion).

Vous écoutez Achaïra, l’émission de pollinisation libertaire du cercle libertaire Jean-Barrué, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz. Ce mois-ci nous parlons de la grande mobilisation actuelle contre la réforme des retraites mais qui s’étend à d’autres revendications sur fond de grève générale.

0h48 – Le débat d’actu – 17 min – présentation par Thierry.

La grève générale – son actualité -débat

Fabienne : 1h05 – Nous vous proposons d’écouter Stéphane Branger : Le grand métingue du métropolitain.

Illustration musicale n°4 – Stéphane Branger : Le grand métingue du métropolitain. 3min45

https://www.youtube.com/watch?v=kETjRrECc1E

Stéphane Branger chante Maurice Mac-Nab, poète et chansonnier vierzonnais qui fit les beaux jours du cabaret montmartrois du Chat Noir à Paris dans les années 1880 ; c’est en 1887 avec Le Grand métingue du Métropolitain (musique de Camille Baron), qu’il connaît la célébrité. Dans cette chanson il fait parler un ouvrier révolutionnaire ivre, conduit au poste à l’issue d’une altercation avec un mouchard dans un meeting, œuvre parodique qui deviendra un des classiques de la contestation.

1h10 –Virgule sonore (jingle l’invité)

Philaud : Cette partie avec notre invité, Sébastien, tiendra lieu de chronique internationale.

1h10 – L’invité pour la chronique internationale – 5 min – échanges avec Sébastien.

Comment rentre-t-on dans l’humanitaire ? Formation et motivations ?

1h15 –Virgule sonore (jingle l’invité)

1h15 – L’invité pour la chronique internationale – 12 min – échanges avec Sébastien.

Missions humanitaires : témoignages – les pays, les objectifs et les causes plus profondes

Fabienne : 1h27 – Nous vous proposons d’écouter « Noir et blanc » de Bernard Lavilliers.

 

Illustration musicale n°5 – Bernard Lavilliers « noir et blanc » 4 min 08

https://www.youtube.com/watch?v=v5orwNa1zG4

C’est en 1967 que Bernard LAVILLIERS publiera ses premiers 45 tours. C’est grâce à son second opus, en 1972, « Les poètes », que sa notoriété se confirme et en 1975 avec le disque « Le stéphanois ». Il rencontre Léo Ferré, avec qui il partira en tournée et qui deviendra son ami. Puis, il prend part à l’introduction d’influences reggae, brésiliennes et plus tard africaines dans la chanson française. Bernard LAVILLIERS réalisera également des documentaires au Nicaragua ou en Afrique du Sud.

Vous écoutez Achaïra, l’émission de pollinisation libertaire du cercle libertaire Jean-Barrué, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz. Ce mois-ci nous parlons du rôle des organisations humanitaires et ONG avec notre invité Sébastien.

1h32 –Virgule sonore (jingle l’invité)

1h33 – L’invité pour la chronique internationale – 12 min – échanges avec Sébastien.

L’organisation des missions humanitaires, les ONG, les expatriés

1h45 – L’invité pour la chronique internationale – 9 min – échanges avec Sébastien.

En conclusion, les limites et les impacts négatifs de l’action humanitaire.

Fabienne : 1h54 – Nous vous proposons d’écouter « Bouli bouli»,chanté par Henri Salvador.

[Fabienne : 1h40 – Nous vous proposons d’écouter le président et l’éléphant de Gilbert Lafaille]

Illustration musicale n°6 – Le président et l’éléphant de Gilbert Lafaille 2 min 01

https://www.youtube.com/watch?v=LOMx0jhz9kY

Gilbert Lafaille écrit des chansons où l’on sent le plaisir de faire rimer et s’entrechoquer les mots. Il prend également plaisir à écrire des textes ironiques ou mordants, avec lesquels il dénonce les situations qui le révoltent ; la chanson que nous venons d’entendre est une critique des voyages africains du président français de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing.

Illustration musicale n°7 -Henri SalvadorBouli bouli 2mn22

https://www.youtube.com/watch?v=bhFXWSEtyaI

Henri Salvador n’est pas un habitué de nos illustrations musicales mais cette chanson a une histoire ; en effet, elle a été interdite sur les ondes par l’ORTF en 1965 pour des raisons liées à la politique de la France en Afrique. Les intérêts politiques et la volonté du pouvoir gaullien de ne pas menacer la précieuse manne africaine (l’uranium et autres métaux précieux), préféraient une dictature stable à une vraie démocratie libre. Elle est adaptée du tube américain Wooly bully par le groupe Sam The Sham & The Pharaohs, nom de scène du chanteur Domingo Samudio, également auteur de la chanson.  Ajoutons pour compléter l’image connue de Salvador que c’était un musicien de jazz ami de Django Reinhardt qu’il a accompagné sur scène et de Boris Vian qui lui a écrit plusieurs textes.

 

Vous écoutez Achaïra, l’émission de pollinisation libertaire du cercle libertaire Jean-Barrué, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz. Ce mois-ci nous avons parlé du rôle des organisations humanitaires et ONG avec notre invité Sébastien.

1h57 –Virgule sonore (jingle l’invité)

1h57 – L’invité pour la chronique internationale – 3 min – échanges avec Sébastien.

Les citations de l’invité.

2h00 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection) par Fabienne

C’est le moment de la fin pour la 217ème d’Achaïra. Nous vous donnons rendez-vous dans un mois.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

2h00 – générique raccourci – (fond musical Fela)

 

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le nouveau site de la radio www.lacledesondes.fr dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillé et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

Les émissions reprendront sur la Clé des Ondes demain à 6h pour la tranche matinale d’information.

En attendant de vous laisser avec la bande musicale enregistrée de la radio, nous vous proposons notre agenda militant pour ce mois de janvier 2020.

2h01 – Virgule sonore (jingle agenda)

2h01 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 6 min

Les manifestations, débats et spectacles en janvier 2020.

2h07 – Fin de l’émission

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Achaïra n°127 – Sur la grève générale

Bibliographie débat grève générale :

– Pouget, les matins noirs du syndicalisme (Christian de Goustine) -Éditions de la Tête de Feuilles

– Autogestion et socialisme – la gauche, l’extrême gauche et l’autogestion

– Les syndicats ouvriers et la révolution sociale (Pierre Besnard) – Éditions de la CGTSR

– Nous ferons la grève générale, Jules Le Gall, les anarchistes et l’anarcho-syndicalisme à Brest et en Bretagne (Jean-Yves Guengant) – Édition Goater

– La scission syndicale de 1921 – essai de reconnaissance des formes (Jean-Louis Robert) – publications de la Sorbonne

– Le syndicalisme révolutionnaire (Paul Delesalle) – Les éditions ouvrières

– Un couple ouvrier traditionnel, la vieille garde autogestionnaire (Jacques Caroux-Destray) – Éditions anthropos.

– Déposséder les possédants, la grève générale aux « temps héroïques » du syndicalisme révolutionnaire (1895-1906) (Miguel Chueca) – Éditions Agone

Contributions au débat sur la grève générale :

Sur la grève générale et son actualité :
a. Le mois dernier, nous avons parlé des raisons de la grève avec Joël Saintier et la réforme des retraites, ce mois-ci nous parlons des types et modalités de grève et des finalités de la grève dans sa forme « grève générale ».
b. Elle s’oppose comme projet révolutionnaire à l’insurrection et viendrait de l’analyse de l’échec « militaire » de la Commune de Paris. JM Rouillan reprend cette thèse en regrettant cette évolution historique du mouvement ouvrier.
c. Elle s’attaque plus au Capital qu’à l’État, qu’elle ne considère que comme un outil de la domination des classes dominantes capitalistes. Les manifestations, en appelant à se compter, voire à déborder, mènent plus à l’insurrection, qui mène à une question (solution, réponse) politique plutôt qu’économique, quand la grève, considérée comme de la gymnastique révolutionnaire, voire l’occupation des lieux de production, mènent plus à la grève générale expropriatrice et à la gestion directe de la production par les travailleuses et travailleurs eux-mêmes contient une réponse économique directe à la question sociale.
d. On remarquera la contradiction des slogans « anti-capitalistes » des manifestations de gilets jaunes, alors que leurs cibles sont essentiellement politiques et épargnent les entreprises et le « grand capital ».
e. La période actuelle est marquée par les difficultés à généraliser la grève. Les caisses de grève servant plutôt à « amender » les non-grévistes qu’à remplacer la perte de salaire, celle-ci est infiniment trop grosse.
f. Le texte des CSR souligne le manque de débats et de formation syndicale dans le mouvement ouvrier sur la grève, la généralisation de la grève, l’action directe des travailleuses et travailleurs, sur la grève généra le et la reprise, non du travail, mais de la production en autogestion.
g. A ce titre-là, il souligne les limites des corporatismes et les difficultés à sortir de l’entre soi et aller vers les autres secteurs qui ne sont pas encore en grève.
h. Il nous faut redonner tout son sens révolutionnaire à la grève générale.
i. Rajoutons les limites des blocages de l’économie « de l’extérieur » et les limites du spectacle dans l’imagerie révolutionnaire plus que l’efficacité révolutionnaire.

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Achaïra n°127 – chronique de la désobéissance – Eugène Varlin

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À propos du travail des femmes

« M. Varlin, relieur, croit que la femme doit travailler et doit être rétribuée pour son travail. Il croit que ceux qui veulent lui refuser le droit au travail veulent la mettre pour toujours sous la dépendance de l’homme. Nul n’a le droit de lui refuser le seul moyen d’être véritablement libre. Elle doit se suffire à elle-même, et comme ses besoins sont aussi grands que les nôtres, elle doit être rétribuée comme nous-mêmes. Que le travail soit fait par un homme, qu’il soit fait par une femme : même produit, même salaire.

« Par ce moyen, la femme ne fera pas baisser le salaire de l’homme, et son travail la fera libre. »

(En commission ouvrière, 20 octobre 1867.)

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Varlin, un communard, ouvrier du livre

Eugène Varlin n’était pas bon en orthographe, nous dit Michèle Audin qui lui consacre un livre, mais cela n’empêcha pas nombre des contemporains de cet ouvrier relieur de reconnaître sa grande intelligence ; il « apprenait vite ». Au demeurant, ce militant exemplaire, en pleine activité dans les dernières années du second Empire de Napoléon III, ne répugnait pas, rapporte Michèle Audin, à fréquenter les bals populaires et, de plus, participait à une chorale mixte. L’auteure ajoute que c’était un bel homme. Qualité supplémentaire, Varlin, contrairement aux ouvriers proudhoniens, n’était pas partisan de cloîtrer les femmes au foyer ; on lira sa déclaration.

Mais ce sont surtout les articles de Varlin pour la presse ouvrière, ses lettres aux militants de Genève, de Lyon, de Berlin, de Londres, etc., que met en avant cette belle édition. Nous retrouvons là, vécue par un prolétaire parisien, l’histoire de l’Association internationale des travailleurs dans ses congrès, dans la vie quotidienne des quartiers populaires, mais également dans les relations avec les militants de province, tout aussi actifs et tout autant sollicités : il s’agissait essentiellement de solidarité financière, car les grèves des différents corps de métier se multipliaient en cette fin d’Empire, concomitamment avec l’augmentation du nombre des organisations ouvrières en lutte.

Mais c’est en mai 1868, lors du procès contre l’AIT, que Varlin, chargé par ses camarades de prononcer la défense, montrera « les qualités les plus rares : la rigueur du raisonnement, la concision et la vigueur de l’expression, un dynamisme lié à sa colère de classe, l’ironie dénonciatrice contre les exploiteurs, mais aussi une grande chaleur humaine envers les opprimés ». Pour autant, l’Association internationale sera dissoute par le tribunal et neuf prévenus seront condamnés à trois mois de prison.

Oui, contre la rapacité capitaliste et le pouvoir complice encore en place, il s’agissait d’organiser des sociétés de résistance – le mot de « syndicat ouvrier » n’était pas encore bien en usage, semble-t-il –, des coopératives de consommation comme la Ménagère, des restaurants populaires comme La Marmite, des sociétés de secours mutuel comme la Caisse du sou pour les grèves, etc. De même, se créent des associations de production avec pour ambition de supprimer le patronat.

Dans L’Égalité du 19 juin 1869 paraît un texte qui dénonce – la chose n’est donc pas nouvelle – les provocations policières :

« Après la journée tranquillement passée, le soir, des bandes d’individus, sortis on ne sait d’où, parcouraient certains quartiers chantant La Marseillaise et criant Vive Rochefort, vive la Lanterne. Le public badaud avait bientôt transformé ces groupes en masses compactes et un grand nombre de jeunes gens naïfs augmentaient vite le nombre des tapageurs. Puis venaient les bris de vitres, de becs de gaz et de devantures de boutiques, les renversements de kiosques et même des tentatives de barricades faites sur le boulevard Montmartre […]. Enfin la police arrivait.

« Chose étrange, les sergents de ville et les municipaux à pied et à cheval se trouvaient justement massés bien avant l’heure de l’émeute dans les quartiers où elle devait se produire. »

Les arrestations pouvaient alors intervenir.

C’est une période où l’Empire se désagrège lentement, où le droit de grève est finalement reconnu ; grèves qui se multiplient dans tous les corps de métier ; grèves qui demandent la solidarité financière, et Varlin se démène pour récolter les soutiens des diverses sociétés ouvrières.

Mais la grande idée qui sous-tend l’imaginaire des prolétaires d’alors, c’est la révolution sociale qui surgira bientôt de la guerre franco-allemande et de la débâcle de l’Empire ; révolution qui aura pour nom « la Commune » avec pour injonction essentielle le « mandat impératif ». La Commune sera écrasée par l’armée versaillaise comme, plus tard, sera écrasée la révolution espagnole de 1936 à la suite, également, d’une guerre, celle-là civile, provoquée par l’armée factieuse qui avait la volonté d’empêcher une autre révolution sociale.

Le 28 mai 1871, à Paris, dernier jour de la Semaine sanglante, Varlin est arrêté, lynché et finalement fusillé dans la rue ; un officier versaillais volera sur son cadavre la montre en argent offerte par les ouvriers relieurs.

De l’existence achevée, du cadavre sans vie, Varlin écrivait : « Le corps est bien réellement tout ce qui en reste » :

« Devons-nous pour cela vouer un culte temporaire ou éternel à ce corps inanimé ? Non, car ce que nous avons aimé en lui, c’est l’existence, la pensée, le mouvement, le regard, la parole, l’action, la sympathie ; tout cela est perdu à jamais. Conservons le culte de ses actions, si elles ont été grandes et généreuses, de ses pensées, si elles furent belles, de son cœur, s’il a aimé. Quant à son corps, quant à cette matière inerte, dès qu’elle a cessé d’agir, nous ne pouvons que la rendre à la nature pour qu’elle la transforme et la ranime à nouveau. » (Écrit à la prison de Sainte-Pélagie le 19 juillet 1868.)

Eugène Varlin, ouvrier relieur, 1839-1871,

écrits rassemblés et présentés par Michèle Audin,

Libertalia éditeur, 2019, 488 p.

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Achaïra n°217 – Agenda militant

Agenda militant, social et culturel – Achaïra n° 217 du lundi 6 janvier 2020

I) Le temps des manifestations

Jeudi 9 janvier à 11h30 – Place de la République à Bordeaux.

Unité Public / Privé, salarié.e.s, retraité.e.s, jeunes, privé.e.s d’emploi ! NON au régime universel de retraite par points ! Retrait du projet MACRON / DELEVOYE ! Appel à une nouvelle puissante journée de grève et de manifestations interprofessionnelles et inter générationnelles.

Samedi 11 janvier – lieu et heure non encore connus pour Bordeaux.

L’intersyndicale appelle à un samedi de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites le 11 janvier.

II) Le temps des débats et des spectacles

Mercredi 8 janvier 2020 à 19h Bordeaux-Victoire Amphi Denucé – Place de La Victoire. L’Union européenne et les migrants : Qui sont les migrants? D’où viennent-ils, où vont-ils ? Que dit le droit sur leurs situations ? Cette conférence propose des pistes d’analyse sur la migration vers l’Union européenne. A découvrir en compagnie de Emmanuelle Cornuz, Émilie Destombes et Marion Blondel, doctorantes en droit public spécialisées sur la question migratoire. Des temps d’interaction sont prévus pendant la conférence, ainsi qu’un temps d’échange libre à la fin.

Jeudi 9 janvier 2020 à 19h Boulevard des Potes 29 rue Bergeret Bordeaux. Palestine – Regards Croisés Exposition et dialogue avec l’auteur. L’exposition photographique mettra en lumière de nombreux aspects du quotidien des palestiniens par l’artiste Mohammad Al-Azza qui expose son quotidien au fil de photographies et de courts-métrages dont il est le créateur.

Vendredi 10 janvier 2020 à 19h30 Marché des Douves – 4 rue des Douves Bordeaux. En présence de Mohammad Al Azza pour une exposition de ses photographies ainsi qu’un ciné-débat grâce au court métrage intitulé « Saliba » avec une intervention de Palestine33 à 19h.

Vendredi 10 janvier 2020 à 20h30 – Utopia , 5 Place Camille Jullian, Bordeaux: main basse sur l’énergie, documentaire France 2019 1h20mn – Produit par la Fédération Nationale des Mines et de l’Energie de la CGT et Là-bas si j’y suis. Soirée débat sur la privatisation de l’énergie organisée par le syndicat Energies 33, projection suivie d’un débat avec le réalisateur, Gilles Balbastre, et des syndicalistes d’Energies 33. Pour rappel Gilles Balbastre est le réalisateur de Les Nouveaux chiens de garde et il a déjà consacré un film au transport ferroviaire du fret.

Samedi 11 Janvier 2020 à 19h – Athénée Libertaire 7, rue du Muguet Bordeaux : Soirée Lectures / Performances / Poésie proposée par Poésie Mobile. Chaque hiver Poésie Mobile propose une soirée de lectures et performances en invitant des auteurs et autrices de toute la France à mêler leurs textes et leurs voix à ceux et celles de membres de l’association. Cette année sont invités Perrine Le Querrec, Stéphane Nowak et Cécile Richard, qui se joindront à Donatien Garnier, Vincent Lafaille et Patrice Luchet. L’objectif est toujours le même, montrer que la poésie contemporaine est variée, qu’elle est dynamique, vivante, politique et que, peut-être, elle a des choses à nous dire. Comme en 2018 ce sera à l’Athénée libertaire, en partenariat avec la Librairie du Muguet, avec à boire et à manger !

Jeudi 16 janvier 2020 à 19h – Bordeaux-Victoire amphi Denucé Université – Place de La Victoire. Combattre le pouvoir : reconnaître l’humain comme ce qu’il est, c’est à dire un animal parmi d’autres, comprendre le phénomène du pouvoir chez l’humain comme une évolution logique de ce qu’il est chez tous les animaux, de refonder ainsi des notions développées en sciences sociales sur des bases solides et matérialistes, et d’ouvrir des perspectives pour les luttes contre toutes les formes de pouvoir. Cette conférence sera présentée par Tzitzimitl, créateur de la chaîne Youtube « Esprit critique », et qui s’intéresse à des sujets de philosophie politique et de méthode scientifique.

Vendredi 17 janvier 2020 à 19h30, local de la CNT, 36 rue Sanche de Pomiers, Bordeaux : projection du documentaire sur la vie de l’écrivain militant James Baldwin « I am not your negro » ( Je ne suis pas votre nègre) de Raoul Peck (2016) suivi d’une discussion autour du film. Anglais sous-titrée Français. Il y aura à boire et à manger sur place.

Samedi 18 janvier – 15 hArchives départementales 72-78 Cours Balguerie Stuttenberg Bordeaux

Dans le cadre de l’exposition « ¡Libertad! La Gironde et la guerre d’Espagne » jusqu’au 19 avril, conférence de Maëlle Maugendre: les femmes espagnoles réfugiées en France entre 1939 et 1942 : de la coercition à l’émancipation. D’autres évènements dont la rencontre le 1er février avec Marion Duclos dessinatrice autour de sa BD Ernesto combattant de la révolution espagnole, sont prévus, à suivre sur le site des archives départementales.

Dimanche 26 janvier 16hRocher de Palmer à Cenon : journée de soutien à la zone libre de Cenon. Tarif unique 10€.

III) Les autres temps

Imposons un autre avenir pour nos retraites, changeons le système. A suivre, grèves, manifestations et blocages.

Tous les vendredis 18h00Maison des syndicats Bassens, AG des luttes pour décider des actions et blocages à venir.

Rappeltous les lundis 19h-22h au Samovar 18 rue Camille Sauvageau, Bordeaux . Permanences CLAP Soutien et accueil aux manifestant·es par le collectif Contre Les Abus Policiers.

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Achaïra n°217 – L’éphéméride anarchiste de janvier 2020 – spécial grève générale

Éphéméride anarchiste Achaïra n° 217 du lundi 6 janvier 2020

Le 8 janvier 1883, à Lyon, début du procès dit « des 66 ». Il est reproché aux accusés: « D’avoir (…) été affiliés ou fait acte d’affiliation à une société internationale, ayant pour but de provoquer à la suspension du travail, à l’abolition du droit de propriété, de la famille, de la patrie, de la religion, et d’avoir ainsi commis un attentat contre la paix publique ».

Le 19 janvier, les prévenus liront une déclaration pour expliquer « Ce qu’est l’anarchie et ce que sont les anarchistes ». Mais, de très dures condamnations seront prononcées contre les inculpés : 4 à 5 ans de prison pour les « meneurs », tel Pierre Kropotkine, Émile Gautier, Joseph Bernard, Pierre Martin, Toussaint Bordat… et de six mois à trois ans pour 39 autres compagnons.

Du 17 au 18 janvier 1898, à Ancône (Italie), grève générale et émeutes suite à l’augmentation du prix du pain. L’armée occupe la ville. Malatesta et plusieurs autres compagnons sont arrêtés. Ils seront jugés du 21 au 28 avril 1898, et accusés « D’association de malfaiteurs contre la sécurité publique des personnes et de la propriété ».

Le 9 janvier 1905, mort de Louise MICHEL, à Marseille. Elle a mené une intense propagande en faveur de la grève générale. Le 22 janvier 1888, lors d’une conférence au Havre, un individu tire 2 coups de revolver sur elle. Blessée d’une balle à la tête, elle fera pourtant tout pour obtenir la grâce de son agresseur. Elle meurt dans un hôtel de Marseille le 9 janvier 1905, à l’issue d’un meeting. Le 22 janvier 1905, ses funérailles entre Paris et le cimetière de Levallois-Perret seront suivies par une foule immense.

Le 28 janvier 1918, La grève générale éclate à Berlin. Le 28 au matin, il y a 400 000 grévistes à Berlin et les assemblées générales prévues se tiennent dans toutes les usines, où les délégués révolutionnaires obtiennent d’écrasantes majorités. Le mouvement prend rapidement de l’ampleur. On dénombre 500 000 grévistes au soir du 28, moment choisi par le commandement militaire pour annoncer l’interdiction des assemblées dans les usines et des élections de comités de grève. Elle s’étend à de nombreuses villes. Les revendications : conclusion d’une paix sans annexion, levée de l’état de siège, libération des prisonniers politiques, démocratisation des institutions. Mais, les socialistes réformistes concourent à mettre fin au soulèvement.

Le 11 janvier 1943, mort de Carlo TRESCA à New York, assassiné par un tueur jamais identifié. Militant et propagandiste anarchiste et anarcho-syndicaliste. Il naît le 9 mars 1879 à Sulmona (Italie). A 20 ans, il est secrétaire du syndicat des cheminots. Puis il est contraint à l’exil, à l’âge de 24 ans, pour avoir publié un journal d’agitation « Il germe ». Il se réfugie en Suisse, puis émigre aux États-Unis. Il publie un nouveau journal en italien « La Plèbe », adhère aux I.W.W. et participe aux grandes grèves du textile en 1912, puis à la marche des chômeurs de New York.

Janvier 1978. Le « Jeudi noir », connu aussi sous le nom d’« Événements du jeudi noir » (en référence au jeudi noir du krach de 1929), se réfère à des incidents violents ayant eu lieu en Tunisie, et plus spécifiquement à Tunis. Résultat d’une crise entre le gouvernement et les syndicats, la première grève générale organisée depuis l’indépendance du pays connaît un grand succès et le pays est totalement paralysé. Elle marque aussi le moment où le mouvement syndical tunisien marque une opposition radicale face au pouvoir, affirmant son désir d’autonomie face à ce dernier. Ce soulèvement est l’un des deux plus importants de la Tunisie indépendante sous la présidence de Habib Bourguiba avec les « émeutes du pain » en 1984.

Le 10 janvier 2007, début de la grève générale en Guinée. Les syndicats, partis et les coalitions d’opposition ont demandé la démission du président Lansana Conté, l’accusant d’avoir mal géré l’économie et d’avoir abusé de son autorité. Les grévistes ont aussi accusé Conté d’avoir libéré deux personnes accusées de corruption.

Le 20 Janvier 2009, Début d’une grève générale à l’appel d’une cinquantaine d’organisations syndicales, associatives, politiques et culturelles de la Guadeloupe réunies dans un collectif dénommé le « Liyannaj Kont Pwofitasyon » (LKP), pouvant être traduit par « Collectif contre l’exploitation outrancière. » Le collectif dépose une plateforme de 146 revendications, réclamant notamment une hausse des bas salaires ainsi qu’une baisse du prix des carburants, des produits de première nécessité, des impôts et des taxes. Le lendemain, la grève s’étend aux secteurs de l’éducation et l’hôtellerie, puis la distribution de l’eau potable est perturbée. Les 29 et 30 janvier : selon les sources, 12 000 à 65 000 personnes manifestent à Pointe-à-Pitre, une mobilisation record sur l’archipel. Le 31 janvier, le conseil régional de la Guadeloupe et le conseil général de la Guadeloupe proposent des mesures à hauteur de 54 millions d’euros afin de satisfaire les principales revendications du LKP, qui les refuse en bloc et appelle à la poursuite de la mobilisation.

Le 2 janvier 2020, alors que les grèves dans plusieurs secteurs se poursuivent en France depuis un mois, la coordination RATP-SNCF Île-de-France avait appelé à une action coup de poing symbolique ce jeudi devant le siège de LREM pour exiger le retrait de la réforme des retraites. Plusieurs centaines de manifestants se sont d’abord rassemblés à Châtelet puis se sont dirigés vers le siège du parti du président. Cependant, dès le début la police a tenté d’empêcher les grévistes de mener leur action. Certains ont été bloqués même dans la station de métro. Finalement, ils ont pu se rassembler à l’extérieur et marcher jusqu’au siège LREM. Mais à ce moment-là la police a lancé une brutale répression, deux manifestants ont été blessés, un a même perdu connaissance. Au moins trois interpellations violentes ont eu également lieu, dont deux délégués Sud-Rail.

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Achaïra n°217 l’émission du lundi 6 janvier 2020 – spéciale grève générale et dossier l’humanitaire à l’international – l’enregistrement

L’émission intégrale :
http://athenee.libertaire.free.fr/Achaira/Achaira_n217_lundi20h.2020-01-06.mp3

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atheneeinfos : La Retirada,il y a 80 ans ! Samedi 14 décembre 2019 15h Athénée Libertaire

Samedi 14 Décembre 2019 à partir de 15H à Athénée libertaire 7 rue du Muguet 33000 Bordeaux

Le Collectif libertaire de Gironde organise :

Témoignages, échanges, lectures, exposition photos, projections, dessins avec Bruno Loth, chants « Cri du peuple » et auberge espagnole en fin de soirée.

La Retirada il y a 80 ans ! Encore une nouvelle commémoration ? Car vous en avez sûrement déjà entendu parler de l’anniversaire de cette Retirada où près de 500 000 espagnol.e.s refluèrent vers la frontière en janvier et février de ce terrible hiver 1939, pour trouver en France un accueil indigne.

Mais la mémoire est plurielle, et si le début de ce long exil fut pour tous le même, les souvenirs que les anarchistes emportaient n’étaient sûrement pas ceux d’une République qui, entre autres actes assassina les paysans à Casas Viejas et mandata en 1934 Franco et ses troupes marocaines pour torturer et massacrer des milliers d’ouvrier.e.s insurgé.e.s aux Asturies. Ni ceux des communistes: Lister (qui démantela les collectivités d’Aragon), Ibarruri, et autres André Marty inspecteur des Brigades Internationales, que même la presse française surnomma «le boucher d’Albacete», tous suppôts du «petit père des peuples» Staline, au sommet de sa gloire… et de ses purges, et en pleine préparation du Pacte germano-soviétique d’août 1939!

Ce que nous vous proposons donc, c’est de nous remémorer ce que furent la Retirada et l’exil en France du point de vue des libertaires, qui en 1936 avaient engagé (de front avec la guerre contre les fascistes), une révolution sans précédent, collectivisant usines, ateliers, terres agricoles, moyens de transport, hôpitaux, restaurants, écoles, théâtres…et autres lieux de production et de vie citoyenne et culturelle, les femmes prenant pleinement leur place dans tous les domaines.

Aussi, 80 ans après la Retirada,il nous importe de maintenir la mémoire vive des actions et des expériences qu’ils ont menées en Espagne puis en exil.

Et tout cela au regard du présent! Car si le terme de camps de concentration n’a plus cours, l’accueil réservé aux réfugiés reste aujourd’hui le même, voire pire.

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