Accès au pdf du Monde Libertaire

Aujourd’hui la priorité est à la santé de toutes et tous.
Demain il nous faudra nous délester de ces gouvernements d’amateurs qui mettent à mal nos sociétés. En attendant, pour aider à faire face à cette situation inédite de confinement, d’isolement ou de solitude presque partout dans le monde, l’équipe du Monde Libertaire met en accès libre l’ensemble de ses publications.
A télécharger et diffuser le plus largement possible pour se retrouver, demain, plus nombreux encore dans les luttes.
https://www.monde-libertaire.fr/

L’équipe de l’administration du Monde Libertaire

et pour éviter aux lecteurs de fouiller sur le site du ML, les PDF gratuits sont accessibles à cette adresse :
https://monde-libertaire.net/?page=papier

Publié dans Messages reçus | Laisser un commentaire

Épidémie? Massacre d’État

Épidémie ? Massacre d’État

Les corbillards sont alignés devant le cimetière de Bergame. Cette image, mieux que beaucoup d’autres, nous montre la réalité dans toute sa cruauté. On ne peut même pas laisser une fleur. On n’a même pas pu les accompagner vers la fin. Ils sont morts seuls, lucides, se noyant lentement.

À leurs fenêtres, à heures fixes, les gens crient, chantent, frappent des couvercles et se rassemblent dans un esprit nationaliste invoqué par les politiciens et les médias. « Tout ira bien. Nous nous en sortirons ».

Le gouvernement, avec des décrets qui se sont succédé à un rythme effréné, a suspendu le débat, même la faible confrontation démocratique, même le rite épuisé de la démocratie représentative et nous a tous enrôlés. Celui qui n’obéit pas est un untore (accusé de répandre volontairement la peste), un criminel, un fou.

Comprenons-nous bien. Chacun de nous est responsable de ses propres actes. Nous, anarchistes, le savons bien : pour nous, la responsabilité individuelle de ses actes est le pivot d’une société de liberté et d’égalité.

Prendre soin des plus faibles, des personnes âgées, de ceux qui, plus que d’autres, risquent leur vie est un devoir que nous ressentons avec une grande force. Toujours. Aujourd’hui plus que jamais.

Un devoir tout aussi fort c’est de dire la vérité, cette vérité qui ne filtre jamais quand on est enfermé chez soi devant la télé. Pourtant, elle est, en majeure partie, visible par tout le monde.

Ceux qui recherchent une vérité cachée, une sombre conspiration créée par leur méchant préféré, ferment les yeux sur la réalité, car ceux qui les ouvrent se battent pour changer l’ordre du monde injuste, violent, liberticide et meurtrier.

Chaque jour, même aujourd’hui, alors que des gens tombent malades et meurent, le gouvernement italien gaspille 70 millions d’euros en fournitures militaires. Avec les 70 millions dépensés en un seul des 366 jours de cette année bissextile, six nouveaux hôpitaux pourraient être construits et équipés et il resterait de la menue monnaie pour les masques, les laboratoires d’analyse, les écouvillons pour faire un véritable dépistage. Un respirateur coûte 4 000 euros: donc 17 500 respirateurs pourraient être achetés chaque jour : beaucoup plus que ce qui serait nécessaire maintenant.

Ces dernières années, tous les gouvernements qui se sont succédé ont constamment réduit les dépenses de santé, de prévention et de vie pour nous tous. L’année dernière, selon les statistiques, l’espérance de vie a chuté pour la première fois. Beaucoup n’ont pas l’argent pour la complémentaire santé pour les médicaments, les visites et les services spécialisés, car ils doivent payer le loyer, la nourriture, les transports.

Ils ont fermé les petits hôpitaux, réduit le nombre de médecins et d’infirmières, supprimé des lits, obligé les soignants à faire des heures supplémentaires, pour combler les nombreux trous.

Aujourd’hui, avec l’épidémie, il n’y a plus de queues aux guichets, il n’y a plus de listes d’attente de mois et d’années pour un dépistage : les visites et les examens sont annulés. Nous les ferons quand l’épidémie passera. Combien de personnes tomberont malades et mourront de tumeurs dépistables et guérissables, combien de personnes verront leurs pathologies s’aggraver, car on a mis en quarantaine ce qui restait de la santé publique ? Pendant ce temps, les cliniques et les dispensaires privés font des campagnes publicitaires et multiplient les bénéfices, car les riches ne restent jamais sans soins.

C’est pourquoi le gouvernement veut que nous chantions sur les balcons : « Nous sommes prêts à mourir. L’Italie appela » (hymne national italien). Ils veulent que nous soyons silencieux et obéissants en bons soldats, chair à canon, sacrifiables. Ensuite ceux qui restent seront immunisés et plus forts. Jusqu’à la prochaine pandémie.

Pour cette raison, à nos balcons, sur les murs des villes, dans les files d’attente des commerces, nous disons, à haute voix malgré le masque, que nous sommes devant un massacre d’État. Combien de décès auraient pu être évités si les gouvernements de ces dernières années avaient fait le choix de protéger notre santé ?

Il ne s’agit pas d’une erreur mais d’un choix criminel.

Au fil des ans, les chercheurs en maladies infectieuses ont averti du risque que nous courions, qu’une grave pandémie était possible. Des voix criant dans le désert.

La logique du profit ne permet pas de faiblesses. Quand tout sera fini, les industries pharmaceutiques, qui n’investissent pas dans la prévention, feront des affaires. Elles gagneront de fortes sommes grâce aux médicaments découverts par les nombreux chercheurs qui travaillent pour la communauté et non pour enrichir ceux qui sont déjà riches.

Ils nous avaient habitués à croire que nous étions à l’abri des fléaux qui frappent les pauvres, ceux qui n’ont aucun moyen de se défendre, ceux qui n’ont même pas accès à l’eau potable. La dengue, l’ébola, le paludisme, la tuberculose sont les maladies des pauvres, des populations « arriérées », « sous-développées ».

Puis, un jour, le virus a voyagé en classe affaire et il a atteint le cœur économique de l’Italie. Et rien n’a plus été comme avant.

Pas tout de suite cependant. Les médias, les experts, le gouvernement nous ont dit que la maladie ne tue que les personnes âgées, les malades, ceux qui ont d’autres pathologies. Rien de nouveau. C’est normal : vous n’avez pas besoin d’un diplôme en médecine pour le savoir.

Ainsi, tous les autres pensaient que dans le pire des cas, ils auraient eu une grippe supplémentaire.

Ces informations criminelles ont rempli les places, les apéritifs, les fêtes. Cela ne diminue pas la responsabilité individuelle, qui passe également par la capacité de se renseigner et de comprendre, mais cela enlève un peu de cette aura de sainteté dont le gouvernement veut se draper, pour sortir indemne de la crise. Et qui sait? Peut-être devenir encore plus fort.

On nous dit que notre maison est le seul endroit sûr. Ce n’est pas vrai. Les travailleurs qui doivent sortir tous les jours pour se rendre à l’usine, sans réelle protection, malgré les os à ronger jetés par la Confindustria aux syndicats d’état, rentrent tous les jours chez eux. Où il y a des parents âgés, des enfants, des personnes faibles.

Seule une petite partie de ceux qui sortent pour faire des achats ou prendre un peu d’air ont des protections : masques, gants, désinfectants ne sont pas disponibles, pas même dans les hôpitaux.

Le gouvernement prétend que la protection n’est pas nécessaire si vous êtes en bonne santé : c’est un mensonge. Ce qu’ils nous disent sur la propagation du virus le nie clairement. La vérité est une autre : deux mois après le début de l’épidémie en Italie, le gouvernement n’a ni acheté ni distribué les protections nécessaires pour bloquer la propagation de la maladie.

C’est trop cher. Au Piémont, les médecins généralistes parlent au téléphone aux personnes qui ont de la fièvre, de la toux, des maux de gorge, les invitant à prendre des antipyrétiques et à rester chez eux pendant cinq jours. S’ils empirent, ils iront à l’hôpital. Personne n’est testé. Ceux qui vivent avec ces patients se retrouvent pris au piège : ils ne peuvent pas laisser seuls ceux qui souffrent et ont besoin d’aide, mais ils risquent à leur tour d’être contaminés si la maladie respiratoire est due au coronavirus. Combien ont été infectés sans le savoir et ont ensuite propagé la maladie à d’autres, en sortant sans protection ?

Le confinement à domicile ne nous sauvera pas de l’épidémie. Cela peut aider à ralentir la propagation du virus, pas à l’arrêter.

L’épidémie devient l’occasion d’imposer des conditions de travail qui permettent aux entreprises de dépenser moins et de gagner plus. Les édits de Conte envisagent le télétravail partout où cela est possible. Les entreprises en profitent pour l’imposer à leurs salariés. Vous restez à la maison et vous travaillez en ligne. Le télétravail est réglementé par une loi de 2017 qui prévoit que les entreprises peuvent le proposer mais non l’imposer aux salariés. Il devrait donc faire l’objet d’un accord qui donne aux travailleurs des garanties sur les horaires de travail, les formes de contrôle, le droit au remboursement des frais de connexion, la couverture en cas d’accident. Aujourd’hui, après le décret émis par le gouvernement Conte pour lutter contre l’épidémie de Covid 19, les entreprises peuvent contraindre au télétravail sans accords ni garanties pour les travailleurs, qui doivent aussi être reconnaissants de la possibilité de rester chez eux. L’épidémie de vient donc un prétexte à l’imposition sans résistance de nouvelles formes d’exploitation.

Pour les travailleurs en CDI, des licenciements et des fonds supplémentaires sont prévus, pour les travailleurs temporaires, les « travailleurs autonomes » et les travailleurs para-subordonnés, il n’y aura pas de couverture, à l’exception de quelques miettes. Ceux qui ne travaillent pas n’ont aucun revenu.

Ceux qui osent critiquer, ceux qui osent dire des vérités qui dérangent, sont menacés, réprimés, réduits au silence.

Aucun média grand public n’a repris la plainte des avocats de l’association des infirmières, une institution qui n’a rien de subversif. Les infirmières et les infirmiers sont décrit●e●s comme des héros, à condition de tomber malades et mourir en silence, sans raconter ce qui se passe dans les hôpitaux. Les soignants qui disent la vérité sont menacés de licenciements. L’accident n’est pas reconnu pour les personnes infectées, car l’hôpital n’est pas tenu à verser une indemnisation à ceux qui travaillent quotidiennement sans protection ou avec une protection tout à fait insuffisante.

L’autonomie des femmes est attaquée par la gestion gouvernementale de l’épidémie de Covid 19.

La prise en charge des enfants qui restent à la maison parce que les écoles sont fermées, les personnes âgées à risque, les handicapés retombent sur les épaules des femmes, déjà fortement frappées par l’insécurité de l’emploi.

Pendant ce temps, en sourdine, dans les maisons transformées en résidences surveillées, les féminicides se multiplient.

Dans le silence tonitruant de la plupart des gens, 15 prisonniers sont morts lors de l’émeute carcérale. Rien n’a été divulgué au sujet de leur mort, en dehors des rapports de police. Certains, déjà dans un état grave, n’ont pas été hospitalisés mais chargés dans des fourgons policiers et amenés dans des prisons à des centaines de kilomètres pour y mourir. Un massacre, un massacre d’État.

Les autres ont été déportés ailleurs. Les prisons éclatent, la santé et la dignité des détenus ne sont pas garanties, même dans des conditions « normales », si on juge normal d’enfermer les gens derrière des barreaux. Pour les sauvegarder, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de suspendre les discussions avec les proches, alors que les gardiens peuvent aller et venir tous les jours. La révolte des détenus a éclaté devant le risque concret de propagation de l’infection dans des endroits où la surpopulation est la norme. Ceux qui ont soutenu la lutte des prisonniers ont été chargés par la police et poursuivis en justice. La répression, complice des mesures contenues dans les édits du gouvernement, a été extrêmement sévère. À Turin, ils ont également empêché une simple manif de parents et de solidaires à l’entrée de la prison, en déployant des troupes à chaque débouché des routes qui entourent la prison des Vallette.

Les travailleurs qui ont fait des grèves spontanées contre le risque de contagion, ont été à leur tour poursuivis pour avoir violé des décrets du gouvernement, parce qu’ils manifestaient dans la rue pour leur santé.

Rien ne doit interrompre la production, même s’il s’agit de productions qui pourraient s’arrêter sans aucune conséquence pour notre vie à tous. La logique du profit, de la production passe avant tout.

Le gouvernement craint que d’autres fronts de lutte sociale ne s’ouvrent après la révolte des prisons. D’où le contrôle incessant de la police, le recours à l’armée qui, pour la première fois, se voit confier des fonctions d’ordre public, et non de simple soutien aux différentes forces de police. Le militaire devient policier : le processus d’osmose engagé il y a quelques décennies est complété. La guerre ne s’arrête pas. Les missions militaires, les exercices, les polygones de tir battent leur plein. C’est la guerre contre les pauvres au temps du Covid 19.

Le gouvernement a interdit toutes les formes de manifestations publiques et de réunions politiques.

Risquer la vie pour le patron est un devoir social, alors que la culture et l’action politique sont considérées comme des activités criminelles.

Il s’agit de la tentative, même pas trop voilée, d’empêcher toute forme de confrontation, de discussion, de lutte, de construction de réseaux de solidarité qui permettent réellement d’apporter un soutien à ceux qui sont le plus en difficulté.

La démocratie a les pieds d’argile. L’illusion démocratique a fondu comme neige au soleil face à l’épidémie. Les mesures autoritaires du Président du Conseil sont acceptées avec enthousiasme : pas de débat, pas de passage par le temple de la démocratie représentative, mais un simple édit. Celui qui ne le respecte pas est un untore, un meurtrier, un criminel et ne mérite pas de pitié.

De cette façon, les vrais coupables, ceux qui réduisent les soins de santé et multiplient les dépenses militaires, ceux qui ne garantissent même pas les masques aux infirmières, ceux qui militarisent tout mais ne font pas les tests avec écouvillon parce qu’ils « coûtent 100 euros » s’auto-absolvent sous les applaudissements des prisonniers de la peur.

La peur est humaine. Nous ne devons pas en avoir honte, mais nous ne devons pas non plus permettre aux entrepreneurs politiques de la peur de l’utiliser pour nous faire accepter leurs politiques criminelles.

Nous nous sommes battus pour empêcher la fermeture des petits hôpitaux, la démolition d’établissements sanitaires précieux pour tous. Nous étions dans la rue aux côtés des travailleurs des hôpitaux turinois menacés de fermeture (Valdese, Oftalmico, Maria Adelaide), de l’hôpital de Suse et de nombreux autres endroits de notre province.

En novembre, nous étions dans la rue pour contester l’Aerospace Defence Meeting. Nous luttons chaque jour contre le militarisme et les dépenses de guerre. Nous sommes sur les sentiers de la lutte No Tav, aussi parce qu’un mètre de Tav coûte autant que 1 000 heures de soins intensifs.

Aujourd’hui, nous sommes aux côtés de ceux qui ne veulent pas mourir en prison, des travailleurs chargés par la police et poursuivis en justice, car ils protestent contre le manque de protection contre la propagation du virus, avec les infirmières et les infirmiers qui travaillent sans protection et risquent leur place car elles/ils disent ce qui se produit dans les hôpitaux.

Aujourd’hui, une grande partie des mouvements d’opposition politique et sociale est silencieuse, incapable de réagir, écrasée par la pression morale, qui criminalise ceux qui n’acceptent pas sans discuter la situation de danger croissant déclenchée par les choix gouvernementaux d’hier et d’aujourd’hui.

Restreindre les déplacements et les contacts est raisonnable, mais il est encore plus raisonnable de lutter pour le faire en toute sécurité. Nous devons trouver les lieux et les moyens de lutter contre la violence de ceux qui nous emprisonnent, car ils ne savent pas et ne veulent pas nous protéger. En tant qu’anarchistes, nous savons que la liberté, la solidarité, l’égalité dans nos mille différences s’obtient par la lutte, elle n’est déléguée à personne, encore moins à un gouvernement dont la seule éthique est la sauvegarde de ses fauteuils.

Non, nous ne sommes pas « prêts à mourir ». Nous ne voulons pas mourir et nous voulons que personne ne tombe malade ni ne meure. Nous ne nous laissons pas enrôler dans l’infanterie destinée au massacre silencieux. Nous sommes des déserteurs, des rebelles, des maquisards.

Nous exigeons que les prisons soient vidées, que ceux qui n’ont pas de logement en aient un, que les dépenses pour la guerre soient annulées, que les tests cliniques soient garantis à tous, que chacun ait les moyens de se protéger et de protéger les autres de l’épidémie.

Nous ne voulons pas que seuls les plus forts survivent, nous voulons que même ceux qui ont vécu longtemps continuent à le faire.

Nous voulons que ceux qui sont malades puissent avoir près d’eux quelqu’un qui les aime et les réconforte : avec deux chasseurs-bombardiers F35 de moins, nous pourrons avoir les combinaisons et toute la protection nécessaire pour que plus personne ne meure seul.

Tout ira bien ? Réussirons-nous ? Cela dépend de chacun de nous.

Les camarades de la Fédération Anarchiste Turinoise réunis en assemblée le 15 mars 2020.

Nous dédions cet écrit à la mémoire d’Ennio Carbone, un anarchiste, un médecin qui a consacré sa vie à la recherche scientifique, en essayant de la soustraire aux griffes voraces de l’industrie qui ne finance que ce qui produit des bénéfices.

En des temps non suspects, il nous parla du risque d’une pandémie comme celle que nous vivons aujourd’hui.

Sa voix et son expérience nous manquent en ces jours difficiles.

Adresse mail de l’expéditeur : fai_torino

Épidémie Massacre d’État.pdf

Publié dans Messages reçus | Laisser un commentaire

Serge Quadruppani : « Chers amis, ne nous laissons pas isoler »

Pour information, un texte intéressant de Serge Quadruppani, « Chers amis, ne nous laissons pas isoler » :
http://acontretemps.org/spip.php?article757

Sa conclusion :
« Des réseaux locaux de voisins peuvent se constituer pour :
– l’échange d’informations et de réflexions (en évitant aussi bien l’alarmisme démoralisant que le je-m’en-foutisme criminel) sur tous les niveaux de la pandémie : mondial, national, régional, communal ; – l’entraide : infos pratiques, prêt de matériel, courses collectives avec dépôt des provisions devant la porte, coups de main, avec toutes les précautions nécessaires, pour la garde d’enfants ou l’assistance de malades solitaires dont l’état ne nécessite pas l’hospitalisation : l’essentiel sera que nous ne nous sentions pas isolés chacun dans sa bulle, mais assurés de pouvoir compter sur des proches (dans les deux sens du terme).

Il convient encore de ne pas abandonner la conflictualité sociale :
– exiger la mise à l’arrêt, sans perte de salaire pour les salariés, de toutes les activités économiques non indispensables où la distanciation sociale n’est pas possible. Les grèves des usines et chantiers italiens doivent nous servir d’exemple ;
– exiger que l’arrêt des activités dans des sphères non protégées (auto-entreprenariat) soit assortie d’une garantie de revenus ;
– exiger aussi et surtout que les secteurs de la santé disposent, autant que possible, de moyens à la hauteur. Quand la vague sera passée, les gouvernants auront des comptes à rendre sur la pénurie de personnel, de lits, de masques, d’appareils, de tout ce qui aurait pu permettre d’éviter la mort d’êtres chers.

À nos amis, nous disons : ne nous laissons pas isoler, travaillons ensemble pour la suite.

À nos ennemis, nous disons : vous ne nous gouvernerez pas toujours« .

SⒶlutⒶtions libertⒶires,

Cercle libertaire Jean-Barrué (FA33)
https://cerclelibertairejb33.wordpress.com

Publié dans Messages reçus | Laisser un commentaire

Communiqué : L’entraide n’est pas un vain mot

Vous trouverez ci-jointe le dernier communiqué des relations extérieures de la FA

« L’entraide n’est pas un vain mot
17 mars 2020

Les annonces de confinement faites hier soir par le président français sont utiles, et nous ne le nierons pas. Au contraire, nous, organisés au sein de la Fédération Anarchiste, savons qu’une des valeurs les plus importantes est l’entraide. L’entraide qui signifie aussi de prendre soin des plus affaiblis et fragiles de notre société. Il n’y a pas de réelle liberté sans prise en compte des autres.

Nous ne pouvons que rejeter l’idée que seules la police et l’armée seraient aujourd’hui la solution au respect des consignes face à cette pandémie. Si, depuis des semaines, le gouvernement français n’avait pas minimisé les choses, n’avait pas refusé de prendre en compte l’alerte des soignantes, soignants et des scientifiques, nous aurions pu avoir une prise de conscience collective forte dès le début de l’épidémie. La plus belle pantalonnade étant le maintien des élections. Mais comme toujours le business est passé avant l’humain dans la tête de l’État, préoccupé avant tout par la protection des possédants.

Dans le même temps, nous ne pouvons que regretter l’attitude égoïste et malsaine de ceux qui ont pillé les stocks de masques, de gel hydroalcoolique ou bien ont dévalisé les supermarchés,
poussés parfois par la peur, souvent par un instinct de survie nombriliste. Priver ceux qui en ont le plus besoin des moyens de protection nécessaires ou de nourriture n’est pas acceptable. La
solidarité passe aussi par une forme d’autodiscipline face au danger.

La Fédération Anarchiste souligne qu’il y a trop d’oubliés dans tout cela : les personnes emprisonnées ne sont pas protégées efficacement, tout comme les personnes sans domiciles fixes, sans papiers, en squat de fortune, etc… Elles sont des centaines de milliers à devoir subir sans pouvoir se protéger concrètement. Ce n’est là, malheureusement que la continuité de la société dans laquelle nous vivions avant le covid19. C’est pour nous plus qu’inadmissible. À nous là aussi de faire jouer l’entraide dès que c’est possible.

Nous apportons tout notre soutien et nos remerciements à celles et ceux qui continuent à travailler parce que leurs métiers sont nécessaires : les soignantes et soignants, les aidantes et aidants, celles et ceux qui contribuent au maintien des approvisionnements, les travailleurs et travailleuses de la propreté etc…. Vous êtes des centaines de milliers à prendre des risques pour garantir que nous puissions vivre sereinement cette période. Risques accrus par l’incapacité, l’absence de volonté du patronat (privé et étatique) de garantir la sécurité. Combien de masques pour tous ceux et celles citées ? Combien de litres de gel hydroalcoolique ? Combien de mesures de distanciation de sécurité sanitaire ? Combien de réorganisations des lieux ?

Nous saurons nous souvenir de tous les patrons qui auront fait travailler des gens à des postes non nécessaires, juste pour garantir leurs profits, mettant en danger les salariés et leurs proches. Mais aussi de ceux qui dirigent l’État et qui ont minimisés les dangers que représentent ce virus pour ne pas freiner la machine capitaliste. Nous appelons d’ailleurs ceux et celles qui le peuvent
à exercer leur droit de retrait au plus vite ! Ne crevons pas pour des Capitalistes !

Encore une fois, cette pandémie n’est pas une blague. Depuis le moyen âge nous savons que les mesures de confinement sont efficaces pour enrayer la progression des maladies. Appliquons l’entraide : protégeons-nous, protégeons nos proches, nos voisins et au fond protégeons nous toutes et tous.

Il sera temps une fois ce funeste moment passé de nous débarrasser de ceux qui depuis des années tuent la solidarité, vendent tout au privé et mettent à mal la protection sociale et sanitaire.

Nous les sortirons aussi sûrement que nous l’aurons fait avec le coronavirus. Et nous serons particulièrement vigilantes et vigilants, après la crise, face aux mesures liberticides et répressives qui, n’en doutons pas, nous serons présentées une fois de plus comme nécessaires.

Solidarité, entraide et courage.

Les relations extérieures de la Fédération Anarchiste »

Salutations libertaires,

Cercle libertaire Jean-Barrué (FA33)
https://cerclelibertairejb33.wordpress.com

20200317 Comuniqué FA Coronavirus.pdf

Publié dans Messages reçus | Laisser un commentaire

Achaïra n° 219 : L’émission du Lundi 2 mars 2020 – le sommaire

Déroulé de l’émission Achaïra n° 219 du lundi 2mars 2020


l’enregistrement intégral :

Sommaire de l’émission – Fabienne

Bonsoir , vous écoutez Achaïra dont c’est la 219° édition, l’émission de pollinisation libertaire du cercle libertaire Jean-Barrué, sur la Clé des Ondes, 90.10 Mhz. Cette émission sera présentée à deux voix et quatre mains par Thierry et Fabienne aux manettes et micros. Vous pourrez nous appeler pendant l’émission au 05 56 50 69 99.

Vous retrouverez les rubriques habituelles de l’émission, chroniques de la désobéissance sur un texte d’André, l’éphéméride anarchiste, et enfin l’agenda militant du mois de mars. Nous y ajouterons une revue de presse du mois de février abordant des sujets d’actualités ou en lien avec nos préoccupations. Certains sujets feront l’objet d’une rubrique spécifique.

Comme à l’accoutumée, nous commençons par la chronique de la désobéissance, la chronique d’André, elle portera sur la vasectomie ou stérilisation masculine.

1. La chronique de la désobéissance

Les stérilisés de Bordeaux – Des mutilés volontaires. C’était le 1er avril 1935. Le quotidien parisien Le Matin titrait en première page: «Une extraordinaire affaire de stérilisation à Bordeaux. Une quinzaine d’individus à tendance libertaire se sont soumis à une mutilation volontaire qui fut opérée par un médecin étranger d’origine autrichienne, croit-on, qui a pris la fuite. Trois “stérilisés” ont été arrêtés, d’autres arrestations sont imminentes. Quel était le but poursuivi par l’étrange praticien si dangereusement entreprenant?»

Témoignage : chronique de la désobéissance, André Bernard lue par Fabienne

Thierry : – Pour illustrer cette rubrique, quoi de mieux que d’écouter Henri Tachan dans « je ne veux pas d’enfant ». 2’08

2. La revue de presse :

– Le numéro 11 de la revue Casse-rôle, revue féministe libertaire que nous avons souvent évoquée au fil de nos émissions est paru , il présente entre autre un dossier documenté sur la contraception masculine, un lien donc avec la chronique de la désobéissance que nous venons d’écouter. Ce n’est pas le seul sujet abordé dans ce numéro en voici donc le sommaire (lecture d’un extrait du sommaire). Vous pouvez vous abonner et/ou consulter les anciens numéros sur le site « casse-rôles ».

– Libération du 8 février dernier se réfère à Murray Bookchin que nous avons déjà évoqué dans une émission précédente, n°215 de novembre 2019. L’article sous le titre « Municipalisme : place aux communes créatives » évoque le sujet du municipalisme libertaire en l’illustrant d’exemples et le complétant d’une bibliographie. L’article sera en ligne sur le site de notre émission.

– Le monde libertaire, organe de la fédération anarchiste dans son dernier numéro en ligne a pour titre « histoire de femmes, femmes d’histoire ». En voici lecture d’un extrait de l’édito écrit par Marina du groupe Libertad de la FA (lecture de l’extrait). La une du ML et l’édito seront en ligne sur notre site mais la totalité du journal est accessible sur le site du monde libertaire.

– Le canard enchainé du 19 février annonce le décès de Michel Ragon, auteur libertaire, nous y revenons dans un instant pour une rubrique dédiée.

Thierry : mais avant d’aborder la rubrique sur Michel Ragon, écoutons Font et Val « Coluche », une diatribe sur la presse bourgeoise. 6’

Vous écoutez Achaïra, l’émission de pollinisation libertaire du cercle libertaire Jean-Barrué, sur la Clé des Ondes, 90.10 Mhz. Vous pouvez nous joindre au 05 56 50 69 99.

  1. Michel Ragon :

Commençons par la lecture de l’article signé Jean-Luc Porchet dans le canard enchaîné du 19 février évoqué dans la revue de presse qui a le mérite d’être le seul à avoir évoqué sa disparition. Michel Ragon, né le 24 juin 1924 à Marseille et mort le 14 février 2020, est écrivain, critique d’art et critique littéraire français.

Autodidacte et libertaire, il s’intéresse en particulier à la littérature prolétarienne et à l’histoire de l’anarchisme.

– lecture de l’article par Fabienne

– commentaires de Thierry

– bibliographie de Michel Ragon

Fabienne : avant d’aborder le point suivant portant sur un rappel sur l’historique du 8 mars et pour illustrer l’œuvre de Michel Ragon qui a notamment écrit sur l’architecture des gares nous vous proposons d’entendre «Lothringen» (un voyage en train avec pour but la gare de Metz) de notre ami Louis Arti. 6’20

  1. Le 8 mars, journée internationale de la lutte des femmes

Il y a cent ans, le 8 mars 1917, les ouvrières de Saint-Pétersbourg (Russie) se mettent en grève et manifestent pour réclamer du pain et la paix et initient ainsi un mouvement révolutionnaire historique. Le 8 mars jour de lutte pour les droits des femmes était lancé. Aujourd’hui comme hier, la grève est un outil puissant.

Depuis 2018, l’appel international à la grève des femmes est suivi par des millions de personnes à travers le monde. Partout le mouvement des femmes se lève, fait masse et front contre les violences sexuelles et machistes. A ce moment de la lutte contre la réforme des retraites, les femmes jouent un rôle déterminant, à la hauteur des attaques qu’elles subissent : paupérisation, précarisation, mise sous tutelle économique ou sur-exploitation, au travail comme à la maison, violences. Et pourtant sans les femmes rien ne marche. Elles produisent un travail gratuit imposé sans lequel l’économie serait bloquée : 750 milliards c’est la somme que représente le travail des femmes en France, en comptant une rémunération au salaire minimum. C’est plus d’un quart du la production de richesse nationale (PIB). Nous voulons la liberté et la justice sociale.

Nous voulons une société débarrassée des systèmes d’oppression et d’exploitation. LA GRÈVE EST NOTRE ARME !

Organisons-nous et mobilisons-nous contre le patriarcat, le racisme, le capitalisme et ses mécanismes qui détruisent notre planète. LA FORCE DES FEMMES CHANGENT LE MONDE ! LE 8 MARS, ON ARRÊTE TOUTES ! (et j’ajouterai même si en 2020 c’est un dimanche !). Des dates actualisées pour 2020 à suivre dans l’agenda.

Thierry écoutons « la non- demande en mariage de Georges Brassens. 4’17

Vous écoutez Achaïra, l’émission de pollinisation libertaire du cercle libertaire Jean-Barrué, sur la Clé des Ondes, 90.10 Mhz. Vous pouvez nous joindre au 05 56 50 69 99.

  1. Le service national universel (SNU)

La promesse de campagne d’Emmanuel Macron de créer un service national universel se concrétise depuis l’an dernier. Ayant pour objectif de « fédérer la jeunesse autour de valeurs communes et de créer un sentiment d’unité nationale ».

Le SNU serait là pour faire naître en nous la culture de l’engagement? ou nous bourrer le crâne? la première phase, d’une durée d’un mois, sera strictement obligatoire. D’ici quelques années, elle concernera toute une classe d’âge, soit 800 000 jeunes après la classe de 3e, à partir de leurs 16 ans. L’été dernier, durant la phase expérimentale, on a vu ce qui les attend : levée du drapeau, uniformes, encadrement militaire, banalisation des rôles de la police et de l’armée. Entre 16 et 25 ans aura lieu la phase de «l’engagement», elle est facultative mais fortement encouragée par le gouvernement, pour une durée de 3 mois à un an, dans différents secteurs, dans des services publics. Par exemple. le gouvernement veut qu’on remplace des travailleurs et des travailleuses qui ont un salaire, une convention collective ou un statut, la possibilité de s’organiser syndicalement, des droits individuels et collectifs. Avec le SNU pas de droit du travail, pas de droits au chômage ni à la retraite, pour à peine 600€ par mois sous la forme d’un service civique!

Ce gouvernement n’étant pas à une contradiction près, le S.N.U ne sera pas militarisé MAIS la formation des encadrants des jeunes sera confiée à l’armée (Florence Parly BFM TV le 19 janvier 2019.)

Les luttes en cours :

La lutte s’organise, citons en des signataires : Campagne unitaire contre le SNU: Union pacifiste, Union syndicale Solidaires, Solidaires, Étudiant.e.s, ASSO-Solidaires, Solidaires Jeunesse et Sports, SUD éducation, SUNDEP Solidaires Sud Enseignement privé. Fédération Éducation de la Confédération Nationale du Travail, Émancipation tendance intersyndicale, Mouvement National Lycéen, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, Fédération nationale de la Libre Pensée, Droits Devant!, Ni guerres ni état de guerre, Causes communes, Parti Communiste des Ouvriers de France, Europe Écologie-Les Verts, Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, L’insurgé, Les Jeunes Écologistes, Union des Jeunes Révolutionnaires, Radio Libertaire, Revue Silence, Union Prolétarienne ML, Unité Communiste de Lyon…

Une campagne contre le SNU en Gironde existe, nous nous proposons d’inviter dans une prochaine émission certains de ses membres actifs pour développer le sujet à l’antenne et également de relayer toutes les actions menées dans ce cadre.

Fabienne : avant d’en reparler dans l’agenda et pour illustrer le sujet SNU, une évidence… Maxime Le Forestier « parachutiste ». 2’30

  1. L’éphéméride anarchiste

Vous connaissez désormais l’exercice, évoquer des figures anarchistes s’étant illustrées d’une manière ou d’une autre en mars et en lien avec les thèmes abordés dans l’émission. Nous avons donc choisi d’illustrer cinq militantes anarchistes ayant œuvré pour la libération des femmes.

Lecture de l’éphéméride à deux voix.

Fabienne : une voix de femme, et pas n’importe laquelle Colette Magny, deux titres à suivre, young woman’s blues et Melocoton, titre qui l’a fait connaître du grand public comme on dit. 2’55 et 1’57

  1. L’agenda militant

C’est l’heure de l’agenda que nous vous invitons à compléter ou préciser sur les différents sites car des informations à suivre sur mars ne sont pas encore forcément annoncées.

Lecture de l’agenda à deux voix.

Thierry : pour clore cette émission, nous vous proposons d’entendre « je ne hurlerai pas avec les loups » de Gilles Servat. 16’. Un souvenir, « vagabondage » émission de variété télévisée programmée en fin de soirée dans la deuxième partie des années 80 où l’on a pu entendre Gilles Servat, pour la première et la dernière fois de sa carrière, librement chanter sur une antenne nationale son texte fleuve (et ô combien dérangeant !) de seize minutes, Je ne hurlerai pas avec les loup. La censure a-t-elle frappée, ce fut la dernière diffusion de cette émission…

C’est le moment de la fin pour la 219ème d’Achaïra. Nous vous donnons rendez-vous dans un mois, le lundi 6 avril.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en rediffusion le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le nouveau site de la radio www.lacledesondes.fr dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillé et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

Les émissions reprendront sur la Clé des Ondes demain à 6h pour la tranche matinale d’information.

En attendant nous vous laissons avec la bande musicale enregistrée de la radio.

2h00 – Fin de l’émission

Publié dans Messages reçus | Laisser un commentaire

Achaïra n°219 – Agenda militant

Agenda militant, social et culturel – Achaïra n° 219 du lundi 2 mars 2020

I) Le temps des manifestations

Mardi 3 mars 12h00, rassemblement à l’appel de l’intersyndicale devant la préfecture à Bordeaux, contre la réforme des retraites et l’emploi du 49-3

Jeudi 5 mars Appel national de la coordination des facs et des labos en luttes, l’université Bordeaux Montaigne organise une journée sur le campus et à l’extérieur selon le programme suivant : 8h30 un petit déjeuner solidaire puis toute la matinée un programme de conférences, débats et autres activités alternatives seront proposées. 12h30 un repas solidaire avant de partir pour une action en extérieur. Dès 18h soirée festive sur le parvis de Montaigne animée par des groupes de musique et DJ pour fêter la lutte et en soutien à la grève.

Vendredi 6 mars, RDV place de la Victoire à 7h. Toujours organisé par l’université Bordeaux-Montaigne. Si vous voulez lors de cette journée tenir une table de presse, proposer une conférence, un atelier, venir chanter et/ou jouer de la musique, faire des dons, autres, n’hésitez pas à les contacter !!! Pour toutes questions ou demandes de renseignements, contacter la page Bordeaux Montaigne contre la précarité.

Dimanche 8 mars 2020 à 14h30 Lieu : Place de la Comédie Bordeaux. Journée Internationale de lutte pour les Droits des Femmes. Animations , chorégraphie puis Die-in avec une minute de silence par féminicide depuis début 2020 puis une minute de cris AVANT la manifestation, et départ jusqu’à la place Saint-Michel

A noter ce même jour, le carnaval des deux rives départ 13h (Bordeaux Place Stalingrad) et une prise de conscience des enjeux écologiques et environnementaux avec la participation d’extinction rébellion et une référence à la journée internationale pour le droit des femmes :

« Ayant pris conscience que le carnaval des 2 rives se déroulait le 8 mars, journée internationale des luttes pour les droits des femmes, un cortège de femmes sera alors mis à l’honneur et fera sens dans le scénario de notre parade. »

Dimanche 8 mars, 19h30, place du Parlement à Bordeaux. Manifestation non-mixte.

Vendredi 13 mars à 14h00 Lieu : Place de la Victoire Bordeaux – les jeunes pour le climat

Samedi 14 mars 2020 à 14h30 Lieu : Bordeaux Place de la République. Marche pour le Climat. 15h00 : Départ de la Marche,16h00/16h30 : Arrivée au Miroir d’eau avec un village festif et engagé.

Itinéraire : cours d’Albret, cours Aristide Briand, place de la Victoire, cours Victor Hugo, Porte de Bourgogne, quai Richelieu, Miroir d’eau.

Mardi 31 mars, retrait du projet de réforme des retraites, l’intersyndicale appelle à manifester de nouveau. A suivre pour le lieu de rassemblement, l’heure et le parcours.

Tous les samedis à 14h – Place de la Bourse à Bordeaux- manifestation unitaire avec les Gilets Jaunes.

II) Le temps des débats, expositions et spectacles

du 2 au 8 mars de 13H à 19H Espace Saint-Rémy, 4, rue Jouannet Bordeaux. Exposition « blessures de femmes » par l’artiste photographe Catherine Cabrol – En collaboration avec le Planning familial 33. Échanges autour de l’expo avec l’artiste et le Planning familial. Vernissage le vendredi 6 mars à 18H.

Samedi 7 mars, veille du 8 Mar à partir de 18h, rendez-vous à l’Athénée libertaire, 7 rue du Muguet à Bordeaux. journée internationale de lutte pour les droits des femmes, les femmes font la fête ! Ovaires et Contre tout, collectif anarcha-féministe, vous invite à l’Athénée Libertaire pour une soirée féministe en non mixité choisie.

Cette soirée servira à soutenir financièrement les camarades arrêtées le 8 mars dernier à Bordeaux lors de la manifestation de lutte pour les droits des femmes et contre les violences patriarcales.

Au programme : Table de presse (brochures féministes) – Atelier banderoles et slogans pour la manif nocturne du 8 mars – Apéro – Set chorale féministe – Goguette féministe – Bouffe prix libre – Cocktails trop bons – Boum féministe !

Samedi 7 mars à partir de 18h00. 29, rue du maréchal Joffre à Cenon. Repas partagé, musique et danse organisé par l’association CDK-Bordeaux et le mouvement des femmes Kurdes TJKF. Pour permettre aux femmes de renforcer leurs liens et de passer un bon moment convivial et puis descendre dans la rue le 8 mars.

Dimanche 8 mars 2020 à 15h Lieu : porte Cailhau, place du palais. Déambulation dans Bordeaux à l’époque de Flora Tristan. En ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, l’asso PourQuoiPas vous propose de mieux connaître Flora Tristan. Cette grande voyageuse franco-péruvienne, est venue plusieurs fois à Bordeaux. Elle y est morte et enterrée. Femme de lettres, militante féministe et socialiste, Flora Tristan participe aux premiers pas de l’Internationale ouvrière, dénonce l’esclavage, défend l’égalité des sexes, se bat pour faire reconnaître le divorce, défend l’éducation pour tous et toutes, s’élève contre la peine de mort et la maltraitance des animaux.

Mercredi 11 mars 20h Cinéréseaux 11ème édition de la séance annuelle « FEMMES/femmes » au cinéma Jean Eustache de Pessac. Projection du film « FEMMES D’ARGENTINE » de Juan Solanas qui sort le jour même sur les écrans. Documentaire tourné avec les femmes qui luttent actuellement pour le droit à l’IVG en Argentine, pays où l’avortement est encore illégal, donc clandestin et conduisant à un grand nombre de décès. Avec la participation de l’équipe de La Maison de Simone à Pessac (qui accueille et oriente les femmes victimes de violences conjugales), du Planning familial 33 et de Pilar Molinuevo, militante féministe argentine. En partenariat avec le festival « 37es Rencontres du Cinéma Latino-Américain » qui se déroulera du 18 au 24 mars.

Jeudi 12 mars à 19h Lieu : Bordeaux Athénée Libertaire 7 rue du Muguet. Interrompre la destruction du monde : Rencontre avec Jérome Baschet autour de son livre « Une juste colère » paru aux éditions divergences.

Mercredi 18 mars à 19h : Athénée Municipal de Bordeaux. Contre le Service National Universel – Réunion publique à l’appel du Collectif « Contre le SNU 33 »

Jeudi 19 Mars 19h Lieu : Bordeaux Athénée Libertaire 7 rue du Muguet. My Buddha is Punk (Allemagne, Birmanie | 2015 | 68 minutes). Kyaw Kyaw, un jeune birman de 25 ans, rêve d’une révolution musicale punk dans son pays. La dictature militaire a effectué quelques réformes démocratiques, mais Kyaw Kyaw reste sceptique; le pays est encore loin de changer. Avec les membres de son groupe, il essaye de sensibiliser la population aux violations constantes des droits de l’homme dont elle est victime.

Projection + grignotage + discussion autour du documentaire avec une personne ayant rencontré ces punks birmans.

Samedi 21 mars à la salle monts du lauriers 3, avenue de la Gardette à Lormont. Nouvel an kurde (Newroz), une fête avec 4 artistes et chanteurs et chanteuses. L’invitation dit : « Votre présence à titre individuel ou une représentation de vos associations , nous fera très plaisir. Vive le courage et la lutte. »

Vendredi 3 avril à 18h30 la librairie du muguet invite Mathieu Rigouste dans le cadre des escales du livre à Bordeaux. Place Renaudel – Quartier Ste Croix. Mathieu Rigouste se définit comme quelqu’un qui « prend part aux luttes populaires contre les systèmes de domination et d’oppression. »

III) Les autres temps

Tous les lundis, 19H-22H au Samovar, 18, rue Camille Sauvageau, Bordeaux

Permanences soutien et accueil aux manifestant·es par le collectif Contre Les Abus Policiers (CLAP).

Publié dans Messages reçus | Laisser un commentaire

Achaïra n°219 – L’éphéméride anarchiste demars 2020 – spécial femmes anarchistes

Éphéméride anarchiste Achaïra n° 219 du lundi 2 mars2020

Le 1er mars 1877, naissance de Milly WITKOP, en Ukraine. Exilée à Londres, elle milite activement dans le mouvement anarchiste juif ouvrier. En 1896, elle y rencontre Rudolf Rocker. Arrêtée pour ses activités contre la guerre en 1916, elle est condamnée à deux ans de prison. En 1918, elle part en Allemagne avec Rudolf et fonde, avec d’autres militantes, le « Regroupement syndicaliste des femmes » qui se singularisa, dans les années 20 par ses actions d’éclat comme « la grève des naissances » et par une prise en main de la gestion de la vie quotidienne des femmes. En 1933, l’incendie du Reichstag pousse les Rocker à l’exil aux Etats-Unis, où ils continuent à lutter (organisant un soutien à l’Espagne libertaire, entre autre). En 1937, ils s’installent dans la communauté anarchiste de Mohegan (New-York). Milly mourra le 23 novembre 1955.

Le 4 mars 1904, naissance de Suceso PORTALES CASAMAR, en Espagne. Elle participe activement au mouvement d’émancipation féminine « MM.LL » (Mujeres Libres), créé en avril 1936, et collabore à la revue culturelle et de documentation sociale du même nom, qui paraît à partir de mai 1936. Lorsqu’éclate la révolution en juillet 1936, elle s’y engage avec enthousiasme. A Guadalajara, elle se fait propagandiste et conseillère auprès des agriculteurs. Le 20 août 1937, à Valence, se tient le 1er congrès, des groupes de femmes anarchistes fédérés au niveau national. Après la défaite, Suceso se réfugie en Angleterre. En 1962, elle reprend contact avec des militantes du mouvement réfugiées en France et réédite à Londres, en novembre 1964, la revue « Mujeres Libres », porte-parole de la fédération de MM.LL en exil (édition trilingue). En 1972, elle s’installe au côté de Sara Berenguer à Montady, près de Béziers (France), où elle poursuit la publication de la revue jusqu’en 1976, date à laquelle la revue reparaît en Espagne. Suceso s’est éteinte à Séville, le 23 janvier 1999.

Le 16 mars 1995 mort de Joséphine COUEILLE. Militante anarchiste, anarcho-syndicaliste et Libre-penseuse. Employée des Postes, elle participera, avec son compagnon André Prévotel, au groupe de Bordeaux. En 1935, elle est impliquée dans « L’affaire des stérilisés » . Andrée passera 12 jours en prison avant un non-lieu. Son compagnon sera, quant à lui, condamné à 6 mois de prison. Membre de la CGT-SR, elle est à nouveau arrêtée, en 1939, pour propos défaitistes et incitation de militaires à la désobéissance. Elle reste au secret cinquante jours à la prison militaire de Tours avant d’être libérée grâce à l’intervention de la « Ligue des Droits de l’Homme ». En 1945-46, à Langon (Gironde), elle anime avec son compagnon et des réfugiés espagnols une section de S.I.A. Après la Libération, ils militeront dans la nouvelle Fédération Anarchiste et au groupe local de la « Libre Pensée ».

Le 18 mars 1882, Louise Michel, désirant se dissocier des socialistes autoritaires et parlementaristes, se prononce lors d’un meeting salle Favié à Paris sans ambiguïté pour l’adoption du « Drapeau noir » par les anarchistes. « Plus de drapeau rouge, mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions. « Un an plus tard, le 9 mars 1883, elle brandit un vieux jupon noir fixé sur un manche à balais, lors de la manifestation des « sans-travail » aux Invalides.

Le 20 mars 1945, mort de Maria LACERDA de MOUR. Educatrice, journaliste, écrivaine, conférencière anarchiste-individualiste, amour-libriste, néo-malthusienne, pionnière du féminisme au Brésil. En 1900, elle suit les cours de l’Ecole Normale de Barbacena où elle obtiendra en 1904 sa licence d’enseignante. Nommée en 1909 professeur de travaux manuels dans cette même école, elle s’intéresse à la pédagogie de Francisco Ferrer et devient directrice de l’annexe de l’Ecole. Elle participe à la fondation d’une « Ligue contre l’analphabétisme » et s’emploie également à résoudre le problème du logement pour les plus démunis en initiant la construction d’habitations. En 1921, elle s’installe à São Paulo où elle commence à collaborer à la presse anarchiste brésilienne et internationale, en particulier à « A Plebe ». Dénonçant l’oppression dont sont victimes les femmes,elle revendique ouvertement le droit au plaisir sexuel et se fait la propagandiste de l’amour libre et du contrôle des naissances. Ses articles sont également publiés dans les journaux progressistes brésiliens ainsi que dans la presse anarchiste argentine, uruguayenne ou espagnole. En février 1923, elle lance la revue « Renascença » (Renaissance) publication culturelle qu’elle consacre à la formation sociale et intellectuelle des femmes. Pionnière du féminisme au Brésil, elle crée la « Liga para a Emancipação Intelectual da Mulher » (Ligue pour l’émancipation intellectuelle de la Femme). Elle fait également œuvre de propagandiste par la parole, donnant de nombreuses conférences à travers le pays mais aussi en Uruguay et en Argentine, à l’invitation des groupes anarchistes ou des syndicats.

Publié dans Messages reçus | Laisser un commentaire