Achaïra n°213 l’émission radio du lundi 1er juillet 2019

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission
Achaïra n° 213 du lundi 1er juillet 2019

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 213 du lundi 1er juillet 2019

0h00 – générique raccourci– (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

 0h03  – sommaire de l’émission – Philaud

Salut vous êtes bien sur Achaïra et c’est la 213ème édition aujourd’hui. Nous sommes ensemble, avec Fabienne, Esméralda, Thierry, Progrès et Philaud aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous présenterons la chronique d’André, sa chronique de la désobéissance, sur l’actualité du Rojava. Nous échangerons autour de cette chronique. Ensuite, nous écouterons un entretien enregistré avec Philippe Camus et Alain Georges Leduc sur le travail de recherche autour du poète libertaire beauceron Gaston Couté. Puis nous passerons à l’éphéméride concoctée par Fabienne et Thierry autour des poètes libertaires pour les mois de juillet et août. Ce mois-ci encore, nous n’aurons pas de chronique internationale, la chronique de Vassilis, mais nous donnerons quelques informations de Grèce en fin d’agenda. Nous nous quitterons donc avec quelques rendez-vous de l’agenda et nous insisterons particulièrement sur les 7èmes Reclusiennes qui se tiendront à Sainte-Foy-la-Grande sur le thème du « travail en transition » et qui auront lieu du 10 au 14 juillet 2019.

0h06 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

0h06– La chronique de la désobéissance – 5 min 47 par André [enregistrement]

« Faisons reverdir le Rojava !» ( http://deladesobeissance.fr/2019/05/19/faisons-reverdir-le-rojava/ )

0h12– La chronique de la désobéissance, le rebond – partie 1 – 20 min

Le contexte de guerre limitant l’expérience du confédéralisme démocratique au Roajava et la répression contre les kurdes en France aussi.

COLLECTIF DE SOUTIEN AU CDK-F

La répression des militant.e.s kurdes doit cesser !

Nous, organisations politiques, syndicales, de la société civile française, condamnons la vague de répression menée actuellement par la justice française à l’encontre de militant.e.s kurdes, engagé.e.s dans la recherche d’une solution politique pour le Kurdistan.

Le 12 juin 2019, la veille de la visite en Turquie du Ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, plusieurs perquisitions ont été menées par la police française dans le but d’arrêter des militant.e.s du mouvement démocratique kurde. Son homologue turc l’a même félicité de l’action menée par la France contre le mouvement kurde. Ces perquisitions ont pu également toucher des soutiens extérieurs au mouvement kurde, dont des syndicalistes français.e.s.

De plus, deux militants, Agit Polat et Vedat Bingöl, respectivement porte-parole et ancien Coprésident du Conseil Démocratique Kurde en France (CDK-F), ont vu leurs avoirs gelés sur la décision des ministères de l’économie et de l’intérieur. Ces deux mêmes personnes ont été explicitement menacées de mort de manière indirecte. Dans le cas de l’un d’entre eux, son jeune fils a été abordé dans un parc où il jouait par un inconnu qui a proféré des menaces à l’encontre de son père.

En 2013, trois militantes kurdes ont déjà été assassinées en France. L’enquête conduite par la justice française a démontré que les commanditaires de cet acte ignoble étaient des responsables de premier plan des services secrets de Turquie (MIT). La justice n’a pas pu être rendue en raison du décès du meurtrier. Il serait insoutenable qu’un nouveau drame se produise. Nous demandons que l’État français prenne ses responsabilités, et protège les militant.e.s politiques kurdes qui ont trouvé refuge ou sont né.e.s sur son sol contre toute atteinte à leur vie ou à leur liberté d’expression et d’organisation politique.

La France ne doit pas se faire la supplétive de la Turquie en participant à la répression du mouvement démocratique kurde. La fraternité des peuples ne se marchande pas contre une poignée de contrats. Les partis kurdes se réclamant du confédéralisme démocratique, PKK en tête, ont mené la lutte contre l’obscurantisme de Daesh au prix d’immenses sacrifices qui se sont traduits par la mort de jeunes hommes et femmes kurdes. Durant cette période, la Turquie fournissait un appui militaire, logistique et financier aux criminels de l’Etat Islamique. Les Kurdes ont ainsi contribué à protéger l’Europe des attaques de Daesh. Les organisations kurdes tentent de mettre en place au Moyen-Orient une alternative démocratique, basée sur le progrès social, l’émancipation des femmes et l’égalité ethnique et religieuse. Que signifie alors pour la France le fait de réprimer leurs militant.e.s qui mènent une action politique légale, à visage découvert ?

Les poursuites à l’égard des militant.e.s kurdes doivent être abandonné.e.s, et la France doit reconnaître la légitimité du PKK comme acteur politique de premier plan au Moyen-Orient, en commençant par le retirer de la liste des organisations terroristes.

MEETING DE SOUTIEN AUX MILITANT-E-S KURDES 

SAMEDI 6 JUILLET 2019 
RENDEZ-VOUS A PARTIR DE 17h
Prises de parole à partir de 17h30

147 RUE LA FAYETTE, 75010 PARIS
(Lieu où ont été assassinées les militantes kurdes
Fidan Dogan, Sakine Cansiz et Leyla Saylemez)

0h32 – Virgule sonore (jingle l’invité)

0h32 – Illustration musicale n°1 – 3 min 32 –

Michel di Nocéra interprète « Le gars qu’a mal tourné » de Gaston Couté

ici une autre version :

« Qui est ce gars qui a mal tourné ? Et qui est notre invité » – Esméralda

0h37 – Illustration musicale n°2 – 2 min 05 –

Michel di Nocéra interprète « Le rapport du commissaire de police» sur Gaston Couté

0h39– – L’actualité poétique –4 min par Esméralda et Progrès

L’œuvre de Gaston Couté aux Editions Libertaires

0h43 – L’actualité de Gaston Couté – partie 1 – 9 min [Enregistrement]

0h52 – Illustration musicale n°3 – 5 min 22 –

Michel di Nocéra interprète « Les électeurs » de Gaston Couté

ici une autre version :

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

0h58 – Virgule sonore (jingle l’invité)

Présentation du morceau enregistré

0h59 – L’actualité de Gaston Couté – partie 2 – 12 min 45

[Enregistrement]

1h12 – Illustration musicale n°4 – 5 min 28 –

Michel di Nocéra interprète « La paysanne » de Gaston Couté

ici une version interprétée par Gérard Pierron :

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

1h17 – Virgule sonore (jingle l’invité)

1h17 – L’actualité de Gaston Couté – partie 3 – 1 min

Présentation des choix musicaux

1h18 – Illustration musicale n°5 – 5 min 53 –

Michel di Nocéra interprète « Le champ d’naviots » de Gaston Couté

ici une version interprétée par Gérard Pierron :

1h24 – L’actualité de Gaston Couté – partie 4 – 2 min

Présentation des choix musicaux

1h26 – Illustration musicale n°6 – 2 min 35 –

Bernard Lavillier interprète « La dernière bouteille » de Gaston Couté

http://gastoncoute.free.fr/sons/BernardLavilliers_LaDerniereBouteille.mp3

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

1h29 Virgule sonore (jingle éphéméride)

1h29– L’éphéméride anarchiste – 14 min

1h43 – Illustration musicale n°6 – 3 min 25 – Bruno Darraquy interprète « Les Absinthe » de Gaston Couté

http://gastoncoute.free.fr/sons/BrunoDaraquy_LesAbsinthes.mp3

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

1h47 Virgule sonore (jingle agenda)

1h47 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 6 min

Spécial Les 7èmes Reclusiennes – le travail en transition – https://www.reclusiennes.com/

1h53 – Virgule sonore (jingle agenda)

1h53 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 5 min

Les spectacles et conférences-débat en juillet et août 2019.

Des nouvelles des Automômes, reçus par Achaïra le 7 janvier 2019. http://lesautomomes.com/

Des nouvelles de Yannis Youlountas attaqués en Grèce par des nazis. http://blogyy.net/

Un appel à en finir avec les néo-nazis, en Grèce et ailleurs, cosigné par le CADTM, Le Festival du cinéma d’ATTAC Bruxelles, des syndicalistes belges et des collectifs de soutien aux luttes en Grèce (Convoi Solidaire Liège – Exarcheia et Initiative de Solidarité avec la Grèce qui résiste – Bruxelles). À lire aussi pour le rappel chronologique des agressions.

« NOUVELLE AGRESSION PAR DES NÉONAZIS EN GRÈCE : IMPUNITÉ JUSQU’À QUAND ?

Yannis Youlountas est un auteur et réalisateur engagé connu en Belgique pour ses documentaires : Ne vivons plus comme des esclaves (2013), Je lutte donc je suis (2015) et L’amour et la révolution (2018). Il y dépeint les mouvements sociaux en Grèce et la lutte des grec-que-s pour leur dignité volée par les mesures d’austérité imposées depuis tant d’années par les créanciers du pays. Grâce à son travail à la fois juste et sensible qui dévoile l’ampleur du drame que vit la Grèce depuis le début de la crise économique, il a réussi à nous transmettre ce que les médias européens ont arrêté de nous dire : les droits fondamentaux du peuple grec sans cesse bafoués et la solidarité sociale, seule issue pour beaucoup. A travers les documentaires de Yannis, on a découvert O allos anthropos (une cantine solidaire), Elliniko, (un dispensaire social qui soigne des milliers de personnes privées de leur droit à la santé), les luttes, en Crète, contre un grand projet d’aéroport et à Thessalonique, pour préserver l’usine autogérée Viome.

Ce jeudi 13 juin, il a été victime d’une agression perpétrée par un groupe de partisans d’extrême droite. Elle aurait pu être très grave si les agresseurs n’avaient pas été interrompus. Yannis Youlountas venait de sortir du centre social autogéré Favela qui fêtait ses 2 ans. Il portait le t-shirt que les camarades de Favela venait de lui offrir. Ainsi, en Grèce, le simple fait de porter le t-shirt d’un lieu de solidarité peut faire de vous la cible d’une attaque violente ! Dans un tel contexte de recrudescence des agressions fascistes en Grèce et à travers le monde [1], nous devons rester en alerte. Cette agression est loin d’être la première en Grèce.

Nous n’oublions pas l’attaque mortelle de Pavlos Fyssas, rappeur grec engagé, le 17 septembre 2013, au Pirée.

Nous n’oublions pas l’attaque au Pirée, le 12 septembre 2012 contre des pêcheurs égyptiens dont Abouzid Embarak qui a reçu des coups d’une extrême violence lui laissant de graves blessures à la tête, de nombreuses fractures et autres séquelles pérennes.

Nous n’oublions pas, le 12 septembre 2013, à Perama l’agression de 20 membres du syndicat PAME (affilié au parti communiste grec). Ils les ont encerclés et frappés à coups de bâtons. Neuf des membres de PAME ont été gravement blessés.

Nous n’oublions pas, à Athènes, en 2011, une attaque contre deux femmes albanaises, en 2012, un incendie criminel visant des Roms à Etoliko, en 2013, l’assassinat d’un pakistanais Shehzad Luqman, la tentative d’assassinat d’un écolier, l’incendie criminel contre un magasin appartenant à un Camerounais.

Nous n’oublions pas Mamadou Bah, militant guinéen qui a obtenu le statut de réfugié en Belgique suite à une agression à Athènes en 2012.

Nous n’oublions pas que le 25 février 2018, Eleftheria Tobatzoglou, avocate de la famille de Pavlos Fyssas, et trois autres personnes, ont été blessés à l’intérieur même de Favela.

Nous n’oublions pas Zak Kostopoulos, connu pour ses performances drag sous le nom de Zackie Oh, un activiste grec ouvertement gay et séropositif, lynché à mort le 21 septembre 2018, en plein centre-ville et en plein jour.

Nous n’oublions pas que Moria (centre de détention des migrants sur l’île de Lesvos) est constamment la cible d’attaque des extrêmes-droites. Dresser une liste exhaustive serait impossible !

La plupart de ces attaques sont signées Aube Dorée. Et pourtant les membres d’Aube Dorée circulent librement, sont élus malgré le grand procès à leur encontre qui a débuté en 2015 et qui est d’une lenteur impardonnable par rapport à l’enjeu vital pour les habitant-e-s de la Grèce.

De nombreuses organisations se sont créées pour lutter contre cette montée des extrêmes-droites. Mais les médias dominants, les grands patrons, la justice et la Troïka [2] ne s’en occupent pas du tout. Les grec-que-s souffrent toujours de la privation de leurs droits fondamentaux, depuis que, pour sauver les banques françaises et allemandes [3], les gouvernements successifs depuis 2010 leur ont coupé l’accès à la santé, les ont privés de leur droit au logement, ont réduit les budgets de l’éducation, ont menacé le droit à l’alimentation des personnes, et ont volé une grosse partie des pensions. Contre l’extrême droite, rien. Contre les médias complices, rien non plus. Contre la Troïka, …

C’est dans ce contexte que des centres autogérés et des dispensaires sociaux se sont organisés dans toute la Grèce. Ils sont indispensables à une grande partie de la population locale et ne pourraient pas agir sans la solidarité, notamment internationale. Yannis fait partie des personnes qui se sont mobilisées et qui sont là pour faire connaître et renforcer cet effort de solidarité en dehors des frontières grecques. Grâce à son soutien, des convois solidaires se sont organisés en France et en Belgique. Sans leur aide, les nombreux bénévoles, médecins, pharmaciens et autres, auraient beaucoup de mal à trouver tous les médicaments nécessaires.

Il est temps d’arrêter de fermer les yeux sur ce qui se passe en Grèce en particulier, et ailleurs en général. Les attaques à répétition ne nous arrêteront pas. Nous continuerons à nous battre contre la montée de l’extrême droite sous toutes ses formes car aujourd’hui, et depuis quelques années, elle recommence à tuer impunément. Il est temps d’ouvrir les yeux, de faire connaître cette réalité et de s’organiser ensemble pour y répondre.

Notes :

[1] Jusqu’en Belgique depuis la banalisation des discours xénophobes par la NVA et plus particulièrement depuis les dernières élections.

[2] FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne.

[3] Voir rapport préliminaire de la Commission pour la vérité sur la dette grecque : http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la

Le communiqué :

http://www.cadtm.org/Nouvelle-agression-par-des-neonazis-en-Grece-impunite-jusqu-a-quand

Repris dans la presse en Belgique :

https://www.levif.be/actualite/europe/nouvelle-agression-par-des-neonazis-en-grece-impunite-jusqu-a-quand/article-opinion-1158493.html

D’autres nouvelles de Grèce :

Hier soir, le futur premier ministre de droite était en meeting à Elefsina, petite ville portuaire située au nord-ouest du Pirée. Une de ses annonces est reprise en boucle ce matin dans tous les médias :

MITSOTAKIS ANNONCE LA MORT DE ROUVIKONAS POUR LE 8 JUILLET, LENDEMAIN DES ÉLECTIONS

Bien que toujours plus de monde demande la dissolution d’Aube Dorée suite à de nouvelles agressions, le favori des élections qui se dérouleront dans dix jours a concentré toutes ses attaques contre les groupes anarchistes et anticapitalistes, à commencer par Rouvikonas.

Il n’a pas annoncé la dissolution d’Aube Dorée, mais de Rouvikonas, la présentant comme sa priorité absolue dès le premier jour de son arrivée au pouvoir.

Quasiment rien dans son discours au sujet des néo-nazis. La seule menace, selon lui, ce sont « les groupuscules qui sèment la zizanie et propagent un désir révolutionnaire dangereux pour la démocratie. »

Le candidat de la droite aux élections législatives anticipées du 7 juillet a cependant oublié quelque chose : Rouvikonas n’est pas un parti ni une association formelle, mais un collectif. Il n’a pas d’existence juridique. La seule façon de stopper les actions de Rouvikonas, c’est de jeter tous ses membres en prison, en espérant que d’autres ne prendront pas le relais.

Quoiqu’il arrive au lendemain des élections, le grain est semé. Depuis cinq ans, Rouvikonas a repris le flambeau de certaines traditions révolutionnaires trop vite oubliées : « la guerre continuelle aux institutions établies » (Malatesta, 1876), « la propagande par le fait » (Andrea Costa, 1877) et bien sûr « l’action directe » (Émile Pouget, 1904), tout en innovant, en particulier dans l’instrumentalisation géniale des médias du pouvoir et dans une stratégie juridique sur le fil du rasoir qui a rendu difficile leur incarcération.

Aujourd’hui, Rouvikonas dispose d’une aura internationale, d’un soutien par-delà les frontières et a tissé des liens avec de nombreux groupes et organisations dans le monde entier. De même pour le quartier rebelle d’Exarcheia que Mitsotakis a promis de « nettoyer en un mois » et qui se prépare à l’affrontement durant les semaines à venir.

Dernier point : il n’y a rien d’étonnant à ce que les dirigeants capitalistes ménagent ainsi leurs homologues fascistes et concentrent leur répression contre les anarchistes et les autres révolutionnaires : nous sommes leurs seuls ennemis véritables, contrairement aux fascistes qui sont leurs alliés objectifs et parfois même leurs amis, avec une même cuillère en argent dans la bouche.

Le fascisme n’est pas seulement, pour le pouvoir, le moyen de diviser pour mieux régner, de détourner la colère sur des boucs-émissaires pourtant victimes du même fléau qu’est le capitalisme, et surtout de se poser en arbitre magnanime au centre d’un spectre d’opinions intentionnellement stimulé à l’extrême-droite par ses médias de masse. Le fascisme est aussi le joker du pouvoir capitaliste en temps de crise, c’est-à-dire le stade ultime de la société autoritaire quand elle est contestée et que les fondements du capitalisme (propriété, hiérarchie, exploitation) sont menacés.

Soutien à Rouvikonas et autres groupes de la résistance anticapitaliste et libertaire en Grèce.

Mort au fascisme et au capitalisme qui le nourrit.

Yannis Youlountas

Très mauvaise nouvelle pour les néo-nazis :

LES DOCKERS DU PIRÉE M’APPORTENT LEUR SOUTIEN, APPELLENT À LA RIPOSTE ET DEMANDENT LA DISSOLUTION IMMÉDIATE D’AUBE DORÉE

Ces derniers années, suite à de nombreuses actions antifascistes au cœur d’Athènes, notamment celles de Distomo autour d’Agios Panteleimonas, les fascistes de tous poils se sont massivement repliés au Pirée.

Puis, depuis deux ans, la lutte s’est intensifiée dans cette ville portuaire très frappée par le chômage et la pauvreté. Le centre social autogéré Favela est devenue la cible principale des attaques, mais aussi les migrants et les antifascistes qui s’aventuraient seuls dans certaines rues.

Mais désormais, dans le contexte actuel, on sent que les choses sont en train de changer. L’approche de la fin du procès des assassins de Pavlos Fyssas, les nombreuses victimes anonymes d’agressions fascistes, puis l’attaque visant l’avocate de la famille Fyssas et, enfin, mon agression le 13 juin ont provoqué beaucoup de réactions. Et la dernière en date de ces réactions est sans doute la plus importante.

Les dockers du Pirée, via leur union syndicale, viennent de me faire connaître leur grande détermination en me transmettant un texte de soutien et de mobilisation. L’un d’entre eux m’a dit : « il faut en finir, ça ne peut plus durer ! »

Il faut savoir que les dockers du Pirée ont un poids et un prestige immense dans la ville et au-delà. C’est un monument dans les luttes. Une grande histoire ouvrière. Je plains les néo-nazis qui voudraient encore tenter de jouer au chat et à la souris dans leur ville. Si les dockers se mobilisent vraiment au Pirée, ça va faire mal, très mal.

Demain matin, leur union syndicale appelle d’ores-et-déjà à une présence massive des dockers à la Cour d’Appel pour enfoncer le clou et exiger la dissolution immédiate d’Aube Dorée et l’arrestation de mes agresseurs.

Un conseil, les nazis : trouvez vite une barque, un radeau, un canot pneumatique et barrez vous, loin, très loin, aussi loin que possible. Tiens, jusqu’en Syrie par exemple ! Peut-être que ça pourrait vous mettre un peu de plomb dans la tête (d’abord au sens figuré, et si ça ne marche pas, au sens propre).

Merci, les dockers du Pirée ! Vous avez toujours été un mythe, une légende, un modèle de courage pour moi et tant d’autres. Ce soir, je suis vraiment très ému par votre soutien.

Έξω οι φασίστες από τον Πειραιά!

Yannis Youlountas

Communiqué de soutien et de mobilisation des dockers du Pirée :
http://peiratikoreportaz.blogspot.com/2019/06/730.html#more
Repris dans la presse :
https://left.gr/news/se-apofasistiki-apantisi-stis-epitheseis-ton-neonazi-kaloyn-oi-limenergates-toy-olp

 

Des alertes sur le Service National Universel et les nouvelles attaques contre les retraites.

motion-FA-motion-sur-le-service-national-universel

https://monde-libertaire.fr/?article=Le_Service_national_un_projet_loufoque_!

https://monde-libertaire.fr/?article=Le_service_national_universel_plus_quun_derapage_!

https://ciralimousin.ficedl.info/article275.html

https://blogs.mediapart.fr/edition/le-service-national-universel-face-lurgence-ecologique/article/281118/service-national-universel-la-reponse-dun-syn

Contre le sommet du G7 à Biarritz du 19 au 26 août 2019. https://g7ez.eus/fr/ et https://alternativesg7.org/

1h58 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 213ème d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Fabienne, Progrès, Thierry et Philaud. Un grand merci à André pour sa chronique de la désobéissance. Un salut à Vassilis dont nous attendons le retour de la chronique internationale, peut-être pour septembre. Suspens. Un salut de loin à Germain qui mène une expérience d’autosuffisance alimentaire en Dordogne.

 

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

 

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillé et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 2 septembre 2019 ou le 7 octobre 2019 à 20h10 toujours sur la Clé des ondes 90.10 et ce sera la 214ème.

 

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

2h00 – Fin de l’émission

 

Agenda militant, social et culturel – Achaïra n° 213 du lundi 1er juillet 2019

•  I) Le temps des manifestations

  • •   Mardi 2 juillet 2019 à 13h00

Départ de la manifestation au rond-point de Pellegrin puis arrêts à l’ARS, à la Mairie de Bordeaux et au Grand Théâtre

CHU Hopital Pellegrin rdv devant le rond-point de l’entrée

Le 18 mars, les urgences de l’hôpital St Antoine à Paris sont partis en grève. Depuis 141 services d’urgence les ont rejoints. Aujourd’hui, l’intersyndicale et le collectif « Inter Urgences » appellent à une journée de grève nationale et élargie à tous les établissements de santé, avec un rassemblement à Paris-Bercy.

Les revendications posées par les services actuellement en lutte sont celles de tous et vous les connaissez bien :

  • Effectifs pluridisciplinaires suffisants pour permettre une prise en charge humaine et sécurisée des patients et un respect de nos vies privées,
  • Augmentation salariale,
  • Arrêt des fermetures de lits,
  • Du matériel fonctionnel et adapté aux soins.

Après plus de 3 mois, madame Buzyn a fini par prendre conscience du profond malaise qui touche
les agents hospitaliers en débutant un dialogue. Des propositions ont été faites, malheureusement
bien en deçà des nos besoins réels.

Depuis 10 ans maintenant, notre situation se dégrade continuellement. On nous explique que les problèmes liés à nos conditions de travail ne sont le fait que d’une mauvaise organisation. Nous nous sommes réorganisé(e)s à de nombreuses reprises et pourtant ça va toujours plus mal… On pourrait penser que ces revendications ne concernent que les paramédicaux. Pourtant les médecins des services d’urgences de Pellegrin et St-André sont entrés en grève eux aussi. Nous savons tous que revendiquer seul dans son coin ne sert malheureusement pas à créer un rapport de force suffisant pour être entendu(e)s. Les agent(e)s au service de la population ne peuvent plus se laisser maltraiter par ces politiques comptables et déshumanisées.

  • •   Mardi 2 juillet 2019 de 13h30 à 15h30

Jugement de FORD sur le Motif économique des licenciements et le refus d’une reprise

A l’appel de CGT Ford

Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, rue des Frères Bonie, Aquitaine

  • •   Mardi 2 juillet 2019 à 18h

Contre la continuation du nucléaire.

Devant la salle de la faïencerie Bordeaux

Tchernoblaye appelle à se rassembler mardi 2 juillet à 18h devant le site de ce « faux débat sur les déchets radioactifs » (24 rue de la Faïencerie à Bordeaux) afin de protester contre cette parodie de démocratie… et contre la continuation du nucléaire.

•  II) Le temps des débats et des spectacles

  • •   Mercredi 3 juillet 2019 de 15h à 19h et Vendredi 5 juillet 2019 de 16h30 à 20h

Portes ouvertes dans le nouveau local

Organisée par les Automômes

Au 3431 avenue des Pyrénées au Barp

•  III) Les autres temps

  • •   Lundi 8 juillet 2019 à 21h et Samedi 13 juillet à 21h

Gaston Couté, l’insurrection poétique

https://gaston-coute-bruno-daraquy.jimdofree.com/
https://www.lylo.fr/concert/7fd956-gaston-coute-l-insurrection-poetique-le-connetable#2019-07-08-21:00
https://www.billetreduc.com/237113/evt.htm

Restaurant « Le Connétable » – 55 rue des Archives, 75003 Paris

  • •   Du lundi 19 août 2019 au lundi 26 août 2019

NO G7 in Biarritz (2019)

Biarritz (64)

Plateforme Nationale des Alternatives au G7

Appel à défendre nos alternatives face au G7!

La France est le pays hôte du prochain G7 qui se tiendra à Biarritz du 24 au 26 août 2019.

Pendant des décennies, le G7 a joué un rôle de directoire économique et financier aux côtés du FMI, de l’OMC et de la Banque Mondiale. Aujourd’hui, il est l’espace où sept des plus grandes puissances économiques mondiales et la Commission Européenne se réunissent pour perpétuer un système qui a conduit à une croissance des inégalités et une mise à sac de notre planète, tout en laissant faire la toute-puissance et l’influence néfaste des grandes multinationales. Ainsi, une grande partie des peuples sont privés de leurs droits et chaque jour ce sont les promesses de la Déclaration Universelle Droits de l’Homme qui sont bafouées. L’ONU voit sa légitimité mise en cause de toute part. Partout, il y a oppression et violence alors que les politiques d’austérité entraînent un recul des droits humains..

Pour autant, ce qui s’est passé à Hambourg doit nous inspirer, doit nous permettre de relancer des combats à cette échelle, renforcer nos liens internationaux, faire l’actualité, perturber ces rendez-vous de nos gouvernements.

Nous appelons d’ores et déjà à s’organiser, lancer des réunions, des discussions, réfléchir aux actions, aux manifestations, préparer un info-tour, renforcer nos liens nationaux et internationaux, écrire des articles, des tracts.

Nous avons un an devant nous. Et compte tenu du niveau répressif actuel, ce temps ne nous sera pas de trop. Et comme à Hambourg, nous souhaitons que la résistance soit protéiforme, plurielle et partout.

Contre le capitalisme, sabordons le G7 !

http://alternativesg7.org/

    Action Aid France

    Adéquations

    Amis de la Terre

    Attac Allemagne

    Attac Espagne

    Attac France

    Artisans du Monde

    CADTM (France, Belgique, International)

    CCFD-Terre Solidaire

    Collectif Droits des Femmes

    Confédération Paysanne

    CRID

    Emmaus International

    Fondation Copernic

    Fondation France Libertés

    Fédération Syndicale Unitaire

    Ingénieurs sans frontières

    Intersindical Valenciana

    Ipam

    Marche Mondiale des Femmes

    Mouvement de la Paix

    Ligue des droits de l’Homme

    Oxfam

    Sherpa

    Solidaires

    Ritimo

    Réseau Foi et Justice Afrique – Europe

  • •   Pour la rentrée de septembre 2019

Peut-être des mobilisations contre le Service National Universel.

Et des mobilisations contre la réforme des retraites. Voir aussi l’appel de la 3ème assemblée des assemblées :

La troisième assemblée des assemblées appelle à une convergence des luttes sociales, démocratiques et écologiques

Malgré une baisse de la fréquentation des manifestations hebdomadaires du samedi, la troisième assemblée des assemblées a encore fait le plein. Ainsi, 650 délégués représentant plus de 200 groupes locaux se sont réunis à Montceau-les-Mines le dernier week-end du mois de juin. Dans une de leur déclaration finale, les gilets jaunes appellent à une convergence des luttes. « À chaque fois que les revendications seront communes, allant dans le sens d’en finir avec la misère, la précarité, la casse sociale, ou pour gagner de nouvelles conquêtes, nous serons là », affirment-ils.

Cette convergence doit pour eux : « lever tous les obstacles à l’unité, bloquer le pays afin de faire céder le gouvernement et d’en finir avec Macron et ce système ». Au-delà d’une déclaration d’intention, ils engagent dès à présent les gilets jaunes à « soutenir la grève des personnels des urgences par des motions, délégations, rassemblements, ou manifestations communes ». Puis à répéter cela pour les luttes à venir dans d’autres secteurs.

Un œil fixé sur la réforme des retraites en préparation, l’assemblée des assemblées indique que les gilets jaunes seront aux côtés des travailleurs, de leurs organisations et de la population. Objectif : « obtenir le retrait de ce projet ». L’intention du gouvernement d’augmenter, dès l’automne, le nombre d’années de cotisations pour bénéficier d’une pension à taux plein pourrait mettre cette convergence à l’ordre du jour plus tôt que prévu.

https://rapportsdeforce.fr/breves/la-troisieme-assemblee-des-assemblees-appelle-a-une-convergence-des-luttes-sociales-democratiques-et-ecologiques-07013970?fbclid=IwAR33vieaTAlDW94JKo_oTAvlQoxJ73xKGovBYkuqwbQy2DuV6BvnOZJMLUs

 

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Achaïra n° 213 : Chronique de la désobéissance : Faisons reverdir le Rojava !

Faisons reverdir le Rojava !

Ou bien comment l’utopie se mélange au concret. C’est une campagne mondiale menée par la Commune internationaliste pour un projet écologique en direction du Rojava, projet qui devient déjà réel par des travaux sur le terrain. C’est donc un défi parce que la région est en guerre, et la libération du territoire concerné n’aurait pas été possible, nous dit-on, sans les sacrifices des combattants héroïques des YPJ et YPG (unités de protection composées de femmes et d’hommes).

L’ouvrage – avec un avant-propos de Debbie Bookchin, la petite-fille de Murray – se veut tout à la fois une vision théorique et un manuel pratique et reconnaît honnêtement que leur initiative est récente (2018) ; c’est en tout cas une analyse quasiment exhaustive des problématiques auxquelles se heurtent, dans ce pays, les écologistes qui ont lancé cette opération et qui s’inspirent tout à la fois du municipalisme libertaire et de l’écologie sociale, idées défendues par Murray Bookchin, reprises par Abdullah Öcalan, le chef suprême des Kurdes, et adoptées par l’ensemble de ses partisans, si ce n’est par la totalité de la population de cette partie du Kurdistan ; idées et pratiques rebaptisées « confédéralisme démocratique ». Mais le projet développé dans cet ouvrage, à proprement parler, porte essentiellement sur l’écologie.

Par ailleurs est gommée toute référence à l’anarchisme ; gommée la citation d’Élisée Reclus : « L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même », remplacée par : « L’Humain : la nature prenant conscience de soi », attribuée à Fichte ; à moins d’un plagiat de notre Élisée.

Mais qu’importe le flacon… ! De toute façon, la Commune internationaliste constate « l’imbrication de la domination de l’humain sur l’humain avec la domination de l’humain sur la nature » et propose diverses solutions très concrètes pouvant s’appliquer dans cette partie du Kurdistan, solutions fondées « sur des structures radicalement démocratiques et construites en dehors du pouvoir de l’État ».

C’est pourquoi, par ailleurs, nous trouvons particulièrement incongrue dans cet ouvrage une citation de Che Guevara.

Comme on pouvait s’y attendre de la part des médias, la guerre contre l’État islamique a mis au dernier rang l’avancée politique que représente le confédéralisme démocratique qui entend mettre fin à la « marchandisation » de la nature et à la « modernité capitaliste » responsable de la crise écologique dorénavant mondiale, caractérisée par ce que l’on nomme le « changement climatique » que certains découvrent soudainement alors que d’autres peinent encore à en prendre conscience.

La monoculture – essentiellement de blé et d’oliviers – caractérise le paysage du Rojava, qui s’accompagne de la déforestation, son corollaire, et qui se complète, en dernière conséquence, de la pollution extrême du sol, de l’air (par les transports qui consomment la majeure partie du diesel et de l’essence du Rojava) et de l’eau (l’approvisionnement en eau potable à usage domestique et agricole est l’un des principaux problèmes du Rojava).

De plus, « les savoirs et pratiques sociales de l’agriculture biologique, la culture des légumes et la connaissance de la faune et de la flore locales ont été perdus ».

En outre, les sources des rivières du Rojava se trouvent toutes en Turquie, pays hostile, qui retient l’eau en construisant des barrages quand il ne menace pas d’invasion militaire. Toute cette situation est l’héritage d’une exploitation quasiment coloniale de la part du Baas, le régime syrien d’Hafez et de Bachir el-Assad, son fils. Mais il faut aussi compter sur les effets de la pollution par la guerre, du fait des munitions diverses utilisées dont le contrecoup aura des conséquences à long terme jusqu’à maintenant inconnues.

Ce livre est donc un appel à aider le Rojava et à nous aider nous-mêmes à garder l’espoir et également la volonté de construire un autre monde !

Ce livre est un appel à agir ! « Attendre davantage serait de la folie ! »

Commune internationaliste du Rojava, Make Rojava green again,

Atelier de création libertaire et Dog Section Press, 2019, 140 p.

André Bernard

18 mai 2019

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Achaïra n° 213 : éphéméride de juillet 2019

Ephéméride juillet – août

Le 9 juillet 1872, naissance de Gaston MONTEHUS (BRUNSWICK, de son vrai nom), à Paris. Auteur de centaine de chansons dont les plus connues comme : « Gloire au 17e » (1907) et « La Grève des Mères » (1910) sont reprises par le Paris révolutionnaire. « Légitime était votre colère, Le refus était un devoir, On ne doit pas tuer ses père et mère, Pour les grands qui sont au pouvoir ». Ces quelques vers de « Gloire au 17ème » qui font l’apologie des soldats mutins du 17ème Bataillon de ligne qui refusèrent de tirer sur les vignerons révoltés du sud de la France (en 1907), vaudront à Montéhus de passer devant la Cour d’Assises.

le 10 juillet 1830 naissance de Camille PISSARRO à Paris. Peintre de talent de l’école impressionniste et anarchiste de convictions. Passionné par le dessin et la peinture, il devient l’ami de Monet, Renoir et Cézanne. En 1863, il expose au « Salon des Refusés ». Il participe dès 1874 aux premières expositions des impressionnistes. En 1884, une exposition de ses toiles aux U.S.A, est couronnée de succès. Il découvre les idées anarchistes et fait la connaissance de Pouget et de Grave, à qui il apporte un soutien financier, aidant également les familles d’anarchistes emprisonnés ou des compagnons italiens en exil. Il participe à la parution des « Temps Nouveaux », et s’engage contre l’antisémitisme lors de « l’affaire Dreyfus ».

Le 13 juillet 1949, naissance de Clifford HARPER à Chiswick (Ouest de Londres). Artiste illustrateur et militant anarchiste. Activiste dans les squats de Londres durant les années soixante, il devient  un artiste illustrateur autodidacte engagé qui va s’imposer par la qualité et la quantité de ses réalisations, qui vont illustrer la presse radicale alternative et en particulier la presse anarchiste anglaise et internationale.

Le 14 juillet 1993, mort de Léo FERRE. Il se produit pour la première fois en public en février 1941. En juin 1950, il enregistre son premier disque (78t). En 1952, Catherine Sauvage enregistre sa chanson « Paris-Canaille » qui devient rapidement un succès national. En mars 1955, il est en vedette à l’Olympia. Il adapte ensuite les textes des poètes, Rimbaud, Verlaine, Aragon, Baudelaire. Mais en 1961, il est victime de la censure, un de ses albums est pilonné: « Mon général », « Regardez-les », etc. Dès lors ses chansons se font plus engagées: en 1964, c’est « Franco la muerte », mais aussi « Ni Dieu ni Maître ». Début 1968, il collabore au « Monde libertaire » et à la revue « La Rue ». Sa carrière et son succès se poursuivront au-delà des frontières, mais il continuera de soutenir « Le Monde libertaire », « Radio Libertaire » et le « Théâtre Libertaire de Paris ».

Le 18 juillet 1968, en Avignon, alors que le XXIIème Festival de Théâtre vient de commencer, il est contesté par de jeunes révoltés qui lui reprochent de n’être qu’un supermarché de la culture au service de la classe bourgeoise. Le jour même, le préfet de police du Gard interdit sous prétexte qu’elle pourrait « troubler gravement l’ordre public » une pièce de théâtre : « La Paillasse aux seins nus » qui devait être jouée dans une petite salle de Villeneuve-Lès-Avignon. Cette interdiction arbitraire suscite l’indignation et va donner lieu dans la soirée à une manifestation pacifique de protestation. Le rassemblement est aussitôt chargé par des CRS qui procèdent à plusieurs interpellations. La troupe du « Living Théâtre » conduite par Julian Beck et Judith Malina marque aussitôt sa solidarité avec la compagnie censurée et avec les personnes arrêtées en refusant de jouer leur pièce « Antigone ».

Le 19 juillet 1913, mort de Charles KELLER. Poète, membre de l’Internationale, communard, et partisan de Bakounine. Il est né à Mulhouse le 30 avril 1843. Il fait ses études à Strasbourg puis est employé comme ingénieur dans une filature. Dénoncé à cause de ses lectures subversives, il démissionne et se rend à Paris où il vit de traduction et entre en contact avec les frères Élie et Élisée Reclus. En 1870, il est mobilisé en Alsace-Lorraine, mais revient début mai à Paris combattre dans les rangs de la Commune. Poète, il est l’auteur du chant « La Jurassienne » qui sera mis musique par James Guillaume et dont voici le refrain : « Nègre de l’usine, Forçat de la mine, Ilote du champ, Lève -toi peuple puissant ! Ouvrier, prends la machine, Prends la terre, paysan ! « 

Le 24 juillet 1918, naissance de Jean-Roger CAUSSIMON. Acteur de théâtre et de cinéma, il donne également des récitals de poésie et de chansons (de sa composition) dans divers cabarets de la capitale. Au « Lapin Agile », sa rencontre avec Léo Ferré marquera sa carrière de chanteur engagé. En 1970, il enregistre son premier disque qui sera suivi par plusieurs autres, couronnés par de nombreux prix. Impossible de citer les titres de toutes ses chansons pleines de poésie et de révolte comme notamment : « La Commune est en lutte », « Les Cœurs purs »,  » Si vis pacem », etc.

Le 22 juillet 1914, naissance de Charles MAURIN. Peintre graveur. En 1875, il obtient le Prix Crozatier qui lui permet de venir à Paris étudier aux Beaux-Arts puis à l’Académie Julian (où il enseignera ensuite). Il expose au « Salon des Artistes Français » et devient membre de la Société en 1883. Il puise son inspiration des artistes japonais, révolutionne la technique de l’eau-forte, et réalise également des bois-gravés. Il collabore à « La Revue Blanche » dirigée par Fénéon et initie Félix Vallotton à la gravure et à l’anarchisme. C’est lui qui a réalisé le bois gravé de Ravachol, le torse nu, entre les montants de la guillotine.

Le 1er août 1875, naissance de François-Henri JOLIVET, à Paris. Poète ouvrier et chansonnier. A 17 ans, il commence à se produire sur scène, puis rejoint le groupe de chansonniers révolutionnaires « La Muse Rouge ». Il participe aux fêtes ouvrières à la « Vache Enragée » de Montmartre, et aux rendez-vous pacifistes de « La Patrie Humaine », etc. Dans les années 20, il fréquente le « Musée du Soir » créé par Henry Poulaille qui préfacera un recueil de ses « Chansons Sociales et Satiriques » (édité en 1956). Encouragé par Édith Piaf, il se produira encore dans les cabarets de Montmartre jusqu’à la fin de sa vie.

Le 1er aout 1941, Naissance d’Étienne (Esteva) RODA GIL. Auteur, compositeur, et écrivain. Fils de militants libertaires espagnols il milite au sein du Mouvement Libertaire Espagnol, en exil en France. Il fréquente le café « L’Écritoire » où se réunissent les militants de la JAC du quartier latin et le petit groupe anarchiste du Lycée Louis-le-Grand. C’est à « l’Écritoire » qu’il rencontre le chanteur Julien Clerc, dont il va devenir le parolier. Engagé chez Pathé Marconi, il  écrit paroles et musiques pour nombre d’artistes dont Julien Clerc, Mort Schuman, ,Barbara, Malicorne, Juliette Greco, etc. Il ne cessera d’aider le mouvement libertaire espagnol et français, tant par une participation à l’organisation de galas de soutien que par des souscriptions (la plupart du temps de manière anonyme) que par une aide et une solidarité apportée à des compagnons dans le besoin. Il participe à la réalisation du disque de chansons détournées « Pour en finir avec le travail » (1974) où il est l’auteur de l’hymne à « la Makhnovtschina ».

Le 22 août 1908, naissance de Henri CARTIER-BRESSON. Photographes et anarchiste de cœur qui ne cesse d’invoquer Bakounine. Très jeune révolté, il se passionne pour la peinture, ce qui l’amène à fréquenter les surréalistes. Mais il abandonne la peinture et parcours le monde avec un « Leïca ». En 1934, il part un an au Mexique où il témoigne de la vie dans les quartiers pauvres de Mexico. En 1937, il réalise durant la révolution espagnole un documentaire sur les hôpitaux républicains « Victoire de la vie ». En 1947, il fonde avec Robert Capa, David Seymour et Georges Rodger l’agence coopérative « Magnum Photos ». En 1974, il abandonne les reportages photos pour se consacrer au dessin. Le 1er mai 2000, il participe avec un recueil de photos « Vers un autre futur, un regard libertaire » aux manifestations de la CNT française.

Le 5 août 1910, mort de Constant MARIE dit « Le Père Lapurge ». Communard, militant et chansonnier. Ouvrier maçon, il participe à la Commune de Paris et sera blessé durant les combats au fort de Vanves. Auteur-compositeur de chansons révolutionnaires dont les plus connues sont « Dame Dynamite », « le Père Lapurge »(à laquelle il devra son surnom) et « La Muse Rouge ». Il participe à de multiples fêtes de groupes anarchistes, mais la virulence de ces propos attire l’attention de la police qui ne cessera de le surveiller. Le 1er juillet 1894, son domicile est perquisitionné; des livres et les textes de ses chansons sont saisis; arrêté, il est inculpé « d’affiliation à une association de malfaiteur », il passera plusieurs semaines à la prison de Mazas.

Le 12 août 1992, mort de John CAGE à New York. Professeur, chercheur, essayiste, plasticien, compositeur, directeur musical, poète, etc. Arrivé à Paris en 1930, il y entame des études d’architecture, puis s’intéresse à la peinture contemporaine et commence à composer des œuvres musicales. Après un périple en Europe, il rentre aux Etats-Unis, où il donne des conférences d’initiation à la musique et à la peinture. Elève de Schönberg, il réalise alors des expérimentations sonores destinées à « abolir la frontière entre l’art et la vie » entre le bruit et le son musical « Construction in Metal » (1937). Le son électronique et électro-acoustique lui ouvre ensuite un nouveau champ de recherches et d’expérimentations. Il s’imposera dès lors dans le milieu de l’avant-garde artistique en donnant des concerts prestigieux.

Le 15 août 1935, mort de Paul SIGNAC, à Paris. Artiste peintre néo-impressionniste. Sa carrière artistique débute en 1880. A l’avant-garde des recherches picturales il en vient naturellement à s’intéresser aux idées révolutionnaires de son temps. La lecture de Kropotkine, d’Elisée Reclus lui font découvrir les idées anarchistes. Ami de Jean Grave, il va alors collaborer à partir de 1896 aux « Temps Nouveaux », revue qu’il aide également financièrement. Son chef-d’œuvre, tant par sa taille (3 mètres sur 4) que par l’idée qu’il exprime, reste le célèbre « Au temps d’harmonie » qui décrit une société libertaire réalisée. D’abord désigné sous le titre de « Temps d’anarchie » et destiné à décorer la Maison du Peuple de Bruxelles, ce tableau nécessitera deux ans de travail (1893-1895). Il est également l’auteur du tableau les « Démolisseurs » qui symbolise l’assaut contre la société bourgeoise.

Le 22 août 1988, mort de Robert FRANÇOIS (plus connu sous le nom de scène de MYSTAG). artiste prestidigitateur. Il fréquente le milieu libertaire dès ses 18 ans et après la Libération, il organise de nombreuses conférences pour la Fédération Anarchiste, La Libre Pensée notamment. Il se passionne pour la prestidigitation et devient un illusionniste de talent, dénonçant à l’occasion les impostures de l’occultisme et les procédés fallacieux des mages et autres gourous. Il prendra part à l’organisation de nombreux meetings, fêtes et galas de magie en soutien à diverses organisations libertaires où journaux. Il est l’auteur d’un ouvrage sur la démystification des phénomènes paranormaux « Mensonges et vérité de la Magie » (1976) et de divers articles publiés dans la revue « L’Idée Libre »: « Écrits fondamentaux sur l’art de l’illusionnisme », « Valeur culturelle de l’illusionnisme », « Trucs et truqueurs », « Robert-Houdin trahi », « Tours et pratiques occultes dévoilés ».

Le 25 août 1861, naissance de Joseph (dit William) BARBOTIN à Ars-en-Ré (Île de Ré, Charente-Maritime) Peintre et graveur. Il se fait remarquer, encore enfant, par ses dessins sur les murs de la mairie d’Ars et rencontre le peintre rochelais William Bouguereau qui l’introduira dans le milieu artistique. Dès 1881, il illustre un premier ouvrage. Encouragé par Bouguereau, il apprend la gravure au burin et obtient le premier grand prix au Concours de Rome en 1884. Devenu anarchiste sous l’influence d’Élisée Reclus rencontré en 1886, il apporte son soutien et sa collaboration à « La Révolte » et aux « Temps Nouveaux » de Jean Grave (4 portraits au burin en 1897-1899). Il réalisera également les portraits de Proudhon, Bakounine, Kropotkine, Carfiero, Pierre Leroux, Auguste Comte, et bien entendu d’Élisée Reclus, ainsi qu’un médaillon de ce dernier, en 1894 (qui sera primé). Il collaborera également à la « Géographie universelle » de Reclus.

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Achaïra n° 213 – prochaine émission le lundi 1er juillet 2019 à 20h10 jusqu’à 22h10 sur la Clé des Ondes 90.1Mhz

Au sommaire de la 213ème émission d’Achaïra :

  • la chronique de la désobéissance d’André : « Faisons reverdir le Rojava », sur la publication par l’Atelier de Création libertaire et Dog Section Press de « Make Rojava green again » par Commune internationaliste du Rojava
  • l’actualité poétique de Gaston Couté, le poète libertaire beauceron, avec la sortie de la compilation des ses œuvres aux éditions Libertaires, avec diverses interprétation en chansons
  • la chronique de lecture d’André sur « Kate Austin, paysanne, anarchiste et féministe » d’Aurélien Roulland paru aux Editions du monde libertaire
  • l’éphéméride anarchiste des mois de juillet et août
  • l’agenda militant avec un zoom sur la 7ème édition des Reclusiennes qui cette année traitera du « travail en transition » du mercredi 10 au dimanche 14 juillet 2019 à Sainte Foy la Grande (https://www.reclusiennes.com/)

Nous vous invitons à nous écouter ce lundi 1er juillet 2019 de 20h10 à 22h10 sur 90.1Mhz, la radio la clé des Ondes, et en rediffusion le vendredi 5 juillet 2019 de 12h à 14h.

Le cercle libertaire Jean-Barrué (33)

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Achaïra n°212 l’émission radio du lundi 3 juin 2019

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 212 du lundi 3 juin 2019

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

 

Sommaire de l’émission Achaïra n° 212 du lundi 3 juin 2019

0h00 – générique raccourci– (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

0h03  – sommaire de l’émission – Philaud

Salut vous êtes bien sur Achaïra et c’est la 212ème édition aujourd’hui. Nous sommes ensemble, avec Fabienne, Esméralda, Thierry, Progrès et Philaud aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous présenterons la chronique d’André sur l’histoire de la résistance non-violente en Palestine. Nous échangerons ensuite autour de cette chronique et la situation de blocage qui oblige à revoir bon nombre des anciennes représentations. Ensuite, nous reviendrons en France pour échanger sur le congrès de la CGT au travers de la chronique de Thierry suivis de nos commentaires sur la situation d’un syndicalisme en crise qui là aussi doit amener à reconsidérer des objectifs et des pratiques qui paraissaient acquises. Puis nous reviendrons sur l’éphéméride concoctée par Fabienne et Thierry. Ce mois-ci encore, nous n’aurons pas de chronique internationale, la chronique de Vassilis. Nous nous quitterons alors avec quelques rendez-vous de l’agenda.

0h06 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

0h06– La chronique de la désobéissance – 8 min 13 par André [enregistrement]

« Le choix palestinien de la non-violence » ( http://deladesobeissance.fr/2019/05/21/le-choix-palestinien-de-la-non-violence/ )

0h13– La chronique de la désobéissance, le rebond –13 min

Violence, non-violence, espoirs, désespoirs, vers quelle issue pour les peuples et les personnes, le droit des peuples et le droit des individus

0h26 Illustration musicale n°1 – 2 min 52 – Zebda « Une vie de moins »

https://www.youtube.com/watch?v=fDGR_1gYFtM

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz
Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

0h29– La chronique de la désobéissance, le rebond – partie 2 – 23 min

Violence, non-violence, espoirs, désespoirs, vers quelle issue pour les peuples et les personnes, le droit des peuples et le droit des individus

0h52 – Illustration musicale n°2 – 8 min 40 – « Sabra Chatila » Nass El Ghiwane

https://www.youtube.com/watch?v=zeptsgXDvEg

 

0h58 – Virgule sonore (jingle syndicalisme)

0h58 – La chronique du syndicalisme ordinaire –8 min par Thierry

Retour sur le 52e congrès de la CGT et quelques prémices

1h06 – Illustration musicale n°3 – 3 min 40 – « On lâche rien » – HK et les Saltimbanks

https://www.youtube.com/watch?v=stpu0ilP0hg

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

1h10 – Virgule sonore (jingle syndicalisme)

1h10 – La crise du syndicalisme – Le rebond sur la chronique de Thierry – partie 1 – 20 min

1h30 – Illustration musicale n°4 – 4 min – « Mac Do Mac Strike » – Compagnie Jolie Môme

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

1h34 – La crise du syndicalisme – Le rebond sur la chronique de Thierry – partie 2 – 10 min

1h44 – Illustration musicale n°5 – 1 min 56 – « A las Barricadas » – Serge Utgé Royo
Contrechants… de ma mémoire (Coffret 3 volumes) ℗ Mistiroux Productions – Released on: 2011-11-21
Author: Public Domain – Composer: Public Domain – Composer: Serge Utgé Royo – Music Publisher: D.R

https://www.youtube.com/watch?v=F7uAMApN_-M

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

1h46 Virgule sonore (jingle éphéméride)

1h46– L’éphéméride anarchiste – 15 min

2h01 Virgule sonore (jingle agenda)

2h01 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 8 min

Les spectacles et conférences-débat en juin 2019

2h10 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 212ème d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Fabienne, Progrès, Thierry et Philaud. Un grand merci à André pour sa chronique de la désobéissance. Un salut à Vassilis.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillé et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 1er juillet 2019 à 20h10 toujours sur la Clé des ondes 90.10 et ce sera la 213ème. Et ça, c’est si nous ne partons pas en vacances à ce moment-là, sinon on vous dit à septembre.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

2h12 – Fin de l’émission

Agenda militant, social et culturel – Achaïra n° 212 du lundi 3 juin 2019

• I) Le temps des manifestations

• Mardi 4 juin 2019 à 13h30

Jugement de FORD sur le Motif économique des licenciements et le refus d’une reprise
A l’appel de CGT Ford
Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, rue des Frères Bonie, Aquitaine

• Mardi 4 juin 2019 à 18h30

Rassemblement féministe contre les violences d’Etat Contre les manifestantes du 8 mars 2019
A l’appel du Collectif 8 Mars Gironde
Place Pey Berland Bordeaux

Le 8 mars 2019, lors de la marche pacifiste et non mixte pour la journée de lutte internationale pour les droits des femmes et contre les violences, c’est aux violences policières que les Bordelaises ont été confrontées. Plusieurs manifestant.e.s ont été blessé.e.s et violemment interpellé.e.s. L’une d’entre elle, a été blessée par une grenade de désencerclement et en porte encore aujourd’hui des séquelles physiques et psychologiques.

Pour dénoncer la violence de la répression policière ce jour là et l’utilisation disproportionnée de la force, le Planning Familial 33 saisit le défenseur des droits et sollicite son intervention dans cette affaire. Le Planning Familial ré affirme au côté du Collectif 8 mars tout son soutien envers les personnes en attente de leur procès suite à leur interpellation après la marche.

Nous appelons à une mobilisation le 04 juin à 18h30 place Pey Berland (au croisement des trams) !

Nous exigeons que les responsables de ces violences institutionnelles injustifiées soient dénoncés et sanctionnés, à tous les niveaux, pour mettre fin à ces pratiques intolérables.

Nous affirmons notre solidarité envers l’ensemble des victimes de la répression policière et de la violence d’État.

Nous ne céderons pas à ces intimidations et continuerons les luttes pour les droits des femmes et contre toutes les violences sexistes et sexuelles.

Nous appelons les journalistes à prendre leurs responsabilités face à la diffusion de l’information et à couvrir cet événement. 

Collectif 8 mars Gironde

• Samedi 8 juin 2019, à 13h00

Acte 30 : Bordeaux
Quelque part en centre-ville

 

• II) Le temps des grèves

• du 1er au 16 juin 2019

Préavis de grève Education

A l’appel par Fédération des Travailleurs de l’Education – CNT
Préavis de grève concernant l’ensemble des personnels des établissements d’enseignement.

Ce préavis doit permettre aux personnels de cesser le travail à tout moment pendant la période indiquée afin d’exiger l’abandon de la politique de casse du service public d’éducation, afin de protéger la scolarité de l’ensemble des élèves, et afin de se protéger de la répression hiérarchique.

• du 3 au 7 juin 2019

Préavis de grève nationaux journaliers des agent.e.s de la Fonction Publique Territoriale

A l’appel du syndicat SUD Collectivité Territoriales

• mardi 4 juin 2019

Grève nationale des cheminots SNCF

A l’appel de CGT Cheminots
Le site internet de la fédération CGT des Cheminots ne parle que d’une manifestation, pas de grève.

D’après les informations relayées par plusieurs médias :
La CGT prévoit finalement des préavis de grève locaux.
L’organisation syndicale UNSA a déposé un préavis de grève national pour la journée.
Le préavis illimité de SUD-Rail de mars 2018 est toujours actif.

• lundi 17 juin 2019

Préavis de grève national des Services publics

A l’appel de la Fédération CGT des Services publics

• lundi 17 juin 2019

Grève nationale de la surveillance du bac

Plusieurs syndicats appellent les enseignants devant surveiller les épreuves du baccalauréat à se mettre en grève nationale le lundi 17 juin 2019, premier jour de l’examen. (snes FSU, SNUEP-FSU, CGT educ’action, SUD éducation, snalc, snetap-FSU, CGT Agri, SUD Rural-Territoires, CGT educ’action enseignement privé,, SUNDEP-Solidaires, CFE-CGC-SYNEP + Stylos rouges, CNT et la chaine des bahuts)

Ils protestent contre la réforme du lycée et du baccalauréat.

 

• III) Le temps des débats et des spectacles

• lundi 3 juin 2019 à 19h, et tous les lundis

Permanence C.L.A.P33 – Abus/Violences policières

Collectif Contre les Abus Policiers- C.L.A.P33 – Bordeaux

Permanence tous les lundis, de 19h à 22h au Samovar

18 rue Camille Sauvageau – Bordeaux

Accompagnement juridique, recueil de témoignages, échanges d’infos, écoute…

Mail : collectif.clap33@gmail.com
Téléphone : 06 95 35 40 16

Blog : www.clap33.over-blog.com

• samedi 15 juin 2019 à 18h

Fête de la Solidarité RESF à Saint-Michel

Cette fête est celle des élèves scolarisés en attente de papiers, celle de leurs familles, celle des mineurs isolés en attente de scolarisation, et surtout celle des solidarités vécues ensemble. Cette fête est à faire connaître et partager pour amplifier les solidarités !

Place Meynard, 33000 Bordeaux, France

 

• IV) Les autres temps

 

• Lundi 8 juillet 2019 à 21h et Samedi 13 juillet à 21h

Gaston Couté, l’insurrection poétique

https://gaston-coute-bruno-daraquy.jimdofree.com/
https://www.lylo.fr/concert/7fd956-gaston-coute-l-insurrection-poetique-le-connetable#2019-07-08-21:00
https://www.billetreduc.com/237113/evt.htm

Restaurant « Le Connétable »
55 rue des Archives, 75003 Paris

 

• Lundi 19 août 2019 à 14h

NO G7 in Biarritz (2019)

Biarritz (64)

Après la magnifique période de résistance autour du sommet du G20 de Hambourg en 2017, après le sommet du G7 de Juin 2018 au Québec – placé sous un niveau répressif inégalé, avec sa « zone d’expression libre » – et le sommet du G20 à Buenos Aires en novembre/décembre 2018 qui promet d’être un grand moment, étant donné la popularité actuelle de Macri, l’histoire des luttes locales, et l’animosité de la région envers Trump …

Voilà que le sommet du G7 2019 est annoncé pour avoir lieu à a la fin de l’été 2019 à Biarritz. Nous ne nous faisons aucune illusion sur le niveau répressif que l’on est en droit d’attendre de la part de Gérard Collomb.

Il est évident que ce sommet sera une fois de plus un laboratoire du maintien de l’ordre, tout comme des mesures judiciaires à l’encontre des manifestants, de celles et ceux qui s’organisent.

Pour autant, ce qui s’est passé à Hambourg doit nous inspirer, doit nous permettre de relancer des combats à cette échelle, renforcer nos liens internationaux, faire l’actualité, perturber ces rendez-vous de nos gouvernements.

Nous appelons d’ores et déja à s’organiser, lancer des réunions, des discussions, réfléchir aux actions, aux manifestations, préparer un info-tour, renforcer nos liens nationaux et internationaux, écrire des articles, des tracts.

Nous avons un an devant nous. Et compte tenu du niveau répressif actuel, ce temps ne nous sera pas de trop. Et comme à Hambourg, nous souhaitons que la résistance soit protéiforme, plurielle et partout.

Contre le capitalisme, sabordons le G7 !

 

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Achaïra n° 212 : Chronique de la désobéissance : Le choix palestinien de la non-violence

Le choix palestinien de la non-violence

« Le “printemps arabe” a commencé en Palestine » ; c’est par ces mots que se termine La Résistance palestinienne : des armes à la non-violence de Bernard Ravenel, idée qui se retrouve en préface.

Le thème de la « non-violence » – nous dirions plutôt, dans ce cas, de la « désobéissance civile », car, même si elles sont proches, ces deux notions doivent être dissociées ; la désobéissance civile étant une des déclinaisons de la non-violence – est un thème relativement négligé, volontairement ou pas, par ceux qui traitent du conflit israélo-palestinien, aveuglés qu’ils sont par les médias des différents États.

Mais, de la part d’un certain nombre de Palestiniens, c’est un choix moins éthique qu’« une nécessité stratégique », parce que, pour eux, la violence dans ses divers registres n’a pas montré l’efficacité attendue pour qu’ils retrouvent leurs droits ; c’est un choix qui repose sur la désobéissance civile de masse à l’exemple des Algériens qui, dernièrement, en 2019, ont, en évitant toute violence, chassé leur président, à l’exemple des Tunisiens chassant Ben Ali en 2011, à l’exemple des Soudanais qui, en avril 2019, après quatre mois de manifestations populaires, ont renversé Omar Al-Bachir. Comme, au-delà du printemps arabe, les Serbes se débarrassèrent de Milosevic en 1997 ; les Philippins mirent Marcos et sa clique à la porte, etc.

Le peuple exerce ainsi sa souveraineté, mais l’armée, attentive, n’est jamais loin, prête à s’emparer du pouvoir ou à le conserver…

Pour Bernard Ravenel quand il parle de « révolution populaire non-violente », il s’agit de rien moins que d’une « révolution copernicienne », d’un changement radical dans le cheminement des mentalités arabes, préfigurant ce « printemps » de 2010 qui illumina différents pays du Proche-Orient et qui essaima au-delà de ces contrées.

En Algérie, cependant, quelques échauffourées eurent lieu à un endroit où, chaque vendredi, passait le cortège : des policiers, bloquant l’accès à un boulevard, ont fait un usage massif de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui ont répliqué par des jets de pierres. D’autres manifestants se sont interposés entre émeutiers et policiers, scandant « Silmiya ! » (Pacifiques !), puis ils ont commencé à nettoyer les rues, ramassant les douilles des lacrymogènes et les pierres.

Bernard Ravenel, en introduction, fait remarquer que la Palestine, comme sujet autonome, aurait bien pu disparaître de la scène internationale. Cela après avoir connu différents contextes géopolitiques : l’Empire ottoman, le mandat britannique, l’établissement d’États arabes indépendants avec le développement du nationalisme arabe. Et puis, surtout, la création de l’État d’Israël accompagnée de la Nakba (l’expulsion de la majorité du peuple palestinien) ; déjà, des déplacements de masse avaient eu lieu : en moins de six mois, de décembre 1947 à mi-mai 1948, des groupes armés sionistes ont expulsé environ 440 000 Palestiniens de 220 villages.

D’autres nations, sans État, ont ainsi été plus ou moins effacées, en tant que telles, de l’Histoire, à l’exemple des Kurdes et de quelques autres.

Mais on ne comprendrait rien au conflit israélo-palestinien si on oubliait la Shoah, le massacre de cinq à six millions de juifs par les nazis.

C’est au début des années 1950, après l’accablement de la Nakba qu’une « contre-violence », une résistance palestinienne armée, voit le jour. Selon Jean-Paul Chagnollaud, en préface, c’est ce qui aurait rendu sa fierté à ce peuple, mais, pour autant, il analyse ces actions guerrières comme ayant donné un « bilan plutôt sombre ».

En février 1947, la Grande-Bretagne, à qui avait été confié, en 1922, un mandat sur la Palestine, décide de porter la question devant les Nations unies qui adoptent alors, en novembre, un plan de partage prévoyant la création d’un État juif et d’un État arabe et, également, un statut international pour Jérusalem. Accepté par les autorités juives, le plan est rejeté par la Ligue arabe et, dès la proclamation de l’État d’Israël, le 14 mai 1948, les armées des États arabes limitrophes attaquent Israël.

La première guerre israélo-arabe sera marquée par la victoire de l’État hébreu sur les armées égyptienne, syrienne, transjordanienne et irakienne et, de plus, par l’agrandissement du territoire israélien. Au premier semestre de 1949, environ 800 000 Palestiniens au total ont été expulsés par la force ou s’étaient enfuis.

1956-1957, c’est la deuxième guerre israélo-arabe, aussi appelée « crise du canal de Suez » ; en 1967, la guerre des Six-Jours sera la troisième guerre israélo-arabe ; en moins d’une semaine, l’État hébreu tripla son emprise territoriale. « Septembre noir », en 1970, fait des milliers de morts parmi les Palestiniens à la suite d’affrontements avec l’armée jordanienne.

La quatrième guerre israélo-arabe de 1973 est communément appelée « guerre du Kippour », tandis que la cinquième guerre israélo-arabe de 1982, « Paix en Galilée », deviendra la première guerre du Liban, chassant l’OLP de Beyrouth pour Tunis, épisode tristement illustré par le massacre de réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et de Chatila par des phalangistes libanais sous le contrôle et avec la complicité d’Israël.

9 décembre 1987, une intifada (soulèvement en arabe) éclate à Gaza et s’étend à la Cisjordanie. Cette première intifada se veut sans armes, « non-violente », avancent certains ; c’est l’intifada « des pierres » (avec cependant quelques cocktails Molotov), intifada menée surtout par des enfants et des adolescents qui s’attaquent aux forces israéliennes en bloquant les routes avec des barricades de pneus incendiés. Des centaines de personnes se rassemblent autour des mosquées, défiant l’armée de les disperser, et des tracts sont distribués de toutes les manières possibles.

Lors de cette première intifada – et en rupture avec le passé où elles étaient cantonnées à la santé et à l’aide sociale –, la présence des femmes est à remarquer qui, elles aussi, n’hésitèrent pas à affronter l’armée israélienne.

(Cette intifada « non-violente » se déroule en « complémentarité », ou non, avec la lutte armée ; pratique qui tente de s’implanter, de nos jours, en Europe et aux États-Unis.)

Israël répondra à l’intifada par la répression policière et militaire, des déportations, des arrestations, par la torture, par la fermeture des universités, par des sanctions économiques et le développement des implantations israéliennes dans les territoires occupés.

Le 15 novembre 1988, le 19e Conseil national palestinien (Parlement en exil), réuni à Alger, proclame l’indépendance de l’État de Palestine, réaffirme sa condamnation du terrorisme et accepte les résolutions 181, 242 et 338 des Nations unies, ce qui équivaut à une reconnaissance implicite d’Israël.

La deuxième intifada (septembre 2000), contrôlée par le Hamas (islamistes palestiniens), renoncera à cette « non-violence ».

*

L’action non-violente peut reposer sur deux fondements pas forcément contradictoires : d’une part, un choix moral, philosophique ou religieux de refus total de la violence ; de l’autre, une attitude pragmatique, ouverte, en vue d’un succès à plus ou moins long terme, à l’exemple du BDS (boycott, désinvestissement, sanctions).

On pourra s’interroger de ne pas trouver dans ce livre un seul mot sur la campagne BDS. Des Palestiniens de Palestine, des Palestiniens israéliens et des Palestiniens réfugiés, soit 170 associations de la société civile, ont lancé, en juillet 2005, un appel au « boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël jusqu’à ce que ce pays applique les lois internationales et les principes universels des droits de l’homme », une initiative totalement autonome de l’Autorité palestinienne ; c’est un appel aux gens de conscience du monde entier pour une large campagne de boycott de l’État d’Israël ; boycott d’Israël et pas seulement des produits des territoires occupés parce qu’« il n’y a pas de séparation structurelle entre l’économie des colonies et l’économie israélienne ».

Cette campagne internationale, citoyenne, non-violente et antiraciste a déjà remporté de nombreuses victoires. Son succès se mesure à la hauteur des réactions de l’État d’Israël qui l’a érigée au rang de « menace stratégique » à son encontre et développe des moyens d’une importance considérable pour museler les militants du monde entier et redorer son image (voir, par exemple, le déroulement de l’Eurovision à Tel-Aviv le 18 mai 2019, destiné à donner une image ouverte et festive d’Israël).

Ne pas mentionner le BDS, ni dans les conditions de son lancement, ni dans ses développements, ni dans ses succès, ni dans les réactions qu’il suscite, est pour le moins étonnant…

C’est Moubarak Awad, un chrétien, né à Jérusalem en 1943, alors sous mandat britannique, qui, après avoir refusé la nationalité israélienne – tout en conservant sa double nationalité palestinienne et américaine –, sera considéré comme l’initiateur de la désobéissance civile lors de la première intifada. Mais c’est une plus longue histoire, datant du mandat britannique, quand les Palestiniens commencèrent leur résistance à la colonisation sioniste. Moubarak Awad sera expulsé par Israël en 1988 ; c’est lors d’un voyage en Palestine, en 1985, qu’il crée le Centre palestinien pour l’étude de la non-violence. Avant cette première intifada, Moubarak Awad avait donné des conférences et publié des articles sur la non-violence comme technique de résistance face à l’occupation israélienne, et le centre avait soutenu de nombreuses actions non-violentes durant les premiers mois de l’intifada. Entre autres techniques, on peut mentionner des plantations d’oliviers sur les lieux des colonies israéliennes, des campagnes de refus de paiement des impôts ou encore l’encouragement à consommer des produits palestiniens. Lui et ses amis, inspirés par Gandhi, par le musulman Ghaffar Khan et par les textes de Gene Sharp, proposaient de remplacer les émeutes par des marches silencieuses. Il appela, par exemple, à la création d’institutions alternatives à l’administration civile israélienne. Il proposait une infrastructure autonome qui servirait de noyau à un futur État palestinien, une infrastructure indépendante d’Israël et également de l’extérieur pour le financement et la gestion des affaires. Il appela à faire des provisions de nourriture, de fioul et à créer des systèmes de financement locaux, etc. Ravenel n’hésite pas à reproduire plusieurs pages des textes de Moubarak Awad. Dernièrement, un nouveau type d’action a été décidé : « créer de nouveaux villages palestiniens sur les terres menacées de confiscation ».

Les propositions d’Awad ne connurent que peu de succès, furent tournées en dérision ; il fut snobé par les représentants de l’OLP qui allèrent jusqu’à l’accuser de collaborer avec la CIA. Plus tard, la mise en pratique du BDS lui redonna une certaine reconnaissance.

*

Les diverses actions guerrières qui se sont donc soldées par un « bilan plutôt sombre » ont, de fait, ouvert un espace pour des actions « civiles », essentiellement pour le BDS. Il s’agit là de « la stratégie du désarmé ».

La stratégie de résistance non-violente est un aspect de la mobilisation populaire palestinienne – en insistant sur le terme de « populaire », c’est-à-dire sur la société civile en son entier –, cette résistance étant pour le moins occultée par la plupart des médias. On pourra se poser la question de la raison de vouloir rendre si peu visibles ces actions. D’un autre côté, il y a comme un « refus de savoir » de la part du public : ouvrir les yeux pourrait aller contre certaines habitudes de penser.

La plupart diront que la non-violence n’est pas le bon moyen de se libérer d’un colonialisme. Est-ce si sûr ?

Ce ne fut certes pas la voie choisie en Algérie. Daniel Guérin, dans Quand l’Algérie s’insurgeait, 1954-1962(La Pensée sauvage, 1979), citait cependant, brièvement, des moyens de lutte « pas violents », tels que la non-coopération, la résistance passive, les grèves, l’éducation des masses, etc. Mais l’indépendance algérienne se fit dans la violence et donna le pouvoir à ceux qui avaient pris les armes – ou du moins à une minorité d’entre eux – et qui, depuis, ont gardé ce pouvoir.

En Cisjordanie, la relance d’une mobilisation populaire et non-violente s’est faite en 2005 par l’intermédiaire des habitants du village de Bil’in − privés de la moitié de leurs terres par la construction du Mur −, et ce redémarrage s’appuie sur le bilan des deux intifadas, celle de 1987-1991 et celle de 2000-2005. Pourtant, déjà, le village de Boudrus et quelques autres avaient ouvert la voie avec certes moins de publicité mais en coordination avec environ une quarantaine d’autres villages.

Si, aux yeux de l’opinion, la résistance populaire non-violente palestinienne se réduit à une résistance passive de gens désarmés, c’est pourtant de plus que cela dont il s’agit.

Il s’agit, devant la communauté internationale, de rendre visible la violence de l’oppresseur « surarmé » face au comportement pacifique de l’opprimé. À cet effet, l’utilisation des médias, en particulier de la télévision, est prioritaire.

Cette non-violence − qui n’est donc pas l’absence de confrontation − doit faire l’objet de la visualisation maximale de sa transgression par une désobéissance civile de masse. Il faut gagner « politiquement » et « moralement » la bataille et amener le monde à se solidariser avec les opprimés.

Ce résultat fut atteint quand des militants internationaux et des anarchistes israéliens nommés « contre le mur » s’engagèrent aux côtés des Palestiniens, quand l’action du BDS fut lancée contre Israël.

Le gouvernement israélien est plus sensible qu’on ne veut bien le croire à cette nouvelle stratégie ; sa répression se révèle bien plus importante que contre les actions violentes : en effet, tous les cadres non-violents sont en prison ; il est donc maintenant plus facile de faire dégénérer les manifestations. S’y ajoute l’introduction de provocateurs policiers israéliens le visage couvert du keffieh.

La nouvelle dynamique provoquée par l’engagement du peuple palestinien dans la désobéissance civile après « l’échec stratégique final de la lutte armée » s’accompagne d’une contestation directe de leur propre système politique – et cela n’est pas d’un moindre intérêt – ; ce qui nous renvoie à ce qui se passe actuellement en Algérie, résurgence du printemps arabe.

Bernard Ravenel, La Résistance palestinienne :

des armes à la non-violence, L’Harmattan, 2017, 156 p.

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Achaïra n° 212 : éphéméride de juin 2019

Ephéméride juin

Le 30 juin 1882, naissance de Robert LOUZON, à Paris. Issu d’une famille bourgeoise, après des études scientifiques, il devient ingénieur. En 1906, il prête l’argent nécessaire pour l’achat d’un immeuble rue de la Grange-aux-Belles à Paris pour la CGT (alors révolutionnaire). Ce fait une fois connu de la direction de la Société du Gaz de Paris où il était ingénieur lui vaudra d’être immédiatement révoqué. En 1913, il s’installe en Tunisie où il s’occupe d’une exploitation agricole. En 1922, suite à la publication d’une brochure et d’un poème en arabe il subit une condamnation à 8 mois de prison (réduite à 6 mois en appel). Expulsé de Tunisie à sa sortie, il rejoint Pierre Monatte et le groupe de « La Vie Ouvrière ». En 1925, il participe à la fondation de la revue « La Révolution prolétarienne ». En août 1936, mandaté par la C.N.T espagnole il se rend au Maroc dans le but d’empêcher le recrutement de troupes par Franco. Résolument pacifiste, il signe en octobre 1939, le tract de Louis Lecoin « Paix immédiate » ce qui lui vaudra d’être poursuivi devant un conseil de guerre. Accusé de « défaitisme et propagande antinationale » il est envoyé dans un camp de détention à Nexon (Haute-Vienne), où il retrouvera Lecoin. Il en est libéré en août 1941.

Le 12 juin 1885, naissance d’Adrienne MONTEGUDET née Victorine VALDANT. Née dans une famille paysanne de la Creuse, elle deviendra institutrice. Elle milite au sein du parti communiste et de la C.G.T. En 1921, elle anime les « Comités Syndicalistes Révolutionnaires » à Aubusson. Secrétaire de l’Union Départementale C.G.T de la Creuse, elle poursuivra cette fonction au sein de la C.G.T.U en 1922, après la scission syndicale. A partir de 1931, elle collabore à « l’Emancipation » journal de la Fédération de l’Enseignement puis fréquente le groupe de Pierre Monatte qui édite « La Révolution prolétarienne ». Elle meurt le 23 août 1948.

Le 6 juin 1897, naissance d’Arnaldo SIMÕES JANUÁRIO à Coimbra (Portugal). Ouvrier barbier, actif militant et propagandiste syndicaliste et anarchiste portugais. Collaborateur et typographe de la presse libertaire « A Batalha » (organe de la CGT portugaise), « A Communa », « O Anarquismo » « O Libertário » et de la revue « Aurora ». En 1927, membre du « Comité de l’Union Anarchiste Portugaise » il est arrêté puis déporté. Poursuivant clandestinement la lutte contre la dictature, il est lié aux préparatifs de la grève générale insurrectionnelle du 18 janvier 1934. Arrêté et torturé, il sera condamné à 20 ans de bagne. A bout de résistance et privé de soins, il meurt le 27 mars 1938 au camp de Tarrafal (Cap Vert).

Le 24 juin 1915, mort à 42 ans de Charles GOGUMUS. D’abord employé dans un magasin de Nouveautés à Dijon, il y créé un syndicat. En 1906, il se fixe à Paris où il vend des lainages. En 1908, il fonde le « Syndicat des employés de la région parisienne ». En 1909, en tant que secrétaire de ce syndicat, il dirige plusieurs actions dans les grands magasins. Membre du comité de la C.G.T, mais aussi de la « Fédération Anarchiste Communiste Révolutionnaire », il préconise à plusieurs reprises dans des réunions de grévistes l’emploi de l’action directe, du boycottage et du sabotage. Fin 1911, il devient administrateur du journal « La Bataille syndicaliste » qui sera à l’origine de la création en juin 1913 du « Comité de Défense des Soldats » créé dans le but de soutenir les appelés frappés pour avoir protestés contre le maintien sous les drapeaux de leur classe et assurer une aide matérielle aux victimes de la répression.

Le 23 juin 1938, naissance de Jean-Pierre JACQUINOT au Havre. Marin de commerce de 1956 à 1961, il est ensuite docker sur le port du Havre de 1961 à 1993. C’est en fréquentant la bibliothèque du Syndicat CGT des dockers qu’il découvre les idées anarchistes à la lecture de Proudhon, Bakounine ou Kropotkine. Il milite à la CGT et au Groupe Jules Durand de la Fédération Anarchiste jusqu’en 1978. Il participe en 1979, avec Maurice Laisant à la création de « l’Union des anarchistes » et publie depuis mai 1978 « Le Libertaire » en tant que « Revue de synthèse anarchiste ». Il sera responsable de cette publication mensuelle jusqu’en 2005. À partir de 2001, il adhère à la CNT (française). Il a publié de nombreux articles dans « Le Monde libertaire » et « Le Libertaire », une « Histoire méconnue et oubliée du syndicalisme havrais 1907-1939 », en 2 volumes (Ed. le libertaire, 1996-1997); « 110 ans d’anarchie au Havre »(1993), et également « Les Congrès ouvriers de 1880 », (le Libertaire).

Le 2 juin 1944, mort de Benoît BROUTCHOUX (né le 7 novembre 1879). Mineur à 14 ans, puis terrassier dans le métro à Paris. En 1900, à Montceau-Les-Mines dont il est originaire, il porte la contradiction dans les meetings socialistes. Le 2 juin 1900, après la mort d’un métallo gréviste tué par la police, il est arrêté et condamné pour « excitation au meurtre et au pillage ». En 1902, sous un faux nom, il trouve de l’embauche dans le bassin minier de Lens. Mais, dès la grève d’octobre, il s’oppose au « vieux » syndicat des mineurs (réformiste). Nouvelles condamnations pour « atteinte à la liberté du travail » et « usurpation d’identité ». Il s’implique alors en devenant le rédacteur du journal « Le Réveil syndical » puis de « L’Action syndicale ». En mars 1906, après la catastrophe de Courrières (qui fit plus de 1 000 victimes), il est arrêté alors qu’il marchait, avec 2000 grévistes sur la mairie de Lens. En décembre 1909, il est de nouveau condamné pour avoir encouragé les grévistes du chantier du canal du Nord, et encore durant l’été 1911, pour son soutien à la lutte des ménagères contre la vie chère.

Le 20 juin 1945, décès de François LE LEVE né Le 13 novembre 1882, dans le Morbihan. En 1900, il entre comme apprenti à l’Arsenal de Lorient et devient un actif militant du syndicat des travailleurs du port, l’animateur du groupe libertaire des « Temps Nouveaux » et l’administrateur de la Bourse du Travail. En 1913, il est secrétaire adjoint de l’Union départementale des syndicats. Après-guerre, il poursuit son militantisme syndical; il est de 1929 à 1939 secrétaire général de l’Union départementale CGT. En 1936, il participe aux comités du « Front populaire » et gère « L’Action syndicaliste », organe du syndicat de l’Arsenal. Durant la seconde guerre mondiale et l’occupation allemande, il prend part au comité départemental de la Résistance. Arrêté par la police allemande en mars 1944, il est déporté en juillet au camp de Neuengamme près de Hambourg (Allemagne). Libéré, il meurt d’épuisement, durant le voyage de retour en France.

Le 27 juin 1960, mort de Pierre MONATTE. Il est né le 15 janvier 1881 à Monlet (Haute-Loire). D’abord répartiteur dans les collèges, il est ensuite correcteur d’imprimerie. En 1904, après sa rencontre avec Emile Pouget, il rentre au comité confédéral de la C.G.T. Durant l’année 1905, il remplace Benoît Broutchoux (alors emprisonné) à la rédaction de « l’Action syndicale » des mineurs de Lens. En 1907, il intervient au Congrès anarchiste international d’Amsterdam, et y expose sa conception du syndicalisme révolutionnaire. Le 5 octobre 1909, le premier numéro de « La Vie Ouvrière » voit le jour, il en est l’administrateur et le principal rédacteur. Lorsque la guerre éclate en 1914, et que « l’union sacrée » se réalise avec la C.G.T, il démissionne du comité confédéral estimant que celle-ci s’est déshonorée. En janvier 1915, il est mobilisé et envoyé en première ligne. Démobilisé en 1919, il reprend son militantisme, fortifié par la révolution russe, il s’en fait un des propagandiste dans « la Vie ouvrière » qu’il fait reparaître. Le 3 mai 1920, il est arrêté avec d’autres militants et inculpé de « complot contre la sûreté intérieure de l’Etat », et reste emprisonné jusqu’en mars 1921. En mars 1922, il devient rédacteur à « l’Humanité », puis adhère en mai 1923 au Parti Communiste, mais il en est exclu en novembre 1924 après avoir dénoncé leurs méthodes autoritaires. En janvier 1925, il lance le numéro un de « Révolution prolétarienne », revue syndicaliste révolutionnaire (fidèle à la Charte d’Amiens); nombreux anarchistes y collaborent. La revue s’arrêtera en 1939, pour reprendre en 1947.

Le 12 juin 1964, mort d’Antoine BERTRAND. Ouvrier à l’arsenal de Toulon, membre de l’Association Internationale Antimilitariste, et du groupe anarchiste « La jeunesse libre ». Il est né le 16 mars 1877, en Corse. C’est un militant syndicaliste, et du comité de défense sociale. Fiché au Carnet B, en 1916, après la découverte de tracts antimilitariste dans le local du groupe anarchiste, il est congédié de l’arsenal et mobilisé. Réadmis après la guerre, il poursuit son action anarcho-syndicaliste, pourfendant les réformistes et l’emprise des communistes. Il est à nouveau congédié en mai 1920 pour fait de grève, et ne retrouve son travail qu’à la suite de l’amnistie de 1925.

Le 23 juin 1971, mort de Louis LECOIN. Il naît dans une famille nombreuse pauvre, son père est un ouvrier agricole illettré. En 1904, son certificat d’études en poche, il monte à Paris, où il trouve du travail chez un pépiniériste. Il se syndique à la CGT. En octobre 1910, alors qu’il effectue son service militaire, il refuse de servir de briseur de grève lors de la grande mobilisation des cheminots, et est condamné à 6 mois de prison pour « refus d’obéissance à l’intérieur de l’armée ». En 1921, lors du congrès de la CGT à Lille, devant les menaces des « gros bras » réformistes de la direction, il tire en l’air avec son revolver pour que les syndicalistes révolutionnaires puissent s’exprimer. En 1928, il est admis au Syndicat des correcteurs. Lecoin participa régulièrement à la vie syndicale, fut membre du comité en 1932, délégué à l’Union de la Seine en 1933 et 1936, aux congrès confédéraux en 1931, 1933 et 1935. Lorsqu’éclate la Révolution en Espagne, , il crée le 12 octobre 1936 le « Comité pour l’Espagne Libre » (CEL) qui se transformera l’année suivante en section française de SIA « Solidarité Internationale Antifasciste ». Membre de « L’Union Pacifiste de France » (UPF), il se mobilise pour arracher un statut pour les objecteurs de conscience qui sera adopté le 22 décembre 1963, à l’Assemblé Nationale.

Le 20 juin 1992, mort de Nicolas FAUCIER. A 18 ans, il s’engage dans la marine. En février 1919, il est sanctionné pour avoir pris part aux manifestations de solidarité avec les « Mutins de la Mer Noire ». Démobilisé en 1921, il travaille comme ouvrier mécanicien dans des usines automobiles et milite un temps à la CGTU. En 1927, il est administrateur du « Libertaire » et gérant de « La librairie sociale ». En 1934, il devient correcteur d’imprimerie. En 1936, la révolution espagnole éclate. Avec Louis Lecoin, il crée le « Comité pour l’Espagne libre » qui se transforme, lors du congrès de l’U.A en 1937, en « S.I.A » (Solidarité Internationale Antifasciste). Dès la déclaration de la 2°guerre mondiale, il participe avec Louis Lecoin à la sortie du premier manifeste contre la guerre, le tract « Paix immédiate ». Arrêté le 8 octobre 1939, Il sera interné dans divers camps de travail forcé, avant de s’évader en décembre 1943. En septembre 1944, il reprend son métier de correcteur ainsi que son militantisme syndical et pacifiste, et sera de 1956 à 1959, secrétaire du Comité inter-entreprises de presse du quartier du Croissant. Il intègre « La Révolution Prolétarienne » et fera également partie de la coopérative « Les Editions Syndicalistes. Il est l’auteur de : « La Presse quotidienne. Ceux qui l’inspirent. Ceux qui la font » (1964), « Les ouvriers de St Nazaire » (1976), « Pacifisme et antimilitarisme dans l’entre-deux guerres » (1983), « Dans la mêlée sociale, itinéraire d’un anarcho-syndicaliste » (1988).

Le 19 juin 1993, mort de Paul CHENARD. 0uvrier ajusteur dans l’aéronautique, il commence à militer au syndicat FO et au début de 1954 adhère à la Fédération Anarchiste (groupe Kropotkine de Paris). Il exercera diverses responsabilités au sein de la FA (comité de lecture, secrétaire aux relations extérieures…). De 1967 à 1969, il fera partie avec Maurice Fayolle de l’ORA (Organisation révolutionnaire anarchiste). Il milite à la CNT Française, avec les métallurgistes parisiens du groupe Kropotkine, et collaborera régulièrement au « Monde Libertaire » alimentant la rubrique du « Père Peinard » en référence à Emile Pouget. Membre de l’Association des Amis de Louis Lecoin et de l’Union Pacifiste de France, il publie en février 1971 un numéro unique du journal « Fais pas le Zouave !..  » qui reproduit au verso le texte de loi du « Statut des objecteurs de conscience ».

Le 14 juin 2002 mort de Jacky TOUBLET. Correcteur d’imprimerie comme son père (Julien TOUBLET dit Jean THERSANT, militant anarcho-syndicaliste français). Il milite au syndicat CGT des correcteurs dont il fut le secrétaire. Il est également membre de « l’Alliance syndicaliste » puis du « groupe Pierre Besnard » de la « Fédération anarchiste », responsable du journal le « Monde Libertaire », collaborateur de « Radio Libertaire » et de la revue de la CNT « Les Temps maudits », il rejoint début 2002 « Alternative libertaire ». Mais, malade, il disparaît prématurément, âgé de 62 ans.

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