Présidentielle : interview de Julien Coupat et Mathieu Burnel

Une interview de Julien Coupat et Mathieu Burnel publiée sur le site du Monde le 19 avril (voir ci-dessous) :
https://lundi.am/Julien-Coupat-et-Mathieu-Burnel-sont-poursuivis-depuis-plus-de-8-ans-dans-ce

Extraits :
« Quel qu’il soit, le nouveau président sera tout aussi fantoche que l’actuel, sa légitimité à gouverner sera tout aussi introuvable, il sera tout aussi minoritaire et impotent« . « Les élections n’ont jamais eu pour fonction de permettre à chacun de s’exprimer politiquement, mais de renouveler l’adhésion de la population à l’appareil de gouvernement, de la faire consentir à sa propre dépossession« .

« Les bateleurs qui montent sur des estrades pour vanter les « solutions » qu’ils se font fort de mettre en œuvre une fois élus, ne parlent qu’à notre besoin d’illusion. À notre besoin de croire qu’il existerait une sorte de changement décisif qui nous épargnerait, qui nous épargnerait notamment d’avoir à combattre. Toutes les « révolutions » qu’ils promettent ne sont là que pour nous permettre de ne rien changer à ce que nous sommes, de ne prendre aucun risque, ni physique ni existentiel. Ils ne sont candidats qu’à l’approfondissement de la catastrophe. De ce point de vue, il semble que chez certains le besoin d’illusion soit impossible à rassasier« .

« Jean-Luc Mélenchon n’est rien, ayant tout été, y compris lambertiste. Il n’est que la surface de projection d’une certaine impuissance de gauche face au cours du monde. Le phénomène Mélenchon relève d’un accès de crédulité désespéré. Nous avons les expériences de Syriza en Grèce ou d’Ada Colau à la mairie de Barcelone pour savoir que la « gauche radicale », une fois installée au pouvoir, ne peut rien. Il n’y a pas de révolution qui puisse être impulsée depuis le sommet de l’État. Les gouvernements de « gauche radicale », qui prétendent s’appuyer sur des « mouvements populaires », finissent plutôt par en venir à bout, non à coup de répression, mais de dépression« .

« Marine Le Pen a une fonction précise au sein du système politique français : forcer par la menace qu’elle représente la participation à des procédures auxquelles plus personne ne croit, faire voter les uns et les autres « en se bouchant le nez », droitiser jusqu’à l’absurde les termes du débat public et figurer au sein même du système politique une fausse sortie de celui-ci – alors même qu’elle en forme la clef de voûte« .

« Il nous faut d’urgence réarmer nos perceptions et notre imagination politiques. Parvenir à déchiffrer cette époque et à déceler les possibles qu’elle contient, les chemins praticables. Et tenir qu’il n’y a pas eu de présidentielle, que tout ce cirque a assez duré, que ce monde doit être mis à l’arrêt au plus vite partout où nous sommes, sans attendre l’abîme. Cesser d’attendre, donc. Reprendre confiance en nous-mêmes« .

Ce texte pourrait rejoindre d’autres mis sur le site http://cecinestpaslademocratie.org ?

Interview de Julien Coupat et Mathieu Burnel

Quel jugement portez-vous sur la campagne présidentielle ?

Quelle campagne ? Il n’y a pas eu de campagne. Il n’y a eu qu’un feuilleton, assez haletant à vrai dire, rempli de rebondissements, de scandales, de tension dramatique, de suspense. Beaucoup de bruit, un peu de fureur, mais rien qui soit à même de percer le mur de la perplexité générale. Non qu’il manque, autour de chaque candidat, de partisans diversement fanatisés tournant en rond dans leur bulle virtuelle. Mais ce fanatisme même ne fait qu’ajouter au sentiment d’irréalité politique. Un graffiti, laissé aux abords de la place de la Nation par la manifestation du 1er Mai 2016, disait : « Il n’y aura pas de présidentielle ». Il suffit de se projeter au lendemain du second tour pour s’aviser de ce que ce tag contenait de prophétique : quel qu’il soit, le nouveau président sera tout aussi fantoche que l’actuel, sa légitimité à gouverner sera tout aussi introuvable, il sera tout aussi minoritaire et impotent. Cela ne tient pas seulement à l’extrême usure de la politique, au fait qu’il est devenu impossible de croire honnêtement à ce qui s’y fait et à ce qui s’y dit, mais au fait que les moyens de la politique sont dérisoires au regard de la profondeur de la catastrophe en cours. Que peut la politique et son univers proclamatoire quand s’effondrent concomitamment les écosystèmes et les subjectivités, la société salariale et l’ordre géopolitique mondial, le sens de la vie et celui des mots ? Rien. Elle ne fait qu’ajouter au désastre. Il n’y a pas de « solution » au désastre que nous traversons. Penser en termes de problèmes et de solutions fait précisément partie de ce désastre : ce n’est qu’une manière de nous préserver de toute remise en question sérieuse. Or ce que l’état du monde met en cause, ce n’est pas seulement un système politique ou une organisation sociale, mais une civilisation, c’est-à-dire nous-mêmes, nos façons de vivre, d’être, de se lier et de penser. Les bateleurs qui montent sur des estrades pour vanter les « solutions » qu’ils se font fort de mettre en œuvre une fois élus, ne parlent qu’à notre besoin d’illusion. À notre besoin de croire qu’il existerait une sorte de changement décisif qui nous épargnerait, qui nous épargnerait notamment d’avoir à combattre. Toutes les « révolutions » qu’ils promettent ne sont là que pour nous permettre de ne rien changer à ce que nous sommes, de ne prendre aucun risque, ni physique ni existentiel. Ils ne sont candidats qu’à l’approfondissement de la catastrophe. De ce point de vue, il semble que chez certains le besoin d’illusion soit impossible à rassasier.

Vous dites cela, mais jamais dans une élection il n’y a eu autant de candidats jurant de « renverser la table » ? Et comment pouvez-vous tenir pour rien l’enthousiasme soulevé ces dernières semaines par la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?

Jean-Luc Mélenchon n’est rien, ayant tout été, y compris lambertiste. Il n’est que la surface de projection d’une certaine impuissance de gauche face au cours du monde. Le phénomène Mélenchon relève d’un accès de crédulité désespéré. Nous avons les expériences de Syriza en Grèce ou d’Ada Colau à la mairie de Barcelone pour savoir que la « gauche radicale », une fois installée au pouvoir, ne peut rien. Il n’y a pas de révolution qui puisse être impulsée depuis le sommet de l’État. Moins encore dans cette époque, où les États sont submergés, que dans aucune autre avant nous. Tous les espoirs placés en Mélenchon ont vocation à être déçus. Les gouvernements de « gauche radicale », qui prétendent s’appuyer sur des « mouvements populaires », finissent plutôt par en venir à bout, non à coup de répression, mais de dépression. La virulence même des mélenchonistes atteste suffisamment de leur besoin de se convaincre de ce qu’ils savent être un mensonge. On ne cherche tant à convertir que de ce à quoi l’on n’est pas sûr de croire. Et en effet, nul n’a jamais renversé un système en en respectant les procédures. Au reste, les élections n’ont jamais eu pour fonction de permettre à chacun de s’exprimer politiquement, mais de renouveler l’adhésion de la population à l’appareil de gouvernement, de la faire consentir à sa propre dépossession. Elles ne sont plus désormais qu’un gigantesque mécanisme de procrastination. Elles nous évitent d’avoir à penser les moyens et les formes d’une révolution depuis ce que nous sommes, depuis là où nous sommes, depuis là où nous avons prise sur le monde. S’ajoute à cela, comme à chaque présidentielle dans ce pays, une sorte de résurgence maladive du mythe national, d’autisme collectif qui se figure une France qui n’a jamais existé. Le plan national est devenu celui de l’impuissance et de la névrose. Notre puissance d’agir se situe en deçà et au-delà de cet échelon débordé de toute part.

Mais alors, que proposez-vous ? De laisser Marine Le Pen accéder au pouvoir ?

Il est patent que Marine Le Pen a une fonction précise au sein du système politique français : forcer par la menace qu’elle représente la participation à des procédures auxquelles plus personne ne croit, faire voter les uns et les autres « en se bouchant le nez », droitiser jusqu’à l’absurde les termes du débat public et figurer au sein même du système politique une fausse sortie de celui-ci – alors même qu’elle en forme la clef de voûte. Évidemment que la question n’est pas de sortir de l’euro, mais de sortie de l’économie, qui fait de nous des rats. Évidemment que le problème n’est pas l’envahissement par les « étrangers », mais de vivre dans une société où nous sommes étrangers les uns aux autres et à nous-mêmes. Évidemment que la question n’est pas de restaurer le plein emploi, mais d’en finir avec la nécessité de faire tout, et surtout n’importe quoi, pour « gagner sa vie ». Évidemment qu’il ne s’agit pas de « faire de la politique autrement », mais de faire autre chose que de la politique – tant il est devenu évident que la politique n’est, à tous les niveaux, que le règne de la feinte et de la manigance. Aucune révolution ne peut être plus folle que le temps que nous vivons – le temps de Trump et de Bachar, celui d’Uber et de l’État Islamique, de la chasse aux Pokémons et de l’extinction des abeilles. Se rendre ingouvernable n’est plus une lubie d’anarchiste, c’est devenu une nécessité vitale dans la mesure où ceux qui nous gouvernent tiennent, de toute évidence, la barre d’un navire qui va au gouffre. Les observateurs les plus mesurés admettent que la politique se décompose, qualifient cette campagne d’« insaisissable » pour ne pas dire « inexistante ». Nous n’avons aucune raison de subir un rituel devenu si évidemment nocif. Nous sommes lassés de comprendre pourquoi tout va mal.

Vous pensez donc qu’il n’y a rien à attendre de ces élections ?

Si, bien sûr : leur débordement. Il y a un an, il a suffi de quelques youtubeurs et d’une poignée de lycéens pour lancer un intense conflit de plusieurs mois au motif de la loi Travail. Ce qui s’est alors traduit par des affrontements de rue réguliers n’était que l’extrême discrédit de l’appareil politique, et par contrecoup le refus de se laisser gouverner. Croyez-vous qu’au lendemain d’élections qui prennent cette fois dès le premier tour la forme du chantage à la démocratie, le dégoût de la politique sera moindre qu’alors ? Croyez-vous que chacun va sagement continuer de constater devant son écran la démence du spectacle de la politique ? Qu’il ne viendra à personne l’idée d’investir la rue de nos corps plutôt que les candidats de nos espoirs ? Croyez-vous que ces élections aient quelque chance d’apaiser l’inquiétude des âmes ? Il faut être naïf pour penser que la génération qui s’est formée politiquement dans le conflit du printemps dernier, et n’a pas cessé depuis lors de se former encore, va avaler cette supercherie parce qu’on leur propose désormais du bio à la cantine et une assemblée constituante. Depuis plusieurs mois, il ne s’est pas passé deux semaines sans que des affrontements n’éclatent aux quatre coins du pays, pour Théo, contre la police ou tel ou tel meeting du FN. Évidemment, cela reste minoritaire et les élections, en tant que non-événement, vont bien avoir lieu. La question est donc la suivante : comment faire pour que le vide intersidéral qui éclatera au lendemain des élections quel que soit le vainqueur ne soit pas le seul fait des « jeunes », immédiatement réduits par un déploiement policier démesuré ? Pour cela, il nous faut d’urgence réarmer nos perceptions et notre imagination politiques. Parvenir à déchiffrer cette époque et à déceler les possibles qu’elle contient, les chemins praticables. Et tenir qu’il n’y a pas eu de présidentielle, que tout ce cirque a assez duré, que ce monde doit être mis à l’arrêt au plus vite partout où nous sommes, sans attendre l’abîme. Cesser d’attendre, donc. Reprendre confiance en nous-mêmes. On pourra alors dire, comme Benjamin Fondane : « Le monde est fini. Le voyage commence. »

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Communiqué 2e tour – fédération anarchiste

SECOND TOUR DES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES
Changer le monde ne passe pas par le changement des dirigeants

Plus de 8 millions d’électeurs se sont exprimés en faveur d’une politique libérale floue et démagogique ; plus de 7 millions ont plébiscité un programme basé sur la xénophobie et le mensonge ; 7 millions ont fait confiance à un voleur réactionnaire ; près de 7 millions ont opté pour l’aventure d’un populisme de gauche, et beaucoup se sont contentés d’être fidèles à de vieilles convictions…
La Fédération anarchiste n’attendra pas de progrès social à l’issue du second tour des présidentielles, quel que soit le vainqueur, même s’il est aussi permis de faire le pronostic que cette issue n’est pas forcément équivalente quant aux libertés individuelles et collectives dans une époque où de plus en plus de dictateurs sont élus.
Nous savons cependant qu’il n’y aura d’émancipation que grâce aux luttes sociales et environnementales et aux constructions d’alternatives.
Les années qui viennent seront encore des années de luttes contre la xénophobie, contre les reculs sociaux partout où le patronat, avec l’aide du prochain gouvernement, tentera toujours d’imposer sa volonté, et contre toutes les mesures liberticides qui s’accumulent depuis trop longtemps.

Changer le monde ne passe pas par le changement des dirigeants.

27 avril 2017
Communiqué 2e tour.pdf

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Achaïra n°193 l’émission radio du lundi 3 avril 2017

 

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 193 du lundi 3 avril 2017

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 193 du lundi 3 avril 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h03 – sommaire de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 193éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Progrès, Mika et Laurent, de nouveau aux manettes de l’émission. Cette édition sera accompagnée du son du groupe Dubamix venue début mars à Saint Astier en Dordogne et a donné à un entretien enregistré que nous vous passerons en milieu d’émission. Bruno Darraquy nous a rejoint pour cette émission où il annoncera enfin la sortie du beau travail qu’il a participé à créer autour de François Villon, j’ai bien dit Vi-llon.

Mais tout d’abord, nous lancerons la chronique d’André la chronique de la désobéissance aujourd’hui sur la bureaucratie à partir d’un ouvrage de David Graeber. Un thème qui nous permettra de rebondir et de débattre entre nous pendant une quarantaine de minutes.

20h05 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

20h05 – La chronique de la désobéissance – André (téléphone)

« La bureaucratie » – 7 min

20h12 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h12 – Débat autour de la bureaucratie – partie 1 – 12 min

Débat critique autour des utopies, utopies fermées et ouvertes

20h24 Coupure musicale – 3 min 21 – Ursus Minor – The Word of Lucy Parsons – album « What matters now »

20h28 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h28 – Débat autour de la bureaucratie – partie 2 – 12 min

Débat autour de bureaucratie et des violences structurelles vécues

20h40 Coupure musicale – 3 min 01 – Ursus Minor – Rythme Futur – 12 – album « What matters now »

20h43 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h43 – Débat autour de la bureaucratie – partie 3 – 12 min

Débat autour d’autogestion et de la nécessité ou pas des règles et usages utiles et lesquelles

20h55 Virgule sonore (jingle Achaïra)

20h55 Coupure musicale – 4 min 18 – Dubamix – Les P’tits tracts

21h00 Virgule sonore (jingle invité)

21h00– L’interview, Dubamix, 27 min

Dubamix à Saint Astier (24) – présentation 9 min

L’entretien enregistré 17 min 29

21h27 Coupure musicale – 3 min 55 – Bruno Daraquy – La balade des pendus (de François Villon) – Musique : Malto

21h31 Virgule sonore (jingle invité)

21h31– L’invité, Bruno Daraquy, 13 min

Le coffret François Villon « corps à coeur » de Joblin – Malto – Daraquy

paru aux éditions Y.I.L. au 09.67.73.78.45 – 27€ Le livre + CD – 12€ le CD seul

contact scène : Le Merle Moqueur 6, rue Jules Steeg, 33800 Bordeaux – lemerlemoqueur

21h44 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h44 – L’éphéméride anarchiste – 5 min

21h49 Virgule sonore (jingle agenda)

21h49 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 8 min

21h57 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 193éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Progrès, Mika et moi-même. Et un très grand merci à notre invité, Bruno Darraquy et à Laurent aux manettes de l’émission.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur les sites du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com et http://cerclelibertairejb33.free.fr en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 3 avril 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission

Ephéméride anarchiste d’avril

Le 3 avril 1837, naissance de Paul Robin. Pédagogue anarchiste, il participe à la Première Internationale. En 1880, il prend la direction d’un orphelinat à Cempuis et met en pratique une pédagogie libertaire tout à fait originale.

« Laissez l’enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante. »

En avril 1964, sortie du Bulletin de liaison et de discussion des Jeunes Libertaires. C’est dans ce numéro qu’apparaît pour la première fois le A cerclé.

Le 4 avril 1901, sortie à Paris de L’Assiette au Beurre. Célèbre revue satirique illustrée et paraissant toutes les semaines, elle est tirée à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. De très nombreux illustrateurs, la plupart anarchistes ou anarchisant comme A. Delannoy, Grandjouan, Hermann-Paul, H.G. Ibels, Jossot, Kupka, Léandre, Poulbot, Roubille, Steinlen, Vallotton, Van Dongen, Willette, etc., y collaboreront.

Le 6 avril 1878, à Berlin, naissance d’Erich Mühsam qui, en 1904, participe à la communauté de Monte Verita à Ascona. En 1909, il fonde le journal Kain ; en avril 1919, il participe à la République des Conseils de Bavière. Arrêté le 28 février 1933, il est finalement assassiné par les nazis.

Le 7 avril 1870, naissance de Gustav Landauer. Après la défaite des spartakistes, il s’engage avec Erich Mühsam dans le mouvement des conseils ouvrier, en devient le « responsable à l’éducation ». Le 2 mai 1919, il est abattu dans la rue par des soldats, envoyés par le socialiste Noske pour mater l’insurrection bavaroise.

En avril 1965, sortie de la revue trimestrielle Anarchisme et non-violence.

Le 9 avril 1834, à Lyon, début de l’insurrection des Canuts. C’est le début de la Sanglante Semaine.

Le 12 avril 1913, à Paris, à la tête d’une manifestation de plusieurs milliers de sans-logis, l’anarchiste Georges Cochon, fondateur de la Fédération nationale des locataires investit l’hôtel de ville pour réclamer le droit au logement pour tous.

Le 19 avril 1912, naissance de Joséphine Coueille (dite Andrée). Elle sera impliquée dans L’Affaire des stérilisés de Bordeaux avec son compagnon André Prévôtel. En 1939, pour propos défaitistes et incitation de militaires à la désobéissance, elle restera cinquante jours au secret à la prison militaire de Tours.

Le 21 avril 1841, naissance d’Anselmo Lorenzo, à Tolède (Espagne). Figure incontournable de l’anarchisme espagnol, il sera surnommé « le grand-père de l’anarchisme ».

 

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Achaïra n° 193 : Chronique de la désobéissance : La bureaucratie : une violence structurelle

La bureaucratie : une violence structurelle

C’est tout simplement l’affirmation de David Graeber qui a écrit le livre intitulé Bureaucratie. Mais, avant tout, pour Graeber, « les bureaucraties sont des formes utopistes d’organisation », et les utopies comme les bureaucraties répugnent à accepter les êtres humains tels qu’ils sont. Elles cultivent l’illusion que « les gens » vont pouvoir suivre des normes souvent impraticables, quelquefois absurdes et souvent contradictoires. Ainsi les humains en général seront-ils incapables d’accomplir ce que leur demandent les bureaucraties, qu’elles soient publiques ou privées. Aussi, de gré ou de force, allons-nous − oui, il s’agit bien de nous, qui que nous soyons − subir un assujettissement, une violence de la part de la bureaucratie.

Car, en dépit du titre d’un ouvrage consacré à la seule « bureaucratie », Graeber reconnaît que le chapitre intitulé « Les zones blanches de l’imagination » porte fondamentalement sur la violence, sur la « violence structurelle », précise-t-il.

Pour faire court, nous nous en tiendrons donc à ce chapitre en notant qu’un des agréments habituels des textes de Graeber − qui peuvent paraître quelquefois difficiles d’accès − se trouve dans les anecdotes éclairantes et très vivantes qu’il nous donne tout au long de nos lectures.

Par exemple, il raconte que − alors qu’il était étudiant à Madagascar, « sur le terrain » − un fonctionnaire avec qui habituellement il conversait amicalement en malgache lui répondit ce jour-là en français, « la langue du commandement ». Il faut dire que le fonctionnaire avait décidé d’aller voir un match de football avec ses copains. Le français, langue d’autorité, avait l’avantage de ne prêter à aucune discussion, contrairement au malgache d’alors, la langue de délibération, d’explication et de consentement. Le bureaucrate, par la langue employée, installait une division de fait avec une personne familière et transformait cette dernière en dominé qui devait faire l’effort d’interpréter la parole du dominant dans une langue qu’il n’était pas censé connaître.

La violence structurelle crée ainsi des divisions entre les humains, des « inégalités de l’imagination ». Que le dominé soit obligé de faire l’effort de comprendre, c’est une idée que Graeber a appris du féminisme : il est ainsi courant d’affirmer que les femmes comprennent mieux les hommes que le contraire ; ce sont elles qui font le travail « interprétatif » ; ce sont elles qui doivent imaginer ce que l’autre pense ; par là, elles seront dans l’invention, dans le faire, dans la convivialité et la créativité.

Or les zones blanches dont parle Graeber sont des endroits où le travail interprétatif est impossible ; ça ne fonctionne plus.

Dans nos démocraties représentatives, rares sont ceux qui imaginent les institutions bureaucratiques comme des lieux de violence. Graeber cite les banques, les bibliothèques universitaires, les compagnies d’assurance-maladie. Lieux de violence, avancez-vous ? Par euphémisme, nous dirions lieux où la « force » peut s’exercer par une police prête à intervenir à tout moment. Nous remarquerons que « les forces de l’ordre » se révèlent être le pur exemple d’une bureaucratie armée.

Ces structures violentes intégrées, assimilées par tout un chacun, ne sont jamais ou rarement remises en question : « Nous nous y sommes habitués. » Et, « bien qu’elles puissent ne comporter aucun acte de violence physique », elles ont les mêmes résultats que la violence tout court ; ce sont des violences potentielles où la discussion n’a plus sa place.

L’État-providence avec l’assurance-maladie universelle, l’école gratuite et quelques autres avantages a pu être décrit comme « un des plus grand succès de la civilisation européenne ». Encore faudrait-il qu’il soit administré par la base, devenant alors un service public autogéré, et non pas par une bureaucratie dont certains (Pierre Bourdieu est cité) admirent l’efficacité mais qui, avec le temps, se révèle un frein à l’imagination humaine ; pour autant, ceux qui la critiquent finissent habituellement, « en attendant » comme ils disent, par mettre à sa place une autre bureaucratie ; le compromis, à plusieurs reprises, a dégénéré en débâcle.

Mais il est un fait que la plupart des révolutionnaires d’aujourd’hui cherchent moins, ou plus du tout, à prendre le pouvoir d’État, pensant qu’il est possible, dès maintenant, de « vivre une authentique liberté révolutionnaire ».

Allons-nous considérer cela comme une des dernières avancées théoriques et pratiques de notre histoire ?

Cependant, il n’y aura de perspectives franchement ouvertes que par « une pratique immanente réelle » des dominés et des exploités « sur des modes que nous ne pouvons absolument pas imaginer à partir de notre situation actuelle », nous dit David Graeber.

Oui, à nulle autre pareille sera la révolution à venir !

David Graeber, Bureaucratie, Les liens qui libèrent, 2015, 300 p.

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Achaïra n°192 l’émission radio du lundi 6 mars 2017

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 192 du lundi 6 mars 2017

 

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 192 du lundi 6 mars 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h03 – sommaire de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 192éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Progrès, Thierry et Laurent, de nouveau aux manettes de l’émission. Cette édition aura à nouveau été réalisée sur le fil du rasoir.

Vous retrouverez bien sûr la chronique d’André la chronique de la désobéissance sur le boycott, l’éphéméride et l’agenda de mars, nous conclurons cette émission par de longs extraits de la conférence organisée par le collectif libertaire de gironde avec Mark Bray, venue parler de son travail sur le mouvement Occupy Wall Street.

Mais tout d’abord, nous commençons avec nos invités venus du Vénézuela Thierry DERONNE et Jesus REYES ACEVEDO.

Le climat de troubles électoralistes qui occupent le pays ne nous aura visiblement pas inspiré.

20h05 Virgule sonore (jingle invité)

20h05– L’invité, 40 min

L’éducation au documentaire au Vénézuela, festival Amérique latine

20h45 Coupure musicale – 3 min

20h48 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

20h48 – La chronique de la désobéissance – André (téléphone)

« Le boycott » – 7 min

20h55 Virgule sonore (jingle éphéméride)


20h55
– L’éphéméride anarchiste – 5 min

21h00 Virgule sonore (jingle agenda)

21h00 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 7 min

21h07 Virgule sonore (jingle Achaïra

21h08 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

21h08 – Soirée avec Mark Bray le 18 février 2017 – 54 min (enregistrement)

Conférence à l’athénée libertaire – traduction Damian

22h02 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 192éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Progrès, Thierry et moi-même. Et un très grand merci à nos invités, Thierry DERONNE et Jesus REYES ACEVEDO et à Laurent aux manettes de l’émission.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur les sites du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com et http://cerclelibertairejb33.free.fr en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 3 avril 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h05 – Fin de l’émission

Ephéméride anarchiste de mars

Le 1er mars 1906, sortie à New York du premier numéro de la revue mensuelle Mother Earth (Terre Mère) qui paraît sur 64 pages. Cette publication anarchiste dédiée aux sciences sociales et à la littérature est animée par Emma Goldman

Le 1er mars 1929, sortie à Bordeaux du premier numéro de Lucifer, organe de la pensée libre et de culture individuelle, journal animé par Aristide Lapeyre.

Le 2 mars 1974, mort de Salvador Puig Antich, militant et activiste anarchiste du MIL, garrotté à l’âge de 24 ans dans la prison Model de Barcelone.

Le 3 mars 1756, naissance de William Godwin, auteur de l’Enquête sur la justice politique, œuvre qui contient les principales bases politiques et économiques de l’idéal libertaire. Sa première compagne, Mary Wollstonecraf, publie quant à elle, en 1792, Revendication des droits des femmes, mais meurt en donnant naissance à sa fille, Mary, qui deviendra la compagne du poète Percy Shelley. Mary Shelley est l’auteure de Frankenstein.

Le 9 mars 1883, à Paris, une manifestation de « sans-travail », d’abord dispersée par la police, réussit néanmoins à défiler. Sur son trajet, plusieurs boulangeries sont pillées et de violents affrontements ont lieu avec les forces de l’ordre. Louise Michel, drapeau noir en tête et Émile Pouget, à l’initiative de cette manifestation,sont arrêtés et poursuivis pour « excitation au pillage ». Ils seront condamnés à 6 et 8 ans de prison.

En mars 1956, sortie à Paris du premier numéro de la revue Noir et Rouge, édité par un groupe issu de la scission de la Fédération anarchiste, puis de la Fédération communiste libertaire. Christian Lagant, le responsable, la fera paraître jusqu’en juin 1970.

Le 15 mars 1830, naissance d’Élisée Reclus à Sainte-Foy-la-Grande.

Le 17 et 18 mars 1921, la commune de Kronstadt succombe sous les coups de l’Armée rouge qui s’empare de la ville et des forts après de sanglants combats. Les communistes, maîtres de la ville, continueront à fusillés des centaines de prisonniers ou de blessés.

Le 18 mars 1871, début de la Commune de Paris.

Le 18 mars 1882, lors d’un meeting salle Favié à Paris, Louise Michel, désirant se dissocier des socialistes autoritaires et parlementaristes, se prononce sans ambiguïté pour l’adoption du drapeau noir par les anarchistes.

« Plus de drapeau rouge, mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions. »

Le 22 mars 1968, à la cité universitaire de Nanterre, le mouvement contestataire étudiant dit du « 22 mars » occupe les locaux. C’est le début…

Le 23 mars 1974, mort d’Aristide Lapeyre à Bordeaux.

Il était né le 31 janvier 1899. Adolescent, il fréquente la Ruche de Sébastien Faure. Conférencier anarchiste, il soutient la « synthèse anarchiste » qui regroupe individualistes, anarcho-syndicalistes et communistes libertaires, synthèse que certains nommeront l’« anarchisme sans adjectif ». Militant activement pour la limitation des naissances, Aristide est poursuivi par la justice, en 1935, lors de « l’affaire des stérilisés de Bordeaux ».

En 1936, il prend part à la révolution espagnole, se chargeant du bureau de propagande de la CNTFAI, puis il crée le journal Espagne Antifasciste qui deviendra L’Espagne nouvelle et dont André Prudhommeaux sera le rédacteur.

Le 23 mars 2000, à Londres, la haute cour de justice rejette la requête du gouvernement travailliste de Blair qui exigeait la fermeture de l’école libre de Summerhill (fondée en 1921, par A.S. Neill). Les libres enfants de Summerhill, en occupant le tribunal et en refusant le contrôle de l’État sur leur école (inspections, cours obligatoires, etc.), ont convaincu le juge de leur bon droit à s’opposer aux injonctions de l’État.

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Achaïra n° 192 : Chronique de la désobéissance : Le boycott

Le boycott

C’est bien malgré lui que l’ancien militaire anglais Charles Cunnington Boycott donna son nom à une pratique proche de l’action directe non-violente : le boycott.

Intransigeant régisseur, il souleva contre lui − en une véritable lutte de classe − des fermiers irlandais qui pratiquèrent à son encontre une impitoyable quarantaine. Il s’exila.

Le boycott peut se décliner de multiples façons : mise à l’index, ostracisme, embargo, rejet, bannissement, proscription, excommunication, blocus, non-coopération, interdit, mise à l’écart, isolement et même la simple bouderie. J’en oublie…

Si la grève est l’arme par excellence des producteurs, le boycott est celle, potentiellement, des consommateurs et des usagers qui peuvent ainsi développer un contre-pouvoir. Le boycott, par une action économique, peut redonner un pouvoir à la base que l’action politique a fait perdre et, parmi tous les autres moyens de lutte, le boycott − quand il se découvre un esprit libertaire − se révèle une arme économique pour ceux qui ne cherchent pas à conquérir le pouvoir politique.

Le contraire du boycott serait le « buycott », de « buy » : acheter, c’est-à-dire inviter les consommateurs à préférer tel marchand à tel autre, à choisir la « liste blanche » contre la « liste noire »… que l’on boycotte.

Un aspect du boycott que, d’ordinaire, on néglige, c’est l’importance donnée à l’individu, à sa liberté d’agir. En effet, dans l’action du boycott, l’individu ne s’efface pas derrière un collectif ou derrière une organisation ; d’une certaine façon, il s’en affranchit ; pour autant, il est de la plus grande évidence que le succès d’un boycott dépend de son articulation avec le collectif car on ne réussit pas seul ; néanmoins, dans un boycott, chacun s’engage selon ses possibilités, selon ses forces, et choisit sa façon propre de s’impliquer.

Dans la large panoplie de la désobéissance civile, le boycott est un outil que l’on associe le plus souvent à la non-violence. Il repose sur le refus. Si nous ne savons pas toujours ce qu’il faut faire, nous portons presque toujours en nous la certitude de ce qu’il ne faut pas faire, qu’il y a ainsi des limites que l’on ne peut franchir, autrement dit : l’individu recherche, plus ou moins consciemment, une cohérence dans sa vie.

L’Histoire est riche en boycotts :

− Un des plus connus, c’est la « Boston tea party », en 1773, qui préluda à l’indépendance des États-Unis en empêchant le débarquement des marchandises anglaises.

− La « mise à l’index » de patrons fermés aux revendications ouvrières avait été décrite par Michèle Marigot dans son Anarchosyndicalisme à Lyon, 1880-1914.

− Les actions de Gandhi sont mieux connues pour ne pas les redire ici.

− Le conflit mené en 1933 en Catalogne par la CNT anarcho-syndicaliste contre le patron de la bière Damm est décrit dans le livre Comme un chat de Floréal Cuadrado : après l’échec de la grève, la CNT organisa alors un boycott musclé victorieux.

− Le boycott des bus de Montgomery du 1er décembre 1955, en Alabama, fut le début du combat de la désobéissance civile qui se termina également par une victoire.

− En 1965, à Delano, les ouvriers agricoles, sur la côte occidentale américaine, lancèrent une grève qui s’étendit à toutes les entreprises et qui se transforma en un large boycott du raisin. L’apogée fut une marche de 500 km jusqu’à Sacramento.

− En 1990, c’est Nike, leader sur le marché de la chaussure et des vêtements de sport qui va subir le boycott de ceux qui lui reprochent de faire fabriquer ses marchandises selon des pratiques de production indignes. Nike s’incline en 1992.

− En 2001, après l’annonce de licenciements chez Danone à Calais et à Ris-Orangis alors que l’établissement est prospère, les ouvriers se mettent en grève et appelle au boycott de leur propre entreprise : « Danone licencie, licencions Danone de nos produits ! » Un site est lancé sur la Toile : « jeboycottedanone.com ».

− Le boycott de l’Afrique du Sud − qui durera une trentaine d’années − est bien connu, surtout par une image particulièrement évocatrice d’une tête d’enfant noir dans un presse-citron. C’était le boycott des oranges Outspan.

− C’est à l’exemple de l’Afrique du Sud que, en 2005, cent soixante-dix organisations de la société civile palestinienne ont lancé un appel à la société civile internationale pour un boycott intitulé BDS : Boycott, désinvestissement, sanctions. Cette action se développe avantageusement à travers le monde…

Sauf en France où, si le boycott n’est pas formellement interdit par la loi, il peut tomber, entre autres, sous le coup des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal quand il est considéré « comme un acte discriminatoire ou une entrave à la liberté économique ». Visant plus particulièrement le BDS, les accusations d’« incitation à la haine raciale et à l’antisémitisme » sont portées. Des militants ont été condamnés, certains avec sursis.

La Cour européenne des droits de l’homme aura très certainement l’occasion de se prononcer dans les prochaines années sur cette affaire.

Le journal Le Monde du mardi 27 décembre 2016 titre en page une : « Israël face à la condamnation internationale de la colonisation » et consacre sa page 2 à la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant la colonisation illégale en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Cette chronique est une esquisse d’une publication à venir en cours d’élaboration.

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Rencontre-débat samedi 18 février 2017 « occup y wall street »

RENCONTRE AVEC MARK BRAY AUTEUR « D’OCCUPY WALL STREET » OU LES

ANARCHISMES COMME FONDEMENTS DES MOUVEMENTS ANTI-LIBÉRAUX CONTEMPORAINS.
organisée par le collectif libertaire de Gironde

SAMEDI 18 FÉVRIER 2017 À 17H
ATHÉNÉE LIBERTAIRE, 7 RUE DU MUGUET BORDEAUX.

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