Achaïra n°195 l’émission radio du lundi 4 septembre 2017

 

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 195 du lundi 4 septembre 2017

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 195 du lundi 4 septembre 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h03 – sommaire-éditorial de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 195éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Marion, Patrick, Progrès et Laurent aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous serons accompagnés par Christian Mériot, venu présenter son ouvrage de vagabondage intitulé « Croire tue ». C’est un titre qui attire avec les feux de l’actualité récente des attentats au nom de Dieu, appelé Allah en l’occurrence. Nous reviendrons avec lui largement sur les questions de croyances et de faits religieux dans cette émission de septembre. D’ailleurs, commençons par l’éphéméride de septembre.

20h04 Virgule sonore (jingle éphéméride)

20h04 – L’éphéméride anarchiste – 9 min

20h13 – suite du sommaire-éditorial de l’émission – Philaud et les autres

Nous vous l’avons annoncé, nous accueillons Christian Meriot qui nous parle de ses vagabondages qui l’ont amené du Grand Nord à l’Océan indien. Et ces vagabondages ont accompagné ses interrogations sur le fait religieux. Il faut dire que Christian Meriot est ethnologue, spécialiste des Sâmes (Lapon). Christian Meriot né en 1934, retraité, se veut jardinier de son jardin comme de ses réflexions. D’abord chercheur au CNRS, il a été ensuite plus de vingt ans professeur d’ethnologie – anthropologie sociale – au sein de l’Université de Bordeaux, où il a dirigé le département d’ethnologie. Il est aujourd’hui Professeur Emérite, à l’Université Victor Segalen-Bordeaux II. On trouve parmi ses publications : « Tradition et modernité chez les Sâmes » (publié à L’Harmattan, en 2002), Les Lapons (chez PUF, en 1992) et enfin « VAGABONDAGES AUTOUR DU FAIT RELIGIEUX – Croire tue » (publié à L’Harmattan, en 2017).

Son éditeur présente ainsi ce dernier ouvrage : « Le fait religieux envahit la sphère médiatique sans que l’accent soit mis sur l’essentiel quant aux violences imputables à toutes les religions. Cet essai veut les décrire d’un point de vue anthropologique pour dénoncer les illusions mortifères de leurs mythes fondateurs. S’appuyant sur les travaux de Lucrèce, de Spinoza, la résistance anti-religieuse et athée, principalement en France, cet essai se veut un libre cheminement à partager avec tous les « indigènes de l’univers » (en se référant ici à Proudhon). »

Mais Christian Meriot n’est pas un inconnu des anarchistes bordelais. Dans les années 1954, il a été engagé auprès des JL (jeunesses libertaires) de Bordeaux avec Yves Peyrault, un des initiateurs de Radio libertaire sur Paris, avec Joachim Salamero, qui fit ici même une fresque de l’engagement d’Aristide Lapeyre dans le mouvement libertaire, c’était dans l’émission du 4 mai 2015, mais aussi avec Joséphine Rubiol dit « Fifi », Pepito Duran et Gérard Escoubet. Il a participé à l’achat du local des anarchistes, au 7 de la rue du Muguet, et fut actif aux séances du « ciné-club du 19 juillet » ainsi qu’aux conférences de l’athénée avec les frères Paul et Aristide Lapeyre.

Il aime à dire que, selon la formule de Sébastien FAURE, « chaque militant est utile, aucun n’est indispensable ».

Christian, est-ce que cette présentation ne fait pas trop d’erreurs ?

Depuis la dernière d’Achaïra, le monde continue sa course effrénée vers le plus grand profit des classes dirigeantes, elle s’accompagne de la croissance de l’expression du repli nationaliste. Alors que celles et ceux qui aident les migrants sont poursuivis par la justice française a l’instar de Cédric Herrou dans la vallée de la Roya à la frontière franco-italienne, d’autres peuvent impunément construire des murs devant des hôtels réservés par les autorités pour accueillir des migrants, en Haute Pyrénées, et des militants d’extrême droite se disant « identitaires » peuvent affréter un bateau, le C-Star sous pavillon djiboutien, avec pour mission de repousser vers l’Afrique, la Lybie en l’occurrence, les embarcations de migrants qui voudraient traverser la Méditerranée, sans être inquiétés par les autorités pour les risques qu’ils font courir aux vies humaines et foncer même sur l’Aquarius qui lui sauve les migrants naufragés en Méditerranée. Heureusement, un peu partout autour de la Méditerranée, que ce soit à Chypre, en Grèce ou en Tunisie, des personnes, antifascistes comme pêcheurs, se mobilisent pour les empêcher d’accoster. Faisons tout pour que ce C-Star ne soit qu’une étoile filante dans le ciel de la société spectaculaire. Ensuite, ce sont les suprématistes blancs américains qui se sont illustrées avec des rassemblements d’extrême-droite qui a conduit à la mort de Heather Heyer, tuée par un nazi à Charlottesville qui a foncé dans les manifestants antifascistes au volant de sa voiture. C’est cette méthode de la voiture bélier qui est encore utilisée dans différents attentats comme celui de Barcelone, mais avant Londres, Nice, etc. On se rappellera que les franquistes il y a quatre-vingt ans partaient au combat contre les anarchistes et les républicains aux cris de « Viva la muerte ! », une forme de continuité entre tous les fascistes pour une forme particulière du culte de la charogne, qui nous veut Plutôt morts que libres !

André a lu ton ouvrage et c’est l’objet de sa chronique.

20h18 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

20h18– La chronique de la désobéissance – André (lecture par Esméralda)

«Croire tue ! » – 5 min + 7 min de commentaires de l’invité

Christian, comment réagis-tu au regard qu’André à porter sur tes vagabondages ? N’est-il pas un peu sévère ?

En gros, il nous dit que la lutte contre les religions servirait aujourd’hui à détourner les esprits du combat contre nos exploiteurs capitalistes. Il te reproche aussi un peu de manquer de sérieux dans tes propos. Qu’en penses-tu ?

20h30 – suite du sommaire-éditorial de l’émission – Philaud et les autres

Cet été, à notre petite échelle hexagonale, c’est encore au droit du travail que s’attaque le gouvernement fraichement nommé, même s’il n’est pas fait de petits nouveaux comme on nous le présente. Certes le Code du travail, ce n’est pas la Bible, il a été écrit sous la dictée des luttes sociales, mais aussi sous celle de leurs reculs. Une révolution reste à faire pour changer les comportements des hommes et des femmes vers plus d’entraide, mais une révolution qui ne soit pas autoritaire comme celle qui eut lieu il y a presque un siècle, porteuse d’espoirs certes mais aussi de combien de désillusions, désillusions que nous payons encore chèrement. Une révolution antiautoritaire, libertaire fondée sur l’engagement de chacune et chacun, sur l’entraide et sans transcendance comme nous allons en débattre.

Pour conclure, nous citerons Angel Pestana, délégué de la CNT au congrès de l’Internationale communiste à Moscou, en 1920, mis en exergue dans le dernier numéro du Monde libertaire qui porte un dossier « 1917-2017 : regards sur la révolution russe » :

« La révolution, à mon avis, camarades délégués, n’est pas, et ne peut pas être le travail d’un parti.

Un parti ne fait pas une révolution ; un parti ne peut rien faire de plus que d’organiser un coup d’Etat, et un coup d’Etat n’est pas une révolution.

(…)

La révolution est le résultat de nombreuses causes dont nous situerons la genèse dans le plus haut niveau de culture du peuple, dans l’écart qui se produit entre ses aspirations et l’organisation qui régit et gouverne ce peuple.

(…)

La révolution est l’idée formée par les masses d’une condition sociale meilleure, et qui, dans son opposition aux classes capitalistes ne trouvant pas de voies légales pour son expression, surgit et s’impose par la violence.

(…)

Vous ne possédez pas seuls la révolution en Russie ; vous avez coopéré à ce qui s’est fait et vous avez été très chanceux de parvenir au pouvoir. ».

Une réflexion qui, je crois, reçoit l’adhésion de beaucoup de membres du cercle libertaire Jean Barrué qui animent cette émission.

Mais, continuons nos vagabondages autour du fait religieux avec Christian.

20h32 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h32 Virgule sonore (jingle invité)

20h33 – Vagabondages autour du fait religieux – Christian Mériot– partie 1 – 16 min

Christian, peux-tu préciser le vocabulaire que tu utilises ? Qu’appelles-tu le fait religieux ?

En quoi se distingue-t-il de la religion ? de la croyance ?

On entend souvent parler de transcendance par opposition à l’immanence ? La transcendance, c’est ce qui nous vient de ce qui nous dépasse, dépasse notre entendement, l’immanence, c’est ce qui vient de nous-mêmes. On pense à Max Stirner dans l’Unique et sa propriété : « J’ai fondé ma cause sur rien ». Un rien qu’il veut créateur. « Pour Moi, il n’est rien au-dessus de Moi ! ». Peux-tu nous éclairer sur ces concepts avant de partir en vagabondages ?

Ton premier choix musical, Offenbach, on peut être surpris par une « légèreté » qui colle mal avec le sérieux du propos !

20h49 Illustration musicale – 3 min – Offenbach : « La belle Hélène » dans l’invocation à Venus le passage : « dis moi, Venus, quel plaisir trouves tu…. » acte 2, :

https://www.youtube.com/watch?v=5VYIyQO4T70 2’54 avec Leigh Draut

20h52 – Vagabondages autour du fait religieux – Christian Mériot – partie 2 – 13 min

La religion, c’est au-delà des discours et des « bible … iothèques, », des faits et aussi des méfaits. Parlons-en.

Dans les différents cultes monothéistes comme dans les religions polythéistes ou non monothéistes.

L’illustration musicale nous semble incompréhensible. Peux-tu nous éclairer sur le morceau et son titre ?

21h05 Illustration musicale – 3 min 23 – « Gula Gula » de Mari BOINE

https://www.youtube.com/watch?v=k4s8ZATQeBI

21h08 Virgule sonore (jingle invité)

21h09 – Vagabondages autour du fait religieux – Christian Mériot – partie 3 – 24 min

C’est bien de parler des croyants et des religieux, mais que dire des non-croyants, athées, antithéistes, sceptiques, et autres agnostiques ?

Athéisme d’ouverture avec Lucrèce ou Spinoza Athéisme réel avec Bakounine, Sébastien Faure ou Paul Nizan ?

Que dire de cette étude américaine qui met en évidence des préjugés d’immoralité envers les athées à travers le monde ?

Ton dernier choix pour illustrer tes propos ce sera « le chant des Canuts », peux-tu nous le présenter ?

21h33 Illustration musicale – 2 min 06 – Le chant des canuts par Marc OGERET

https://www.youtube.com/watch?v=TRpz3Yu_Vvo (après la publicité !)

21h35 Virgule sonore (jingle invité)

21h35 – Vagabondages autour du fait religieux – Christian Mériot – partie 4 – 4 min

Face à la volonté hégémonique des religions, un compromis a été trouvé avec l’idée de laïcité pour cantonner les religions sans les annihiler. Sauf que cette laïcité connait des avatars, sous les coups de boutoir d’une église qui affiche une volonté de s’humaniser, on voit apparaître des concepts de laïcité positive, on voit aussi l’idée d’une morale laïque à l’école sous les écrits d’un Vincent Peillon, hors Bakounine et Léo Ferré nous ont enseigné que la morale c’est toujours celle des autres qui s’imposent à nous contrairement à l’éthique que l’on se donne pour se construire soi-même en être libre. Qu’en dis-tu ?

On pourra aussi t’interroger sur l’utilisation de la laïcité pour dicter des codes vestimentaires, avec l’épisode le plus caricatural, l’an passé la séquence du burkini. Comment te situes-tu par rapport à ces utilisations ?

21h39 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h40 Virgule sonore (jingle invité)

21h41 – Christian Mériot – la citation – 04 min

Christian, nous demandons habituellement à nos invités de conclure par au moins une citation de leur choix.

Peut-être peux-tu nous dire si tu reviendrais lors d’une prochaine émission pour nous éclairer sur tes vagabondages dans le monde des idées, et aussi sur ceux dans le monde réel, qui t’on conduit de Madagascar au Grand Nord pour ton expérience ethnographique ?

21h45 Coupure musicale – 2 min 56 – Zoufris Maracas « Les cons »

https://www.youtube.com/watch?v=q_gEQ81twlE&list=RDq_gEQ81twlE#t=12

21h48 Virgule sonore (jingle agenda)

21h48 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 12 min

22h00 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 195éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Marion, Patrick, Progrès et moi-même. Et un très grand merci à notre invité, Christian Mériot, à André Bernard pour sa chronique et à Laurent aux manettes de l’émission.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra »,, ainsi que sur les sites du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com et http://cerclelibertairejb33.free.fr en plus le programme sera détaillé et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 2 octobre 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h02 – Fin de l’émission

Éphéméride de septembre 2017

Le 1erseptembre 1937, à Bordeaux, sortie du premier numéro du journal L’Espagne antifasciste, organe trimestriel au service de la Révolution espagnole. Publication d’Aristide Lapeyre pour soutenir les compagnons anarchistes espagnols. Quelques articles seront publiés en castillan. Collaboration de Paul Lapeyre, de Jean Barrué, etc. Le journal fusionnera par la suite avec L’Espagne nouvelle.

Le 1er septembre 1981, à Paris, première émission de Radio libertaire, radio libre de la Fédération anarchiste.

Le 3 septembre 1878, naissance de Madeleine Vernet, l’éducatrice libertaire, propagandiste et militante pacifiste.

Du 3 au 8 septembre 1866, à Genève (Suisse), se tient le premier congrès de l’Association internationale des travailleurs. Les 45 délégués représentant les sections de Suisse, de France, d’Allemagne et du Conseil général de Londres, limitent leurs travaux à l’adoption des statuts généraux.

Considérant que l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ; que leurs efforts pour conquérir leur émancipation ne doit pas tendre à constituer de nouveaux privilèges, mais à établir pour tous des droits et des devoirs égaux et d’anéantir toute domination de classe.

Il s’agit du complet affranchissement de la classe ouvrière.

4 septembre 1870, déclaration de la IIIe République par Léon Gambetta. C’est aussi l’anniversaire d’Anita et d’Esméralda du cercle libertaire…

Le 6 septembre 1911, naissance à Bordeaux de Jean-René Saulière. Militant anarchiste et libre-penseur, en 1939, il refuse de répondre à l’ordre de mobilisation et se réfugie à Marseille sous le nom d’André Arru. Un livre lui est consacré : Un individualiste solidaire.

Le 9 septembre 1828, naissance de Léon Nicolaïevitch Tolstoï en Russie. Un des plus grands écrivains, mais aussi un pédagogue libertaire, qualifié d’anarchiste chrétien, il estégalement initiateur de l’idée de résistance non-violente.

Le 11 septembre 1902, naissance de Norbert Bartosek en Allemagne, promoteur de la vasectomie. Après six mois passés à Lyon, il est ensuite invité par le groupe anarchiste de Bordeaux, où il poursuit son activité médicale clandestine. Mais après avoir opéré une quinzaine de volontaires anarchistes et libres-penseurs tels que Aristide Lapeyre, André Prévotel et quelques autres, une dénonciation révèle l’affaire aux autorités qui arrêtent les protagonistes qui passèrent en procès : c’est l’affaire des « Stérilisés de Bordeaux ».

Le 18 septembre 1930, naissance de Pietro Ferrua, insoumis italien qui, à Genève, créa le premier Centre international de recherches sur l’anarchisme.

En septembre 1985, à Bordeaux, sortie du premier numéro des Cahiers des Amis d’Aristide Lapeyre. Ils seront publiés semestriellement. L’association avait pour but de recueillir, d’archiver, faire connaître d’une part tous les documents ou témoignages relatifs à l’action d’Aristide et, d’autre part, tout ce qui touche à l’histoire régionale dans les domaines tels que les activités libertaires, libre-penseuses, pacifistes, humanistes, néo-malthusiennes, syndicalistes, etc. Parmi les membres du conseil d’administration de l’association : René Bianco, Roland Lewin, Yves Peyraut, Marc Prévotel, Jean-René Saulière, etc. Au moins six numéros des Cahiers paraîtront jusqu’en octobre 1991.

Le 30 septembre 1888, naissance de Louis Lecoin, à Saint-Amand-Montrond. Figure importante de l’anarchisme, du syndicalisme, de l’antimilitarisme et du pacifisme.

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Achaïra n°195 : annonce pour le lundi 4 septembre 2017 à 20h

Sur la Clé des Ondes (90.1 Mhz autour de Bordeaux et sur http://www.lacdo.org), le cercle libertaire Jean-Barrué reprend son émission mensuelle Achaïra.

Ce soir l’émission aura pour thème « Croire tue » autour de l’ouvrage de Christian Mériot paru à l’Harmattan et qui sera notre invité ce soir.

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Achaïra n°194 l’émission radio du lundi 5 juin 2017

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 194 du lundi 5 juin 2017

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 194 du lundi 5 juin 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h03 – sommaire-éditorial de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 194éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Progrès, Mika et Laurent, toujours aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous serons accompagnés par Adrien, venu parler du périple organisé en avril de cette année pour apporter du soutien logistique aux mouvements sociaux autogérés en Grèce, ceux-là même qui résistent au jour le jour contre les politiques d’austérité et anti-migrants, même avec un gouvernement de « gauche de la gauche ».

Vous l’avez peut-être remarqué, nous n’avons pas tenu notre émission le lundi 1er mai. Depuis, la France a été plongée dans le spectacle électoral. Il en est sorti du neuf, enfin en apparence car derrière Macron, ce sont de vieux politiciens qui sont au manœuvre, tant il est vrai que l’adage « il faut tout changer pour que rien ne change » est fort. Déjà, les législatives ne sont pas passées que la loi Macron 2 ou El Khomeri 2 est dans les tuyaux. Les attaques connues portent déjà 1, sur la grille de plafonnement des indemnités pour licenciement abusif pour les recours devant les prud’hommes et 2, sur le recours au référendum d’initiative patronal quand les syndicats pesant 50 % du personnel refusent de valider un accord.

Pendant, ce spectacle occlusif, le monde n’a cessé de se durcir. La Turquie continue son processus autoritaire qui élimine et enferme toute opposition à commencer par les kurdes. Un mouvement de grève de la faim a trouvé un écho jusqu’à Bordeaux avec une grève de soutien menée dans la communauté des kurdes de Bordeaux. En Israël, les conditions de vie des milliers de prisonniers palestiniens est toujours insupportable. Plusieurs centaines de prisonniers ont mené 40 jours de grève de la faim pour améliorer leurs conditions de détentions. Ils ont obtenu plus de 80% de leurs revendications, comme une deuxième visite de la famille par mois, de meilleures conditions de soins, l’accès aux sanitaires et aux repas lors des transferts entre prisons, la possibilité de recevoir des vêtements à l’occasion des visites de la famille, la possibilités d’élargir la famille au deuxième degré (neveux et nièces), le regroupement des femmes détenus dans une même prison, l’amélioration des conditions d’accouchement, la possibilité de prendre des photos avec les parents ou le conjoint une fois par an, transférer les prisonniers dans des prisons plus proches des lieux de résidence de leurs famille, sachant que les textes internationaux interdisent de détenir des prisonniers de territoires occupés hors de ces mêmes territoires. On le voit, les médias français ne nous ont pas du tout parlé de ce mouvement pour le minimum, tout juste ont-ils parlé de la fin du mouvement à la veille du ramadan.

En France aussi, la cécité au monde grandit. Les migrants mis dans les CAO sont aujourd’hui expulsés. C’est le cas des 48 migrants, venus de Calais, accueillis dans le CAO de Mérignac, qui doivent être renvoyés en Italie vers le Soudan, quand on connait la situation dramatique de ce pays entre guerre civile et famine. Ils sont placés en Centre de Rétention Administrative, au fameux CRA du commissariat central, sur décision du préfet de Gironde, Pierre DARTOUT. Police DARTOUT, Justice nulle-part ! Quand, dans même temps, l’Italie organise des manifestations massives comme en ce mois de Mai 2017 à Milan, la France regarde les morts des migrants en Méditerranée comme une information des médias italiens et pas du tout comme une question ou préoccupation européenne. Surtout ne pas voir.

Sur cet air du temps, on lira avec intérêt dans les Inrocks du 24 mai 2017 l’entretien avec Virgine Despentes sur la sortie de Vernon Subutex 3. « Les plus riches ont décidé de nous faire une guerre (..).. Je suis furieuse de ne pas l’avoir compris à ce point-là, et furieuse car ça provoque la montée des populismes en Hongrie, en Pologne, en France. Je fréquente des riches à Paris, et leur indifférence est totale. Si tu leur dis qu’en Espagne, à 60 ans, on peut être obligé de travailler pour 2,40 euros de l’heure, ils s’en foutent. Tu te rends compte qu’ils sont déjà prêts pour ce monde-là. Dans leur tête, c’est réglé : pour les pauvres, ça va être très dur, et ils s’en tamponnent. » Elle dit entre autres que Trump se dit “On vivra entre riches dans des minibulles-bunkers. Tant pis pour les crevards.” Aussi « J’ai eu longtemps l’impression que les riches ne se rendaient pas bien compte, mais là je pense que c’est pire que ça : c’est concerté, c’est ce qu’ils veulent, que les gens s’enfoncent dans une misère noire. Ils ne voient pas le travailleur comme un être humain mais comme un problème à gérer. Mais ma colère est une colère de vaincu. Dans les années 1980, quand il aurait fallu durcir le propos, quand existaient encore des structures de résistance, on aurait dû lutter beaucoup plus, mais on n’a pas compris, à l’époque, que leur idée, c’était d’en finir avec nous. Ces gens sont au-delà du cynisme. » Il y a heureusement d’autres passages plus optimistes, en rapport avec les Nuits debout, les ZAD comme Notre-Dame-des-Landes.

En fin d’émission, André nous parlera de l’anarchisme sous la Révolution française, un ouvrage d’Erwann Sommerer, une occasion de parler d’anachronisme et d’oxymore. Nous poursuivrons par l’éphéméride anarchiste du mois de juin et vous proposerons un agenda militant pour les jours à venir.

Pour conclure, nous citerons Errico Malatesta, mis en exergue dans le dernier numéro du Monde libertaire qui porte un dossier « vivre en anarchie ? » : « L’anarchie (…) est l’idéal qui pourrait même ne jamais se réaliser, de même qu’on n’atteint jamais la ligne de l’horizon qui s’éloigne au fur et à mesure qu’on avance vers elle, l’anarchisme est une méthode de vie et de lutte et doit être pratiqué aujourd’hui et toujours par les anarchistes, dans la limite des possibilités qui varient selon les temps et les circonstances ». Une proposition qui, je crois, reçoit l’adhésion de beaucoup de membres du cercle libertaire Jean Barrué qui anime cette émission.

Mais tout d’abord, partons en voyage vers la Grèce avec Adrien.

20h12 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h12 Virgule sonore (jingle invité)

20h12 – Retour sur l’expédition vers ExarcheiaAdrien – partie 1 – 14 min

Échange avec Adrien Doutreix, dit Doudou, qui a participé l’expédition vers Exarcheia, cœur du mouvement de squats autogérés à Athènes. Il s’agissait d’apporter des médicaments et d’autres matériaux pour les centres sociaux autogérés de Grèce. Adrien, peux-tu nous parler :

– du projet, de l’initiative locale ici, de la collecte ; collectif ANEPOS, Les enfants de Coluche ;

– de l’équipée, des raisons de ton engagement ;

– du périple, de la valeur symbolique de l’action, des possibilités de répétition.

20h26 Coupure musicale – 4 min – No border (Cyd)

20h30 Virgule sonore (jingle invité)

20h30 – Retour sur l’expédition vers ExarcheiaAdrien – partie 2 – 15 min

Echange avec Adrien sur son expérience sur place, les acquis du projet.

– la situation politique et sociale sur place ;

– les résistances mises en œuvre ;

– le mouvement des squats et les autres mouvements autogérés ;

– les réactions des populations face aux politiques d’austérité européenne et grecque ;

– la situation dramatique des migrants qui cherche à rejoindre l’Europe pour fuir leur pays et les jonctions avec la population grecque.

20h45 Coupure musicale – 4 min – Rebetico

20h49 Virgule sonore (jingle migrants pour Canal Sud)

20h49 – Retour sur l’expédition vers ExarcheiaAdrien – partie 3 – 15 min

Echange avec Adrien sur ce qu’il ramène ici de cette expérience.

– Politiques migratoires en Europe, de l’Europe ;

– les résistances mises en œuvre ici : squats pour accueil de migrants, ZAD, sans logis ;

– la politique répressive ici et l’œuvre du préfet de Gironde DARTOUT.

– Peut-être, nous diras-tu, Adrien, si ton voyage a modifié ou conforté ta vision du monde, de la lutte et des résistances ?

21h04 Virgule sonore (jingle invité)

21h04Adrienla citation – 16 min

Adrien, nous demandons habituellement à nos invités de conclure par une citation de leur choix et si besoin un petit commentaire.

21h20 Coupure musicale – 5 min – Kenny Arkana

21h25 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h25 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

21h25La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

«D’anachronisme en oxymore » – 7 min

21h32 Coupure musicale – 3 min – Ca ira – Edith Piaf

21h35 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h35L’éphéméride anarchiste – 12 min avec commentaires

21h47 Virgule sonore (jingle agenda)

21h47Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 10 min

21h57 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 194éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Progrès, Mika et moi-même. Et un très grand merci à notre invité, Adrien Doudou et à Laurent aux manettes de l’émission.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur les sites du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com et http://cerclelibertairejb33.free.fr en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 3 juillet 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission

Éphéméride de juin 2017

Le 1er juin 1905, à Châtelaillon (Charente-Maritime), des anarchistes ouvrent une colonie de vacances libertaires, sous le nom de Libertaire-Plage. L’initiative en revient au compagnon Brunia, pêcheur. Selon l’annonce faite dans LesTemps Nouveaux, elle ouvre durant les mois d’été du 1er juin au 1er octobre. Le séjour des colons est limité à 25 personnes par quinzaine, pour cette première année. Cette Libertaire-Plage sera fréquentée par les anarchistes individualistes parisiens du journal l’anarchie, AnnaMahé évoque d’ailleurs très précisément le compagnon Brunia qui se charge de la cuisine.

Le 4 juin 1926, naissance de Judith Malina, compagne du Julian Beck du Living Theatre.

En juin 1987, sortie à Chelles (Ile-de-France) du premier numéro de la revue Itinéraire. Éditée par des compagnons anarchistes, cette excellente revue d’histoire s’impose dès les premiers numéros par sa qualité et son sérieux. Les numéros qui paraîtront de manière irrégulière seront consacrés par ordre de publication à Durruti, Sacco et Vanzetti, Kropotkine, Rudolf Rocker, Malatesta, P.-J. Proudhon, Emma Goldman, Ricardo Flores Magon, Eugène Varlin, Henry Poulaille, Voline et Élisée Reclus, dernier numéro paru en 1998.

Le 6 juin 1982, mort de Kenneth Rexroth en Californie). L’Atelier de création libertaire, en 1977, avait publié Éloge de Kenneth Rexroth :

« Tous les États font tous les jours des choses qui, si c’était des actes d’individus, mèneraient ceux-ci tout droit en prison, et souvent à la potence. »

Le 11 juin 1832, naissance de Jules Vallès. Membre de la Commune de Paris Après divers métiers, il devient journaliste et en 1867, il lance l’hebdomadaire La Rue qui s’entoure de plumes et d’artistes célèbres, de Zola à Courbet. Mais après six mois de parution, le journal est interdit. Il lancera successivement plusieurs titres Le Peuple Le Réfractaire Le Cri du peuple qui devient le journal de la Commune. Condamné à mort, il parvient à se réfugier en Angleterre. On lira de lui L’Enfant, Le Bachelier, L’Insurgé et Les Blouses.

Le 14 juin 1968, mort de Rirette Maîtrejean qui fut mêlée à l’affaire de la bande à Bonnot :

« J’essayai d’expliquer au tribunal que si l’anarchie enseignait aux hommes le mépris des morales conventionnelles, par contre elle ne les incitait pas au meurtre. Chacun demeurait libre de se déterminer selon sa conscience… »

Le 16 juin 1923, à Buenos-Aires, Kurt Wilckens, militant anarchiste, pacifiste et tolstoïen, responsable de l’attentat contre Varela, est assassiné dans prison durant son sommeil par un fanatique de la ligue patriotique.

Le 23 juin 1971, mort de Louis Lecoin, né le 30 septembre 1888 à Saint-Amand-Montrond dans le Cher. Grâce à une grève de la faim de 22 jours, il obtint la liberté et un statut pour les objecteurs de conscience.

Du 21 au 23 juin 2002, à Münster, s’est déroulé la fête anniversaire des trente ans de Graswurzelrevolution, journal inspiré tout autant par Léon Tolstoï que par le courant non-violent de l’anarcho-syndicalisme allemand des années 1920. Le journal devient mensuel en 1981. Les rédacteurs du journal ont été poursuivis en justice pour avoir appelé au boycott, au moment de la guerre en Yougoslavie et ont fait l’objet d’une enquête pour la parution d’un article sur le sabotage comme mode d’action directe non-violent.

La publication du journal varie entre 3 500 et 5 000 exemplaires mensuels.

Le 27 juin 1869, naissance d’Emma Goldman. Sa bio complète est en cours de traduction.

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Achaïra n° 194 : Chronique de la désobéissance : D’anachronisme en oxymore

D’anachronisme en oxymore

L’idée essentielle de L’Anarchisme sous la Révolution française, c’est que « l’anarchisme a existé bien avant l’anarchisme », c’est-à-dire bien avant que Proudhon, en 1840, donne un sens positif à ce mot, bien avant le congrès de Saint-Imier de 1872 qui fonde l’Internationale antiautoritaire ; et certains n’hésitent pas à écrire que la pensée libertaire remonte à l’Antiquité, qu’elle soit grecque ou chinoise.
À vrai dire, si on ne compte pas d’anarchistes avérés pendant la Révolution française, on qualifiait ainsi ceux que l’on voulait discréditer. Pour autant, dans son texte, Erwan Sommerer ne craint pas d’assumer un anachronisme tout en éclairant son propos des déclarations des protagonistes de l’époque. Aussi convient-il de saluer ici une pensée point du tout rabâcheuse et qui ne procède pas du slogan, mais qui tente de faire jaillir une caractéristique générale qui se décline en expressions diverses où il est affirmé qu’« une séquence révolutionnaire, moment de crise et de transition entre des systèmes politiques irréconciliables, génère spontanément des modes de pensée et des comportements anarchistes, même si ceux-ci ne sont pas explicites ou assumés comme tels ».
Pierre Kropotkine, dans La Grande Révolution, avait déjà écrit qu’« elle fut la source de toutes les conceptions communistes, anarchistes et socialistes de notre époque ».
Daniel Guérin, dans La Lutte des classes sous la Première République, développa la thèse d’une révolution « par le bas ».
On ne s’étonnera donc pas que, dans cette période de contestation générale, aient surgi des idées qui seront les pierres futures de l’architecture mentale des libertaires. Mais qu’étaient-ils ces anarchistes embryonnaires qui réclamaient « l’égalité sociale et économique, et non seulement l’égalité devant la loi » ? Qu’étaient-ils ces agités, ces enragés qui revendiquaient « un partage plus juste de la propriété, la dénonciation des riches ou l’exercice le plus direct possible de la souveraineté populaire » ?
À notre grand étonnement, Erwan Sommerer nomme six personnages : Sieyès, Condorcet, Saint-Just, Marat, Sylvain Maréchal et Benjamin Constant. Oui, il n’est pour le moins pas évident du tout de les ranger sous les plis d’un drapeau noir. On se serait attendu à trouver les noms de Jacques Roux, Théophile Leclerc, Jean-François Varlet ou Claire Lacombe.
Sieyès, personnage ambivalent et au parcours politique « aux antipodes de l’anarchisme », incarne pourtant « le refus des traditions héritées du passé », il veut tout réinventer, faire table rase des temps anciens : « Une fausse idée n’a besoin d’être fécondée que par l’intérêt personnel, et soutenue de l’exemple de quelques siècles pour corrompre à la fin tout entendement. Insensiblement, et de préjugés en préjugés, on tombe dans un corps de doctrine qui présente l’extrême de la déraison. » Finalement, il combattra la contestation que lui et ses amis avaient pourtant fomentée.
Pour Condorcet, il va de soi que des institutions nouvelles émergeront des cendres de l’Ancien Régime. Pour autant, ces institutions ne seront ni définitives ni sacrées, car « les injustices peuvent donc s’enraciner et l’on peut s’y accoutumer jusqu’à perdre l’habitude de faire usage de son droit à contester », « le droit du peuple à juger, à contester et à changer ses institutions doit être préservé » ; il s’agit donc d’« institutionnaliser le droit de résistance », écrit Sommerer. Instituer la contestation conduit l’auteur à ce qu’il nomme un oxymore grossier, une « constitution anarchiste », expression qui fera hurler certains. Par là, les ex-révoltés assagis instaurent des règles, définissent des limites, dictent les normes à ne pas transgresser, introduisent la répression car il s’agit moins de savoir terminer une révolution que d’une tentative pour l’inscrire dans le fonctionnement de la société, donc de préserver la contestation.
« On ne peut régner innocemment », avait proclamé Saint-Just à la tribune de la Convention en direction d’un Louis XVI ; un Saint-Just pétri d’histoire romaine où le tyrannicide était la première forme de résistance ; « basculement vers la pensée anarchiste » où la mise à mort des oppresseurs se pratiqua un temps avec ardeur. La résistance à la tyrannie royale portera donc en elle une « démystification plus générale du pouvoir » et finira par englober « l’ensemble des gouvernants ».
« Il est une vérité éternelle dont il est important de convaincre les hommes : c’est que le plus mortel ennemi que les peuples aient à redouter est le gouvernement », écrit Marat dans Les Chaînes de l’esclavage. Par ailleurs, Sommerer met l’accent sur le fait que « le pouvoir, par essence, tend inévitablement au despotisme ». Il ajoute que « la question du caractère intrinsèquement néfaste du pouvoir, et donc de tout régime étatique quelle que soit sa forme, est centrale chez Marat ».
Sans doute Sylvain Maréchal est-il le seul anarchiste indiscutable parmi les six personnages cités, surtout quand il écrit : « Disparaissez enfin, révoltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de maîtres et de valets, de gouvernants et de gouvernés. » D’un athéisme intransigeant, il sait que la religion est essentielle au maintien de l’ordre social. Dans un récit, Voyages de Pythagore, il décrit un rite du peuple des Ausones où, pour purger régulièrement la société de ses chefs, on les jette dans un volcan.
Quant à Benjamin Constant, on se demande ce qu’il vient faire dans cet ensemble improbable, surtout dans la mesure où on le décrit comme foncièrement antianarchiste. Il est là pour marquer le contraste entre l’attitude certes ambivalente des autres auteurs et la sienne, sclérosée : il arrivait trop tard.

On voudra bien reconnaître que quelques-uns de ces personnages − du moins à certains moments de leur vie − ont pu porter une part d’anarchisme dans leurs idées, mais, avec le temps et le contact du pouvoir, une valeur s’est perdue, celle de la désobéissance et de la transgression à l’origine de tout mouvement révolutionnaire.

Erwan Sommerer, L’Anarchisme sous la Révolution française.
De la table rase institutionnelle à la contestation permanente des lois.
Le Monde libertaire éd., 2016, 72 p.

 

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Présidentielle : interview de Julien Coupat et Mathieu Burnel

Une interview de Julien Coupat et Mathieu Burnel publiée sur le site du Monde le 19 avril (voir ci-dessous) :
https://lundi.am/Julien-Coupat-et-Mathieu-Burnel-sont-poursuivis-depuis-plus-de-8-ans-dans-ce

Extraits :
« Quel qu’il soit, le nouveau président sera tout aussi fantoche que l’actuel, sa légitimité à gouverner sera tout aussi introuvable, il sera tout aussi minoritaire et impotent« . « Les élections n’ont jamais eu pour fonction de permettre à chacun de s’exprimer politiquement, mais de renouveler l’adhésion de la population à l’appareil de gouvernement, de la faire consentir à sa propre dépossession« .

« Les bateleurs qui montent sur des estrades pour vanter les « solutions » qu’ils se font fort de mettre en œuvre une fois élus, ne parlent qu’à notre besoin d’illusion. À notre besoin de croire qu’il existerait une sorte de changement décisif qui nous épargnerait, qui nous épargnerait notamment d’avoir à combattre. Toutes les « révolutions » qu’ils promettent ne sont là que pour nous permettre de ne rien changer à ce que nous sommes, de ne prendre aucun risque, ni physique ni existentiel. Ils ne sont candidats qu’à l’approfondissement de la catastrophe. De ce point de vue, il semble que chez certains le besoin d’illusion soit impossible à rassasier« .

« Jean-Luc Mélenchon n’est rien, ayant tout été, y compris lambertiste. Il n’est que la surface de projection d’une certaine impuissance de gauche face au cours du monde. Le phénomène Mélenchon relève d’un accès de crédulité désespéré. Nous avons les expériences de Syriza en Grèce ou d’Ada Colau à la mairie de Barcelone pour savoir que la « gauche radicale », une fois installée au pouvoir, ne peut rien. Il n’y a pas de révolution qui puisse être impulsée depuis le sommet de l’État. Les gouvernements de « gauche radicale », qui prétendent s’appuyer sur des « mouvements populaires », finissent plutôt par en venir à bout, non à coup de répression, mais de dépression« .

« Marine Le Pen a une fonction précise au sein du système politique français : forcer par la menace qu’elle représente la participation à des procédures auxquelles plus personne ne croit, faire voter les uns et les autres « en se bouchant le nez », droitiser jusqu’à l’absurde les termes du débat public et figurer au sein même du système politique une fausse sortie de celui-ci – alors même qu’elle en forme la clef de voûte« .

« Il nous faut d’urgence réarmer nos perceptions et notre imagination politiques. Parvenir à déchiffrer cette époque et à déceler les possibles qu’elle contient, les chemins praticables. Et tenir qu’il n’y a pas eu de présidentielle, que tout ce cirque a assez duré, que ce monde doit être mis à l’arrêt au plus vite partout où nous sommes, sans attendre l’abîme. Cesser d’attendre, donc. Reprendre confiance en nous-mêmes« .

Ce texte pourrait rejoindre d’autres mis sur le site http://cecinestpaslademocratie.org ?

Interview de Julien Coupat et Mathieu Burnel

Quel jugement portez-vous sur la campagne présidentielle ?

Quelle campagne ? Il n’y a pas eu de campagne. Il n’y a eu qu’un feuilleton, assez haletant à vrai dire, rempli de rebondissements, de scandales, de tension dramatique, de suspense. Beaucoup de bruit, un peu de fureur, mais rien qui soit à même de percer le mur de la perplexité générale. Non qu’il manque, autour de chaque candidat, de partisans diversement fanatisés tournant en rond dans leur bulle virtuelle. Mais ce fanatisme même ne fait qu’ajouter au sentiment d’irréalité politique. Un graffiti, laissé aux abords de la place de la Nation par la manifestation du 1er Mai 2016, disait : « Il n’y aura pas de présidentielle ». Il suffit de se projeter au lendemain du second tour pour s’aviser de ce que ce tag contenait de prophétique : quel qu’il soit, le nouveau président sera tout aussi fantoche que l’actuel, sa légitimité à gouverner sera tout aussi introuvable, il sera tout aussi minoritaire et impotent. Cela ne tient pas seulement à l’extrême usure de la politique, au fait qu’il est devenu impossible de croire honnêtement à ce qui s’y fait et à ce qui s’y dit, mais au fait que les moyens de la politique sont dérisoires au regard de la profondeur de la catastrophe en cours. Que peut la politique et son univers proclamatoire quand s’effondrent concomitamment les écosystèmes et les subjectivités, la société salariale et l’ordre géopolitique mondial, le sens de la vie et celui des mots ? Rien. Elle ne fait qu’ajouter au désastre. Il n’y a pas de « solution » au désastre que nous traversons. Penser en termes de problèmes et de solutions fait précisément partie de ce désastre : ce n’est qu’une manière de nous préserver de toute remise en question sérieuse. Or ce que l’état du monde met en cause, ce n’est pas seulement un système politique ou une organisation sociale, mais une civilisation, c’est-à-dire nous-mêmes, nos façons de vivre, d’être, de se lier et de penser. Les bateleurs qui montent sur des estrades pour vanter les « solutions » qu’ils se font fort de mettre en œuvre une fois élus, ne parlent qu’à notre besoin d’illusion. À notre besoin de croire qu’il existerait une sorte de changement décisif qui nous épargnerait, qui nous épargnerait notamment d’avoir à combattre. Toutes les « révolutions » qu’ils promettent ne sont là que pour nous permettre de ne rien changer à ce que nous sommes, de ne prendre aucun risque, ni physique ni existentiel. Ils ne sont candidats qu’à l’approfondissement de la catastrophe. De ce point de vue, il semble que chez certains le besoin d’illusion soit impossible à rassasier.

Vous dites cela, mais jamais dans une élection il n’y a eu autant de candidats jurant de « renverser la table » ? Et comment pouvez-vous tenir pour rien l’enthousiasme soulevé ces dernières semaines par la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?

Jean-Luc Mélenchon n’est rien, ayant tout été, y compris lambertiste. Il n’est que la surface de projection d’une certaine impuissance de gauche face au cours du monde. Le phénomène Mélenchon relève d’un accès de crédulité désespéré. Nous avons les expériences de Syriza en Grèce ou d’Ada Colau à la mairie de Barcelone pour savoir que la « gauche radicale », une fois installée au pouvoir, ne peut rien. Il n’y a pas de révolution qui puisse être impulsée depuis le sommet de l’État. Moins encore dans cette époque, où les États sont submergés, que dans aucune autre avant nous. Tous les espoirs placés en Mélenchon ont vocation à être déçus. Les gouvernements de « gauche radicale », qui prétendent s’appuyer sur des « mouvements populaires », finissent plutôt par en venir à bout, non à coup de répression, mais de dépression. La virulence même des mélenchonistes atteste suffisamment de leur besoin de se convaincre de ce qu’ils savent être un mensonge. On ne cherche tant à convertir que de ce à quoi l’on n’est pas sûr de croire. Et en effet, nul n’a jamais renversé un système en en respectant les procédures. Au reste, les élections n’ont jamais eu pour fonction de permettre à chacun de s’exprimer politiquement, mais de renouveler l’adhésion de la population à l’appareil de gouvernement, de la faire consentir à sa propre dépossession. Elles ne sont plus désormais qu’un gigantesque mécanisme de procrastination. Elles nous évitent d’avoir à penser les moyens et les formes d’une révolution depuis ce que nous sommes, depuis là où nous sommes, depuis là où nous avons prise sur le monde. S’ajoute à cela, comme à chaque présidentielle dans ce pays, une sorte de résurgence maladive du mythe national, d’autisme collectif qui se figure une France qui n’a jamais existé. Le plan national est devenu celui de l’impuissance et de la névrose. Notre puissance d’agir se situe en deçà et au-delà de cet échelon débordé de toute part.

Mais alors, que proposez-vous ? De laisser Marine Le Pen accéder au pouvoir ?

Il est patent que Marine Le Pen a une fonction précise au sein du système politique français : forcer par la menace qu’elle représente la participation à des procédures auxquelles plus personne ne croit, faire voter les uns et les autres « en se bouchant le nez », droitiser jusqu’à l’absurde les termes du débat public et figurer au sein même du système politique une fausse sortie de celui-ci – alors même qu’elle en forme la clef de voûte. Évidemment que la question n’est pas de sortir de l’euro, mais de sortie de l’économie, qui fait de nous des rats. Évidemment que le problème n’est pas l’envahissement par les « étrangers », mais de vivre dans une société où nous sommes étrangers les uns aux autres et à nous-mêmes. Évidemment que la question n’est pas de restaurer le plein emploi, mais d’en finir avec la nécessité de faire tout, et surtout n’importe quoi, pour « gagner sa vie ». Évidemment qu’il ne s’agit pas de « faire de la politique autrement », mais de faire autre chose que de la politique – tant il est devenu évident que la politique n’est, à tous les niveaux, que le règne de la feinte et de la manigance. Aucune révolution ne peut être plus folle que le temps que nous vivons – le temps de Trump et de Bachar, celui d’Uber et de l’État Islamique, de la chasse aux Pokémons et de l’extinction des abeilles. Se rendre ingouvernable n’est plus une lubie d’anarchiste, c’est devenu une nécessité vitale dans la mesure où ceux qui nous gouvernent tiennent, de toute évidence, la barre d’un navire qui va au gouffre. Les observateurs les plus mesurés admettent que la politique se décompose, qualifient cette campagne d’« insaisissable » pour ne pas dire « inexistante ». Nous n’avons aucune raison de subir un rituel devenu si évidemment nocif. Nous sommes lassés de comprendre pourquoi tout va mal.

Vous pensez donc qu’il n’y a rien à attendre de ces élections ?

Si, bien sûr : leur débordement. Il y a un an, il a suffi de quelques youtubeurs et d’une poignée de lycéens pour lancer un intense conflit de plusieurs mois au motif de la loi Travail. Ce qui s’est alors traduit par des affrontements de rue réguliers n’était que l’extrême discrédit de l’appareil politique, et par contrecoup le refus de se laisser gouverner. Croyez-vous qu’au lendemain d’élections qui prennent cette fois dès le premier tour la forme du chantage à la démocratie, le dégoût de la politique sera moindre qu’alors ? Croyez-vous que chacun va sagement continuer de constater devant son écran la démence du spectacle de la politique ? Qu’il ne viendra à personne l’idée d’investir la rue de nos corps plutôt que les candidats de nos espoirs ? Croyez-vous que ces élections aient quelque chance d’apaiser l’inquiétude des âmes ? Il faut être naïf pour penser que la génération qui s’est formée politiquement dans le conflit du printemps dernier, et n’a pas cessé depuis lors de se former encore, va avaler cette supercherie parce qu’on leur propose désormais du bio à la cantine et une assemblée constituante. Depuis plusieurs mois, il ne s’est pas passé deux semaines sans que des affrontements n’éclatent aux quatre coins du pays, pour Théo, contre la police ou tel ou tel meeting du FN. Évidemment, cela reste minoritaire et les élections, en tant que non-événement, vont bien avoir lieu. La question est donc la suivante : comment faire pour que le vide intersidéral qui éclatera au lendemain des élections quel que soit le vainqueur ne soit pas le seul fait des « jeunes », immédiatement réduits par un déploiement policier démesuré ? Pour cela, il nous faut d’urgence réarmer nos perceptions et notre imagination politiques. Parvenir à déchiffrer cette époque et à déceler les possibles qu’elle contient, les chemins praticables. Et tenir qu’il n’y a pas eu de présidentielle, que tout ce cirque a assez duré, que ce monde doit être mis à l’arrêt au plus vite partout où nous sommes, sans attendre l’abîme. Cesser d’attendre, donc. Reprendre confiance en nous-mêmes. On pourra alors dire, comme Benjamin Fondane : « Le monde est fini. Le voyage commence. »

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Communiqué 2e tour – fédération anarchiste

SECOND TOUR DES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES
Changer le monde ne passe pas par le changement des dirigeants

Plus de 8 millions d’électeurs se sont exprimés en faveur d’une politique libérale floue et démagogique ; plus de 7 millions ont plébiscité un programme basé sur la xénophobie et le mensonge ; 7 millions ont fait confiance à un voleur réactionnaire ; près de 7 millions ont opté pour l’aventure d’un populisme de gauche, et beaucoup se sont contentés d’être fidèles à de vieilles convictions…
La Fédération anarchiste n’attendra pas de progrès social à l’issue du second tour des présidentielles, quel que soit le vainqueur, même s’il est aussi permis de faire le pronostic que cette issue n’est pas forcément équivalente quant aux libertés individuelles et collectives dans une époque où de plus en plus de dictateurs sont élus.
Nous savons cependant qu’il n’y aura d’émancipation que grâce aux luttes sociales et environnementales et aux constructions d’alternatives.
Les années qui viennent seront encore des années de luttes contre la xénophobie, contre les reculs sociaux partout où le patronat, avec l’aide du prochain gouvernement, tentera toujours d’imposer sa volonté, et contre toutes les mesures liberticides qui s’accumulent depuis trop longtemps.

Changer le monde ne passe pas par le changement des dirigeants.

27 avril 2017
Communiqué 2e tour.pdf

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Achaïra n°193 l’émission radio du lundi 3 avril 2017

 

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 193 du lundi 3 avril 2017

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 193 du lundi 3 avril 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h03 – sommaire de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 193éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Progrès, Mika et Laurent, de nouveau aux manettes de l’émission. Cette édition sera accompagnée du son du groupe Dubamix venue début mars à Saint Astier en Dordogne et a donné à un entretien enregistré que nous vous passerons en milieu d’émission. Bruno Darraquy nous a rejoint pour cette émission où il annoncera enfin la sortie du beau travail qu’il a participé à créer autour de François Villon, j’ai bien dit Vi-llon.

Mais tout d’abord, nous lancerons la chronique d’André la chronique de la désobéissance aujourd’hui sur la bureaucratie à partir d’un ouvrage de David Graeber. Un thème qui nous permettra de rebondir et de débattre entre nous pendant une quarantaine de minutes.

20h05 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

20h05 – La chronique de la désobéissance – André (téléphone)

« La bureaucratie » – 7 min

20h12 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h12 – Débat autour de la bureaucratie – partie 1 – 12 min

Débat critique autour des utopies, utopies fermées et ouvertes

20h24 Coupure musicale – 3 min 21 – Ursus Minor – The Word of Lucy Parsons – album « What matters now »

20h28 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h28 – Débat autour de la bureaucratie – partie 2 – 12 min

Débat autour de bureaucratie et des violences structurelles vécues

20h40 Coupure musicale – 3 min 01 – Ursus Minor – Rythme Futur – 12 – album « What matters now »

20h43 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h43 – Débat autour de la bureaucratie – partie 3 – 12 min

Débat autour d’autogestion et de la nécessité ou pas des règles et usages utiles et lesquelles

20h55 Virgule sonore (jingle Achaïra)

20h55 Coupure musicale – 4 min 18 – Dubamix – Les P’tits tracts

21h00 Virgule sonore (jingle invité)

21h00– L’interview, Dubamix, 27 min

Dubamix à Saint Astier (24) – présentation 9 min

L’entretien enregistré 17 min 29

21h27 Coupure musicale – 3 min 55 – Bruno Daraquy – La balade des pendus (de François Villon) – Musique : Malto

21h31 Virgule sonore (jingle invité)

21h31– L’invité, Bruno Daraquy, 13 min

Le coffret François Villon « corps à coeur » de Joblin – Malto – Daraquy

paru aux éditions Y.I.L. au 09.67.73.78.45 – 27€ Le livre + CD – 12€ le CD seul

contact scène : Le Merle Moqueur 6, rue Jules Steeg, 33800 Bordeaux – lemerlemoqueur

21h44 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h44 – L’éphéméride anarchiste – 5 min

21h49 Virgule sonore (jingle agenda)

21h49 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 8 min

21h57 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 193éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Progrès, Mika et moi-même. Et un très grand merci à notre invité, Bruno Darraquy et à Laurent aux manettes de l’émission.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur les sites du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com et http://cerclelibertairejb33.free.fr en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 3 avril 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission

Ephéméride anarchiste d’avril

Le 3 avril 1837, naissance de Paul Robin. Pédagogue anarchiste, il participe à la Première Internationale. En 1880, il prend la direction d’un orphelinat à Cempuis et met en pratique une pédagogie libertaire tout à fait originale.

« Laissez l’enfant faire lui-même ses découvertes, attendez ses questions, répondez-y sobrement, avec réserve, pour que son esprit continue ses propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de lui imposer des idées toutes faites, banales, transmises par la routine irréfléchie et abrutissante. »

En avril 1964, sortie du Bulletin de liaison et de discussion des Jeunes Libertaires. C’est dans ce numéro qu’apparaît pour la première fois le A cerclé.

Le 4 avril 1901, sortie à Paris de L’Assiette au Beurre. Célèbre revue satirique illustrée et paraissant toutes les semaines, elle est tirée à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. De très nombreux illustrateurs, la plupart anarchistes ou anarchisant comme A. Delannoy, Grandjouan, Hermann-Paul, H.G. Ibels, Jossot, Kupka, Léandre, Poulbot, Roubille, Steinlen, Vallotton, Van Dongen, Willette, etc., y collaboreront.

Le 6 avril 1878, à Berlin, naissance d’Erich Mühsam qui, en 1904, participe à la communauté de Monte Verita à Ascona. En 1909, il fonde le journal Kain ; en avril 1919, il participe à la République des Conseils de Bavière. Arrêté le 28 février 1933, il est finalement assassiné par les nazis.

Le 7 avril 1870, naissance de Gustav Landauer. Après la défaite des spartakistes, il s’engage avec Erich Mühsam dans le mouvement des conseils ouvrier, en devient le « responsable à l’éducation ». Le 2 mai 1919, il est abattu dans la rue par des soldats, envoyés par le socialiste Noske pour mater l’insurrection bavaroise.

En avril 1965, sortie de la revue trimestrielle Anarchisme et non-violence.

Le 9 avril 1834, à Lyon, début de l’insurrection des Canuts. C’est le début de la Sanglante Semaine.

Le 12 avril 1913, à Paris, à la tête d’une manifestation de plusieurs milliers de sans-logis, l’anarchiste Georges Cochon, fondateur de la Fédération nationale des locataires investit l’hôtel de ville pour réclamer le droit au logement pour tous.

Le 19 avril 1912, naissance de Joséphine Coueille (dite Andrée). Elle sera impliquée dans L’Affaire des stérilisés de Bordeaux avec son compagnon André Prévôtel. En 1939, pour propos défaitistes et incitation de militaires à la désobéissance, elle restera cinquante jours au secret à la prison militaire de Tours.

Le 21 avril 1841, naissance d’Anselmo Lorenzo, à Tolède (Espagne). Figure incontournable de l’anarchisme espagnol, il sera surnommé « le grand-père de l’anarchisme ».

 

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