Chronique de la désobéissance : Solidaires et désobéissants

Solidaires et désobéissants

Solidaires est un beau mot ; il avait été employé pendant la guerre d’Algérie pour, au sein de l’Action civique non-violente, différencier les « réfractaires » à cette guerre de ceux – les « solidaires » – qui s’engageaient à suivre les premiers en prison.

« Désobéissants », et ses déclinaisons, est un autre mot qui nous est cher, car il ouvre la porte à la liberté : « Soyez résolus à ne plus servir et vous serez libres », écrivait La Boétie.

De nos jours, de plus en plus souvent, nous pouvons constater que ces mots et les pratiques correspondantes se retrouvent dans les informations de nos journaux, de nos écrans, etc.

Ainsi, deux numéros de la revue syndicaliste Les Utopiques font référence à l’acte de désobéissance que pratiquaient les réfractaires ; les désobéissances multiples que décrivent ces Utopiques ont, de plus, à lutter contre le détournement de l’état d’urgence décrété le 13 novembre 2015 pour lutter contre le terrorisme, détournement gouvernemental qui restreint en fait le droit de se réunir et de manifester et qui institutionnalise un état d’exception permanent ; manœuvre étatique que décrit magistralement l’avocat Jean-Jacques Gandini dans l’introduction au numéro 5.

Le texte qui suit est une analyse d’« inculpés dans l’affaire dite “de Tarnac” » qui décortique la pratique gouvernementale « antiterroriste » moins comme une forme de répression policière que comme un mode de gouvernement qui a pour but de mater la contestation sociale. Ils avancent :

« Les temps qui s’ouvrent, pour sombres qu’ils soient, offrent un boulevard paradoxal à la révolution : toutes les options gouvernementales ayant échoué, il ne reste plus qu’une question, et mille façons d’y répondre : comment vivre sans gouvernement ? »

En comparant avec le régime dictatorial de l’actuelle Éthiopie – et la comparaison n’est pas gratuite –, Malika Danoy écrit que l’« on retrouve cette idée d’impuissance des gouvernants à faire face à une crise qui dure et s’approfondit » et qu’ils sont prêts à tout pour se maintenir au pouvoir malgré leur incapacité à trouver des solutions à la question sociale.

« Contester dans l’armée », article de Théo Roumier, ce n’est pas contester l’armée : en mai 1974 est lancé l’Appel des cent, de cent soldats qui revendiquent, tel un quelconque syndicat ouvrier réformiste, une solde égale au smic, la gratuité des transports, la suppression des brimades, etc.

Mais c’est le 7 juin 1997, bien avant le décret d’état d’urgence, que les Faucheurs volontaires passent à la désobéissance civile non-violente contre les organismes génétiquement modifiés (OGM) avec nombre de procès à la clé. C’est ce que décrit en connaissance de cause Jean-Luc Juthier, lui-même paysan et faucheur volontaire. Il s’agit, au final, d’empêcher que « trois firmes transnationales prennent le contrôle de l’alimentation mondiale par l’appropriation de l’ensemble des semences existantes ».

« Les désobéissances sur le rail » de Christian Mahieux dresse un large tableau des militances cheminotes ; une des premières datant du 11 avril 1871 quand des ouvriers de l’atelier de Périgueux, solidaires de la Commune de Paris, refusèrent d’envoyer à Versailles des wagons blindés. Plus tard, lors de la grève de 1910, les cheminots n’hésitèrent pas à pratiquer différentes formes de sabotage : « Avec deux sous d’une certaine matière, utilisée à bon escient, il nous est possible de mettre une locomotive dans l’impossibilité de fonctionner. » On note que, déjà pendant la Résistance, le terme de « terroristes » était appliqué par l’occupant allemand à ceux qui « résistaient » ; aujourd’hui, le mot de « terroristes » est repris couramment par les divers pouvoirs pour qualifier des actes parfaitement non-violents.

Avec « Désobéissance à l’usine : la perruque ouvrière » – la « perruque » étant la fabrication d’objets à son usage personnel pendant le temps de travail en utilisant le matériel et les outils de l’entreprise –, Robert Kosman introduit la notion d’« illégalité » qui accompagne souvent un combat même lorsqu’il est non-violent.

C’est le « freinage au travail » que met en exergue François Reyssat dans « Résister à la domination dans le nettoyage » ; il s’agit pour la main-d’œuvre nettoyeuse de se réapproprier le temps et les espaces géographique et sociaux ; ce que ne comprend pas tout de suite l’auteur du papier, « établi » sur les lieux du travail le temps d’une thèse.

L’apparition d’« un collectif syndical contre l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et son monde », lors de la manifestation du 1er mai à Nantes – événement totalement ignoré de la grande presse –, est décrite par Jean-Luc Dupriez ; ce collectif « entend contester le projet d’aéroport à partir d’une approche syndicale différente et complémentaire des arguments déjà avancés par les  autres composantes du mouvement anti-aéroport » ; collectif qui affirme :

« Nous ne laisserons pas détruire la ZAD et ses terres, ni expulser celles et ceux qui la font vivre, pour le seul intérêt des actionnaires de Vinci et des spéculateurs immobiliers. »

L’auteur note que cette manifestation du 1er mai s’est déroulée « sans chahut et sans casse de vitrines » et que c’est « cette convergence des luttes qui nous permettra de bousculer le vieux monde et de l’aider à s’écrouler ».

Un collectif similaire s’est constitué à Rennes.

Le mot « désobéissance(s) » figure en couverture du numéro 6 des Utopiques (bien sûr, d’autres thèmes tout aussi intéressants les uns que les autres sont abordés dans les deux numéros que nous citons). C’est pourquoi on ne s’étonnera pas que Laurent Degoussée, dans l’article d’ouverture de ce numéro 6 sur le « référendum d’entreprise », cite La Boétie.

« Pour que les hommes, tant qu’ils sont des hommes, se laissent assujettir, il faut de deux choses l’une : ou qu’ils y soient contraints, ou qu’ils soient trompés. »

Plusieurs articles sur les Nuits debout témoignent – toutes contestations confondues – de la recherche d’une parole libérée : « À la fin de la manif, on ne se disperse pas, on reste devant la préfecture, on discute de la suite. » Place à l’imagination, car on va à la découverte d’autre chose… Devons-nous voir des appels à la désobéissance quand « le collectif se réunissait chaque soir sur la place publique (sans autorisation !) » ?

« Contester l’armée » de Christian Mahieux semble une avancée par rapport à « Contester dans l’armée » du précédent numéro. Qu’en est-il ? L’auteur fut « objecteur insoumis » dans la période fin des années 1970, début des années 1980, avant l’abolition de la conscription en 1997 ; pour autant, on s’étonnera qu’il ne cite pas Réfractaires à la guerre d’Algérie, édité par Syllepse qui publie aussi… Les Utopiques. Par exemple, il n’aurait pas écrit que les objecteurs d’alors condamnés par les tribunaux militaires allaient en prison… militaire quand ils étaient tout simplement pris en charge par l’Administration pénitentiaire et mélangés aux… droits communs. Et la vision d’ensemble de l’auteur se serait pour le moins élargie.

Rappelons brièvement les faits : une culture de la désobéissance civile, en France, est née, dans un premier temps, d’une contestation de l’armement atomique, puis, pendant la guerre d’Algérie, de la dénonciation, en actes, des camps d’assignation à résidence pour les Algériens « suspects » ; elle se poursuit par le soutien, en actes, des jeunes réfractaires qui refusent de faire cette guerre coloniale. Un statut de l’objection obtenu, des dizaines de milliers de jeunes gens échappés à la machine militaire à décerveler ont pu transmettre, à l’exemple des objecteurs en service civil, leur expérience de la désobéissance (lire Civils, irrémédiablement ! Service civil et refus de servir, 1964-1969, à paraître au début de 2018 aux Éditions libertaires). Et l’aventure du Larzac (1971-1981) n’aurait pas été ce qu’elle fut sans d’anciens objecteurs travaillant sur les lieux qui firent intervenir Lanza del Vasto pour donner au combat sa qualité particulière (voir Pierre-Marie Terral, Larzac, de la lutte paysanne à l’altermondialisme chez Privat).

Quant à la lutte des objecteurs insoumis et des objecteurs totaux, c’est une histoire qui reste à écrire. Par la suite, d’autres luttes non-violentes de différents caractères se dérouleront. Depuis, ces formes d’action n’ont pas cessé.

C’est pour cela que nous voyons, sans étonnement et avec intérêt, cette culture de la désobéissance montrer son nez dans une revue syndicaliste comme Les Utopiques. Gandhi avait soutenu les ouvriers de Champaran, César Chavez s’illustra avec le boycott du raisin, Luther King, juste avant d’être assassiné, avait entrepris une action avec les éboueurs, etc. L’action syndicale n’est en rien étrangère à l’activité non-violente ; la lutte des classes n’est pas incompatible avec l’action de désobéissance non-violente.

Si le syndicalisme peut intégrer dans sa boîte à outils la désobéissance civile, c’est aussi le cas d’Attac, comme le montre l’article de Raphaël Pradeau dans « La désobéissance pour faire avancer les revendications altermondialistes ». Attac, dont le but est de traquer les banques et les multinationales qui ne respectent pas la loi, n’appelait pas, à ses débuts, ses militants à enfreindre la loi, mais a découvert que la désobéissance civile était « un moyen efficace pour interroger l’articulation entre légalité et légitimité », car ce n’est pas parce que la pratique de l’optimisation fiscale des multinationale est légale qu’elle est tolérable. Il est aussi constaté que ces actions non-violentes, à visage découvert, empreintes d’humour, ludiques, joyeuses et créatives bénéficient du large soutien de l’opinion.

« Si la solidarité avec les étrangers est un délit, alors nous sommes tous délinquants », c’est de cela que témoigne Ibtissam Bouchaara dans « Délinquants solidaires ».

Le monde change lentement à notre gré, et des mots nouveaux accompagnent les transformations ; les luttes prennent des formes inédites ; le vocabulaire se précise : nous sommes loin, sur ce point seulement, d’Émile Pouget qui dans Le Sabotage, cité dans cette revue, parlait de « résistance passive ». Mais rien moins que passifs voulons-nous être…

Allez ! Désobéissons ! Et nous serons libres ! D’une liberté toutefois périlleuse, sans aucun doute.

André Bernard

15 décembre 2017

Les Utopiques, cahiers de réflexions publiés par l’Union syndicale Solidaires

nos 5 (juin 2017) et 6 (novembre 2017)

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http://www.lesutopiques.org/

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Achaïra n°198 l’émission radio du lundi 4 décembre 2017

 

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 198 du lundi 4 décembre 2017

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici ou ci-dessous :

Sommaire de l’émission Achaïra n° 198 du lundi 4 décembre 2017

20h05 – interventions sonores

Bonsoir, auditrices et auditeurs, l’équipe d’Achaïra prend ses marques dans le studio libéré par Kaléidoscope et vous offre pendant ce temps quelques minutes instrumentales. On se retrouve dans 10 minutes pour le direct. A tout de suite.

20h05 – Illustration musicale n°0 – 5 min – Durruti – CD 1 – plages 1 et 2 –

http://www.natomusic.fr/catalogue/musique-jazz/cd/nato-disque.php?id=119&numCD=1

20h10 – interventions sonores

Vous écoutez Achaïra, l’émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99. Nous vous offrons quelques minutes instrumentales et on se retrouve très vite pour le direct. A tout de suite.

20h10 – Illustration musicale n°1 – 5 min 30 – Ursus Minor – CD 2 – plage 13

http://www.autrefutur.net/What-Matters-Now-Ursus-Minor-Zad-song

https://www.facebook.com/Ursus-Minor-154018631296096/

20h15 – générique raccourci– (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h17 – sommaire-éditorial de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 198éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec Esméralda, Fabienne, Progrès, Thierry et Laurent aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous reviendrons sur l’éphéméride du mois de novembre, rédigé par André, que nous n’avons pas eu le temps de vous offrir, il portait sur la vie et l’œuvre d’Etienne de la Boétie et il deviendra le cœur de la chronique de la désobéissance de ce mois de décembre, accompagné des recherches d’Esméralda et Progrès. Nous vous avions parlé en octobre de la sortie du film de Raoul Peck, « Le jeune Marx ». Gaetano Manfredonia, historien anarchiste était invité par Jean-Louis Ribreau pour accompagner certains des débats sur ce film dans le cadre de la tournée Clin d’œil de l’Association des Cinémas de Proximité de Gironde. Nous n’avons pas manqué de le rencontrer et de nous entretenir avec lui. Vous entendrez quelques extraits choisis par Esméralda et Progrès. Enfin, en guise d’éphéméride, Thierry nous brossera le portrait et la vie de Pierre Kropotkine. Il sera ensuite temps alors pour nous de vous proposer quelques rendez-vous avec l’agenda militant.

20h19 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

20h20– La chronique de la désobéissance – 5 mn (texte d’André – lecture Fabienne)

« Etienne de La Boétie » histoire de la servitude volontaire.

20h23 – Illustration musicale n°2 – 3 min 22 –

20h26 – débat autour de la chronique d’André – 22 min

Faire connaître Etienne de La Boétie.

20h48 – Illustration musicale n°3 – 3 min 54 – « François Villon, corps à cœur » par Bruno Daraquy

https://www.youtube.com/watch?v=lXrdgtTCBnk

https://www.youtube.com/watch?v=pJrGeI5eO-M

Vous venez d’écouter « Ballade des pendus » sur Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

20h52 – Virgule sonore (jingle l’invité)

20h52 – Entretien avec Gaetano Manfredonia – 11/13 min [enregistrement]

Réalisé au cinéma Jean Eustache lors de la projection du film « le Jeune Marx »

20h57 – extraits

21h08 – retour sur l’entretien

21h09 Illustration musicale n°4 – 2 min 04 – « La Ravachole »

https://www.youtube.com/watch?v=9yJ7OmjZp4I

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

21h11 Virgule sonore (jingle l’invité)

21h12 – Rencontre avec Gaetano Manfredonia – partie 2 – 9/10 min [enregistrement]

21h12 – extrait n°2

21h21 – retour sur l’entretien

21h22 – Illustration musicale n°5 – 5 min 45 – « La semaine sanglante » par les Amis d’ta femme

https://www.youtube.com/watch?v=ERNYqUNIvY4

21h27 Virgule sonore (jingle l’invité)

21h28 – Rencontre avec Gaetano Manfredonia – partie 3 – 7/11 min [enregistrement]

21h28 – extrait n°3

21h36 – retour sur l’entretien

21h37 Illustration musicale n°6 – 2 min 06 – « Bella Ciao »

https://www.youtube.com/watch?v=4CI3lhyNKfo

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

21h39 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h40 – L’éphéméride anarchiste – 7 min

Piotr Kropotkine par Thierry

21h53 Virgule sonore (jingle agenda)

21h53 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 8 min

22h04 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 198éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Progrès, Fabienne, Thierry et moi-même. Et un très grand merci à nos invités Etienne de La Boétie, Gaetano Manfredonia et Pierre Kroptotkine, et à André pour son portrait d’Etienne de la Boétie, à Anita pour sa participation à la conception de cette émission et à Laurent aux manettes de l’émission. Nous espérons bien pouvoir très bientôt remercier de leur présence Flora, Mika, Germain et Fabien Casse-bonbon. Un grand bonsoir à elle et eux.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillé et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 5 février 2018 à 20h10 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h07 – Fin de l’émission

https://www.youtube.com/watch?v=RzspNGx5wt4

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Achaïra n° 198 : éphéméride de décembre

ÉPHÉMÉRIDE DÉCEMBRE 2017 – Pierre KROPOTKINE

Pierre Kropotkine (1842-1921) a été l’un des plus grands théoriciens de l’anarchisme. « Prince et géographe », il est moins connu que Bakounine (1814-1876). Savant et non homme d’action, partisan des alliés pendant la Première Guerre mondiale, récupéré par les Soviétiques (une grande artère et une station de métro portent son nom à Moscou), critiqué par les anarchistes comme scientiste…

La pensée de Kropotkine pourrait sembler dépassée. Et pourtant ! On oublie ou on ignore l’influence de ses écrits sur la révolution espagnole de 1936-1939, Abad de Santillan, Isaac Puente, Pierre Besnard s’en sont inspirés mais l’organisation même de l’autogestion s’inscrivait dans le cadre prévu par lui (la conquête du pain).

Né dans une vieille famille aristocrate, Kropotkine reçoit un enseignement militaire et scientifique de 1857 à 1862. De 1862 à 1867, il vit en Sibérie où il étudie la géographie des différentes régions. A son retour à Moscou, il fréquente divers cercles socialisants.

C’est en 1872 qu’en Suisse il entre en contact avec les militants de la Fédération jurassienne influencés par Bakounine. Il écrit dans leur bulletin, puis dans le Révolté (1879 – 1885), la Révolte (1887 – 1894), – deux journaux fondés conjointement avec Elisée Reclus -, les temps nouveaux (1895 -1918) mais aussi Freedom à Londres (1886 – 1914).

De retour en Russie en 1874, il est emprisonné pour « propagande subversive et action révolutionnaire ».

A Lyon en 1883, il est jugé dans le procès des 66 pour appartenance à l’AIT et restera emprisonné de 1883 à 1886 (manifestations à Monceau-les-Mines et attentas à la bombe à Lyon).

Dans ses écrits, Kropotkine défend tout d’abord toute action, tous les moyens pour lutter contre l’Etat, l’ordre établi, le capitalisme mais en 1890 dans le Révolté il écrit : « un édifice basé sur des siècles d’histoire ne se détruit pas avec quelques kilos d’explosifs ».

Le premier livre de Kropotkine s’intitule « aux jeunes gens », en 1881 c’est une brochure !

Sinon, un florilège de son œuvre : « Paroles d’un révolté » en 1885, la Morale anarchiste en 1891, la Conquête du pain en 1892, l’Entraide en 1906 et la Grande Révolution en 1909.

En 1916, Kropotkine signe le manifeste des 16 prenant le parti des « alliés ». En 1917, il revient en Russie, et fidèle à ses convictions, refuse les offres de Kérenski puis de Lénine.

Il meurt en 1921, ses funérailles à Moscou sont grandioses. C’est la dernière manifestation anarchiste. Quelques semaines plus tard c’est l’écrasement du soulèvement de Kronstat.

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Achaïra n° 198 : notre agenda militant – décembre 2017

Agenda militant – Achaïra n° 198 du lundi 4 décembre 2017

  • Mercredi 6 décembre, à 19h,

« Chômeurs en miettes » (Conférence gesticulée)

La Tencha et Université Populaire de Bordeaux

Bar La Tencha, 22, quai de la Monnaie – 33800 Bordeaux

Chômeurs en miette – « Une histoire bien sournoise »

LE SAVIEZ-VOUS ?

En 2016, 570.000 radiations ont été prononcées contre des chômeurs inscrits au Pôle emploi.

Soi 10 % du nombre total de personnes inscrites, toutes catégories confondues. Au sens premier, une population décimée.

La conférence gesticulée « chômeurs en miettes » a pour but de vous parler de la condition de chômeur, dans ses relations avec les institutions du chômage. Pas un mot d’économie, pas de solution autre que radicale, quoique législative. Mais on explore le fondement du fonctionnement : la tentative affirmée de soumettre les chômeurs à la volonté des employeurs. Cela dure depuis 1904, sans interruption.

Soumission par l’assurance-chômage, par l’offre d’emploi, par le pouvoir de radiation, et depuis 25 ans, par la dictature du chiffre sur le service public.

Le sujet est polémique, afin de susciter un débat vif, si possible.

La gesticulation est provoquée par une alternance de situations vécues au Pôle emploi, et d’explications historiques, focalisées sur 2 articles du code du travail, et parsemées de très courts extraits d’essais.

Livres et article, auteurs et autrice cités (par ordre d’apparition) :

« Invention du chômage et politiques sociales au début du siècle »

TOPALOV Christian, revue Les temps modernes, 1987, n°496/497

L’acteur et le système, CROZIER Michel et FRIEDBERG Erhard, 1977, Seuil

L’emprise de l’organisation, Collectif PAGES Max, 1998, Desclée de Brouwer

Le culte de la performance, EHRENBERG Alain, 1991, Calmann-Lévy

Soumission à l’autorité, MILGRAM Stanley, 1974, Calmann-Lévy

Est-ce ainsi que les hommes vivent ? HALMOS Claude, 2014, Fayard

Code du travail : articles L.5422-1 et L.5412-1

  • Vendredi 8 décembre, à 19h00

Soirée « Mon garage est plus en bordel que le tien ! « 

Organisé par le Comité Défaite/Adrenalin Fix Music

A l’Athénée libertaire 7 Rue du Muguet, 33000 Bordeaux, France

PAF : 5€

WEIRD OMEN (RAW GARAGE, France : Un Escobar + Un King Khan and the Shrines et un ex Liminanas )

Perdus quelque part entre les Cramps et les Kinks, WEIRD OMEN crache un garage primitif unique, déluge de cuivre trash, de reverb et de fuzzzzzz.

Bizarre vous avez dit bizarre ????

Weird comme étrange, étrange comme leur univers empreint tout autant à un monde 50’s déjanté qu’à la pop british énervée, étrange comme leur line up composé d’une guitare, d’un saxophone, d’une batterie et de trois voix.

Omen comme présage, présage de transe garage avec ces trois musiciens issus de formations diverses et reconnues (King Khan & the Shrines, Anomalys, Bee Dee Kay & the Roller Coaster, We Are Not Indians, Escobar et ex Limiñanas…).

https://www.youtube.com/watch?v=-Izar0K0p8c

Beast Records / Get Hip Recordings USA

http://weirdomen.bandcamp.com/

// LE MAMØØTH // (Garage Rock, Brest)

LE MAMØØTH c’est: 4 gars de Brest qui nous ont été recommandés par Looch Vibrato des Magnetix … Ils vivent en communauté dans une ferme où ils passent leur temps à enregistrer dans leur studio, monter des vidéo-clips ou organiser des concerts, c’est la bête déviante de la scène garage bretonne.

https://www.youtube.com/watch?v=WVvbwqZ1BKg

Adrenalin Fix Music / Beast Records / Stryckhnine recordz

https://www.adrenalinfixmusic.com/le-mamooth-bandpage


// TH da Freak // (Lo-Fi / Noise pop / Garage pop, Bordeaux)

Thoineau Palis aka TH da Freak est un songwriter bordelais qui allie indie rock à l’authenticité du lo-fi. Obsédé par les années 90 (Nirvana, Teenage Fanclub, Dinosaur Jr) et les compositeurs de pop avant-gardiste (R. Stevie Moore, Alex G, Beck), TH da Freak s’inscrit dans cette lignée d’artistes à la pop bricolée et aux mélodies accrocheuses. En solo sur ce set, TH da Freak balancera avec le sourire des chansons de garage pop / punk.

https://www.youtube.com/watch?v=VxQvASWGflM

Howlin Banana Records / Flippin’ Freaks

http://thdafreak.bandcamp.com/

Orga : Le Comité Défaite / Adrénalin

  • Vendredi 8 décembre, à 20h00

Rencontre publique autour du livre « Un Samovar »

Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau – Bordeaux (Saint Michel)

Les éditions « La Cause du poulailler » (http://www.causedupoulailler.fr/) et le Samovar, vous présentent…..LE LIVRE !

« Ce livre retrace dix années d’une aventure humaine particulière. Écrits à la première personne du singulier mais aussi à la première personne du collectif, les paroles et les textes qu’il comporte sont l’expression d’un engagement des auteur.es. Les convictions qui animent les bénévoles du Samovar en font une expérience surprenante, dynamique et non conforme… il ne vous reste plus qu’à les rejoindre ! »

Rencontre publique le : 8 décembre 2017 à 20h

Soirée repas à prix libre

  • Samedi 9 décembre, à 14h00

Mobilisation nationale – Contre la baisse des APL

Place de la République

APL : pas d’économie sur le dos des locataires !

Halte au feu ! Le gouvernement s’en prend aux allocations logement, ces aides personnelles au logement (APL) qui aident les ménages modestes à payer leur loyer, dans le parc privé ou dans le parc social. L’enjeu est énorme : 18 milliards d’euros. Toute atteinte à ces allocations a des conséquences sociales graves et immédiates.

A partir du 1er octobre 2017, ces aides indispensables baissent de 5€ par mois et par ménage. C’est une coupe de 400 millions d’euros par an sur le dos des locataires, au lieu d’encadrer les loyers, de prévenir réellement les expulsions, ou de lutter contre les inégalités.

En 2018, malgré les protestations unanimes, l’exécutif veut faire bien pire : baisser d’environ 50 € par mois les APL des locataires du parc social, en imposant aux bailleurs HLM de le répercuter sur les loyers. Cette ponction inédite de 1,4 milliard d’euros chaque année sur le budget des HLM va réduire l’entretien et l’isolation thermique des HLM, la réalisation de nouveaux logements sociaux à bas loyers… C’est le modèle économique du logement social qui est menacé, avec des conséquences graves pour tous les locataires et les mal-logés.

En 2019, le ministère annonce une coupe supplémentaire d’un milliard d’euros.

Où s’arrêteront-ils ?

Nous, citoyen-nes, locataires, associations de solidarité, de défense des mal-logé-es, des locataires, des consommateurs, organisations politiques, syndicats, demandons au gouvernement de revenir sur ces amputations brutales et injustes, réalisées aux dépens des locataires et des plus modestes.

Vive l’APL !

Signataires au niveau national :

AC, ACDL, ACSC, Advocacy France, AFOC, AFVS, AITEC, ATTAC, Bagagérue, CAL, CFDT, CGL, CGT, CLCV, CNAFAL, CNL, Collectif Logement Paris 14, Collectif SDF Alsace, Collectif SDF de Lille, Compagnons Bâtisseurs, Coop’HLM, COPAF, CSF, DAL, Emmaüs France, Emmaüs Solidarité, FAGE, FAPIL, Fédération des Acteurs de la Solidarité, Fédération nationale des Associations régionales HLM, Fédération Offices Publics de l’Habitat, Femmes Egalité, FEP, FNASAT Gens du Voyage, Fondation Abbé Pierre, Fondation Armée du Salut, FSU, Habitat et Humanisme, HALEM, Indecosa-CGT, Ligue des Droits de l’Homme, MNCP, Pas Sans nous, Petits Frères des Pauvres, Planning Familial, RESEL Ile-de-France, Le Refuge, Secours Catholique – Caritas France, SNL, SNUP Habitat FSU, SoliHa, Sud Santé Sociaux, Syndicat de la Magistrature, UNAFO, UNCLLAJ, UNEF, UNHAJ, Union syndicale Solidaires, UNIOPSS, USH, USP…

MOBILISATION NATIONALE CONTRE LA BAISSE DES APL

Pour signer la pétition, c’est ici : https://www.mesopinions.com/petition/social/apl-economies-locataires/34575

  • Samedi 9 décembre,

ATTENTION ANNULÉE – Réunion publique  » Pour que ça change » ANNULÉE

Organisé par le Collectif Bordelais des Droits des Femmes

Pour l’Élimination des Violences à l’égard des Femmes

La libération de la parole des femmes et l’onde de choc qu’elle a provoquée en révélant des faits aux yeux d’une société qui n’a que trop tardé à voir et reconnaître ce qu’elle engendrait, doit aujourd’hui nous permettre d’avancer dans le combat que nous menons contre les violences faites aux femmes.

CA SUFFIT!!

Mais nous le savons bien

il ne suffit pas de le dire pour que cela se réalise

Toutes ces paroles doivent servir à quelque chose. Nous devons maintenant les porter ensemble et mener les actions qui s’imposent.

Chacun.e doit prendre sa part de responsabilité dans le changement nécessaire des mentalités et des comportements

  • Jeudi 14 décembre, à 19h30

Hommage à Clem – Projections/Débats

Le Samovar – 18 rue Camille Sauvageau – Bordeaux (Saint Michel)

Yep !

Le 15 mai 2013, Clem bouclait ses bagages pour le long voyage dont on ne revient jamais, nous laissant, à nous amis, familles, camarades, un vide immense que rien n’est jamais venu combler.

Tous ceux et celles qui ont eu l’occasion de croiser sa route témoignent de sa bonté, sa générosité, sa grande intelligence de cœur et d’esprit, sa combativité exemplaire pour la beauté de la vie, son amour sans fin pour la justice et la liberté.

Caméra au poing, elle a aussi donné la parole aux autres, elle a porté leur voix pour transmettre, pour partager, pour qu’il reste trace.

Membre du collectif de l’Appel Aux Sans Voix (A.A.S.V), c’est son documentaire « Carnet de route – Un autre monde est possible » qui servait de support aux forums et assemblées populaires organisées dans toute la France et en Europe en 2007.

C’est toujours avec l’Appel Aux Sans Voix qu’elle se rend en Grèce en 2010 pour y réaliser un documentaire sur les émeutes de 2008 après la mort de Alexis Grigoropoulos, jeune de 16 ans abattu par la police.

Quinze jours intenses en rencontres, en découvertes de lieux politiques, en amitiés, tant et si bien que Clem avait fait de la Grèce son pays d’adoption.

Au bout de ce premier voyage, des heures d’interview qui donneront naissance à « Remember December« , deuxième documentaire que le départ soudain de Clem laissait inachevé.

Ses proches s’en sont emparé pour finaliser le deuxième volet d’une trilogie qui ne verra jamais le jour.

Clem était mon amie, ma soeur et j’ai parcouru avec elle toutes les routes de l’Appel Aux Sans Voix, jusqu’en Grèce donc où ses cendres nourrissent aujourd’hui une terre qui sera toujours fertile.

C’est pour rendre hommage à son travail, à ses luttes que je vous convie ce jeudi 14 décembre, jour de son anniversaire, à la projection de ses deux documentaires.

Pour se souvenir donc… mais pas seulement !

Porteurs d’espoirs et de réflexions, « Un autre monde est possible » et « Remember December » sont aussi l’occasion de débattre sur ce qui fait alternative.

Un regard posé sur le monde avec tout l’amour et toute la tendresse qui caractérisaient Clem.

Venez partager cet instant de mémoire, vous ne pourrez être qu’agréablement surpris !

Merci au Samovar de nous accueillir !

Merci de faire tourner dans vos réseaux,

m. pour L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A

***

Compléments d’info

Le site de l’Appel Aux Sans Voix

http://www.appelauxsansvoix.org/

Clem – L’absence fait un point aigu

http://www.opa33.org/clem-l-absence.html

« Comme nous venons à la vie » – O.P.A rend hommage à Clem – 8 min 14

https://www.youtube.com/watch?v=kRfgvkNVjGc

Si vous ne pouvez vous déplacer, vous trouverez ici les documentaires de Clem :

« Un autre monde est possible »

https://www.youtube.com/watch?v=GfC7pZHVJvA

« Remember December »

https://www.youtube.com/watch?v=iChx_Ji-im8

  • Samedi 16 décembre, à 19h00

Gala de Musique Punk : Pierre ET Bastien Mandingo JJA#2

Organisé par le Comité Défaite

A l’Athénée libertaire 7 Rue du Muguet, 33000 Bordeaux, France

Quelques groupes de punk de punk viendront ambiancer ce grand gala annuel, notre jeune stagiaire en réinsertion professionnelle vous mettra quelques mp3 de musique punk et vous servira quelques bières le tout en pogotant derrière le bar. Il y aura aussi de la punk bouffe à prix libre.

GRAND GALA de MUSIQUE PUNK avec :

PIERRE ET BASTIEN ( Punk / Paris )

MANDINGO ( Punk Garage / Bdx )

JJA #2 ( FItness Punk / Bdx)

PIERRE ET BASTIEN ( Punk / Paris ) : Trio de jeunes punks parisiens aussi géniaux sur disque qu’en concert. Un schéma extrêmement primitif, des riffs basiques qui tournent en boucle et toute l’urgence et la violence nécessaire à ce type d’héritage punk.

https://www.youtube.com/watch?v=nF7sDdiqrSs 3 min 28

MANDINGO ( Garage Punk / Bdx ) : La grosse claque du Nombril Fest l’an passé… A ne pas louper !!

JJA #2 ( Fitness Punk / Bdx ) : Un groupe avec un mec qui a toujours un sac à dos et un autre qui livre des bières à l’Antidote ne peut être qu’un bon groupe de punk !! Alors si tu n’as jamais vu JJA#1, ne laisse surtout pas filer ta chance !

https://www.youtube.com/watch?v=We2LwDgS35Q 1 min 48

  • Jeudi 21 décembre, à 14h00

Procès SAFT et ARTS ENERGY contamination au cadmium

Tribunal Cour d’Appel – place de la République – Bordeaux

Nous avons toutes et tous eu connaissances de l’affaire de la contamination au Cadmium des salarié.es de la SAFT et ARTS ENERGY. Après une condamnation de la SAFT en première instance au tribunal d’Angoulême en Janvier 2016, la Société SAFT avait fait appel. Le 6 Avril 2017 le procès se tenait à la cour d’appel de Bordeaux et le Président du tribunal avait renvoyé l’affaire au 21 Décembre 2017.

Une petite dizaine de syndiqué.es, sympathisant.e.s de Sud/Solidaires Charente étaient venu.es soutenir nos camarades de la SAFT et leurs familles. Une partie de ces camarades sont des militant.es du syndicat Sud/Solidaires Industrie Charente.

Nous lançons un appel pour soutenir et participer au rassemblement au tribunal de Bordeaux le Jeudi 21 Décembre 2017 à 14h.

Soyons le plus nombreux.ses possible à les accompagner, c’est important pour eux, et aussi pour montrer notre détermination aux juges, nous venons d’avoir l’exemple pour la relaxe des 9 de Poitiers, même s’il faut se garder de crier victoire. L’un des slogans de Sud/Solidaires est:  » NE PLUS PERDRE SA VIE A LA GAGNER  » et nous disons :  » NOUS NE LÂCHERONS RIEN « .

Nous organisons un covoiturage à partir du local DARAS à Angoulême le Jeudi 21 Décembre, le départ est prévu pour 10h30. Pour réserver les véhicules il faudra nous faire remonter les réservations dès que possible par mail: solidaires16 et par téléphone: Jean Claude Doucet 06.86.00.88.94.

Une caisse de solidarité sera ouverte pour la participation aux frais pour celles et ceux qui ne peuvent pas venir et sera disponible au local Daras. Vous pourrez envoyer vos dons à l’ordre de Solidaires 16 à l’adresse suivante: Solidaires 16, résidence Daras, esc: B, 75 bis, avenue de Lattre de Tassigny, 16000 Angoulême.

Pour le bureau de Solidaires 16

Jean Claude

  • Mardi 9 janvier 2018, à 20h30, et 21h30,

Projections-débat Sur la route d’Exarcheia

Cinéma Utopia Bordeaux 5 place Camille Julian – 33000 Bordeaux

2 projections-débats

Organisés par la CIP Gironde, avec CGT CARSAT Aquitaine, CGT Ford Blanquefort, CNT 33, SUD PTT Gironde, CGT RSI Aquitaine, le collectif Pavé Brûlant

En présence de la réalisatrice Eloïse Lebourg, Maud et Yannis Youlountas et des participants aux convois solidaires.

Tarif unique à 4€ – vente au public à compter du 30 décembre 2017.

« Le 28 mars 2017, un mystérieux convoi de 26 fourgons venus de France, Belgique, Suisse et Espagne arrive au centre d’Athènes, dans le quartier rebelle d’Exarcheia. Les chaines de télé grecques évoquent une grave menace.

Le ministre de l’intérieur annonce qu’une enquête est ouverte. La fabrique de la peur tourne à plein régime. En réalité, il s’agit d’un convoi solidaire qui vient apporter un soutien matériel, politique et financier au mouvement social grec et aux réfugiés bloqués aux frontières de l’Europe. Parmi les 62 visiteurs, 4 enfants participent à cette aventure humaine : Achille, Nino, Capucine et Constance. Ce film raconte cette odyssée fraternelle et rend hommage aux solidarités par-delà les frontières. »

Publié dans annonce, L'actu des luttes, L'Agenda militant, Messages reçus

Achaïra n°197 l’émission radio du lundi 2 novembre 2017

 

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 197 du lundi 6 novembre 2017

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 197 du lundi 6 novembre 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h01 – sommaire-éditorial de l’émission – Philaud

Salut c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 197éme édition aujourd’hui et nous sommes ensemble, avec nos invités Linda et Fernando avec Esméralda, Progrès et Laurent aux manettes de l’émission. Pour cette édition, nous aborderons un sujet redevenu d’actualité avec nos invités, car nous reparlerons de violences faites aux femmes. Nous l’abordions déjà dans la précédente émission avec la revue Casse-rôles. D’ailleurs, le numéro 2 de ce trimestriel féministe et libertaire vint de sortir, nous vous donnerons son sommaire dans l’agenda. Ces derniers temps, nous vous avons beaucoup parler d’état d’urgence permanent et depuis le 1er novembre 2017, nous sommes passé de l’état d’urgence à l’état d’exception permanent. Cette loi est caractérisée par la logique de la suspicion et les nouveaux pouvoirs exorbitants pour l’administration font passer de l’Etat de droit à l’Etat de surveillance selon l’expression de la professeure Delmas-Marty). Avec cette loi du 30 octobre 2017, nous voyons le renforcement des mesures décidées par les préfets ou le Ministère de l’intérieur là où hier le juge devait intervenir, comme les perquisitions administratives, les assignations à domicile, appelée « mesures individuelles de surveillance », les contrôles des zones frontalières jusqu’à 10km autour, l’instauration de périmètre de protection, l’écoute des communications hertziennes, et pas seulement les ondes radio comme la Clé des Ondes en ce moment, mais aussi le Wifi, le Bluetooth ou le GPS, la mise sous surveillance facilitée, la mise en place du fichier des passagers aériens. Non, l’asservissement n’a jamais protégé personne ! Nous parlions aussi le mois dernier de la conférence d’Yves Meunier sur La Bande Noire, la lutte des mineurs anarchistes à Montceau-les-Mines, nous y revenons avec un court extrait de la conférence choisi par Esméralda et Progrès. Mais, avec la chronique d’André nous aborderons, toujours avec le recul nécessaire à une réflexion qui ne soit pas prisonnière des émotions, les questions des nationalismes, des régionalismes, des indépendances et des coopérations qui nous mèneront de la Catalogne au Kurdistan. D’ailleurs, commençons par la chronique d’André.

20h07 Virgule sonore (jingle chronique désobéissance)

20h07– La chronique de la désobéissance – André (enregistrement) – 7 mn

« Espérer en quelque endroit… » Chronique inspirée par le livre de Pierre Bance, « Un autre futur pour le Kurdistan, municipalisme et confédéralisme démocratique », Noir & Rouge éd., 2017, 400 p.

Écouter la chronique de la désobéissance, lue par André même : l’enregistrement

et le texte

20h15 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h15 – débat autour de la chronique d’André – 16 min

Echanges autour de région, nation, Kurdistan, Palestine, Kanaky, Catalogne.

Lecture du texte de la CGTe sur le conflit catalan.

20h31 Illustration musicale n°1 – 4 min 32 –

Haïdouti Orkestar – Keçe Kurdan (Feat Edika Gunduz) Chanson kurde

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

20h35 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h35 – retour sur la conférence-débat avec Yves Meunier sur la Bande Noire – 21 min

Avec cette conférence, Yves Meunier nous a plongé dans l’histoire du bassin minier cher à son enfance. C’est une histoire passionnante, celles de ces jeunes mineurs exploités par le patron omnipotent, Léonce Chagot, aliénés par la noire clique de l’école « libre » jusqu’à l’église, avec le sinistre curé Gautier, et heureusement révoltés, qui en arrivent à trouver l’expression de leur volonté d’en finir avec la dynamite. C’est aussi l’histoire d’une passion, celle d’Yves Meunier qui a fini par abandonner l’enseignement pour se consacrer à ses recherches sur la Bande noire.

Nous vous faisons écouter ici des extraits choisis de la conférence d’Yves Meunier (enregistrement).

Écouter la conférence d’Yves Meunier dans son intégralité : l’enregistrement.

20h56 Illustration musicale n°2 – 3 min 06 –

LA DYNAMITE

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

21h00 Virgule sonore (jingle l’invité)

21h00 – nos invités « Le collectif Ondes de Choc » – partie 1 – 11 min

Nous accueillons maintenant une troupe de théâtre « le collectif ondes de choc » ; bonsoir à vous merci d’être venu sur Achaïra.

Une association « Les Bombyx du Cuvier » ;

Une pièce de théâtre « Amour, Amor » ;

Un thème « la lutte contre les stéréotypes et les violences faites aux femmes »

Des promoteurs de campagne, les CCAS de Haute Gironde.

Les sources du patriarcat, violences conjugales, stéréotypes, …

La pièce : présentation, le « cycle des violences »

Le numéro d’urgence : 3919 (http://www.solidaritefemmes.org/appeler-le-3919)

Les réactions du public, les débats à la sortie de la pièce

La fonction thérapeutique du théâtre

21h11 Illustration musicale n°3 – 4 min – « Bad Brain » « Sacred love »

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

21h15 Virgule sonore (jingle l’invité)

21h15 – nos invités « Le collectif Ondes de Choc » – partie 2 – 11 min

La création collective et le fonctionnement

L’écriture des rôles

Le choix de la gratuité

L’aide d’une troupe professionnelle

Le théâtre forum/théâtre participatif

21h26 Illustration musicale n°4 – 4 min – « Asian Dub foundation »

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

21h30 Virgule sonore (jingle l’invité)

21h30 – nos invités « Le collectif Ondes de Choc » – partie 3 – 11 min

Le cadre de l’association « Les Bombyx du Cuvier »

Le lieu d’implantation « La Haute Gironde »

Vos projets, vos dates, votre actualité

Ecriture de la pièce, un livre ?

Les photographies du décor de la pièce, une œuvre en soi ?

Paroles de femmes immigrées

Les citations des invités

21h41 Illustration musicale n°5 – 4 min – « Remuements » de Fernando Bronchal, d’après Arthur Rimbaud – mise en musique par les Bombyx du cuvier

Vous écoutez Achaïra, émission de pollinisation libertaire, sur la Clé des Ondes, 90.1 Mhz

Vous pouvez nous appeler pour un message ou une question sur le 05 56 50 69 99

Virgule sonore (jingle éphéméride)

L’éphéméride anarchiste – 12 min [avec commentaires courts et
éventuels,] ==> non diffusé sur ce direct

« La servitude volontaire », l’histoire d’Etienne de La Boétie

21h52 Virgule sonore (jingle agenda)

21h52 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) 6 min

21h58 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 197éme d’Achaïra. L’animation a été assurée par Esméralda, Progrès, et moi-même. Et un très grand merci à nos invités Linda et Fernando, et à André Bernard pour sa chronique, à Anita pour sa participation à la conception de l’émission et à Laurent aux manettes de l’émission. Nous espérons bien pouvoir très bientôt remercier de leur présence Flora, Mika, Germain et Fabien Casse-bonbon. Un grand bonsoir à elle et eux.

A bientôt dans les mobilisations, les luttes, la vie-quoi !

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillé et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 4 décembre 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h05 – Fin de l’émission

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Achaïra n° 197 : notre agenda militant – novembre 2017

Agenda militant – Achaïra n° 197
du lundi 6 novembre 2017

  • début novembre,

Sortie du numéro de Casse-rôles !

journal féministe & libertaire à prix libre

Dans ce numéro 2 de « Casse-rôles »

édito : Dans ces temps où les tabous relatifs aux violences infligées aux femmes volent en éclat aux quatre coins du monde, où est réaffirmée que la honte doit changer de camp, aucune loi ne fera changer la culture du viol, du harcèlement et de la violence : seule l’éducation anti-patriarcale et féministe de l’égalité entre garçons et filles, hommes et femmes saura la battre en brèche…

Simone Veil, les hommes aussi s’en souviennent… : À l’occasion du décès de Simone Veil et au moment de l’appel à la mobilisation européenne pour le droit à l’avortement, revenons sur quelques aspects de la vie de Simone Veil…

Repères chronologiques : L’avortement était déjà condamné par le pape au XVIe siècle quel qu’en soit le terme. Au Moyen Âge, les théologiens chrétiens avaient fixé à 40 jours pour les garçons et à 80 jours pour les filles l’apparition d’une âme, l’âme des filles par la suite disparut.

Jacques Prévert : et sa Lessive

On fait quoi des violeurs ? À la suite de la déqualification du double viol d’une gosse de onze ans par un père de famille de 28 ans, le problème de la correctionnalisation banalisée du viol refait surface.

Fachieune-ouic et Falbalas (semaine de la mode en branchouillard) : Au nom de quoi les femmes devraient-elles s’attifer comme-ci ou comme ça, et est-ce que ça changerait vraiment le regard d’une société capitaliste-patriarcale ?…

Réflexion de Justhom : Dans cette société dominée par le patriarcat et le consumérisme, les femmes sont l’objet de toutes les convoitises…

Du côté des petits garçons : Sans vouloir prendre part aux savantes discussions sur le genre, une des envies de l’équipe mixte des casseroles est bien d’écrire et de faire écrire sur ce sujet : le pesant «casting» fille/garçon qui nous tombe dessus dès la naissance avec le rose, le bleu, les poupées et les camions.

La réforme du code du travail : Bombe à retardement pour l’égalité professionnelle femme/homme…

Et la rubrique : Des femmes en lutte et remarquables (Gauri Devi, et d’autres)

Vous voulez vous abonner ? Casse-rôles sera trimestriel.

Les frais postaux sont d’1,50 € par numéro, soit pour 1 an (4 n°) = 6 € + ………… (prix libre).

Indiquez le nombre de numéros que vous désirez recevoir.

Libellez le chèque à l’ordre de : Les Amis de Pierre Besnard, à adresser :

Casse-rôles, c°/Hélène Hernandez, 16, rue de Meaux, 75019 Paris

CCP n° 0207427V020-04 • IBAN n° FR09 2004 1000 0102 0742 7V02 004 • BIC n° PSSTFRPPPAR

  • Vendredi 3 novembre, à 11h44,

L’écart salarial se creuse en France !

Combattre les inégalités salariales

  • Mardi 7 novembre, à 8h30,

On y était tou-te-s ! – s Appel à solidarité du mouvement social face à la répression

Niort devant le Palais de Justice – Procès d’un manifestant arrêtés en fin de cortège lors des mobilisations contre la loi Travail, le 9 mars 2016

A l’appel de Solidaires 79, Syndicat Général des Lycéens 79, Nuit Debout Niort, Collectif Noir et Rouge, Confédération Nationale du Travail – Solidarité Ouvrière 79

  • Mardi 7 novembre, à 18h00,

Mort sur un chantier – Rassemblement, Bordeaux Bacalan

Bordeaux Bacalan – Arrêt de Tram Achard

Organisé par Front Social 33, CNT Construction 33, …

Suite au décès d’un ouvrier sur un chantier de Bordeaux Bacalan, (cf. article) les syndicats CNT Construction Gironde, CGT Bordeaux Nord, CGT Ford et CGT CARSAT Aquitaine appellent à un rassemblement. Ce sera l’occasion de rappeler que la classe ouvrière paye en vies humaines, pendant que les constructeurs comptent leurs profits en euros.

1 mort tous les deux jours 1 accident grave toutes les 3 minutes Chaque année des centaines d’ouvrier-e-s du BTP ne rentrent pas de leur journée de travail, et parmi elles/eux, certain-e-s ne rentreront même jamais. Le lundi 16 octobre 2017 un nouvel accident s’est produit sur un chantier situé rue Delbos (Bordeaux Bacalan). La chute d’un ouvrier maçon, intérimaire de nationalité portugaise, s’est révélée fatale. Il rentrera parmi les siens entre quatre planches. Le BTP reste le secteur professionnel où il y a le plus d’accidents comptabilisés. Si nous ajoutons les maladies professionnelles et les accidents « non déclarés », on réalise ce que le secteur de la construction coûte en nombre de vies. Nous refusons de considérer ces morts comme une fatalité. Les conditions liées à l’exercice de nos métiers nous mettent en situation de danger : cadences infernales, précarité, sous-traitance, économie sur les dispositifs de sécurité, etc. C’est pourquoi nous considérons que les patrons portent une lourde responsabilité dans ces drames. Nous savons que les plus précaires sont les plus exposés aux risques. Et parmi eux, les jeunes ouvrier-e-s et les travailleur-se-s immigré-e-s sont ceux/celles qui payent le plus lourd tribut.

Pour que les ouvrier-e-s du BTP ne soient plus sacrifié-e-s dans le silence

  • Vendredi 10 novembre, à pas d’heure,

Journée de mobilisation interprofessionnelle : Pour la défense des contrats aidés

  • Vendredi 10 novembre, à 16 h,

Tous au rassemblement pacifiste – Les fusillés pour l’exemple avaient le droit de dire NON à la guerre et aux massacres ! Ils doivent être réhabilités !

Place Jean Jaurès à Bordeaux

Communiqué de presse

L’ARAC 33 (Association Républicaine des Anciens combattants), la Fédération de la Gironde de la Libre Pensée, la LDH (Ligue des Droits de l’Homme), et l’UPF (Union Pacifiste de France), organisent un

Rassemblement pacifiste

Place Jean Jaurès à Bordeaux,

le 10 novembre 2017 à 16h,

avec toutes les organisations qui voudront y prendre part.

Il s’agit d’obtenir que justice soit rendue aux hommes dont le comportement pacifiste pendant la guerre de 1914-18 a entraîné leur mort, qu’ils aient été fusillés pour l’exemple ou transportés en groupe dans le no man’s land et massacrés par l’artillerie des deux camps, et en particulier pour exiger la réhabilitation des 639 fusillés pour l’exemple. La France est le seul pays d’Europe à ne pas avoir fait cette démarche.

Depuis plusieurs années, dans tout le pays, avec la Libre Pensée, l’A.R.A.C., le Mouvement de la Paix, l’Union Pacifiste, de nombreuses sections de la LDH, parfois de la Ligue de l’Enseignement, et de plus en plus fréquemment les syndicats C.G.T. et C.G.T.F.O., des milliers de citoyens se sont ainsi regroupés pour dire non à la guerre.

Lors d’une conférence l’an dernier à Mérignac nous nous sommes également retrouvés pour honorer les Fusillés pour l’exemple, mais aussi les déserteurs, les insoumis, les révoltés, tous ceux et celles pour qui l’Humanité ne peut se conjuguer avec tuerie et barbarie, en particulier à l’heure des politiques nationalistes et guerrières – souvent accompagnées de violences contre ceux qui contestent le pouvoir – qui ont toujours des résultats catastrophiques pour les peuples. À commencer par les sommes énormes consacrées aux armements de toutes sortes… Sans oublier la présence de troupes françaises dans plusieurs pays pour y défendre des intérêts mercantiles, ou soutenir des dictatures.

Ce sont 120 rassemblements qui ont été organisés en France en 2016 autour du 11 novembre pour la réhabilitation collective des Fusillés pour l’exemple : malgré le déploiement médiatique lors des cérémonies officielles de commémoration, malgré la volonté de l’État et de certains historiens autorisés, qui pensaient avoir « réglé » la question en 2013, en réunissant fusillés et fusilleurs dans le Musée des Armées aux Invalides, le problème de la réhabilitation est resté présent et n’a pu être occulté.

Les fusillés pour l’exemple avaient le droit de dire

NON à la guerre et aux massacres !

Ils doivent être réhabilités !

Tous au rassemblement pacifiste

Place Jean Jaurès à Bordeaux

le 10 novembre 2017 à 16h

Bordeaux le 2 novembre 2017

Contact : Libre Pensée 33

Christian Baqué 06 75 01 17 81

  • Vendredi 10 novembre, à 20h30,

Conférence gesticulée « les conditions de travail dans le monde associatif ou comment être fier d’être content de se faire auto-exploiter … ou l’inverse »

Les lectures aléatoires, 19 rue des Augustins, proche de la place de la Victoire à Bordeaux

Organisée par le Collectif des associations excédées de Bordeaux, dans le cadre de la journée noire des associations sous l’impulsion du collectif des associations citoyennes et du syndicat ASSO.

  • Mardi 15, Mercredi 16, Jeudi 17 et Vendredi 18 novembre,

Conférence-débat avec PMO (Pièces et Main d’œuvre), auteur de « Les Chimpanzés du futur contre de se faire autoexploiter … ou l’inverse »

Sur le thème : « Technologie, Technocratie, Transhumanisme et Totalitarisme »

Saint Macaire (33), mardi 15 à 20h00, Mairie ;

Libourne (33), mercredi 16 à 20h00, salle du Verdet, 12 rue Toussaint

Bordeaux (33), jeudi 17 à 20h00, Le Samovar, 18 rue Camille Sauvageau

Saint Michel Clairac (47),vendredi 18 à 17h30, salle Tivoli

Conférences débats en entrée libre

« Il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles gardées au pré. » et encore « Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. »

Kevin Warwick, 2002, cybernéticien.

Les « chimpanzés du futur » lancent un appel : « *Les transhumanistes n’ont qu’une idée : la technologie. Nous, chimpanzés du futur, n’avons qu’une technologie : les idées. »

P.M.O., auteur de « Les Chimpanzés du futur contre le transhumanisme »

https://chimpanzesdufutur.wordpress.com/

Conférences organisées par ATTAC33, Cercle de Saint Pierre, Comité Global de Soutien aux Faucheurs Volontaires (CGSFV), RNCo, Le Samovar, Translib, Vigilance OGM 33, vigilance OGM 47.

  • Jeudi 16 novembre, à 11h30,

Mobilisation contre la loi Travail XXL – grève et manifestations

place de la République – Bordeaux

A l’appel des Unions départementales CGT, FO, Solidaires 33, de l’UNEF, de l’UNL, de la Fidl, de la CNT, etc.

Les principaux points des ordonnances :

  • la primauté de l’accord d’entreprise sur la branche
  • le contrat de chantier
  • affaiblissement du contrôle de la santé et de la sécurité
  • plafonnement des indemnités de licenciement au prud’homme
  • le recours au référendum à l’initiative de l’employeur
  • l’employeur peut choisir un salarié pour négocier des accords d’entreprise en cas d’absence de présence syndicale dans l’entreprise
  • fusion des instances de représentation du personnel, fin des CHSCT
  • licenciement simplifié
  • accords de compétitivité
  • rupture conventionnelle collective (au lieu du licenciement économique)
  • assouplissement encore du travail du dimanche, du travail de nuit
  • compte de pénibilité réformé sur preuve des effets
  • augmentation du taux de la CSG au détriment des cotisations sociales
  • droit à l’erreur des employeurs en matière de reversement des cotisations sociales à l’URSSAF
  • l’an prochain, c’est le tour de l‘indemnisation chômage

Pourquoi des réactions aussi faibles ? Pourquoi les mobilisations massives ne sont plus entendues par les dirigeants ? Problèmes des stratégies syndicales, grèves saute-mouton ? Légitimisme des travailleurs ? Attaques diverses contre le droit de grève ? Répression ?

  • Vendredi 17 novembre, à 9h00

Manifester est un droit pas un délit – Soutien aux 9 manifestant.e.s inculpé.e.s de Poitiers

Devant le tribunal correctionnel, Poitiers

Pour la relaxe des neuf personnes convoquées,

à l’appel de Collectif chômeurs-précaires de Poitiers, Convergence libertaire anticapitaliste poitevin (CLAP), CNT-SO, ensemble, Nouveau parti anticapitaliste (NPA 86), Organisation Communiste Libertaire (OCL), Parti communiste (PCF 86), Solidaires 86, Union syndicale de la psychiatrie, Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF 86), Parti de gauche (PG 86).

  • Lundi 20 novembre, à pas d’heure,

Mobilisation du secteur de la protection de l’enfance rejoint par le travail social, le médico-social et le sanitaire

  • Lundi 20 novembre, à pas d’heure,

Mobilisation dans les Finances Publiques contre les suppressions d’emploi

  • Jeudi 23 novembre, à pas d’heure,

Mobilisation dans le secteur de la pétrochimie (début d’une grève illimitée ?)

  • Samedi 25 novembre, à 15h00,

Journée internationale contre les violences faites aux femmes

Rassemblement unitaire CONTRE LA CULTURE DU VIOL, devant le grand théâtre place de la comédie

Organisé par le Collectif bordelais pour les droits des femmes

  • Vendredi 1er décembre, à pas d’heure

Remise du rapport de la commission de médiation sur l’aéroport de Notre Dame des Landes

Remise au gouvernement

Déclaration d’un collectif syndical contre l’aéroport et son monde

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Publié dans Achaïra, annonce, L'actu des luttes, L'Agenda militant, Messages reçus

Achaïra n° 198 : chronique de la désobéissance : Etienne de La Boëtie

 

Note : cette chronique de la désobéissance lue dans l’émission Achaïra de décembre 2017 était prévue initialement comme éphéméride pour l’émission Achaïra de novembre 2017. Un incident technique est la cause de ce report. Vous la retrouverez ici suivi du texte du débat qui l’a continué en direct dans l’émission.

La chronique

Le 1er novembre 1530, naissance d’Étienne de La Boétie à Sarlat. Il était notre voisin. Son Discours de la servitude volontaire le rend célèbre jusqu’à nous ; c’est un court texte écrit alors que l’auteur n’avait pas 20 ans et qui circulera d’abord sous forme de manuscrit. Admiré de Montaigne, plus jeune que lui, les deux hommes se lieront d’une profonde amitié ; mais, prenant Montaigne de court, les calvinistes éditèrent, les premiers, une version du Discours intitulée le Contr’un.

À partir de 1560, La Boétie est chargé par Michel de L’Hospital, chancelier de France, d’intervenir dans diverses négociations pour parvenir à la paix entre catholiques et protestants, car La Boétie n’était pas anarchiste puisque, par ailleurs, il fut admis en 1554 comme conseiller au Parlement de Bordeaux.

Pourtant, des anarchistes comme Gustav Landauer se sont intéressés à lui. En 1954, l’anarchiste belge Hem Day publiera une édition de son Discours. Il est recommandé de lire ce texte dans une version en français modernisé.

En 1978, Payot en publia une édition avec des textes de Pierre Clastres, Claude Lefort, Gustav Landauer, Simone Weil, Lamennais, etc.

Que dit, en bref, La Boétie ? Comment est-il possible qu’une minorité d’êtres humains puisse dominer la majorité ? Est-ce parce que la masse est désunie devant une hiérarchie solidaire et soudée que les humains acceptent volontairement la servitude et l’obéissance ?

« Pourtant ce tyran, seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni même de s’en défendre ; il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à la servitude. Il ne s’agit pas de lui rien arracher, mais seulement de ne lui rien donner. »

« Soyez résolus de ne servir plus, et vous serez libres », écrit La Boétie.
Mais les êtres humains n’ont-ils pas peur de la liberté ?

S’il s’agit de désobéir ? Henri David Thoreau répondra en quelque sorte par l’affirmative avec son également court ouvrage de La Désobéissance civile.

Et on peut se demander pourquoi la notion de désobéissance généralisée n’a-t-elle pas eu plus d’impact chez les anarchistes ?

« Pareillement les tyrans, plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur baille, plus on les sert, de tant plus ils se fortifient et deviennent toujours plus forts et plus frais pour anéantir et détruire tout ; et si on ne leur baille rien, si on ne leur obéit point, sans combattre, sans frapper [nous  soulignons], ils demeurent nus et défaits et ne sont plus rien, sinon que comme la racine, n’ayant plus d’humeur ou aliment, la branche devient sèche et morte. »

À 33 ans, le 18 août 1563, Étienne de La Boétie meurt à Germinian, près de Bordeaux.

La discussion

Suite à cette introduction, au cours de l’émission, il y eut une discussion animée par Esméralda et Progrès qui ont bien voulu réécouter l’ensemble et écrire le texte qui suit :

La Boétie, Discours de la servitude volontaire

Notre ami André s’étonne, à juste titre, de ce que les anarchistes n’aient pas plus fortement revendiqué le Discours de la servitude volontaire de La Boétie comme une référence majeure de l’analyse du système de domination et de l’appel à la désobéissance. Certes, le texte date du milieu du XVIsiècle. Son actualité fut un monde de guerres de religion, monde dont on sait aujourd’hui que, sortant du Moyen-Âge, il s’ouvrait à ce qu’il est convenu d’appeler la modernité. Modernité de la littérature avec les auteurs de La Pléiade, autant que de la société tout entière. Aujourd’hui, près d’un demi millénaire après sa conception, ce qui frappe à la lecture de ce Discours, c’est la pertinence des analyses du pouvoir et la puissance d’anticipation qui éclaire notre monde contemporain et ses perversités « démocratiques ».
Les anarchistes auraient donc « négligé » ce texte. Et ils ne sont pas les seuls. Il est significatif que le texte ait été régulièrement oublié puis retrouvé, surtout dans des périodes de troubles sociaux : les années de La Révolution, les années 1830-1840, puis plus près de nous dans les années 1970 avec La Boétie et la question du politique, présenté par Miguel Abensour (éditions Payot). Des reprises de textes critiques de Pierre Clastres, Claude Lefort, mais aussi de Gustav Landauer ou Simone Weil expliquent ce titre.
Comme le rappelle André, La Boétie a probablement 17 à18 ans lorsqu’il écrit ce texte. Son ami Montaigne, qui avait saisi d’emblée la portée de ce Discours, prévoyait de l’inclure dans ses Essais. Mais les calvinistes, en lutte contre le pouvoir en place, en publient une partie en édition pirate et sans nom d’auteur en 1574, puis le texte complet en 1577, qu’ils titrent le Contr’Un. Le problème est que cette version et celle de 1578, qui serviront de référence par la suite, sont, comme dit Miguel Abensour dans sa préface à l’édition Payot, « trafiquées ». Il faut donc se référer au manuscrit de Mesmes retrouvé au XIXe siècle, publié en 1853, et présent dans cette même édition, pour lire un texte fidèle à l’original de La Boétie.

I. Le point de départ de la réflexion de La Boétie est le suivant :

« Il ne faut pas douter que nous ne soyons tous libres, puisque nous sommes tous égaux. » « Nous naissons en possession de notre liberté, mais aussi avec la volonté de la défendre. » Et il ajoute : « Les bêtes, si les hommes font trop les sourds, leur crient : Vive la liberté ! »
Dès lors, comment est-il possible que nous nous mettions volontairement en état de servitude puisqu’il suffirait, sans combattre, d’appliquer la formule : « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ». Au lieu de cela, La Boétie ne peut que constater que « c’est le peuple qui s’asservit, qui se coupe la gorge, qui ayant le choix ou d’être esclave, ou d’être libre quitte sa liberté et prend le joug *, qui consent à son mal ».

* Remarque. La version des calvinistes de 1574 ajoute ici : « et pouvant vivre sous de bonnes lois et sous la protection des États, veut vivre sous l’iniquité, sous l’oppression et l’injustice, au seul plaisir du tyran ». Habile réduction de la portée du Discours !

La Boétie se place donc du côté des dominés et les accuse avec force de collaborer à leur malheur. Car en effet « quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez receleur du larron qui vous pille, complices du meurtrier qui vous tue, et traîtres à vous-mêmes ? »
Cette interpellation, à la deuxième personne, agit comme une provocation qui pousse à prendre conscience de la situation contradictoire dans laquelle ils s’enferment et il les met face à leur part de responsabilité.

II. Pour comprendre ce renoncement volontaire à la liberté et cette complicité dans la soumission, La Boétie avance plusieurs raisons. Les ruses des tyrans destinées « à rendre les peuples sots » sont multiples et exercent une pression puissante grâce à un ensemble de rites et de codes sociaux dont il montre qu’ils ont traversé les âges.

1. L’habitude ou coutume, qui a grand pouvoir sur nous.
Les hommes ne perdent pas le sens de la liberté spontanément. Lorsqu’un peuple est asservi par la force, il éprouve violemment sa perte de liberté bien avant de s’y habituer. Mais la génération suivante, qui n’a pas connu cette liberté, n’en ressent plus l’absence comme une privation. Elle l’oublie même, au point qu’il semblerait que ce peuple « a non pas perdu sa liberté, mais gagné sa servitude ». Et, « sans regarder plus avant, ils se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d’autre bien ni d’autre droit que ce qu’ils ont trouvé ; ils considèrent comme naturel l’état de leur naissance ».

2. La religion brandie comme garde-corps.
Les tyrans utilisent la religion et toutes sortes de croyances pour asseoir leur domination aux yeux des peuples. Ils n’hésitent pas à user de toutes sortes de symboles pour les mettre en dévotion. Après le gros doigt de Pyrrhus, et autres miracles de Vespasien sur les boiteux et les aveugles, La Boétie rappelle les crapauds de Clovis qui deviendront les fleurs de lys, la sainte ampoule et l’oriflamme, emblèmes de nos rois de France comme autant de tromperies.
Ainsi, affublés de quelques attributs divins, de pouvoirs sacrés, et la rumeur aidant, tous ces tyrans trouvaient eux-mêmes « bien étrange, que les hommes pussent supporter un homme leur faisant mal » !

3. L’auto-proclamation de titres comme Père du peuple ou Tribun du peuple.
« Les empereurs romains n’oubliaient surtout pas de prendre le titre de Tribun du peuple, parce que cet office était tenu pour saint et sacré et établi pour la défense et la protection du peuple ; et sous cette faveur de l’État, ils s’assuraient par ce moyen que le peuple se fierait plus à eux, comme s’il suffisait d’entendre le nom pour ne pas en ressentir les effets tout contraires.
« Aujourd’hui, ils ne font guère mieux ceux qui, avant de commettre leurs crimes, même les plus révoltants, les font toujours précéder de quelques jolis discours sur le bien public et le soulagement des malheureux. On connaît la formule dont ils font si finement usage ; mais peut-on parler de finesse là où il y a tant d’impudence ? »
Tout cela n’est pas sans rappeler, plus près de nous, certains Führer, Duce, Caudillo, côtoyant Petit Père des peuples, Grand Guide des peuples, Grand Timonier, Celui qui éclaire, Frère guide, et autres Leader maximo. Quant à considérer nombre de nos hommes politiques, il est vraiment peu probable que moquer la grenouille Kermit, le Mangeur de pommes ou le Petit Jupiter, soit suffisant pour déconstruire tous ces cultes de la personnalité.
De même à propos de « jolis discours », souvenons-nous des colossaux mensonges de la Maison Blanche sur les bébés jetés au sol afin de récupérer les couveuses ou l’existence d’armes de destruction massive, insidieusement destinés à favoriser le déclenchement de la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein et nommée Opération liberté irakienne !

4. L’incitation aux divertissements, voire leur imposition.
La Boétie énumère les différentes formes d’amusement proposées pour détourner le peuple de ses véritables intérêts. Ce sont autant de « passe-temps, de jeux, outils de la tyrannie et appâts de la servitude ». Introduits par la ruse, ils ont pour but d’abêtir leurs sujets, de rendre les peuples sots.
« Le théâtre, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes étranges, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté, les outils de la tyrannie. Ce moyen, cette pratique, ces allèchements étaient ceux qu’employaient les anciens tyrans pour endormir leurs sujets sous le joug. »
Autant de prémisses d’une critique de la société de consommation et de loisirs. Aujourd’hui, jeux télévisés, spectacles de compétitions sportives, reportages d’intrigues mondaines et autres plaisirs parfaitement orchestrés, ont-ils un autre rôle que celui de capter notre attention et, « amusés d’un vain plaisir qui nous passe devant les yeux », de nous masquer toutes les duperies et arcanes du pouvoir ?

5. La construction d’une pyramide d’intérêts.
La Boétie dévoile également ce qui lui paraît être le mécanisme le plus efficace, « le ressort et le secret de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie ». Partant de la position dominante du tyran, il observe le petit cercle des complices unis autour de lui par un système de corruption consubstantiel à l’exercice du pouvoir. Puis, au delà de ce cercle, il déroule la chaîne des liens d’interdépendance à l’œuvre dans les processus d’oppression. Ainsi, étant également dominants, les dominés deviennent acteurs de leur propre soumission, de leur propre aliénation. Une cascade d’intérêts privés est créée, qui fonctionne par division et délégation du Pouvoir. C’est la multitude des tyranneaux.
« Ce ne sont pas les armes qui défendent le tyran. On ne le croira pas au premier abord, mais certes c’est vrai : ce sont toujours quatre ou cinq individus qui maintiennent le tyran, quatre ou cinq qui tiennent tout le pays en esclavage. Il n’y en a toujours eu que cinq ou six qui ont eu l’oreille du tyran et s’en sont approchés d’eux-mêmes, ou bien ont été appelés par lui pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés et ceux avec lesquels il partageait ses pillages. Ces six-là guident si bien leur chef qu’il faut qu’il soit méchant envers la société, non seulement de ses méchancetés mais encore des leurs. Ces six-là en ont six cents, qui profitent sous eux, et font, de leurs six cents ce que les six font au tyran. Ces six cents en tiennent sous eux six mille qu’ils ont promus en leur donnant une situation. Ils leur font donner le gouvernement des provinces ou le maniement des deniers, afin de maîtriser leur avidité et leur cruauté pour mettre celles-ci à exécution le moment venu, et leur laisser faire tant de maux par ailleurs que ce n’est que sous leur ombre qu’ils peuvent durer et se soustraire aux lois et aux sanctions qu’elles leur feraient alors encourir.
[…]
« En somme, on comprendra que l’on en arrive à ce point par les faveurs ou sous-faveurs, les gains ou regains qu’on a avec les tyrans, et qu’il se trouve finalement autant de gens auxquels la tyrannie semble être profitable que d’autres à qui la liberté serait agréable. »
Aujourd’hui cette analyse du pouvoir et des mécanismes de la servitude volontaire est toujours pertinente. Les divers scandales économiques et politiques qui animent la presse, la multitude et la variété des niveaux d’implication dans la corruption ne sont qu’une des facettes de cette vérité dont La Boétie disait : « On aura peine à le croire d’abord, mais certes c’est vrai. » Derrière le dévoilement de cette pyramide de complicités, c’est le rôle des bourgeoisies dans le fonctionnement des démocraties occidentales qui est mis à nu. Et si la figure du tyran semble s’éloigner, les forces d’exploitation et de domination de classe sont toujours à l’œuvre. Il nous faut alors repenser le « Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres » dans le cadre de cet État dit moderne.

III. Les conséquences de cette analyse du mécanisme de la servitude volontaire

1. Tout pouvoir corrompt, à l’image de cette métaphore médicale que déplie La Boétie : « Parallèlement à ce que disent les médecins de notre corps, à savoir que s’il y a quelque chose de gâté, dès lors qu’en un autre endroit quelque chose s’infecte, cette partie véreuse attire aussitôt la corruption initiale. »
La Boétie distingue trois manières de prendre le pouvoir : par la conquête, par l’héritage et par les élections.
Donc, « il y a trois sortes de tyrans ».
Là, une phrase est ajoutée, dès 1577, dans certaines versions trafiquées, pour reprendre le terme de Miguel Abensour. C’est la suivante : Je parle des méchants princes. Cet ajout change radicalement la portée politique du propos de La Boétie puisqu’il laisse entendre que pour lui il y aurait des « bons princes », et des « méchants » auxquels seuls s’adresseraient ses critiques. Or il est clair que ce que cherche à comprendre La Boétie, c’est l’exercice du pouvoir en tant que puissance capable d’arracher les hommes à leur liberté naturelle.
Le texte poursuit ainsi :
« Les uns règnent par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les derniers par succession de race. Ceux qui ont acquis le pouvoir par le droit de la guerre s’y comportent, on le sait et le dit fort justement comme en terre de conquête. Ceux qui naissent rois, en général, ne sont guère meilleurs. Nés et nourris dans le sein de la tyrannie, tirent avec le lait la nature du tyran et traitent les peuples qui sont sous eux comme leurs esclaves héréditaires et selon le penchant auquel ils sont le plus enclins, avares ou prodigues , ils usent du Royaume comme de leur héritage. »
Il paraît logique d’associer la corruption à ces deux formes d’accession au pouvoir : la force et l’hérédité. Mais, concernant « l’élection par le peuple », on pourrait douter du caractère quasiment automatique du processus de corruption. Or voici ce qu’en dit La Boétie :
« Quant à celui qui tient son pouvoir du peuple, il semble qu’il devrait être plus supportable, et il le serait, je crois, si dès qu’il se voit élevé au-dessus de tous les autres, flatté par je ne sais quoi qu’on appelle grandeur, il prenait la ferme résolution de n’en plus descendre. […] Pour dire vrai, je vois bien entre ces tyrans quelques différences, mais de choix, je n’en vois pas : car s’ils arrivent au trône par des routes diverses, leur manière de régner est toujours à peu près la même. Ceux qui sont élus par le peuple le traitent comme un taureau à dompter, les conquérants comme une proie sur laquelle ils ont tous les droits, les successeurs comme un troupeau d’esclaves qui leur appartient tout naturellement. »
Certes tout pouvoir élu n’est pas tyrannique. Mais voici comment La Boétie envisage la relation au pouvoir, lorsque l’amitié pour « celui qu’on aime et qui le mérite » nous amène à lui obéir : « Si les habitants d’un pays ont trouvé parmi eux quelque grand personnage qui leur ait montré dans l’épreuve une grande prévoyance pour les protéger, une grande hardiesse pour les défendre, un grand soin pour les gouverner, si dès lors ils décident de lui obéir, et de se fier à lui jusqu’à lui accorder quelques avantages, je ne sais si ce serait faire preuve de sagesse, d’autant qu’on l’ôte de là où il agissait bien pour l’avancer en un lieu où il pourra mal faire. »

2. Et la logique pyramidale aggrave cette corruption et complique les formes de résistance.
On n’est plus dans la configuration de départ où le Pouvoir était détenu par un seul homme, le tyran. Désormais, tous ceux à qui une parcelle de pouvoir a été octroyée sont impliqués. Ce mécanisme de micro-pouvoirs par délégation s’ajoute aux aliénations par le religieux ou par le divertissement. Il rend la lutte d’autant plus complexe et plurielle que certaines formes de divertissement se sont emparées des symboles du pouvoir pour en jouer autrement. La Boétie l’entrevoyait déjà en constatant : « Beau jeu où peut magnifiquement s’illustrer notre poésie française […] toute novée par notre Ronsard, notre Baïf, notre Du Bellay ».

3. Cette pyramide d’intérêts crée deux groupes sociaux.
– Ceux qui profitent du système pyramidal et servent la domination, en « serrant à deux mains et embrassant leur servitude ».
– Ceux qui le subissent : « les villageois, les paysans, foulés aux pieds et rendus pires que des forçats ou des esclaves ».
De ces derniers, La Boétie nous dit que d’une certaine façon ils sont libres car « le laboureur et l’artisan, même s’ils sont asservis, en sont quittes en faisant ce qu’on leur dit ». Mais il dit également que leur colère ne remonte guère vers les sommets de la pyramide. Ils ne voient que ceux qui les dirigent au quotidien, « ceux-là, les peuples, les nations, tout le monde jusqu’aux paysans, jusqu’aux laboureurs, savent leurs noms, déchiffrent leurs vices […] ; tous leurs malheurs, toutes leurs pestes, toutes leurs famines, ils les leur reprochent ».

IV. Dès lors, comment sortir de la domination ?

Le Discours permet d’entrevoir quelques pistes de réflexion :

1. Par l’imagination de la liberté.
Elle résiste aux pesanteurs de la coutume, car « les années ne donnent jamais le droit de mal faire, au contraire elles aggravent l’injustice ». Et il se trouve toujours des hommes « qui ne s’accommodent jamais de la sujétion […]. Quand bien même la liberté serait entièrement perdue et toute hors du monde, ceux-là l’imaginent et la sentent en leur esprit, et même la savourent ; et la servitude n’est pas à leur goût, si adroitement qu’on la déguise ».
De ces hommes à l’esprit libre, La Boétie dit qu’ils « se remémorent les choses passées pour juger de celles du temps à venir, et mesurer les présentes ». Ce raisonnement éclairé est déjà la source d’une force critique qui ouvre des espaces aux utopies, libertaires plus précisément.

2. Par l’amitié.
Elle est au fondement de la vie en société. « Notre nature est ainsi faite que les devoirs communs de l’amitié emportent une bonne partie de notre vie » affirme La Boétie dès les premières pages. Et c’est par cette même idée d’amitié que se termine son Discours.
Pour lui, « l’amitié, c’est un nom sacré » qui s’oppose radicalement à toute forme d’injustice. « Elle fleurit dans l’égalité, dont la marche est toujours égale et ne peut jamais clocher. » Elle est étrangère à toute forme de domination. « Le tyran n’est jamais aimé ni n’aime.[…] Entre méchants, lorsqu’ils s’assemblent, c’est un complot et non une société. Ils ne s’entr’aiment pas mais s’entre-craignent. Ils ne sont pas amis, mais complices. »
La Boétie creuse le rôle social du lien d’amitié. D’une part, il doit constater que la nature a doté certains mieux que d’autres « soit de corps, soit en l’esprit ». Mais, d’autre part, cette même nature « nous a fait à tous ce beau présent de la voix et de la parole pour mieux nous rencontrer et fraterniser et pour produire, par la communication et l’échange de nos pensées, la communion de nos volontés ». Elle ne peut donc nous avoir mis « en ce monde comme en un champ de bataille, et n’a pas envoyé ici-bas les plus forts ni les plus avisés comme des brigands armés dans une forêt pour y brutaliser les plus faibles ». La nature ne saurait se contredire. La Boétie introduit alors l’explication suivante : « Il faut croire plutôt que faisant ainsi les parts, aux uns plus grandes, aux autres plus petites, elle a voulu faire naître en eux l’affection fraternelle et les mettre à même de la pratiquer, les uns ayant puissance de porter secours et les autres besoin d’en recevoir. »
Beau programme politique au sens fort du terme, qui fait écho à la conception chère à Sébastien Faure de l’entente libre, l’aide fraternelle, l’accord harmonieux, et à l’entraide explorée par Kropotkine en réponse au darwinisme.

3. Par l’association de l’individu et du compagnon.
L’individu et le groupe ne peuvent être antagonistes. Certes « entre les hommes libres, c’est à l’envi, à qui mieux mieux, tous pour chacun et chacun pour tous ». Mais point d’unanimisme dans cet enthousiasme, genre mousquetaires à la Alexandre Dumas. Aucune idée de fusion de l’individu dans le groupe car le socle de la pensée de La Boétie, c’est la liberté : « Il ne faut pas douter que nous soyons tous naturellement libres, puisque nous sommes tous compagnons. » L’amitié ne pouvant être que dans la liberté et l’égalité, tout compagnonnage ne peut qu’être formé d’individus libres. À preuve cette « bonne mère nature qui a montré en toutes choses qu’elle ne voulait pas tant nous faire tous unis que tous uns ». Pas tous un mais tous uns ! Le pluriel de ce tous uns ici est garant de liberté. Tous solidaires parce que libres. « Et il ne peut venir à l’idée de personne que la nature en ait mis certains en servitude, puisqu’elle nous a tous faits membres d’une compagnie. »

« La Boétie n’était pas anarchiste » nous dit André. Certes. Sans anachronisme, on peut penser qu’il a nourri et peut encore nourrir la pensée libertaire. Pour cela, il convient d’appliquer ses analyses du pouvoir à un capitalisme mondialisé aujourd’hui ; et penser les résistances et les luttes comme lui-même, en termes de « compagnonnage libre » et de « désobéissance générale ».

⸎ ⸎ ⸎

 

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