Achaïra n°185 l’émission radio du lundi 4 juillet 2016

logo Achaïralogo cercle libertaire Jean-Barrué 33

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente  l’émission Achaïra n° 185 du lundi 4 juillet 2016

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquantici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 185 du lundi 4 juillet 2016

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h04 – éditorial de l’émission – Philaud

Salut, c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 185éme édition aujourd’hui, je suis accompagné pour cette émission des camarades du cercle libertaire Jean-Barrué, Esméralda et Progrès et à la technique, notre ami, Laurent.

Cette émission se voulait légère à l’entrée de l’été mais nous ne voulions pas complètement vous abandonner sans vous avoir prévenu. Et au final, l’actualité dense de la période aura rempli en une après-midi ces deux prochaines heures d’émission mensuelle.

Nos précédentes émissions s’en sont fait l’écho, nous vivons e début d’un profond mouvement social, mouvement commencé contre la loi travail, et qui ne peut s’empêcher de contester son monde. Ce mouvement qui dure depuis près de 4 mois est riche, dynamique, déterminé et durable. Il a su allié la diversité des formes de lutte qui ont été complémentaires, se sont enrichies mutuellement et lui ont permis de durer jusqu’à aujourd’hui. Comme nous le disions, le pouvoir n’a jamais cessé de tenter de discréditer le mouvement, en instaurant la violence, le contrôle des manifestants, les interdictions, les arrestations, les parcours ridiculisés. On ne compte plus le nombre de blessés dans les rangs des manifestants et pourtant le nombre de manifestants d ne décroit pas.

L’été ne sonnera pas la vacance du mouvement, et gageons qu’il trouvera les moyens de continuer sous d’autres formes et de se ressourcer pour resurgir plus puissant que jamais à la rentrée de septembre.

De fait, ce combat est fondamental, car cette loi est bien au cœur de l’évolution de l’exploitation et de l’aliénation des travailleurs au profit d’une minorité masquée dans la loi sous le terme de l’entreprise. Il institue bien la transformation du travailleur en ressource, ressource humaine des possédants de l’entreprise. Mais ceci est fait avec la pratique du double discours ou novlangue cher à Georges Orwell. Ainsi cette loi est réalisée pour dixit ses promoteurs socialistes « lutter contre le chômage et la précarité », bien sûr il va générer le contraire, la généralisation de la précarité. Prenons des extraits du 1er article, il n’est pas possible de le citer in extenso ici puisque ce seul article 1er fait 6 pages ! Il est dit par exemple : « Les libertés et droits fondamentaux de la personne sont garantis dans toute relation de travail ». Mais aussitôt est rajouté : « Des limitations ne peuvent leur être apportées que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux » soit mais surtout « ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché ; »

Ainsi des principes sont garantis tant qu’il n’est pas nécessaire qu’ils ne le soient pas. Pour décortiquer la loi on pourra lire avec intérêt, des anciens inspecteurs du travail, Richard Abauzit et Gérard Filoche, « Comment résister aux lois Macron, El Khomri & Cie ».

C’est dans ce contexte social que se sont tenues à Bordeaux, les rencontres Espagne 1936-2016 qu’Achaïra vous a annoncé lors de sa précédente émission, elles formeront notre premier sujet de retour sur l’actualité.

Ensuite, André nous parlera pour sa chronique de la désobéissance, d’un roman qui n’est pas un roman, « La Petite Fille aux ballons », de Colette Berthés. Il y est question de Palestine, du mur de séparation, de la vie et des luttes dans la société palestinienne sous occupation ?

Ce mur de séparation, on le sait maintenant, a été construit sur le tracé des nappes phréatiques, pour faire un rapt sur l’eau.

« L’eau ne coule pas de source », c’est, par ailleurs, le titre choisi pour la quatrième édition des Reclusiennes du 5 au 10 juillet 2016 à Sainte Foy la Grande aux confins de la Gironde.

Ce sera notre deuxième moment d’actualité avec des extraits de « l’histoire d’un ruisseau » d’Elisée Reclus, avec un rappel de la vie d’Elisée Reclus. Ces 6 journées ont comme chaque année un programme débordant de films, de conférences, de concerts, de randonnées, de dégustations, etc. Nous évoquerons tout ça pour vous donner envie d’en être.

En toute fin d’émission, comme à l’accoutumée, nous nous retournerons sur une dizaine de dates clés de notre histoire avec l’éphéméride de juillet et nous vous donnerons quelques clés pour construire collectivement un autre futur avec l’agenda militant.

Et pour trouver d’autres sources d’informations, nous vous donnons une sélection de quelques sites alternatifs d’informations à retrouver sur le NET : IAATA, Paris-Luttes, Taranis news, ACRIMED, REPORTERRE, CQFD, Le Monde Libertaire.NET et CAAMLG, sans oublier les blogs du Cercle libertaire Jean-Barrué.

important dans ce contexte, l’ACRIMED (Observatoire Action /Critique /Médias ): http://www.acrimed.org/ Leur récent rapport sur la couverture médiatique du mouvement LoiTravail
http://www.acrimed.org/Trois-mois-de-couverture-mediatique-des

subMedia.tv est un media d’information anarchiste canadien depuis 1994, qui produit des synthèses vidéos de la résistance populaire du > monde entier.
www.submedia.tv
celles d’infos présentées par Stimulator (« C’est la fin du monde tel que nous le connaissons et je me sens bien! »). Toutes traduites en > FR (Clic sur CC).
aussi, la série qu’ils viennent de lancer, « A is for Anarchy »:
1 – What is Autonomy?

http://www.submedia.tv/stimulator/2016/02/02/what-is-autonomy/
2 – What is Nationalism?

http://www.submedia.tv/stimulator/2016/03/21/what-is-nationalism/

réseau complet sur: http://mediaslibres.org/

C’est ma petite liste mais il y en a d’autres (un des plus fourni est paris-luttes):
Site coopératif d’infos et de luttes Paris – banlieue : https://paris-luttes.info/
https://lundi.am/
http://lahorde.samizdat.net/ (réseau antifa)
Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours > (relais de Bordeaux, par exemple) : http://iaata.info/Journee-ordinaire-et-souriciere-sous-l-etat-d-urgence-a-Bordeaux-1303.html)
ou récit de Camille: http://iaata.info/Chronique-d-une-banale-garde-a-vue-1422.html
http://iaata.info/
Lyon – Site collaboratif d’infos alternatives: http://rebellyon.info/

Sites video/journalisme militant :
Agence TARANIS :
http://www.taranisnews.com/
StreetPolitics
https://www.youtube.com/channel/UCWk1e9QHlBU_582wRadfpoA

puis en vrac :
Rennes/Nantes :
http://rennes-info.org/
https://nantes.indymedia.org/
Lille:
https://lille.indymedia.org/
https://luttennord.wordpress.com/
Bordeaux .. : misère ..

Et, c’est parti pour un retour sur les rencontres Espagne 1936-2016.

20h10 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h10 – Retour sur les Rencontres libertaires Espagne 1936-2016 – partie 1

Un collectif libertaire de Gironde s’est constitué pour organiser ces rencontres, Esméralda, Progrès pouvez-vous rappeler la genèse et nous dire les moments qui ont pu marquer le public ? – 18 min

20h28 Coupure musicale – 5 min – La Vida da la Columna – Durruti – CD 2 – piste 1

20h34 – Retour sur les Rencontres libertaires Espagne 1936-2016 – partie 2

suite pour – 18 min

20h50 Coupure musicale – 2 min – Durruti-Zapata – Durruti – CD 2 – piste 2

20h52 Virgule sonore (jingle désobéissance)

20h52 – La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

La Petite Fille aux ballons – 5 min 27

20h58 Coupure musicale – 5 min 19 – Jerusalem – HK & les saltimbanks – CD2 – piste 4

21h04 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h04 – Les Reclusiennes 2016 – intro

Introduction sur le projet des Reclusiennes et le thème de ces journées de juillet 2016 ?- 3 min

21h07 – Les Reclusiennes 2016 – lecture 1

« L’histoire d’un ruisseau » passage n° 1 – 4 min

21h11 – Les Reclusiennes 2016 – Elisée Reclus, quelques repères

Esméralda peux-tu nous raconter ce qu’a été la vie d’Elisée Reclus – 2 fois 8 minutes avec une interruption sonore autour de « voter c’est abdiquer » pour 3 min 30

21h30 – Les Reclusiennes 2016 – lecture 2

« L’histoire d’un ruisseau » passage n° 2 – 4 min

21h34 Coupure musicale – 4 min 20 – La Mémoire et la mer – Léo Ferré 84 – CD 3 – piste 3

21h40 – Les Reclusiennes 2016 – demandez le programme

Qui ? Quoi ? Les moments importants de ces rencontres sur 6 jours : 9 min

21h49 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h50 – L’éphéméride anarchiste – 4 min

21h54 Virgule sonore (jingle agenda)

21h54 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) – 3 min

21h57 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 185éme d’Achaïra. A la préparation nous ne manquerons pas de remercier cette fois-ci Sakina, Anita et André. Enfin, l’animation a été réalisée par Esméralda, Progrès et moi-même. Un très grand merci à Laurent aux manettes de l’émission.

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites. N’oubliez pas de faire connaître Achaïra et ses podcasts, afin comme nous aimons à la dire de polliniser les idées libertaires.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 5 septembre 2016 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10, la radio qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

21h58 – Fin de l’émission.

Achaïra n°185 : La Petite Fille aux ballons

La Petite Fille aux ballons

Vous connaissez ce dessin de Banksy peint sur le mur de huit mètres de haut qui tente de séparer Israël de la Palestine, ce pochoir qui représente une fillette s’envolant par-dessus le mur accrochée à des ballons ?

Ce pochoir, on le retrouve sur la couverture d’un roman − mais est-ce véritablement un roman ? − de Colette Berthès qui relate la quête de Laïla, une mère palestinienne, qui cherche à comprendre pourquoi sa fille, Amal, a choisi de se faire exploser à la terrasse d’un café israélien à une heure d’affluence, explosion qui tuera des militaires en goguette.

Vous qui m’écoutez ou me lisez, une idée pareille ne vous viendrait sans doute jamais à l’esprit. Vous n’en êtes pas là, n’est-ce pas ? Même devant un présent tellement insupportable que vous avez envie d’en finir avec l’existence, vous n’iriez pas pour autant vous immoler par le feu comme le fit un jeune Tunisien nommé Mohamed Bouazizi.

Sans doute votre révolte, votre colère, prend-elle d’autres chemins. Car votre situation, personnellement, n’est pas sans issue.

Le père d’Amal, Nidal, avait été abattu « par erreur » à un check-point, victime d’un soldat israélien qui se croyait menacé. Auparavant, Nidal avait connu la prison et, après la deuxième Intifada, il avait décidé que désormais toutes les actions qu’il mènerait contre Israël seraient non-violentes. Pour lui, cet État ne pouvait pas être détruit par les armes. Il en rêvait d’un autre, indépendant, laïque, où vivraient ensemble juifs, chrétiens et musulmans, Arabes, Russes, Éthiopiens et Druzes.

Et Laïla, dans sa quête, se demandait si Amal avait voulu venger son père…

Bravement, fièrement, Laïla attendra donc les représailles, la venue des soldats israéliens qui, comme ils en ont l’habitude après une opération kamikaze, raseront la maison de la « terroriste ». Ce qui sera fait. Puis, pour chercher à comprendre, elle tentera de retrouver le chemin suivi par sa fille…

Cette quête va l’amener à rencontrer celles et ceux que sa fille Amal a fréquentés pendant quelques semaines avant de mourir ; et cette quête, fil conducteur, va nous faire pénétrer, au quotidien, à l’intérieur de la société palestinienne, une société tout à la fois au fait de la technologie la plus moderne et cependant rétrograde, sinon traditionaliste, dans ses mœurs ; mais, en arrière-plan, se lira la vie politique et sociale du pays, enchevêtrée et étouffante.

L’auteure nous rend bien cette vie courante palestinienne dans son intimité et sa quotidienneté ; sans doute a-t-elle dû côtoyer de très près les gens qu’elle dépeint pour avoir trouvé un ton si juste. On y parle beaucoup des nourritures si particulières à ce pays, du café amer ou du thé trop sucré et des vêtements de fête, mais aussi des organisations politiques diverses. Surtout, est décrite la situation de profonde injustice que subissent les Palestiniens abandonnés par les principaux États du monde alors que les Israéliens sont largement − et essentiellement − soutenus par les États-Unis d’Amérique et par notre propre pays, la France, qui n’est pas en reste, elle qui criminalise le boycott contre Israël.

On appréciera cette plongée dans la Palestine auprès des gens du peuple, gens modestes avec leur perception simple du monde qui les entoure et qui n’ont que « la patience des pierres » face à un État pourvu de tanks, d’avions et de beaucoup d’argent.

Tout à la fin, comme dans un polar, on aura en quelque sorte la solution de l’énigme que la jeune femme a écrite sur un morceau de papier, un petit poème enfoui dans ses vêtements abandonnés, que sa mère lira avec douleur et qu’elle déchirera, jugeant qu’il n’était ni utile ni décent que tout un chacun sache les raisons profondes du martyre de sa fille.

La Petite Fille aux ballons

œuvre « street art » de Bansky sur le mur de séparation de la Palestine occupée

Je vous parlais du livre de

Colette Berthès, La Petite Fille aux ballons,

Riveneuve éditions, 2016, 284 p.

Achaïra n°184 l’émission radio du lundi 6 juin 2016

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente
l’émission Achaïra n° 184 du lundi 6 juin 2016

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici .

Sommaire de l’émission Achaïra n° 184 du lundi 6 juin 2016

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h01 – éditorial de l’émission – Philaud

Salut, c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 184éme édition aujourd’hui, je suis accompagné pour cette émission des camarades du cercle libertaire Jean-Barrué, Esméralda, Progrès, Mika et toujours à la technique, notre ami, Laurent.

L’émission du mois de mai s’est largement ouverte aux témoignages de quelques acteurs du mouvement social actuel. Ce mouvement contre la loi travail, et son monde comme disent certains, nous a intéressés par la diversité des formes de lutte. Ces diverses formes sont complémentaires, Nuits debout, manifestations interprofessionnelles, actions de blocages d’assemblées de lutte ou grève stoppant la production. Elles se dynamisent l’un l’autre, et ainsi chacun fait ce qu’il peut comme il peut. Nous reviendrons, au travers de la chronique de notre compagnon André intitulée « Nuit debout » et avec le retour d’expérience de Mika, sur les constructions « à la base » de ce mouvement, sur ce qui est déjà acquis et sur ses perspectives. Nous remarquerons dans l’histoire de la lutte des classes, cet épisode combatif mais rare, un bras de fer engagé avec un pouvoir socialiste au service des intérêts des grosses sociétés. Pouvoir qui sous prétexte de lutter contre la précarité, va encore plus l’accentuer. Il faudra noter que c’est le premier des grands conflits sociaux qui se fait sous un mandat socialiste et donc avec une division des syndicats, les syndicats les plus ancrés dans le service défendant la loi à l’opposé de ceux qui sont globalement plus pour l’engagement collectif. Le principe de cette loi, l’article 2, ouvrant directement la voie au dumping social sur le territoire national même. Les anarchistes, syndicalistes ou non, sont de ce mouvement car sur la forme, il est le signe d’une renaissance de l’esprit de contestation, malgré les moyens mis en place, répression policière et service de propagande des grands patrons propriétaires des médias de masse. Heureusement, il nous reste les réseaux sociaux, le Monde libertaire tous les mois, et la Clé des ondes bien sûr pour écouter Achaïra et toutes les autres bonnes émissions.

Ensuite, nous tenterons, pendant une heure, de lier la richesse de la révolution espagnole, il y a 80 ans avec les combats de la lutte des classes aujourd’hui, en accueillant le Collectif Libertaire de Gironde à l’occasion des Rencontres Espagne 1936-2016 auxquelles vous êtes invités entre le jeudi 9 juin et le samedi 11 juin sur Bordeaux.

En toute fin d’émission, comme à l’accoutumée, nous nous retournerons sur 5 dates clés de notre histoire avec l’éphéméride de juin pour construire un autre futur avec l’agenda militant.

Mais avant tout cela nous passons à la chronique de la désobéissance, la chronique d’André, inspiré par l’émission précédente, sur les Nuits debout.

20h05 Virgule sonore (jingle désobéissance)

20h05 – La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

Nuits debout – 7 min

20h12 Coupure musicale – 3 min – La parisienne libérée – piste 1

20h15 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h15 – Retour sur le mouvement social en cours

Depuis le 2 mai et l’annonce des rendez-vous du collectif de lutte rive droite ? – 13 min

20h28 Coupure musicale – 3 min – La parisienne libérée – piste 2

20h31 – Retour sur le mouvement social en cours – suite

Perspectives, trahison, et au-delà de la loi, il restera le Travail, non ?- 14 min

20h45 Coupure musicale – 1 min 30 – A las barricadas

20h47 Virgule sonore (jingle invité)

20h47 – Les Rencontres de l’Espagne 36 – partie 1

Qui ? Quoi ? les 5 temps des rencontres sur 3 jours : 10 min

20h57 Coupure musicale – 6 min – Hispanio 1936 par Christian Leduc

21h03– Les Rencontres de l’Espagne 36 – partie 2

Parties 1 (Utopia) et 2 (Prélude de la Révolution) des rencontres ; et les débats qui seront à lancer? : 13 min

21h16 Coupure musicale – 6 min – de Myrtille

21h22– Les Rencontres de l’Espagne 36 – partie 3

Parties 3 (Montseny et les réalisations sanitaires, …) et 4 (Giménologues) des rencontres ; et les débats qui seront à lancer? : 13 min

21h35 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h35– Les Rencontres de l’Espagne 36 – partie 4 – (enregistrement)

Rencontre avec Tancrède Ramonet sur son documentaire « Ni dieu ni maître » : 10 min

21h45 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h45 – L’éphéméride anarchiste – 8 min

21h53 Virgule sonore (jingle agenda)

21h53 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) – 6 min

21h59 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 184éme d’Achaïra. A la préparation nous ne manquerons pas de remercier cette fois-ci Sakina, Anita et André. Enfin, l’animation a été réalisée avec nos invité-e-s, par Esméralda, Progrès, Mika et moi-même. Et un très grand merci à Laurent aux manettes de l’émission.

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 4 juillet 2016 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission.

Achaïra n°184 : La nuit debout

La nuit debout

 

Avec le temps, le phénomène des Nuits debout sera à ranger parmi les événements semblables qui se sont déroulés à travers le monde. Cette contestation planétaire s’est concrétisée par une façon de faire pas si nouvelle que ça : occuper une place, un forum, une agora, bref occuper des espaces publics comme la place Tahrir au Caire, la place Syntagma à Athènes, le parc Zuccotti à New York, etc.

En France, l’événement déclencheur, la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase, aura été la loi Travail (il y a presque cinquante ans, Mai 68 avait démarré pour moins que ça) ; loi Travail que veut imposer un gouvernement − qu’il soit de droite ou de gauche n’y change rien − à la botte de la finance internationale.

La révélation des « Panama papers » avait dévoilé « la solidarité à l’échelle internationale des riches et des dominants, ceux dont la richesse est fondée sur la puissance, qu’elle soit étatique ou capitaliste ; ce qui a provoqué à l’échelle mondiale l’émergence d’une « rébellion sociale contre ce système bureaucratique planétaire en formation ».

C’est du moins ce qu’écrivait David Graeber dans le quotidien Le Monde du 14 avril 2016 et intitulé « La Nuit debout contre le Panama partout ».

Ainsi, deux « cultures » sont face à face, « la première déjà bien trop développée, l’autre encore naissante ».

Occuper les places, certes, mais pour quoi faire ?

Dans l’émission Achaïra du 2 mai 2016, sur la Clé des ondes à Bordeaux, une participante à ces Nuits debout déclarait qu’« on avait recommencé à se parler » ; elle estimait la chose très importante devant le silence général des exploités (la libération de la parole avait déjà été un phénomène notable lors des événements de mai 1968).

Plus pratiques, plus militants, plus syndicalistes, d’autres ont lancé l’appel On bloque tout ! dans l’espoir d’une grève générale.

Mais, dans cette même émission, un syndicaliste paraissant chevronné disait être en quête d’idées nouvelles, de chercher à lutter différemment. Un autre tentait de dire que ce n’est pas tant la loi Travail qu’il fallait attaquer que « le système ». Avait-il lu le texte de David Graeber ?

Et puis, bien sûr, il est question de la convergence des luttes et des imaginaires, de la mutualisation des idées.

Lors d’une autre Nuit debout, un participant proposait modestement la création de jardins collectifs. On aurait tort de se moquer d’une si pauvre proposition. Il y a là une forme d’inventivité qui en rien ne s’oppose à une quelconque action traditionnelle, et c’est à cette créativité qu’il faut faire appel pour aller chercher des forces au fond de soi.

Sur les places du monde entier, le remue-méninges est à l’ordre du jour et de la nuit.

Si la finance internationale impose sa loi aux États, en même temps, ces derniers « ont accumulé une capacité à réprimer la classe ouvrière qui dépasse de loin la capacité de la classe ouvrière à y résister ». C’est ce qu’écrit René Berthier dans Le Monde libertaire, n° 1779 de mai-juin 2016, participant ainsi à un dossier intitulé « Construire la révolution ».

Dans ce même journal, Nestor Potkine, tout aussi averti du problème, note que la vaste majorité des participants parisiens « semble s’accorder sur un discours et une pratique de non-violence. En viendra-t-on à la désobéissance civile, au moins ? », s’interroge-t-il.

D’ailleurs, dans l’émission girondine Achaïra, déjà citée, il est fait aussi allusion à cette notion de non-violence qui a tant de peine à s’affirmer ; les médias préfèrent mettre l’accent sur les violences diverses des « casseurs » de tout acabit.

David Graeber, toujours dans le même texte, à propos des mouvements récents d’occupation des places, dit que ces mouvement « ont montré que les soulèvements populaires ne prennent plus la forme d’une révolution armée, ni ne tentent de modifier le système de l’intérieur ; à chaque fois, leur première initiative est de créer, dans la mesure du possible, un territoire totalement extérieur au système, en dehors de l’ordre légal de l’État : un espace préfiguratif dans lequel peuvent s’inventer de nouvelles formes de démocratie directe ».

Tandis que, dans Le Monde libertaire de mai-juin, un certain François demande : « Nuit debout prépare-t-elle la révolution ? ». Il y voit, quant à lui, « juste la nécessité de préparer toute une série de pièces qui s’assembleront le moment venu, en fonction des besoins, des crises. Quand la situation économique ou politique sera de nature telle qu’elle fédérera un grand nombre de personnes de différentes classes sociales, il faudra que tout soit prêt avant ».

Nul ne sait ni où ni quand jaillira l’étincelle qui enclenchera le bouleversement de notre société. Mais, près de nous comme à travers le monde, les exploités et les dominés ne renonceront jamais à chercher le chemin de la justice et de la liberté. Avec des triomphes, avec des défaites, inlassablement, ils lutteront, l’esprit désencombré des vieilles idées mais avec la mémoire du passé pour autant présente.

À tout hasard, je vous signale le numéro 36 du printemps 2016 de la revue Réfractions (recherche et expressions anarchistes) qui a pour titre « Réinventer la révolution ».

Les rencontres ESPAGNE 1936-2016 – BORDEAUX du 9 au 11 juin 2016

Le Collectif libertaire de Gironde, dont le Cercle libertaire Jean-Barrué, vous invite aux
Rencontres ESPAGNE 1936 – 2016 – BORDEAUX du 9 au 11 juin 2016

Un moment pour se plonger dans les réalisations des révolutionnaires en 1936 pour continuer le combat contre la loi Travail et son monde … et construire un autre futur.
Le futur nous appartient, si nous connaissons notre passé et nous appuyons dessus pour en tirer les leçons, les leçons de l’histoire pour écrire les pages à venir
Là aussi, reprenons notre destin en main, ne soyons plus des esclaves, comme le dit Yannis Youlountas.
Philaud pour le Cercle libertaire Jean-Barrué

Le projet et le programme seront présentés en détail, le lundi 6 juin 2016 de 20h à 22h dans l’émission Achaïra sur la Clé des Ondes 90.10 Mhz

Jeudi 9 juin

20h30 Cinéma UTOPIA Retour ligne automatique
Tarifs habituelsRetour ligne automatique
Présentation des rencontres Espagne 36.Retour ligne automatique
Chorale : Le Cri du PeupleRetour ligne automatique
Projection de Land and Freedom de Ken LOACHRetour ligne automatique
Débat avec Frank MINTZRetour ligne automatique
Présentation de la Fundación de Estudios Libertarios Anselmo Lorenzo par son directeur : José Ramón Palacios.

Vendredi 10 juin

15h – 18h30Retour ligne automatique
Athénée municipal Retour ligne automatique
Salle 46 / entrée libre Retour ligne automatique
Lectures* et exposition d’affiches prêtées par la Fundación de Estudios Libertarios Anselmo LorenzoRetour ligne automatique
Projection d’Octobre asturianu d’A. MAGNATTA et échanges.

19h30Retour ligne automatique
Amphithéâtre / entrée libre Retour ligne automatique
Lectures*Retour ligne automatique
Projection de Federica Retour ligne automatique
Montseny, l’indomptable de J.M.RODRIGORetour ligne automatique
Échanges avec le réalisateur et Frank MINTZ.

Samedi 11 juin

15h – 18h30Retour ligne automatique
Salle municipale, place St AugustinRetour ligne automatique
Entrée libre Retour ligne automatique
Exposition du dessinateurde BD Bruno LOTH Retour ligne automatique
Les Giménologues : présentation des livres Retour ligne automatique
A Zaragoza o al charco et Les fils de la nuit, souvenirs de la guerre d’Espagne.Retour ligne automatique
Projection d’un extrait du film « Ni dieu, ni maître » de Tancrède RAMONETRetour ligne automatique
Lectures* autour de l’Espagne 36

*Lectures par Yolande TRAWINSKY CHAUME et Bruno DARAQUY

19h00Retour ligne automatique
Athénée LibertaireRetour ligne automatique
7 rue du Muguet – Bordeaux / 5€Retour ligne automatique
concert : TULAMORT+guests

Programmation / Organisation : collectif libertaire de Gironde

Rencontres ESPAGNE 1936-2016

Rencontres ESPAGNE 1936-2016 BORDEAUX 9-11 juin 2016

Achaïra n°183 l’émission radio du lundi 2 mai 2016

 

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente
l’émission Achaïra n° 183 du lundi 2 mai 2016

 

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 183 du lundi 2 mai 2016

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h02 – sommaire de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 183éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble,

avec Marina, employée administrative au CHU,

avec Adrien, infirmier à l’hôpital,

avec Pascal, de l’union locale de Bassens,

avec Hugues, de la Coordination des Intermittents et Précaires de Gironde, qui devrait nous rejoindre,

avec Julie, aide-soignante à l’EHPAD des Carmes, qui nous rejoindra plus tard,

avec Eric et Thierry militants cégétistes de Ford,

avec Léonie, demandeuse d’emploi dans la restauration, qui participe activement aux Nuits Debout,

(avec aussi Floréal et Pierre André non cités en début d’émission),

nous vous accueillons avec Mika, co-animateur d’Achaïra, qui interviendra aussi sur son engagement dans certaines commissions des Nuits Debout, et avec Esméralda, Progrès et Laurent, toujours fidèle aux manettes de l’émission.

C’est parti comme toujours, pour près de deux heures de chroniques et de débats autour de l’actualité sociale, culturelle, politique et libertaire, avec une orientation tout actualité, cette fois-ci.

Toujours dans notre esprit la possibilité de polliniser les idées libertaires où qu’elles germent, car il est entendu que personne n’a la propriété de ces idées et qu’elles sont le moteur de la quête humaine de liberté, d’émancipation.

Mais avant d’attaquer les festivités, si nous commencions par le sommaire de l’émission.

Après la chronique d’André, vous aurez compris que nous débattrons des mobilisations nées du refus de la loi dite travail, en fait du refus de la précarité généralisée de nos vies, avec nos nombreux invités de ce jour.

Et en toute fin d’émission, comme à l’accoutumée, nous vous présenterons l’éphéméride du mois de mai ainsi que l’agenda militant.

Mais avant tout cela nous passons à la chronique de la désobéissance, la chronique d’André.

20h06 Virgule sonore (jingle désobéissance)

20h07 – La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

Pour cette chronique, André nous engage dans une réflexion qui fera écho avec le combat de nos invités. Il nous parle, d’éthique, de moralité, de désintéressement, comme fleurs de la vie humaine. Mais cette réflexion sur les notions et de bien, il la poursuit au-delà de l’espèce humaine, dans la vie de nos frères primates, avec l’étude des comportements des chimpanzés et ceux des bonobos. Essentiel ! 7 min

20h15 Coupure musicale – 3 min – Niquons la planète – HK & les saltinbanks – (le choix de Marina)

20h18 – Mouvement social, Nuits Debout, salariées en grève, la parole est à ceux qui se mettent en mouvement, qui mettent le monde en mouvement – Présentation des invités

Beaucoup d’invités aujourd’hui, il faut dire que l’actualité sociale sort de son petit ronron, après les manifestations contre le projet de loi El Khomri, des occupations d’espaces publics ont laissées place à des Nuits Debout dans de nombreuses villes, comment ce mouvement est né, comment il s’articule avec les mouvements sociaux plus traditionnels, comme manifestations et grèves, c’est ce que nous verrons avec nos invités et nous commençons par leur demander un à un de se présenter aux auditeurs en commançant par Pascal qui a des contraintes horaires – 11 min

20h29 Coupure musicale – 4 min – les majeurs fendent l’air – Eric Panic – (le choix de Floréal)

20h33 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h34 – Mouvement social, Nuits Debout, salariées en grève, la parole est à ceux qui se mettent en mouvement, qui mettent le monde en mouvement – Présentation des invités – partie 2

Suite du témoignage de Pascal sur la loi travail et les attaques qui existent déjà, et l’inversion de la hiérarchie des normes, témoignage d’Eric, témoignage de Pierre-André, lycéen de 19 ans, engagé dans les coordination lycéenne de Bordeaux contre la loi travail, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, témoignage de Marina, sur la violence visible dans les médias et celle invisible de la police, Adrien, contre la loi El Khomri et son monde, contre le système, à l’instar des ZAD, contre la violence institutionnelle dans le travail ou le non travail, (départ de Pascal) – 18 min

20h52 Coupure musicale – 4 min – Ya Basta – La compagnie Jolie Môme – (le choix de Philaud)

20h56 – Les Nuits Debout, c’est qui, pourquoi et comment les rejoint-on ?

Ce qui vous réunit ici, c’est que vous ou vos camarades de combat êtes passés par les Nuits Debout, place de la République à Bordeaux, qu’est-ce qui vous a motivé et comment ça s’est passé ? Présentation par Adrien « Nuit Debout, c’est quoi ?, manifeste du mouvement », présentation par Léonie de la première étape des Nuits Debout sur la base du compte rendu du manifeste du 15M, indignados de Madrid, adressé aux Nuits Debout, en France, faisant le lien entre toutes les mobilisations de ce type dans le monde, mouvement horizontal, sans leader puis Léonie fait le lien avec l’appel « #onvautmieuxqueça# », parle des rythmes des AG des Nuits Debout sur Bordeaux, Adrien et Léonie répondent sur les bancs construits sur la place de la République, Pierre-André témoigne de ces premières journées sur les Nuits Debout place de la République – Bordeaux, il évoque les commissions mises en place, la solidarité sur les Nuits, Marina dit pourquoi « on y va », mais évoque aussi les peurs que tout ça s’arrête. Arrivée de Julie de la lutte de l’EHPAD des Carmes, présentation de la lutte suite à l’abandon progressif du soin au profit des actionnaires : 16 min

21h12 Coupure musicale – 4 min – Jamie come try me (1790) – Eddi Reader – (le choix de Philaud)

21h16 – Les Nuits Debout, c’est qui, pourquoi et comment les rejoint-on ? suite et collectifs de lutte

Déjà peut-on dire que le mouvement a changé le monde, la vie, vos vies et comment ? Témoignage de Floréal, sur son arrivée à Nuit Debout, celui de Léonie, de Pierre-André, avec le comité de mobilisation lycéen, de Mika, de Marina, : 18 min

21h34 Coupure musicale – 3 min – La Carmagnole – Catherine Ribeiro

21h37 – Aller plus loin

Les déclencheurs des mouvements, le ras-le-bol ? Le témoignage des Ford, Eric de la CGT Ford, des actions au Salon de l’Auto, le témoignage de Julie sur le déclenchement du mouvement de résistance des CDD dans l’EHPAD des Carmes pour le respect des aînés, : 12 min

21h53 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h54– L’heure des rendez-vous

Il est temps de proposer aux auditeurs de vous rejoindre et pour cela donnez-nous vos prochains rendez-vous publics et l’actualité immédiate du mouvement ? Le témoignage de Thierry de Ford sur « Jour debout, et le tour de table, Pierre-André, convergences et rendez-vous de soutien, etc. (enregistrement tronqué à cet endroit) : 6 min

22h00 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 183éme d’Achaïra. A la préparation nous ne manquerons pas de remercier cette fois-ci Flora, Anita, André, Gaëlle et Perla.

Enfin, l’animation a été réalisée avec nos invité-e-s, par Esméralda, Progrès, Mika et moi-même. Et un très grand merci à Laurent aux manettes de l’émission. Un clin d’œil aux absents que nous attendons pour une prochaine !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 6 juin 2016 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h02 – Fin de l’émission.

Achaïra n°183 : Les singes nous enseignent

Les singes nous enseignent

Lors d’anciennes chroniques, nous nous étions posé la question des fondements d’une conscience morale chez les êtres humains, et nous pensions en avoir trouvé la réponse dans L’Éthique de Kropotkine. Déjà, dans L’Entraide, l’auteur donnait de multiples exemples de comportements solidaires dans différentes sociétés humaines mais aussi chez les animaux.

Puis l’Esquisse d’une morale sans obligation ni sanction de Jean-Marie Guyau avait attiré notre attention. Le propos de Guyau présentait « l’idée de la vie » comme base de l’éthique.

« Il y a une certaine générosité inséparable de l’existence, et sans laquelle on meurt, on se dessèche intérieurement. Il faut fleurir ; la moralité, le désintéressement, c’est la fleur de la vie humaine. »

Puis, un chercheur contemporain, Claude-Marcel Hladik, a écrit en 2002 dans l’Odyssée du vivant :

« L’éthique, incluant les notions du “bien” et du “mal” semblerait également provenir du plus profond des structures sociales des groupes d’anthropoïdes. »

Aujourd’hui, c’est avec grand intérêt que nous découvrons le travail du primatologue Frans De Waal qui nous dit tout ce qui nous sépare des singes mais surtout ce qui nous en rapproche ; étudiant les chimpanzés et les bonobos, il y dévoile, comme chez nous, le goût prononcé de certains pour le pouvoir et pour la conquête du sexe opposé. Si les bonobos résolvent leurs problèmes de pouvoir par le sexe ; les chimpanzés, eux, règlent les problèmes de sexe par le pouvoir.

Oui, vous qui m’écoutez, êtes-vous plutôt bonobo ou plutôt chimpanzé ? Ni l’un ni l’autre, direz-vous. Vous êtes des êtres humains. Certes, certes…

Mais il faut pourtant bien admettre que nous partageons qualités et défauts de la famille simienne. Et Frans de Waal écrit :

« Loin d’être un mince vernis, la morale nous vient de l’intérieur. Elle fait partie intégrante de notre biologie, comme le confirment les nombreux parallèles repérés chez d’autres animaux. »

Mais ce n’est pas tout, nous dit encore l’auteur, ces singes-là sont capables de sympathie et d’empathie, c’est-à-dire de se mettre, en imagination, à la place des autres, d’être en mesure de les comprendre ; et, parce qu’ils les comprennent, certains, sont quelquefois capables de les faire souffrir volontairement tout en sachant qu’ils souffrent. Là est la vraie cruauté.

Ajoutons que nous restons quelque peu ébahis de voir nos bonobos ou nos chimpanzés faire preuve de « culture », c’est-à-dire qu’ils apprennent les uns des autres et aussi de nous. Nous avions déjà mentionné cette femelle qui lavait les fruits avant de les manger imitée par ses congénères. Frans de Waal nous conte une autre expérience : deux groupes de singes différents, les uns pacifiques, les autres belliqueux, obligés de cohabiter ; et les pacifiques faisant naître la paix par leur comportement qui se propage à l’autre groupe. On croit rêver…

De Waal ajoute : « Le rétablissement de la paix est une compétence sociale acquise et non un instinct. » Et, chez les singes, il y a des « cultures » de paix comme il y a des « cultures » de violence. Il est clair que nous ne différons pas beaucoup d’eux quand nous montrons notre animosité envers d’autres groupes et notre hostilité envers l’étranger.

Pour Frans De Waal :

« Les éléments constitutifs de la morale précèdent clairement l’humanité. Nous les reconnaissons chez nos parents primates, l’empathie étant plus visible chez le bonobo, et la réciprocité chez le chimpanzé. Les règles morales nous disent quand et comment appliquer ces tendances, mais elles sont elles-mêmes à l’œuvre depuis des temps immémoriaux. »

Cependant, un autre comportement, suite logique de ce qui précède, est à remarquer : il s’agit de la réconciliation après les bagarres ; les femelles étant souvent à l’initiative des rabibochages. Ainsi y a-t-il différents protocoles de raccommodement : « Les singes dorés le font en se prenant par la main, les chimpanzés avec un baiser sur la bouche, les bonobos par le sexe, et les macaques tonkinois en s’étreignant et en se léchant les lèvres. »

Donc, si l’agressivité et la violence sont des faits incontournables, les comportements de réconciliation sont tout aussi existants, du moins chez les animaux sociaux. On mettra de côté les abeilles, les termites, les fourmis, qui sont des animaux sociaux, mais ne sont pas à ranger avec les mammifères.

De tous temps, ce sont surtout les comportements de violence qui ont été mis en avant ; et De Waal de nous mettre en garde :

« Si l’on centre exclusivement son attention sur les comportements à problèmes, on se retrouve aussi démuni qu’un pompier           qui apprendrait tout sur le feu et rien sur l’eau. »

Alors ? Eh bien, il semble que nous les humains sommes allés un peu plus loin dans l’évolution de la vie ; nous serions plus inventifs que nos frères animaux. Il n’empêche, nous avons encore à apprendre par l’exemple des femelles tant bonobos que chimpanzés qui semblent bien maîtriser les méthodes de réconciliation. Les guenons seraient donc porteuses de culture.

Pour amorcer un éventuel débat, voici une dernière citation tirée des œuvres de Frans de Waal :

« De ces indices de “souci de la communauté”, je conclus que les éléments de base de la morale sont plus anciens que l’humanité, et que nous n’avons pas besoin de Dieu pour expliquer comment nous en sommes arrivés là où nous en sommes aujourd’hui. »

Frans de Waal, Le singe en nous, Fayard, 2008, 328 p.

De la réconciliation chez les primates, Flammarion, 2011, 384 p.

Le bonobo, Dieu et nous, Babel, 2015, 364 p.