Rencontre-débat samedi 18 février 2017 « occup y wall street »

RENCONTRE AVEC MARK BRAY AUTEUR « D’OCCUPY WALL STREET » OU LES

ANARCHISMES COMME FONDEMENTS DES MOUVEMENTS ANTI-LIBÉRAUX CONTEMPORAINS.
organisée par le collectif libertaire de Gironde

SAMEDI 18 FÉVRIER 2017 À 17H
ATHÉNÉE LIBERTAIRE, 7 RUE DU MUGUET BORDEAUX.

Publié dans Actualités, Désobéissance civile, Idées, International, Messages reçus, Nos activités | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Achaïra n°191 l’émission radio du lundi 6 février 2017 – spécial santé publique

 

 Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 191 du lundi 6 février 2017
Spécial résistances dans la santé publique

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 191 du lundi 6 février 2017

Salut, c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 191éme édition aujourd’hui, je suis accompagné pour cette émission de camarades du cercle libertaire Jean-Barrué, Esméralda, Progrès, Thierry et à la technique, de notre ami, Mika.

Pour cette émission, le sujet principal sera la dégradation de la santé publique. Pour cela, nous parlerons avec Sandra du collectif Santé Grèce et d’une soirée qu’il organise pour soutenir les Dispensaires autogérés en Grèce le samedi 11 février au Centre social Saint Pierre à Bordeaux. Ensuite, nous évoquerons avec Christina, du Centre 15 et Christian, médecin urgentiste, la lutte victorieuse des Assistants et Assistantes de Régulation Médicale, les personnes qui décrochent quand vous faites le 15 et vous assistent pour trouver le praticien qui correspond à vos attentes.

Nous allons évoquer juste avant avec Sandra un annuaire des lieux alternatifs sur Bordeaux et sa région, la nouvelle mouture du Petit Altern’actif avec ses 134 pages.

Ensuite, André reviendra sur le mouvement « Occupy Wall Street» avec la rediffusion de sa chronique de la désobéissance sur l’ouvrage de Mark Bray. Sa chronique introduira ainsi le débat organisé par le collectif libertaire de Gironde le samedi 18 février en présence de Mark Bray venu des États-Unis pour présenter son travail sur l’implication des idées anarchistes dans les mobilisations antilibérales, comme Occupy Wall Street. Ce sera à l’Athénée Libertaire.

Nous continuerons, si nous en avons le temps, avec quelques dates clés de notre histoire avec l’éphéméride de février, une occasion de retrouver des idées pour construire dès aujourd’hui un autre futur comme nous y invitera un agenda militant avec quelques rendez-vous.

Mais en tout premier lieu, nous reviendrons sur le procès de Jon Palais, le militant poursuivi dans le procès des faucheurs de chaises, que nous écoutions dans notre précédente émission. Nous parlerons de la mobilisation et du verdict.

20h10 Virgule sonore (jingle le débat d’actu)

20h10 – Retour sur le procès des « faucheurs de chaises » – 10 min

Le procès du 9 janvier 2017 à Dax – la mobilisation – le verdict

Signalons aussi le procès en appel de militants du DAL33 condamnés il y a deux ans, pour avoir aidé des sans-abris à occuper un logement vacant rue Planterose en juillet 2013. Suite à un recours en cassation le procureur a requis la relaxe. Le délibéré sera prononcé le 9 mars prochain à 14h.

20h20 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

20h20 – La sortie de la nouvelle édition du Petit Altern’actif – 7 min

20h27 Coupure musicale – 3 min

20h30 Virgule sonore (jingle le débat d’actu)

20h30 – Soirée de soutien aux Dispensaires autogérés en Grèce – partie 1 – 10 min

Le collectif Santé Grèce,

20h40 Virgule sonore (jingle le débat d’actu)

20h40 – Soirée de soutien aux Dispensaires autogérés en Grèce – partie 2 – 12 min

La soirée de soutien le samedi 11 février 2017

20h52 Coupure musicale – 3 min –

20h55 Virgule sonore (jingle invité)

20h55 – La lutte des Assistants de Régulation Médicale – Autour du brasero – 1ère partie

La situation de la Santé publique – Le regard d’un syndicaliste sur cette situation – 15 min

21h10 Virgule sonore (jingle invité)

21h10 – La lutte des Assistants de Régulation Médicale – Autour du brasero – 2ème partie

Le témoignage des Assistant-e-s de Régulation Médicale en lutte – Le regard d’un syndicaliste sur cette lutte victorieuse – 20 min

21h30 Coupure musicale – 3 min –

21h33 Virgule sonore (jingle désobéissance)

21h33 – La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

« Les anarchistes de Wall Street ou la résurrection du phénix libertaire » – 7 min

21h40 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

21h40 – Soirée avec Mark Bray le 18 février 2017 – 10 min

21h50 Virgule sonore (jingle agenda)

21h50 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) – 8 min

21h58 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 191éme d’Achaïra. A la préparation nous remercions Fabienne, Anita et André. Nous remercions les invités de cette émission Sandra, Christina et Christian. Enfin, l’animation a été portée par Esméralda, Progrès, Mika, Thierry et moi-même. Et un très grand merci à Mika qui a assuré aux manettes de l’émission.

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 6 mars 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission.

Ephéméride anarchiste de février auquel vous avez échappé au direct

Le 1er février 1805, naissance d’Auguste Blanqui, l’auteur du fameux « Ni Dieu ni maître ». Blanqui n’était pas du tout anarchiste, il était même un peu autoritaire. Il rata la Commune de Paris en 1871 parce qu’il était en prison.

Le 3 février 1909, naissance de la philosophe Simone Weil qui, durant la guerre d’Espagne, s’engagea dans la colonne Durruti et non pas dans les Brigades internationales comme l’écrit par erreur le Petit Robert de 2011.

Le 3 février 1913, à Paris, début du procès des survivants de la Bande à Bonnot, qui s’achèvera le 27 février.

En février 1946, sortie à Marseille du premier numéro du journal Monde nouveau. Parmi les collaborateurs, il y avait André Arru, Pierre Besnard, Paul et Aristide Lapeyre et aussi quelques autres…

Le 5 février 1894, à Paris, exécution par la guillotine d’Auguste Vaillant.

Le 6 février 1872, naissance de Luigi Bertoni qui, dès 1900, en Suisse, publia pendant de nombreuses années Le Réveil anarchisteIl Risveglio anarchico, un journal bilingue.

Le 6 février 1919, à Seattle (États-Unis), une grève générale de solidarité avec les dockers eux-mêmes en grève depuis le 21 janvier, commence. Les ouvriers, très bien organisés, contrôleront durant une semaine la cité industrielle (centre d’exploitation du bois) ; ils créeront des cantines populaires et gèreront eux-mêmes la cité. Ils arrêteront leur mouvement le 11 février face à la menace d’un affrontement sanglant entre les grévistes et l’armée. Cela n’empêchera pas les autorités d’arrêter et d’emprisonner dans les jours qui suivront 39 wobblies, les Industrial Workers of the World (IWW).

Le 8 février 1919, à Barcelone, début de la grève de La Canadiense, à l’origine d’un mouvement qui va durer 44 jours, s’étendre aux autres entreprises et paralyser la ville. 3000 grévistes de la CNT emprisonnés, la loi martiale décrétée. Mais grâce à la détermination des travailleurs, l’entreprise accepte de réintégrer tous les ouvriers avec augmentation de salaire et accorde la journée de 8 heures. Un meeting réunit plus de 20 000 personnes. Devant le refus des militaires de libérer une vingtaine de militants encore détenus, la lutte repart de plus belle et se termine le 14 avril par la victoire des grévistes.

Février 1908, États-Unis. Publication, dans Mother Earth d’Emma Goldman et dans la presse socialiste, du Manifeste au peuple américain écrit par les dirigeants du Parti libéral mexicain (dont Ricardo Flores Magon). Ils y expliquent les raisons de leur combat et dénoncent la répression dont ils sont victimes au Mexique comme aux États-Unis.

Le 14 et 15 février 1937, à Caspe, Espagne, a lieu le Congrès constitutif de la Fédération des collectivités d’Aragon (ou Conseil d’Aragon), représentant 275 villages auxquels s’ajouteront rapidement de nouvelles collectivités. Les premières mesures adoptées sont la suppression de l’argent et la construction d’un véritable fédéralisme. Cette importante œuvre constructive sera détruite par les staliniens le 11 août 1937.

Le 15 février 1922, mort de Clara Wichmann aux Pays-Bas. Les Éditions libertaires ont publié en 2016 quatre textes de Clara qui développa une pensée non-violente et libertaire.

Le 19 février 1869, naissance de Fritz Oerter qui dès 1920 prit position pour une non-violence révolutionnaire. L’Atelier de création libertaire a publié en 2015 sa Folie très raisonnable d’un ouvrier syndicaliste libertaire.

Le 25 février 1908, aux États-Unis, le Washington Post propose dans son édition du jour que tous les anarchistes, coupables ou non de crime ou de délit, soient mis à mort.

Le 27 février 1908, aux États-Unis, le journal San Francisco Chronicle dans son édition du jour, considère que le fait d’affirmer ses convictions anarchistes est « une preuve décisive de folie incurable ».

Publié dans Achaïra, Messages reçus, Sommaire | Laisser un commentaire

Achaïra n° 191 : Chronique de la désobéissance. : Les anarchistes de Wall Street

Les anarchistes de Wall Street

ou la résurrection du phénix libertaire

 

Il faudrait, toi qui me lis, que tu aies déjà apprécié le livre de David Graeber − Comme si nous étions déjà libres (Lux éd.) − pour, avec le livre de Mark Bray − Occupons Wall Street −, continuer sur ta lancée ; et ce afin d’approcher au plus près cette aventure nord-américaine encore d’actualité où les idées et les pratiques libertaires sont largement présentes. En effet, ce mouvement s’est montré tout autant anticapitaliste qu’antiautoritaire et a été animé par une importante minorité de militants anarchistes au milieu d’une masse de sympathisants de la gauche réformiste de ce pays qui se satisferait, elle, tout simplement, d’une plus grosse part du gâteau. Or, ce que veulent les libertaires, c’est gérer collectivement la boulangerie.

Ces événements se déroulaient il n’y a pas si longtemps. Commencée le 17  septembre 2011, l’action se prolongera, à n’en pas douter, en de multiples répercussions…

Rappelons que 700 personnes furent arrêtées le 1er octobre 2011 sur le pont de Brooklyn alors qu’elles empêchaient la circulation.

Ainsi, en ce début de siècle, l’anarchisme donné pour moribond par nombre d’historiens a paru, le temps d’une action d’envergure, renaître de ses cendres devant des journalistes plutôt déconcertés, des journalistes nord-américains, incapables de réfléchir au-delà des schémas de la culture dominante et encombrés de modes de pensée convenus. Ils étaient bien en peine de comprendre les militants d’Occupy Wall Street qui n’exprimaient, semblait-il, pas de revendications claires, pas d’ambition électorale, qui n’avaient pas de leaders (ou alors beaucoup) et, de plus, qui occupaient des lieux improbables et sans signification particulière.

Mark Bray écrit :

« La destruction du capitalisme et la construction d’une économie démocratique, sans classes, durable d’un point de vue environnemental, caractérisée par l’entraide et la solidarité et se donnant pour priorité de répondre aux besoins humains ; le développement de formes de démocratie participative et directes à partir des communautés locales, des groupes et des personnes réelles qui permettent un empowerment [augmentation de la capacité à se prendre en charge] aussi bien individuel que collectif ; l’élimination de toutes les relations sociales hiérarchiques, quelles que soient les catégories sur lesquelles elles sont fondées (sexualité, race, genre, etc.) : voilà ce que voulait Occupy Wall Street. C’est aussi une bonne part de ce que veulent les anarchistes. »

Ce livre, résultat de 192 entretiens menés lors d’une enquête sur place et tout en suivant l’action, décortique, militant par militant, cette page d’histoire. Forte présence anarchiste, disons-nous ; Encore faut-il préciser que ce qualificatif − que certains des participants rejettent − abrite des réalités diverses que Mark Bray s’emploie à nous faire découvrir.

Cependant, nous n’entrerons pas dans l’estampillage proposé d’anarchistes avec un « a » minuscule différencié des anarchistes avec un « A » majuscule, les premiers caractérisés par un « style de vie », une « contre-culture » et une prédilection pour des thèmes privilégiés comme l’écologie, tandis que les seconds seraient plus organisationnels et mettraient l’accent sur la lutte de classe. Mais, bien sûr, c’est là simplifier à l’excès une réalité plurielle, complémentaire et en perpétuelle évolution.

Mark Bray explique assez minutieusement le fonctionnement des assemblées générales largement ouvertes, moins fréquentées par les militants que par des « touristes » ou par des « énergumènes » ; les militants préférant s’investir dans des « commissions » (presse, ravitaillement, finances, sanitaires, etc.). Cependant, ces lieux de parole sont lieux de conflit ; et l’auteur nous guide ainsi au travers des différentes façons qui permettent d’aboutir à un consensus, ou pas ; il nous décrit, en particulier, quand le public est nombreux et qu’il n’y a pas de haut-parleur, une façon originale de se faire entendre, ce qu’il nomme « le micro du peuple » : une technique de communication toute simple où un individu répète à voix forte, à la cantonade, ce que vient de dire un des participants.

Souvent, les réunions doivent subir les débordements de « perturbateurs » qu’il est difficile d’expulser au nom de la liberté de parole ; donc difficile à contraindre quand il le faudrait, mais, comme l’écrit Mark Bray, « après tout, une révolution est la chose la plus coercitive qui soit ».

Tout un chapitre, « Traduire l’anarchie », est consacré à une attitude relativement partagée par les militants − une sorte d’accord tacite −, pour ne pas dévoiler franchement leur qualité d’anarchiste, car, écrit l’auteur, « si j’avais employé le mot “anarchiste” dès le départ, beaucoup auraient immédiatement fait la sourde oreille ». Et, plus loin, à propos des idées libertaires : « Ces concepts ont été galvaudés dans les cultures populaires et politiques américaines. »

Il s’agissait donc de les « traduire », de dire les choses autrement, car il est inutile de prendre les gens à rebrousse-poil. On peut voir là une volonté de convaincre l’opinion, la société civile, les « autres », par une plus grande attention.

Mark Bray fait remarquer qu’à OWS New York il n’y avait pas de black blocs, donc pas de violence et cite encore Graeber qui avait écrit que les anarchistes qui ont lancé OWS « avaient collectivement décidé d’adopter une stratégie de non-violence inspirée de Gandhi et de refuser la destruction des biens matériels », cette dernière façon étant inappropriée à la situation du moment. Cela noté, Mark Bray dit avoir − ailleurs − participé à des black blocs.

Pour autant est prônée la diversité des tactiques et non pas la condamnation des black blocs qui, quelquefois, ont quasiment été livrés à la police par des manifestants plus pacifiques.

Cependant, par l’écoute de la parole des militants interrogés, l’enquête de Mark Bray nous ouvre un large éventail de réponses aux problèmes de la violence pour, finalement, conclure : « C’est selon leur efficacité que l’on devrait évaluer les tactiques. »

Ce livre développe donc une réflexion qui devrait satisfaire partiellement le questionnement de L. F. du groupe Regard noir (« Anarchisme et violence fantasmée ») dans Le Monde libertaire, n° 1763 du 29 janvier au 4 février 2015. Un L. F. qui dit beaucoup de choses et quelquefois de très bonnes. Comme :

« Être capable de casser trois banques et de lancer quelques cailloux n’a aucune valeur si cela amène à la dislocation totale de notre apparition publique, lanceurs de cailloux compris, c’est une preuve de faiblesse, non de radicalité. »

Par ailleurs, sans doute sommes-nous − nous les « non-violents » − plus familiers de la violence que les violents ne le sont de la non-violence, étant entendu que l’action non-violente est, historiquement, une idée et une pratique relativement neuves chez les militants anarchistes. Retenons cependant la proposition de L. F. d’une discussion en amont, avant l’action, avec l’acceptation de la diversité des tactiques. Il semble que cela se faisait déjà à Gorleben ou lors du G8 en Allemagne. Pour les Français, c’est plus récent.

C’est justement en Allemagne que le philosophe Günther Anders (1902-1992) − mais surtout à propos de la lutte antinucléaire − a été à la source d’un large débat quand, en 1987, il a publié La Violence : oui ou non (Fario éd., 2014) qui remettait en question l’efficacité des actions non-violentes. S’appuyant sur un double thème, l’état d’urgence et la légitime défense, il écrivait :

« Je tiens pour nécessaire que nous intimidions ceux qui exercent le pouvoir et nous menacent (des millions d’entre nous). Là, il ne nous reste rien d’autre à faire que de menacer en retour et de neutraliser ces politiques qui, sans conscience morale, s’accommodent de la catastrophe quand ils ne la préparent pas directement. »

Il écrit encore :

« C’est pourquoi je déclare avec douleur mais détermination que nous n’hésiterons pas à tuer les hommes qui, par manque d’imagination ou de cœur, n’hésitent pas à mettre l’humanité en danger et à se rendre ainsi coupables d’un crime contre elle. »

Le livre, sous-titré Une discussion nécessaire, nous propose un certain nombre de réponses venant d’un large horizon d’opinions qui, pour l’essentiel, ne suivent pas le philosophe dans son exhortation, d’ailleurs sans suite de sa part étant donné son âge.

C’est aussi l’occasion de constater un détournement de vocabulaire qui a conduit à la condamnation de certains non-violents par les tribunaux ; ces derniers n’ont pas hésité à criminaliser, à qualifier de terrorisme, des actions non-violentes comme les blocages par sit-in, les grèves ouvrières, la destruction de pylônes, etc.

Nous sommes ainsi dans la plus grande confusion langagière. Si nous-mêmes avons écrit qu’il y a un continuum entre la violence et la non-violence, l’une n’est pas l’autre. Pour faire image, nous dirons qu’il y a une progression de la lumière ou de l’obscurité entre le jour et la nuit. En effet, il y a l’aube et il y a le crépuscule, mais la nuit, ce n’est pas le jour.

Ajoutons le fait indéniable d’une sorte de fossé culturel dans le vocabulaire entre « violents » et « non-violents » ; par exemple, l’action non-violente est souvent confondue avec une action sans violence. Aussi, réduire la non-violence aux coopératives, aux Amap, au militantisme culturel, etc., est une simplification qui n’a de liens que très distants avec l’action non-violente ; disons que ce sont des activités parallèles qui, cependant, associées à d’autres, peuvent être en quelque sorte des bases arrières pour le combat.

Si la discussion se révèle difficile, il nous paraît que le débat s’ouvre lentement.

À l’évidence, nos camarades américains sont allés beaucoup plus loin que nous.

Pour en venir à quelques points de « friction », citons diverses affirmations :

− Que le « non-violent » manquerait de radicalité et que le « violent » ferait le jeu de la répression.

− Que le discours du « non-violent » serait « facilement récupéré par le pouvoir en place pour renforcer l’ostracisme de ceux qui choisissent l’action directe “violente” ».

Le pouvoir pratique la récupération tous azimuts, il n’y a pas à en douter ; il s’appuie sur une opinion publique qui craint en général les manifestations violentes.

Mais que le souci principal des « non-violents » soit la « respectabilité », non ; plutôt l’efficience face à l’opinion, à la société civile, aux « autres », car, « si vous pensez que casser une vitrine est un acte politique qui vaut la peine d’être accompli, alors vous devriez être conscient qu’il est considéré comme violent par la grande majorité de la population, que vous le vouliez ou non », écrit Mark Bray.

Par ailleurs, Mark Bray ouvre une perspective : « Le fait que la gauche radicale aux États-Unis ait été imprégnée par des pratiques, voire les positions politiques anarchistes, est un pas essentiel vers la création d’un mouvement libertaire de masse à long terme. »

Ainsi, les anarchistes des États-Unis, vilipendés par la grande presse, ces  anarchistes aux pratiques extraparlementaires, adeptes de l’horizontalité et de l’action directe, font preuve d’une imagination créative porteuse d’avenir.

Et, à propos d’action directe, Mark Bray n’hésite pas à citer Voltairine de Cleyre :

« Toute personne qui a déjà envisagé de faire quoi que ce soit et qui a essayé de le faire et a réussi ou qui a exposé un projet à d’autres et a obtenu leur coopération pour le réaliser, sans passer par des autorités extérieures pour les prier d’agir à leur place, a pratiqué l’action directe. »

Un Mark Bray qui renchérit à ce sujet en parlant de quintessence d’une politique préfigurative et, citant encore Graeber, qui pense que, lorsqu’on est capable de faire quelque chose, on doit agir « comme si l’État n’existait pas ».

Chaque jour est un commencement, l’espérance libertaire est vivante.

Mark Bray, Occupons Wall Street

L’anarchisme d’Occupy Wall Street, Noir et Rouge éd., 2014, 228 p.

Texte écrit à partir d’une chronique pour l’émission Achaïra

sur la Clé des ondes en Gironde du 2 mars 2015

Publié dans Messages reçus | Laisser un commentaire

Achaïra n°190 l’émission radio du lundi 2 janvier 2017 – spécial procès « faucheur de chaises »

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 190 du lundi 2 janvier 2017

Spécial procès de Jon Palais, « Faucheur de chaises »

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 190 du lundi 2 janvier 2017

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h01 – éditorial de l’émission – Philaud

Salut, c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 190éme édition aujourd’hui, je suis accompagné pour cette émission de camarades du cercle libertaire Jean-Barrué, Esméralda, Progrès, Germain, Adrien, Mika et à la technique, de notre ami Mika.

Pour cette nouvelle émission, nous aurons un éditorial brillant et plein de paillettes.

Il y a cent ans commençait la « petite révolution ». Nous aurons dix mois pour y revenir.

Pour cette émission, le sujet principal sera le procès d’un « faucheur de chaises ». En 2015, des centaines de citoyens ont réquisitionné des chaises dans des banques pour dénoncer leur rôle dans le système de l’évasion fiscale. 40 actions ont été menées toutes en plein jour de manière non violente et à visage découvert. Le 9 janvier aura lieu à Dax le premier procès d’un de ces faucheurs de chaises, Jon Palais des Landes et du Pays basque risque 5 ans de prisons pour vol en réunion pour une plainte de la BNP, la banque française qui a le plus de filiales dans les paradis fiscaux.

En première partie, nous entendrons Hervé Mazure, un membre du comité de soutien local qui nous parlera du soutien qui sera organisé ce jour-là par un collectif d’organisations qui tentera de transformer ce procès en un procès des paradis fiscaux. Le procès et le soutien auront lieu à Dax, ce lundi 9 janvier après-midi.

Ensuite, André reviendra sur « Le cœur libertaire de Lyon» avec la suite de sa chronique de la désobéissance. Il nous ramènera en 1869 à Lyon, avec la grève des ovalistes, travailleuses de la soie. Il s’appuie pour sa chronique d’aujourd’hui sur 4 ouvrages.

Puis suivra la chronique de Docteur G. avec une anthropologie de la guerre.

Nous continuerons avec quelques dates clés de notre histoire avec l’éphéméride de janvier, une occasion de retrouver des idées pour construire dès aujourd’hui un autre futur comme nous y invitera un agenda militant avec quelques rendez-vous.

En deuxième partie, nous écouterons Jon Palais, le militant de Bizi!, poursuivi dans le procès des faucheurs de chaises, nous parler de l’action qui a été mené, de ses retombées, du choix de cette forme nouvelle, du choix du recours à l’action non-violente, dans le cadre de la COP21 comme dans ce cas de contestation de l’évasion fiscale. Nous lui demanderons s‘il s’agit d’une critique pragmatique du capitalisme ou simplement de ses excès. Il nous dira aussi comment il aborde ce procès.

En toute fin d’émission, nous reviendrons sur l’agenda militant si tous les rendez-vous ne vous ont pas été donnés.

20h10 Virgule sonore (jingle le débat d’actu)

20h10 – Entretien avec Hervè Mazure sur la manifestation de soutien au faucheur de chaises – partie 1

Partie 1 : présentation du soutien et du collectif d’organisations pour la journée du 9 janvier –15 min

Bonsoir Hervé, peux-tu nous dire comment vous en êtes arrivés à vous regrouper sur Dax pour organiser ce soutien au procès du faucheur de chaises, Jon Palais, que nous recevrons à 21h15, procès que vous avez décidé de transformer en procès de l’évasion fiscale ?

20h25 Coupure musicale – 3 min –

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux

Flash 3 : vous écoutez Achaïra, l’émission du cercle libertaire Jean-Barrué, le premier lundi de chaque mois sur la Clé des Ondes.

20h30 – Entretien avec Hervè Mazure sur la manifestation de soutien au faucheur de chaises – partie 2

Partie 2 : le déroulé de la journée et manifestation du 9 janvier- 15 min

Comment va s’organiser cette journée ? Pour celles et ceux qui voudront nous rejoindre à Dax, Hervé, peux-tu nous dire ce qu’il faut savoir, rendez-vous, déroulé ?

20h45 Coupure musicale – 3 min –

20h48 Virgule sonore (jingle invité)

20h48 – La chronique du Docteur G. – Germain

« Anthropologie de la guerre » – 8 min

20h56 Virgule sonore (jingle Achaïra)

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux.

20h58 Coupure musicale – 2 min

21h00 Virgule sonore (jingle désobéissance)

21h00 – La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

« Lyon libertaire : les grêveuses magnifiques, les ovalistes » – 8 min

21h08 Coupure musicale – 2 min

21h10 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h10 – L’éphéméride anarchiste – 10 min (voir plus bas)

 

21h20 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

21h20 – Entretien avec Jon Palais, faucheur de chaises, en procès le 9 janvier 2017

La mobilisation contre l’évasion fiscale- 15 min

Comment s’est organisée cette mobilisation ? Comment en es-tu arrivé à te trouver poursuivi ? Comment abordes-tu ce procès ?

21h50 Virgule sonore (jingle agenda)

21h50 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) – 9 min

21h59 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 190éme d’Achaïra. A la préparation nous remercions Anita et André. Enfin, l’animation a été réalisée par Esméralda, Progrès, Mika, Germain, Adrien et moi-même. Et un très grand merci à Mika qui a assuré aux manettes de l’émission.

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux

Flash 3 : vous écoutiez Achaïra, l’émission du cercle libertaire Jean-Barrué, le premier lundi de chaque mois sur la Clé des Ondes.

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 6 février 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission.

Ephéméride de janvier

Le 1er janvier 1911, ouverture à New York d’une École moderne fondée par l’association Ferrer, avec l’aide d’Emma Goldman et d’Alexandre Berkman. Elle éditera à partir de 1912 la revue Modern School magazine.

Le 1er janvier 1925, sortie à Paris de La Révolution prolétarienne. Créée par Pierre Monatte, cette revue, fidèle à l’esprit de la Charte d’Amiens,se tiendra à l’écart de l’influence des partis politiques comme des ingérences de l’État ou du patronat. La R P n’était pas spécifiquement anarchiste, y collaboreront cependant de nombreux compagnons.

Le 4 janvier 1945, en Sicile, Maria Occhipinti, enceinte de cinq mois, se couche devant les camions militaires qui viennent chercher les jeunes conscrits pour les incorporer dans la nouvelle armée. En quelques minutes, une manifestation se forme et entoure les militaires qui sont contraints de relâcher leurs recrues mais ripostent en tirant dans la foule, tuant un manifestant.C’est le début de la révolte ; trois jours durant des insurgés résisteront aux troupes gouvernementales. L’insurrection sera finalement écrasée dans le sang.

Le 6 janvier 1858, naissance de Sébastien Faure à Saint-Étienne.Figure importante de l’anarchisme français.Il fut séminariste avant d’être libre-penseur, et socialiste avant de devenir anarchiste. En 1895, avec Louise Michel, il fonde Le Libertaire.

Le 8 janvier 1883, à Lyon, lors du procès des 66, il est reproché aux accusés : « D’avoir […] été affiliés ou fait acte d’affiliation à une société internationale ayant pour but de provoquer à la suspension du travail, à l’abolition du droit de propriété, de la famille, de la patrie, de la religion et d’avoir ainsi commis un attentat contre la paix publique. »De très dures condamnations seront prononcées contre les inculpés : 4 à 5 ans de prison pour les « meneurs » Pierre Kropotkine, Émile Gautier, Joseph Bernard, Pierre Martin, etc.

Le 14 janvier 1921, naissance à New York de Murray Bookchin qui deviendra le théoricien de l’écologie sociale et du municipalisme libertaire. Les idées de Bookchin sont partiellement revendiquées par Abdullah Öcalan, un des fondateurs et dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan.

Née le 24 janvier 1890 à Romans, l’anarchiste, pacifiste, néo-malthusienne et naturiste Jeanne Humbert mourra en 1986.Avec Eugène Humbert, elle animera le journal néo-malthusien Génération consciente. Le 5 novembre 1921, pour réprimer la propagande anti-nataliste, Jeanne et Eugène sont condamnés chacun à deux ans de prison.

Le 24 janvier 1978, mort de Robert Proix. Socialiste puis anarchiste et pacifiste, il est né au familistère de Guise (fondée par J.-B. Godin). Il fut l’ami d’Albert Camus et d’André Prudhommeaux (né comme lui au familistère). Il collaborera au journal Liberté, puis à l’Union pacifiste et au Monde libertaire, et soutiendra Louis Lecoin dans son action en faveur de l’objection de conscience.

Né le 31 janvier 1899, Aristide Lapeyre, militant à Bordeaux, était déjà un conférencier anarchiste reconnu lorsque, en 1928, il soutient la « synthèse anarchiste » de Sébastien Faure. En 1929, il crée un journal anticlérical Lucifer auquel succèdera La Révolte. Militant activement pour la limitation des naissances, il se fait stériliser par vasectomie par le docteur Norbert Bartosek. En 1935, il est inculpé lors de l’Affaire des stérilisés de Bordeaux. En 1936, pendant la révolution espagnole, il participe à la création du journal Espagne antifasciste qui deviendra Espagne nouvelle.

En octobre 1941, il sera pris en otage par les nazis manquant de peu d’être fusillé.

Il se battra pour le droit à l’avortement, n’hésitant pas à en pratiquer lui-même. Le 19 juin 1973, il est condamné à cinq ans de prison, suite au décès accidentel d’une patiente. Victime d’une hémiplégie, Aristide Lapeyre est libéré pour raison médicale, mais mourra peu de temps après, en 1974, à Bordeaux.

Publié dans Achaïra, Messages reçus, Sommaire | Tagué , , , , , , , , ,

Achaïra n° 190 : Chronique du Dr G. : Anthropologie de la Guerre

Achaïra n° 190 : Chronique du Dr G. : Anthropologie de la Guerre

La Guerre et l’humain

« Depuis que l’homme écrit l’histoire depuis qu’il bataille à cœur joie, entre mille et une guerres notoires si j’étais tenu de faire un choix, à l’encontre du vieil Homère je déclarerai tout de suite, moi mon côlon celle que je préfère, c’est celle de quatorze dix-huit. »

J’aime le niveau d’exigence de Brassens : aller à la guerre, oui, mais pas n’importe laquelle ! Hélas pour nous tous, la guerre de 14-18 est bien finie et nous n’aurons pas l’honneur d’y participer, heureusement de nombreuses se déroulent actuellement ou bien se préparent, mais il y a fort à parier qu’elles soient bien en dessous de La Der’ des Der’.

C’est d’ailleurs assez marrant, ce concept de guerre, quand on y réfléchit. La guerre c’est un peu comme si des tas de gars et de filles qui ne sont pas concernés directement par le motif du conflit allaient joyeusement donner leurs vies pour le résoudre par la force, tandis que ceux qui ont motivé le pugilat n’ont à y participer directement et survivent tranquillement à l’arrière. Et quand on considère le nombre de victimes on se retrouve bien souvent perplexe.

Mais qu’est-ce qui motivent les masses à aller mourir à la guerre ?

Et puis je me suis souvenu que nous étions des primates qui portions la violence en nous, que nous avions des structures cognitives qui conditionnent la violence, que nous étions des prédateurs et en plus des chasseurs, et enfin que depuis l’aube de notre humanité nous utilisions des outils nommés « masse », « coup-de-poing » ou encore « casse-tête ».

Il semblerait donc que nous portons le germe de la guerre dans notre humanité, par conséquent bannir la guerre serait possible, mais au prix de la disparition de tous les humains.

Mais dans ce cas, pourquoi de nombreuses personnes n’ont pas tant que ça envie de faire la guerre (je me suis même laissé dire que des mouvements pacifistes organisaient des partouzes anti-guerre dans l’espoir que les flux d’énergies ainsi libérés apporteraient une solution positives à tous les combats dans le Monde) ?

Si notre espèce porte intrinsèquement la violence guerrière en elle, alors les anti-guerres devraient être une minorité invisible…

Mais merdre ! Ghandi, une minorité invisible, je ne parviens pas à l’avaler.

Soyons méthodiques dans notre recensement des conflits armés que notre espèce a connu et comme le général de la chanson, déroulons le fil de son immense histoire : « Les Dardanelles quand il n’était que colonel, nana nana nananana, et Ramsès II, la première guerre, quand sa mère était cantinière… »

Ça c’est une idée tiens !, de trouver quelle fut la première guerre, et surtout de voir si elle coïncide avec le début de l’humanité.

Je vous passe ce que vos livres d’Histoire pourront vous indiquer et me tourne plutôt vers la paléoanthropologie (qui est la science des zozos en tee-shirt qui boivent des bières en essuyant des ossements et que vous ne pouvez pas construire votre nouveau lotissement sans qu’ils aient fini leurs fouilles, dont ils mettent le produit dans des caisses).

Et bien les couilles folles…

Euh, les fouilles collent avec l’idée que l’humain aime bien guerroyer, parce qu’on recense de nombreux ossuaires, charniers et fosses communes attestant de violences guerrières, de tortures, d’assassinats de masse. Mais en fait seules des fouilles (promis j’arrête les contrepets), seules les fouilles disais-je de sites néolithiques montrent des traces de conflits armés. Autrement dit, on trouve des traces manifestes de guerre en remontant dans le temps jusqu’à – 12000/-14000 ans, puis après bernique !

On trouve bien ça et là des corps blessés, meurtris laissant supposer une violence à l’individu, mais à chaque fois les blessures sont uniques (l’agresseur ne s’est pas évertuer à tuer) et souvent elles sont cicatrisées suggérant plutôt des accidents de chasse (ou autre), avec une prise en charge des blessés par le collectif.

Encore mieux, loin des violences supposées, on trouve des ossements de gens qui ont vécus en étant dépendants (handicap physique ou mental). S’ils ont vécus c’est que le collectif les a pris en charge totalement tout au long de leurs existences.

Les travaux en Sociologie, Neurosciences et Paléoanthropologie désignent l’humain comme un animal naturellement empathique, et même que cette qualité fut un catalyseur de l’humanisation.

Mais que se passe-t-il alors il y a 12000 ans pour que l’humain entre en guerre ?

C’est la sédentarisation et la naissance de l’économie de production (auparavant l’humanité était dans une économie de prédation ne générant pas de surplus, tout en étant opulente) qui sont les ferments de la guerre. La production est possédée par un petit groupe qui en tire une autorité et des intérêts parfois conflictuels avec d’autres possédants. De surcroît la concentration de la main-d’œuvre pour les cultures permet également d’avoir la chair à canon sous la main (si vous me permettez cet anachronisme), cette main-d’œuvre pouvant même provenir de prises de guerre.

Et bien il semblerait plutôt que l’humain fit la guerre pour défendre les intérêts d’une classe dominante et non par barbarisme intrinsèque.

Alors camarade troufion, à la prochaine guerre tu serais assez avisé de ne pas tirer sur l’exploité d’en face et que si faire le coup de fusil te manque tant, tu pourrais choisir une cible qui le mérite plus.

Les ballons à la foire par exemple…

Publié dans Achaïra, Chronique Docteur G., Messages reçus | Tagué

Achaïra n°189 l’émission radio du lundi 5 décembre 2016

Le Cercle libertaire Jean-Barrué vous présente l’émission Achaïra n° 189 du lundi 5 décembre 2016

Salut à toi camarade. Salut à toi fidèle auditeur, fidèle auditrice d’Achaïra. Bienvenu sur « La Clé des ondes » la radio associative bordelaise qui se mouille pour qu’il fasse beau.

Saches que tu peux d’ores et déjà réécouter Achaïra sur le podcast de l’émission en cliquant ici.

Sommaire de l’émission Achaïra n° 189 du lundi 5 décembre 2016

20h00 – générique – (sur fond musical Fela) – Esméralda, Bruno et Philaud

20h01 – éditorial de l’émission – Philaud

Salut, c’est Philaud, vous êtes bien sur Achaïra, c’est la 189éme édition aujourd’hui, je suis accompagné pour cette émission de camarades du cercle libertaire Jean-Barrué, Mika, Thierry et à la technique, de notre ami, Laurent.

Pour cette émission, alors que le débat public est à nouveau centré sur le jeu électoral et la quête du nouvel héraut qui mèneront des combats là où le quotidien se joue si peu, nous allons à nouveau porter notre regard sur les luttes et celles et ceux qui les mènent au quotidien sans hérauts, mais pas sans héroïsme. Lutte des migrant.e.s, lutte des travailleurs, résistances diverses autant que vitales, … ces luttes nous permettent de réaffirmer l’urgence pour chacune et chacun de reprendre notre vie en main sans Etat, sans Dieu, sans Maître, sans Capital, sans intermédiaires et sans tuteurs.

Nous aborderons une suite pratique aux entretiens avec Raymond Blet sur les migrants par l’appel à une manifestation pour soutenir l’accueil des migrants et migrantes en particulier en Gironde. Pour en parler, nous avons invité le collectif Pavé Brulant qui a pris l’initiative de proposer cette manifestation en réactions aux discours de haine qui se sont exprimés jusque dans la Gironde profonde à l’annonce de l’arrivée de quelques dizaines de migrants et migrantes. Un représentant de l’ASTI sera aussi avec nous pour parler du travail au quotidien de l’association pour aider et soutenir les immigrés avec d’autres associations.

C’était important pour le Cercle libertaire Jean-Barrué de s’associer à cette initiative et de la soutenir, parce que fondamentalement nous ne reconnaissons aucune des barrières qui se dressent entre les humains, que ce soient d’abord les frontières, mais aussi tous les rapports de domination qui ont nom, en l’occurrence, colonialisme, ou ses versions plus néo, racisme, dominations financières sur les ressources des pays originaires des migrations, ou encore guerres hier « coloniales pour porter la civilisation aux populations du tiers-monde », aujourd’hui « guerres pour apporter la démocratie et faire respecter le droit international ». Nous reviendrons sans doute comme un leitmotiv plusieurs fois dans l’émission pour rappeler que la France est en guerre et qu’elle est sur de nombreux fronts de guerre en ce moment, même si cela ne perturbera sans doute pas les marchés de Noël ni les courses de fin d’année du citoyen français.

La France est toujours présente au Mali, depuis 2013, il faut attendre qu’un soldat français soit tué début novembre de cette année pour qu’on nous le rappelle brièvement. Regardons d’abord les opérations propres à la France, ce sont 3 500 soldats qui sont dans la bande sahélo-saharienne, 350 hommes en République Centrafricaine, 100 hommes dans le Golfe de Guinée, 1 000 militaires en Irak et Syrie, mais il faut aussi regarder les opérations au sein des forces de l’ONU avec 900 hommes au Liban et 270 hommes dans le Golfe d’Aden. Il y a aussi 4 900 hommes présents en Allemagne, Côte d’Ivoire, Djibouti, Emirats arabes unis, Gabon et Sénégal. Enfin, ce sont 8 100 militaires qui sont présents dans les territoires de l’Etat français hors métropole. Soit près de 20 000 militaires officiellement répartis sur la planète mais surtout autour de l’Afrique et du Moyen-Orient.

En deuxième partie Mika nous parlera d’une lutte victorieuse des ambulanciers et infirmiers du SMUR du CHU de Bordeaux, une lutte autonome qui s’est menée à certains moments contre les directives des syndicats confédérés qui voulaient arrêter la grève pour négocier. Les grévistes du SMUR ont choisi de suivre les conseils des syndicats qui leur conseillaient de battre le fer tant qu’il était chaud et de ne pas mener de négociations à froid. Ils ont aussi entendu qu’il fallait sortir la lutte des murs de l’entreprise et la portait sur l’espace publique. Cette tactique fut payante. Nous y reviendrons.

Nous reviendrons aussi plusieurs fois sur le rendez-vous en cas de tentative de reprendre la ZAD de Notre Dame des Landes, le rendez-vous est le soir même à 19h place de la Victoire et le lendemain devant la sous-préfecture de Langon, et décider des suites du soutien. Toujours unis, toujours solidaires.

Ensuite, André se penchera sur « Le cœur libertaire de Lyon» dans sa nouvelle chronique de la désobéissance. Il reviendra sur la fin du 19ème siècle à Lyon, avec les grèves dont la grève des ovalistes, travailleuses de la soie, sur la période dite de l’illégalisme anarchiste, la terreur noire, sa répression sauvage, et le changement de stratégie avec l’anarcho-syndicalisme. Il s’appuie pour sa chronique d’aujourd’hui sur 4 ouvrages.

En toute fin d’émission, nous nous retournerons sur quelques dates clés de notre histoire avec l’éphéméride de décembre, une occasion de retrouver des idées pour construire dès aujourd’hui un autre futur comme nous y invitera un agenda militant avec quelques rendez-vous.

20h10 Virgule sonore (jingle le débat d’actu)

20h10 – Entretien avec sur la manifestation bienvenue aux migrants – partie 1

Partie 1 : présentation des collectifs Pavé Brulant et ASTI et invités –10 min

Nous recevons ce soir, Lucy du collectif Pavé Brulant, Raymond Blet, de la Cabane Juridique et Frédéric Alfos de l’ASTI, bonsoir à vous trois, pouvez-vous chacun présenter brièvement votre collectif ?

20h20 Coupure musicale – 3 min –

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux

Flash 3 : vous écoutez Achaïra, l’émission du cercle libertaire Jean-Barrué, le premier lundi de chaque mois sur la Clé des Ondes.

20h25 – Entretien avec sur la manifestation bienvenue aux migrants – partie 2

Partie 2 : la mobilisation du 10 décembre- 15 min

Comment est née, l’idée, la nécessité d’organiser une manifestation en soutien à l’accueil des migrant.e.s en Gironde ?

D’ailleurs, à ce jour, quelle est la situation de l’accueil des migrant.e.s en Gironde, avant le démantèlement de Calais et après ?

Quels sont les pays reconnus pour ne pas être reconduits à la frontière ? Et pour les personnes originaires des autres pays, comment se passe leur droit au séjour ?

Concernant les personnes venant de Calais, elles sont envoyées vers des CAO, Centre d’Accueil et d’Orientation, bien souvent dans des centres de vacances utilisés en été, que va-t-il se passer à l’issue de l’orientation ? Quelle est la durée prévue de cet accueil ? Que va-t-il se passer après ?

Pour revenir à la manifestation de samedi, quelles sont les suites prévues et les attentes du collectif ?

20h40 Coupure musicale – 3 min –

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux

Flash 3 : vous écoutez Achaïra, l’émiiison du cercle libertaire Jean-Barrué, le premier lundi de chaque mois sur la Clé des Ondes.

20h45 – Entretien avec sur la manifestation bienvenue aux migrants – partie 3

Les débats – 20 min

Alors que l’histoire, voire la préhistoire de l’humanité est le fruit de migrations, il semble que nos sociétés qui veulent arrêter l’histoire, ont décidées que les migrations humaines étaient u problème. Peut-on revenir sur les différences que portent les mots réfugié.e et migrant.e ?

Quelles sont, au travers des témoignages que vous recevez, les principales causes à la migration ?

Colonialisme, Misère, Guerres, Remodelage du monde par une minorité d’Etats viennent en premier à l’esprit, qu’en est-il ?

Peut-on dire quelques mots sur les conditions de la migration, on parle du travail remarquable de l’Aquarius qui repêche les migrants en train de se noyer ? On imagine que cette migration n’est pas aisée ? Quelles sont les principales modalités de la migration ?

Au final, dans quelles conditions ces migrants sont-ils accueillis ? En Europe, en France ?

Si la migration est contrainte, le souhait du retour est envisageable, quelles sont les conditions pour l’exercice d’un droit au retour dans la dignité ?

Au final, pour chacune et chacun de nos auditeurs, quels sont les moyens d’agir ?

21h05 Coupure musicale – 3 min

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux

Flash 3 : vous écoutez Achaïra, l’émission du cercle libertaire Jean-Barrué, le premier lundi de chaque mois sur la Clé des Ondes.

21h05 – Entretien avec sur la manifestation bienvenue aux migrants – partie 4

Conclusion : Les citations et les rendez-vous des invités – 5 min

21h10 Coupure musicale – 3 min

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux

21h59 Virgule sonore (jingle Achaïra)

21h15 Virgule sonore (jingle débat d’actu)

21h15 – Retour sur la lutte des ambulanciers et infirmiers du SMUR du CHU Bordeaux

Une lutte indépendante des grandes confédérations et une lutte victorieuse – 18 min

Mika, tu as suivi pour nous ce conflit au SMUR du CHU de Bordeaux. Peux-tu nous dire ce qu’est le SMUR, ce qu’il fait et quels ont été les personnels qui se sont mis en mouvement ?

Quel a été l’élément déclencheur de ce mouvement ? On parle d’un accident ?

Quelles sont les revendications du personnel en lutte ? Pb d’effectifs insuffisants et demande de conserver le système actuel de roulement ?

Tu nous parles d’un personnel qui a des conditions de travail dures, en quoi cette dureté du travail a créé un mouvement dur, puissant et soudé ?

Pour porter ses revendications, le personnel s’est tourné vers les organisations syndicales du CHU. A quel moment les relations ont clashé avec elles ? Elles proposaient d’arrêter la lutte pour mener les négociations à froid ?

La grève menée par les seuls ambulanciers a été reprises par les infirmières du CHU en apprenant que les ambulanciers avaient obtenus la création des 2 emplois manquants ? Elles ont mené une forme originale de la grève puisqu’elles ont porté sur la place publique pour être visible des usagers ? Il y a eu un slogan percutant qui n’a pas plu à la direction, non ?

Enfin, la communication du conflit a pris un tour avec la création d’une gazette qui relatait quotidiennement le conflit ? Comment s’est-elle appelée ? Un beau slogan que ce « lutter, c’est créer » ?

Au final, quel est le bilan de ce mouvement d’actions et de grèves au CHU de Bordeaux ?

21h33 Coupure musicale – 3 min

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux

Flash 3 : vous écoutez Achaïra, l’émission du cercle libertaire Jean-Barrué, le premier lundi de chaque mois sur la Clé des Ondes.

21h35 Virgule sonore (jingle désobéissance)

21h35 – La chronique de la désobéissance – André (enregistrement)

« Lyon libertaire » – 8 min

21h43 Coupure musicale – 2 min

21h45 Virgule sonore (jingle éphéméride)

21h45 – L’éphéméride anarchiste – 10 min

La citation d’Amedeo Bertolo, anarchiste italien décédé le 22 novembre 2016, « Laissons le pessimisme pour des temps meilleurs », avait été écrite en 1983

21h55 Virgule sonore (jingle agenda)

21h55 – Agenda militant (sur fond musical Ska reggae hip hop de Skatalites) – 4 min

Un mot de solidarité envers les librairies « Milles Babords » à Marseille et « La Plume Noire » à Lyon, attaquées l’une par une trentaine d’opposantes au débat et l’autre par un groupe d’une vingtaine de fascistes. Pour les deux appels à solidarité financières et morales.

21h59 – On se dit au revoir. (Sur fond musical Soul jazz orchestra-insurrection)

L’émission touche à sa fin, c’était la 189éme d’Achaïra. A la préparation nous remercions, Simon, Thomas, Anita et André. Enfin, l’animation a été réalisée avec nos invité-e-s, Lucy du collectif Pavé Brulant, Frédéric de l’Asti, Raymond de la Cabane Juridique, par Mika et moi-même. Et un très grand merci à Mika qui a assuré aux manettes de l’émission.

Flash 1 : Nous rappelons que la France mène la guerre en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Flash 2 : En cas d’intervention policière et/ou de début des travaux sur la ZAD, rendez-vous le soir même à 19h place de la Victoire à Bordeaux

Flash 3 : vous écoutiez Achaïra, l’émission du cercle libertaire Jean-Barrué, le premier lundi de chaque mois sur la Clé des Ondes.

Vous pouvez retrouver l’émission soit en redif le vendredi qui succède le direct et cela à midi, ou en podcast sur le www.lacdo.org dans la rubrique « Programme » puis cliquez sur « Achaïra », ainsi que sur le site du cercle https://cerclelibertairejb33.wordpress.com en plus le programme sera détaillée et vous aurez les liens sur les chroniques écrites.

La prochaine d’Achaïra ce sera probablement le Lundi 2 janvier 2017 à 20h00 toujours sur la clé des ondes 90.10.

Alors d’ici là portez vos luttes avec conviction et détermination.

22h00 – Fin de l’émission.

Ephéméride de décembre : Lyon et la presse anarchiste

1/ Le 2 décembre 1839, naissance d’Edouard GUERDAT à Paris.
Militant et colporteur anarchiste.
En 1898 à Lille, il était le correspondant, pour la région Nord, du journal « Le Père Peinard » de Pouget. Colporteur de journaux, il recevait chaque semaine six cents numéros du « Libertaire » et du « Père Peinard  » qu’il vendait lors de ses déplacements dans les diverses localités qu’il visitait.
En 1900 en contact avec les compagnons de Lyon, il poursuit sa diffusion de la presse anarchiste et anticléricale dans les centres industriels du département de l’Ain.
Il est l’un des organisateurs de la tournée de conférences de Sébastien Faure en 1901.

2/ Le 9 décembre 1883, à Lyon premier numéro du journal « L’Emeute » Organe Anarchiste, hebdomadaire paraissant le dimanche. Il succède en fait aux journaux : « Le Droit Social« , « L’Etendard Révolutionnaire« , « La Lutte » puis le « Drapeau Noir » , victimes de la répression.
Avec l’acharnement des autorités à faire taire les anarchistes, « L’Emeute » n’aura que 7 numéros.
Mais « 
Le Défi » le remplacera, puis « L’Hydre Anarchiste » , « L’Alarme« , et encore « Le Droit Anarchique« puis « La Lutte sociale » qui clôt en 1886 la série de répression envers ces publications anarchistes lyonnaises qui portent toutes l’épigraphe : « Liberté – Egalité – Justice » .

3/ En décembre 1973, à Lyon premier numéro du magazine « I.R.L »Informations et Réflexions Libertaires », indépendant des organisations anarchistes existantes.

4/ Durant l’hiver 1997, sortie à Lyon du premier numéro de la revue de recherches et expressions anarchistes fractions.

Réfractions : deux milieux différents, une ligne brisée. Réfractions de la lumière ou de l’onde magnétique. Ce qui brise, ce qui est brisé.

Réfractions, différentes manières de ne pas se conformer et de briser l’uniformité de la pensée établie.

Réfraction et réfractaire ont une origine commune dans le latin classique.

37 numéros parus, à ce jour.

Publié dans Achaïra, Messages reçus, Sommaire | Tagué , , , , , ,

Achaïra n° 189 : Lyon, au cœur libertaire…

Lyon, au cœur libertaire…

En 1880, « Lyon et la région du Sud-Est se présentent comme l’un des foyers importants, sinon le foyer de l’anarchisme français », écrit Michèle Marigot dans L’Anarchosyndicalisme à Lyon (1880-1914), un mémoire de fin d’études datant de 1966 qui prolonge en quelque sorte l’Histoire du mouvement anarchiste à Lyon (1880-1894) de Marcel Massard, livre auquel nous avions consacré une chronique.

Les archives concernant l’entrée des anarchistes lyonnais dans les syndicats étant pour le moins maigrichonnes, Michèle Marigot a été puiser ses renseignements, avant tout, dans des rapports de police, mais pas seulement. Ainsi, son livre va faire se dérouler les événements, autant que faire se peut, jusqu’au début de la Grande Guerre, tandis que, d’un même mouvement éditorial, La Grève des ovalistes de 1869, de Claire Auzias et Annik Houel, reparaît pour nous conter, toujours à Lyon, les débrayages des ouvrières de la soie.

Oui, décidément, les libertaires lyonnais veulent s’inscrire dans l’Histoire.

Après une période réformatrice d’activité de mutuelles et de coopératives, le mouvement syndical à proprement parler naît vers 1880, et c’est dans le temps d’une génération, en une trentaine d’années, que mûrirent dans cette ville l’anarchisme et l’anarchosyndicalisme ; et c’est sur le tas que des ouvriers commencèrent à élaborer les idées de leur émancipation, sans pouvoir cependant les approfondir, « faute de temps, faute d’instruction ».

Un peu plus tard, Fernand Pelloutier et Émile Pouget, deux militants « parisiens », purent dire et écrire ce qui était en germe dans le Lyonnais.

Sans pour autant que ce soit la seule raison − l’intransigeance et la rapacité du patronat en étant la principale −, est-ce à cause de cette impossibilité d’expression que l’on peut expliquer la violence démesurée et exaltée des anarchistes ? Violence par une pratique de l’action directe illégale et terroriste permanente, ce que l’on nommait la « propagande par le fait » qui avait pour but de réveiller les masses apathiques. Action de propagande que l’on associait au rejet de tout ce qui était gouvernemental. Cela d’autant que les guesdistes, qui avaient noyauté les syndicats, en profitaient pour faire leur prosélytisme électoraliste ; d’où cette hargne antiparlementariste aggravée, comme on peut le lire dans L’Écho du 10 mai 1891 :

« Travailleurs, l’heure a sonné ; au diable les manifestations de carnaval ; les promenades sentimentales ! […] Foin des quémandeurs de suffrages, des dénicheurs de sinécure, de prébendes, des policiers avides d’honneurs, des assoiffés de mandats, […] à vous la dynamite, les piques, les pelles, les tridents, les engins explosibles, les revolvers et les flingots, les torches incendiaires, le pétrole, la hache, la corde. »

L’auteure nuance cependant le propos : « Nombreux sont les anarchistes qui bientôt contestent la portée et la validité d’une telle propagande. Non qu’ils la rejettent, elle et ceux qui la pratiquent, mais ils pensent que cela leur attire moins de sympathie de la part du peuple qu’ils veulent gagner à leurs théories que de désagréments : poursuites policières, hostilité de l’opinion publique savamment orchestrée par les journaux. »

Nous avions déjà signalé le serrurier Joseph Bernard − qui « avait changé d’idée » après les lourdes condamnations lors du procès des 66 − et qui pensait maintenant qu’il fallait « tenir compte du milieu de la société dans lequel on se trouve ». Il préconisait l’étude et conseillait de « faire la révolution intellectuelle dans les cerveaux avant de la faire dans la rue ». Il fut un de ceux qui s’engagèrent dans le nouveau syndicalisme.

Ce n’est donc qu’après ce que l’on a nommé « la terreur noire », vers 1892-1894, qu’une autre orientation se dessina, ce que l’on nommera l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire, les deux pratiques ne se recouvrant pas. Quant aux Lyonnais, ce n’est qu’en 1896 qu’ils entrent franchement dans les syndicats.

Il semble que c’est à cette époque que le mot « anarchiste » prit un sens péjoratif et que quelques militants recherchèrent des alternatives à la violence extrême.

Déjà, d’autres pratiques avaient été signalées par Marcel Massard qui avait parlé d’une Ligue des intérêts populaires se proposant de « refuser le paiement de l’impôt et des loyers ». L’action tourna court.

Dans le livre de Michèle Marigot, il est question de « mise à l’index », c’est-à-dire que, lorsqu’un patron refusait les revendications, les ouvriers syndiqués le quittaient après avoir abondamment couvert les murs d’affiches pour prévenir leurs camarades et la population de l’action en cours.

Le « label », c’est presque le contraire puisqu’il certifiait par une « marque » que les conditions de travail étaient conformes à la demande syndicale.

Bien sûr, la grève est alors largement pratiquée mais critiquée dans la mesure où elle n’est que partielle. C’est pourquoi la notion de grève générale apparaîtra avec le rêve qu’elle devienne la clé de la révolution sociale.

Le sabotage et le boycott sont mentionnés.

Antoine Cyvoct, militant lyonnais qui avait été impliqué dans le procès des 66, accusé à tort de deux attentats, fut condamné à mort, peine commuée en travaux forcée en Nouvelle-Calédonie où il passera quatorze années avant d’être gracié. Il écrivit à ses compagnons (cf. Le Temps, 21 mars 1894) pour leur demander « d’abandonner des moyens d’action qui ne peuvent que vous déconsidérer, conduire à sa perte la vaillante avant-garde de l’armée de la révolution… ». Pour autant, il déclarait demeurer fidèle aux principes libertaires.

Ainsi va l’Histoire des exploités, des dominés à la recherche d’un avenir de bien-être et de liberté.

… et les « grêveuses » magnifiques

Qui écrira le scénario d’un film sur les ouvrières de la soie ? Qui s’attellera à un texte sur les ovalistes pour le théâtre ? Qui voudra bien ouvrir son ordinateur pour nous donner une pièce radiophonique sur les « grêveuses » magnifiques et illettrées qui osèrent affronter patrons et moralisme masculin en l’an 1869 ?

Les ovalistes étaient ces femmes, quelquefois de très jeunes filles puisqu’elles pouvaient commencer à travailler vers l’âge de 12 ans, et quelquefois moins, qui peinaient, debout, devant leurs moulins pendant douze heures par jour et six jours sur sept, sauf le dimanche. Le plus grand nombre de ces femmes étaient des paysannes des départements proches et des immigrantes italiennes ; ces célibataires pour la plupart pratiquaient cette activité provisoire avant le mariage. Ajoutons qu’elles dormaient sur leur lieu de travail et que, lorsqu’elles se mirent en grève − la première grande grève de femmes en France −, elles se retrouvèrent à la rue avec leur malle à vêtements. Ainsi se dérobaient-elles à l’emprise patronale et mettaient-elles d’un même mouvement l’opinion publique de leur côté. Mais être des femmes à la rue, là était le principal scandale. Femmes, elles envahirent soudainement et en nombre « la scène publique » au lieu de rester cloîtrées dans leur usine, leur atelier ou chez elles quand elles avaient trouvé mari. Si on comptait parmi elles surtout des femmes « seules », elles n’étaient pas pour autant isolées puisqu’elles vivaient généralement en équipes.

L’autre scandale, ce fut quand elles acceptèrent − plus ou moins tributaires de la solidarité qu’elles demandaient − d’adhérer à l’Association internationale des travailleurs.

Toujours est-il que, en juin 1869, environ 2 000 femmes se mettent en grève − il y avait quelques rares ovalistes hommes que l’on nommait ouvriers mouliniers − pour demander une augmentation de salaire et la possibilité de travailler « deux heures de moins par jour ».

Dans un premier temps, par une missive polie, écrite par un écrivain public, elles avaient sollicité l’intervention du sénateur, préfet du Rhône, exprimant leurs souffrances : « Il y en a au moins la moitié qui n’ont pas la santé et sont souvent malades par rapport à la nourriture grossière qu’elles sont obligées de manger afin de pouvoir se suffire avec le peu qu’elles gagnent. » Ce peu, certaines vont le compléter en se prostituant durant le « cinquième quart » de la journée.

Et c’est au matin du 25 juin 1869, à la pause de 9 heures, que les ouvrières des Brotteaux quittent « spontanément » leur travail ; pas si spontanément que ça si on garde à l’esprit que leur vie collective en dortoirs facilita une « orchestration ». Elles donnent rendez-vous aux patrons et à leurs camarades pour une réunion publique à La Rotonde (une salle qui pouvait contenir 5 000 personnes) et s’en vont « en bandes », d’atelier en atelier, pour débaucher (admirez le double sens !) les autres ouvrières. Ce qui ne se fit pas sans quelques accrochages, une violence de basse intensité, dirons-nous : « Tous les carreaux du premier et du deuxième étage de l’atelier [du patron le plus réactionnaire] furent cassés à coups de pierres. » Ce qui ne peut se comparer avec ce que l’on verra, à Lyon, dans les vingt années à venir.

Il y eut dans cette grève « un air de jeunesse et de gaieté » et « de grands éclats de rire ». Redisons que, si ces jeunes femmes, en devenant ovalistes, s’affranchissaient du milieu patriarcal, en se mettant en grève, elles s’affranchissaient du milieu patronal ; la grève libérait des énergies et des pulsions insoupçonnées. « Endimanchées », « avec leurs belles robes et leurs ombrelles » −  c’était l’été −, elles se déplaçaient en groupes, chantant, riant, criant.

Cette grève générale de femmes d’une durée de presque un mois se terminera, de fait, le 29 juillet. Finalement, elles obtiendront de travailler deux heures de moins par jour − mais pas partout −, sans augmentation.

Pour compléter cette chronique très lyonnaise, nous voudrions vous renvoyer à un autre personnage féminin, à Virginie Barbet, une Lyonnaise dans l’Internationale de Antje Schrupp (Atelier de création libertaire, 2009, 118 p.), plaquette que nous avions signalée en son temps. De cette Virginie, il n’existe aucune image !

Michèle Marigot,
L’Anarchosyndicalisme à Lyon, 1880-1914,
Atelier de création libertaire, 2016, 144 p.

Claire Auzias & Annik Houel,
La Grève des ovalistes (Lyon, juin-juillet 1869),
Atelier de création libertaire, 2016, 184 p.

Marcel Massard,
Histoire du mouvement anarchiste à Lyon (1880-1894),

Laurent Gallet,
Aspects de la vie quotidienne
des anarchistes à Lyon à la fin du xixe siècle,
Atelier de création libertaire, 2016, 286 p.

Laurent Gallet, Machinations et artifices.
Antoine Cyvoct et l’attentat de Bellecour, Lyon 1882,
Atelier de création libertaire, 2015, 416 p.

Le terrorisme

« Le catastrophisme peut aussi encourager un terrorisme écologiste ou des actions exemplaires censées réveiller les masses “apathiques”. Mais l’histoire fourmille d’exemples où ces actions ne réveillent personne, tout en annihilant ses propagateurs qui se retrouvent souvent seuls en prison tandis que les derniers soutiens s’échinent à les en faire sortir. Quant au terrorisme, qui présuppose une clandestinité coupée du monde, teintée de paranoïa et sensible au militarisme machiste, il débouche sur une impasse dont le mouvement anarchiste lui-même a tiré le bilan depuis un siècle au moins. »

Philippe Pelletier, Climat et capitalisme vert.
De l’usage économique et politique du catastrophisme,
Nada éditeur, 2015,  p. 105.

*

La grève

« N’oublions pas enfin que la grève, qui a été l’instrument historique de la promotion ouvrière en Occident est, en dépit des Sorel et des Marx, l’arme non-violente par excellence qui, purifiée et généralisée sous forme de non-coopération et de désobéissance civile non-violente suffirait à opérer les réformes nécessaires, tout en contribuant à mesure à la maturité des peuples. »

Lanza del Vasto, Technique de la non-violence,
Denoël-Gonthier, 1971, p. 37-38.

*

Publié dans Achaïra, Chronique de lectures d'André, Chroniques de la désobèissance, Messages reçus | Tagué , , | 1 commentaire